Communiqué de presse

Communiqué de presse

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Bruxelles, le 20 octobre 2026

La jeunesse européenne prend la parole : ses droits ne sont pas négociables !

Face à la précarité, au recul des droits sociaux et à la montée des discours de haine, la Ligue des Droits de l’Enfant apporte son plein soutien aux jeunes qui se mobilisent en Europe.

De la Belgique à la France, de l’Espagne à l’Allemagne, de l’Italie au Portugal, jusqu’à l’Albanie, les mobilisations qui traversent l’Europe témoignent d’un profond malaise social et démocratique. Derrière des revendications qui diffèrent selon les réalités nationales, un même besoin s’exprime : celui d’être entendu, de pouvoir vivre dignement et de ne pas voir son avenir sacrifié par des choix politiques qui fragilisent les droits sociaux, l’accès à l’éducation et les perspectives d’émancipation.

Les mobilisations récentes, notamment celles portées par des jeunes étudiants, rappellent que la contestation ne peut être réduite à une question d’ordre public. Elle exprime aussi une exigence démocratique : celle de pouvoir participer aux décisions qui façonnent notre société et notre avenir collectif.

Dans un contexte marqué par la banalisation des discours de haine, la stigmatisation de certaines populations et la remise en cause de conquêtes sociales, la Ligue des Droits de l’Enfant, asbl militante et progressiste, tient à exprimer son plein soutien aux jeunes qui se mobilisent pour défendre leurs droits.

Nous sommes de tout cœur avec cette jeunesse qui refuse la résignation. Une jeunesse qui ne demande pas la permission d’exister, mais le droit de participer pleinement à la société dans laquelle elle grandit.

La parole des jeunes est un droit, pas une faveur

La Ligue des Droits de l’Enfant rappelle que les enfants et les jeunes ne sont ni des citoyens de seconde zone ni de simples citoyens en devenir. Ils sont des personnes titulaires de droits.

La Convention internationale relative aux droits de l’enfant, adoptée par les Nations unies le 20 novembre 1989, constitue un cadre fondamental que les États doivent respecter et mettre en œuvre.

Son article 12 reconnaît à chaque enfant capable de discernement le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant. Ces opinions doivent être dûment prises en considération. Ce droit ne se limite pas à une consultation symbolique : il implique que la parole des enfants soit réellement entendue et qu’elle puisse peser dans les décisions qui les concernent.

Son article 3 établit que l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale dans toutes les décisions qui le concernent. Les choix politiques ne peuvent donc ignorer les conséquences qu’ils entraînent sur les conditions de vie, les droits et l’avenir des jeunes.

Son article 13 garantit la liberté d’expression. Son article 15 reconnaît la liberté d’association et de réunion pacifique.

Ces dispositions doivent être prises au sérieux. Elles rappellent que les jeunes ont le droit de s’organiser, de défendre leurs convictions, de porter des revendications et de participer à la vie démocratique. Le droit de manifester pacifiquement s’inscrit notamment dans la protection de la liberté de réunion.

La Belgique, la France, l’Espagne, l’Allemagne, l’Albanie, le Portugal et l’Italie ont tous ratifié cette Convention.

Ces engagements ne peuvent rester des déclarations de principe. Ils obligent les États à garantir les droits des enfants et à créer les conditions permettant leur exercice effectif.

La précarité et les politiques qui fragilisent les droits des jeunes

Comment demander aux jeunes de croire en l’avenir lorsque l’accès à un logement digne devient inaccessible, que les inégalités se creusent, que les services publics sont fragilisés et que l’accès à une éducation de qualité n’est pas garanti à toutes et à tous ?

Comment leur demander de faire confiance aux institutions lorsque leurs préoccupations sont minimisées, leur parole ignorée et leurs revendications disqualifiées ?

La précarité n’est pas seulement une difficulté économique. Elle limite les possibilités de choisir son avenir, d’accéder à l’autonomie, de participer à la société et de vivre dans des conditions dignes. Les réformes qui réduisent les protections sociales, creusent les inégalités ou compromettent l’accès aux droits fondamentaux doivent être examinées à l’aune de leurs conséquences concrètes sur les enfants et les jeunes.

La Ligue des Droits de l’Enfant s’inquiète également de la progression des discours et des politiques qui opposent les populations, désignent des boucs émissaires et fragilisent les principes d’égalité, de solidarité et de non-discrimination.

Face à ces évolutions, nous refusons que la jeunesse soit condamnée à subir des décisions prises sans elle ou que ses inquiétudes soient instrumentalisées à des fins politiques.

Défendre les droits des enfants, c’est aussi défendre les conditions sociales, économiques et démocratiques qui leur permettent de grandir libres, égaux et dignes.

Une démocratie qui n’écoute pas sa jeunesse se prive de son avenir

Les manifestations sont l’une des expressions de la participation citoyenne. Dans une démocratie, les jeunes doivent pouvoir exprimer leur désaccord, questionner les choix politiques et réclamer des changements, dans le respect des droits d’autrui et du cadre légal applicable.

La Ligue des Droits de l’Enfant défend le droit à une expression libre, à une mobilisation pacifique et à une participation réelle aux décisions collectives. Elle rappelle que la protection de l’ordre public ne peut justifier une remise en cause disproportionnée des libertés fondamentales.

Nous condamnons toute violence qui porte atteinte aux personnes, tout en rappelant que les débordements de certains ne sauraient effacer les revendications légitimes de celles et ceux qui manifestent pacifiquement. La réponse démocratique à la contestation ne peut se résumer à la répression ou à la disqualification de la jeunesse. Elle exige de l’écoute, du dialogue et des réponses politiques concrètes.

Nous appelons les gouvernements européens à prendre au sérieux les alertes exprimées par les jeunes, à évaluer les conséquences de leurs réformes sur leurs droits et à leur garantir des espaces de participation effectifs, accessibles, inclusifs et protégés.

Nous demandons que les engagements internationaux en matière de droits de l’enfant se traduisent en actes dans les politiques d’éducation, de protection sociale, de lutte contre les discriminations et de participation citoyenne.

La jeunesse n’est pas le problème, elle fait partie de la réponse

Leur engagement rappelle une évidence trop souvent oubliée : les droits ne sont jamais définitivement acquis et la démocratie ne peut vivre sans la participation de celles et ceux qui la composent.

Ces jeunes ne sont pas simplement les citoyens de demain. Ils sont les citoyens d’aujourd’hui, avec une voix, des droits, des convictions et une capacité à agir sur le monde qui les entoure.

Leur parole compte. Leur vie compte. Leur avenir compte. Leurs droits ne sont pas négociables.

Contact presse :

Marigona Ljatifi – Déléguée à la gestion journalière LDE

+32 470 22 62 12

Lire les communiqués de la Ligue.

Jeunesse et influence politique des réseaux sociaux

Jeunesse et influence politique des réseaux sociaux

Jeunesse et micro-influence politique à l’ère des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux occupent aujourd’hui une place centrale dans la vie des jeunes. Dans cet univers, une figure prend une place croissante : celle de l’influenceur. D’après les chiffres cités dans notre analyse, 85 % des jeunes Belges suivent au moins un influenceur, et près de 30 % des enfants de 8 à 12 ans rêvent de devenir YouTubeurs. Longtemps associés à la consommation et au divertissement, les influenceurs prennent aussi position sur des sujets de société et sur la politique. Or, ces réseaux comportent des risques bien réels, comme le cyberharcèlement, la désinformation ou les contenus inadaptés, et le droit tente d’y répondre. Depuis 2024, le Digital Services Act impose ainsi de nouvelles obligations aux grandes plateformes pour mieux protéger les mineurs.

Sur ces plateformes se joue en réalité quelque chose de plus large :

La formation même de l’opinion politique des jeunes. Les réseaux sociaux ne sont plus de simples outils de communication, ils sont devenus un véritable environnement politique, où se construisent des convictions, se relaient des prises de position, et où certains influenceurs jouent un rôle croissant de leaders d’opinion. Le Délégué général aux droits de l’enfant l’a lui-même souligné dans un avis de septembre 2025 : les réseaux sociaux jouent un rôle amplificateur dans la diffusion des discours polarisants.

En quelques clics, un jeune peut être exposé à des contenus qui simplifient le monde à l’extrême, dans une logique de confrontation permanente plutôt que de débat nuancé. Ce phénomène ne se limite pas à la radicalisation, qui en reste la forme la plus visible : il touche plus largement la manière dont les jeunes se forgent une opinion, s’informent, et parfois s’enferment dans une seule vision du monde.

Alors, dans quelle mesure les influenceurs, et en particulier les micro-influenceurs, influencent-ils réellement les jeunes ? Notre analyse explore la place des réseaux sociaux dans la vie des jeunes, la manière dont ces plateformes sont devenues un outil d’influence politique, et si cette influence peut réellement mener à la radicalisation.

 

Nous avons également mené une interview auprès de Madame Violaine Lafontaine, créatrice de contenus sur les réseaux sociaux.

Sources :

  1. J. ESSER, « Les jeunes et les réseaux sociaux en Belgique : entre opportunités et dérives », Optiques, n° 9, automne 2025.

Règlement (UE) 2022/2065 du Parlement européen et du Conseil du 19 octobre 2022 relatif à un marché unique des services numériques et modifiant la directive 2000/31/CE (Digital Services Act), J.O.U.E., L 277, 27 octobre 2022, p. 1 à 102.

Délégué général aux droits de l’enfant, « Avis relatif au phénomène du radicalisme en milieu scolaire », Journal du droit des Jeunes, n° 447, septembre 2025, p. 20 à 22.

Communiqué de presse

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Communiqué de presse

Arrêter des élèves qui manifestent : un signal inquiétant envoyé à toute une génération

La Ligue des Droits de l’Enfant exprime sa profonde indignation à la suite de l’interpellation de plusieurs élèves mineurs lors de la manifestation organisée le 4 juin 2026 à Bruxelles contre la réforme du décret-programme II de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Ces jeunes manifestaient pour défendre leur vision de l’enseignement et faire entendre leur voix sur une réforme qui les concerne directement. Leur mobilisation s’inscrit dans l’exercice légitime de droits fondamentaux garantis par la Convention internationale relative aux droits de l’enfant, ratifiée par la Belgique et juridiquement contraignante pour l’ensemble des autorités publiques.

La Ligue rappelle que l’article 13 de la Convention garantit à chaque enfant le droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la possibilité de rechercher, recevoir et diffuser des informations et des idées par tous les moyens de son choix. Les restrictions à cette liberté doivent demeurer exceptionnelles, strictement nécessaires et proportionnées.

L’article 15 garantit quant à lui le droit des enfants à la liberté d’association et à la liberté de réunion pacifique. La participation à une manifestation citoyenne constitue l’une des expressions les plus concrètes de ce droit dans une société démocratique.

L’arrestation de mineurs exerçant pacifiquement leurs libertés fondamentales soulève dès lors de graves questions quant au respect des engagements internationaux de la Belgique. Une démocratie ne se mesure pas uniquement à la manière dont elle protège la liberté d’expression des adultes, mais également à sa capacité à entendre et respecter la parole des enfants lorsqu’ils expriment leurs préoccupations collectives.

Les mobilisations observées ces dernières semaines dans le monde de l’enseignement témoignent également d’une préoccupation largement partagée par les acteurs éducatifs quant aux réformes en cours. Dans ce contexte, la participation des élèves aux débats qui concernent directement leur parcours scolaire ne peut être réduite à une question d’ordre public. Elle constitue l’expression d’une citoyenneté active que les institutions éducatives ont précisément pour mission d’encourager.

Lorsqu’ils se mobilisent sur des questions qui touchent directement leur éducation, leur avenir et leurs conditions d’apprentissage, les jeunes exercent non seulement leurs libertés fondamentales, mais participent également à la construction du débat démocratique. Une réponse essentiellement sécuritaire à cette expression citoyenne risque d’avoir un effet dissuasif sur l’exercice futur de leurs droits.

Un rapport de 2024 du Comité des droits de l’enfant des Nations Unies a rappelé à plusieurs reprises que les enfants doivent pouvoir participer à la vie publique, exprimer leurs opinions et défendre leurs intérêts sans être exposés à des mesures intimidantes ou disproportionnées. Les autorités ont l’obligation positive de créer un environnement permettant l’exercice effectif de ces droits. Les actions des agents des forces de l’ordre peuvent être ressenties de manière disproportionnée par les enfants. Les adultes peuvent aussi empêcher les enfants d’exercer leur droit à la liberté de réunion pacifi­que par souci de sécurité ou d’éducation, souvent sur la base d’une interprétation étroite de l’article 3 de la CIDE (intérêt supérieur de l’enfant). Cependant, l’article 15 est précis et demande que le droit à manifester soit garanti tout comme pour les adultes !

La Ligue des Droits de l’Enfant s’inquiète particulièrement du signal envoyé à l’ensemble de la jeunesse lorsque l’expression collective d’un désaccord politique ou citoyen conduit à l’interpellation de mineurs. Une telle réponse risque d’alimenter un sentiment de défiance envers les institutions démocratiques et de décourager l’engagement citoyen des jeunes.

Nous demandons :

  • toute la transparence sur les circonstances et les motifs des arrestations intervenues le 4 juin ;
  • la communication des garanties mises en œuvre pour assurer le respect des droits des mineurs concernés ;
  • une évaluation indépendante de la proportionnalité des mesures prises ;
  • que le Délégué général et les associations aux droits de l’enfant soient pleinement associés à l’analyse des événements et de leurs conséquences sur les jeunes concernés ;
  • que les autorités réaffirment clairement le droit des enfants et des adolescents à participer au débat démocratique dans le respect des libertés fondamentales ;
  • une meilleure planification avec les agents des forces de l’ordre et les différents organismes (syndicats, organisations de jeunesse, associations des droits de l’Enfant, fédérations de parents d’élèves…) pour créer des espaces d’expressions publics et sécurisés pour les mineurs.

La Ligue rappelle que les enfants ne sont pas de simples spectateurs des décisions qui façonnent leur avenir. Ils sont des titulaires de droits, reconnus par le droit international, et leur parole mérite d’être protégée, entendue et respectée.

Face à ces événements, nous appelons les responsables politiques, les autorités de police et l’ensemble des institutions publiques à faire primer l’intérêt supérieur de l’enfant, principe cardinal de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant.

La protection de l’ordre public ne peut jamais conduire à banaliser l’atteinte aux libertés fondamentales des enfants. Dans un État de droit, les droits de l’enfant ne sont pas une variable d’ajustement ; ils constituent une obligation pour tous.

La Ligue des Droits de l’Enfant restera particulièrement attentive aux suites données à cette affaire et n’hésitera pas à interpeller les autorités compétentes afin que toute la lumière soit faite sur les événements du 4 juin.

Le placement d’enfants : entre protection nécessaire et dysfonctionnements institutionnels

Le placement d’enfants : entre protection nécessaire et dysfonctionnements institutionnels

Le placement d’enfants : entre protection nécessaire et dysfonctionnements institutionnels

État des lieux

En Fédération Wallonie-Bruxelles, environ 7.500 enfants vivent aujourd’hui placés en famille d’accueil ou en institution à la suite d’une décision du juge de la Jeunesse. Ces mesures sont souvent justifiées par la nécessité de protéger l’enfant d’un environnement toxique, précaire ou dangereux.

Pourtant, un nombre croissant de témoignages et d’études révèlent que certains enfants restent éloignés de leur famille pendant des années, sans raison réellement fondée ni projet de retour, alors même que des solutions alternatives pourraient être envisagées.

Difficultés et paradoxes du placement

Cependant, derrière ce cadre juridique clair et protecteur, la réalité concrète du placement révèle des difficultés et des paradoxes profonds.

De nombreux rapports d’experts, études sociologiques et témoignages d’acteurs de terrain, mais aussi des retours de familles concernées, témoignent d’une tendance inquiétante : certains enfants sont maintenus dans des mesures de placement pendant des périodes prolongées, souvent plusieurs années, sans qu’un projet de réinsertion familiale ou de retour dans leur milieu d’origine ne soit véritablement élaboré, suivi ou régulièrement évalué, alors même que la législation en vigueur l’exige.

Cette situation soulève de graves questions quant à la proportionnalité et à la justification de ces décisions, mais aussi quant au respect effectif des droits fondamentaux des enfants, notamment leur droit à la vie familiale et au maintien des liens affectifs.

Cette réalité soulève d’importantes questions sur la pertinence de certains placements, sur le respect des droits de l’enfant et sur les conséquences pour les familles concernées.

Le placement, censé être une mesure temporaire et exceptionnelle, semble s’imposer sous la forme d’un placement de rupture non-motivé de manière quasi systématique face à des situations de vulnérabilité sociale ou économique.

Or, cette tendance peut traduire une insuffisance criante dans le développement et la mise en œuvre de dispositifs alternatifs moins intrusifs.

Ces alternatives, lorsqu’elles sont réellement disponibles et accessibles, ont pour vocation de préserver l’environnement familial tout en assurant la protection de l’enfant, conformément aux obligations internationales, notamment l’article 9 de la Convention relative aux droits de l’enfant qui promeut le maintien de la vie familiale.

Quelle place pour la parole de l’enfant ?

La place de la parole de l’enfant dans ce processus décisionnel est également au cœur des débats.

L’article 12 de la Convention relative aux droits de l’enfant reconnaît le droit de tout enfant capable de discernement à être entendu dans toute procédure le concernant.

Pourtant, dans la pratique, la participation effective de l’enfant est encore souvent insuffisante, réduite ou formelle, ce qui peut compromettre la prise en compte réelle de ses besoins et de ses souhaits dans les décisions qui affectent profondément sa vie.

Lutter contre les placements abusifs

L’objectif de la Ligue des Droits de l’Enfant est de lutter contre les placements abusifs en défendant à la fois les droits des enfants et ceux des parents.

En dénonçant les dérives et en mettant en lumière les insuffisances du système actuel, elle entend promouvoir un cadre juridique plus juste et équitable, qui protège véritablement les intérêts de tous les acteurs concernés.

À travers ce travail, la Ligue vise à garantir que le placement reste un outil exceptionnel, utilisé uniquement lorsque toutes les autres solutions ont été épuisées, et toujours dans le respect du droit à la vie familiale, un droit fondamental reconnu par les conventions internationales et la législation belge.

Cette réflexion s’inscrit dans une perspective d’avenir, posant la question fondamentale :

Comment construire un système de protection de l’enfance capable d’allier rigueur juridique, respect des droits fondamentaux, et adaptation aux besoins spécifiques de chaque enfant et de chaque famille, dans le cadre d’une société qui se veut juste et protectrice ?

Témoignage de Monsieur Alexis Cloquet

Pour répondre concrètement à cette question, notre étude s’appuie sur le témoignage d’Alexis Cloquet, membre du Comité des familles.

En 2016, sa vie bascule lorsque son fils est placé en institution.

Ce placement est survenu après que la mère de l’enfant lui a donné un anxiolytique au lieu d’un antidouleur, alors qu’il se plaignait de maux de tête.

Bien que l’enfant aurait pu être confié à la garde exclusive de son père, les juridictions ont préféré le placer (injustement) en institution.

Pendant six ans, Alexis Cloquet a mené un combat acharné pour retrouver la garde de son fils.

Ce parcours difficile, marqué par l’incompréhension et la douleur, l’a amené à s’engager pleinement dans la défense des familles confrontées à des placements qu’il juge injustifiés.

Aujourd’hui, il a fait de la lutte contre les placements injustifiés son principal combat. 

Recherche stagiaire en Droit / sociologie

Recherche stagiaire en Droit / sociologie

👧La Ligue des Droits de l’Enfant, étant une ASBL reconnue en Éducation Permanente, recherche un·e stagiaire en Droit ou Sociologie (Master 1 ou 2) pour rejoindre son équipe.

🌍La Ligue œuvre depuis de nombreuses années pour la défense et la promotion des droits de l’enfant, à travers des actions, projets et outils pédagogiques visant à faire évoluer les pratiques et les politiques publiques.

⚖️Elle s’engage pour une société plus juste, solidaire et inclusive, où chaque enfant est respecté dans sa dignité et ses droits.

📣Rejoindre la Ligue, c’est intégrer une équipe engagée et bienveillante, dans un environnement stimulant qui valorise l’autonomie, la réflexion critique et la participation à des projets porteurs de sens.

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La « démission parentale », mythe ou réalité ?

La « démission parentale », mythe ou réalité ?

INTRODUCTION

Si la place des parents dans l’institution scolaire a évolué au fil du temps, elle n’a cessé d’être un questionnement pour tous les acteurs éducatifs concernés. Le discours sur la démission des parents est récurrent et vise particulièrement les familles populaires les plus démunies face à la scolarité de leurs enfants.

L’investissement scolaire des parents ne semble pas suffisamment conforme aux attentes de l’institution scolaire et des enseignants qui attendent que les parents soient des auxiliaires de l’école, capables de prolonger et de renforcer son action éducative. Ils déplorent qu’une partie des parents ne signe pas le journal de classe, ne vient pas aux réunions de l’école, n’aide pas assez les enfants dans les tâches scolaires.

Dès lors et avec tous ces signes concordants, pour de nombre de politiques, de médias, d’éducateurs, de professionnels de l’école et même de certains parents qui en jugent d’autres, il ne faut pas chercher plus loin : c’est bien la faute aux familles qui font mal leur boulot de parents. Leur « démission » apparaît donc évidente.

DEVELOPPEMENT

Pendant longtemps, l’École n’avait pas d’attente vis-à-vis des familles, tout simplement parce qu’elle cherchait à sortir les enfants de leur milieu social et culturel peu érudit pour en faire des citoyens instruits, sans le concours de leurs parents.

A partir du début des années 70, la massification de l’enseignement ne s’est pas accompagnée de sa démocratisation, engendrant une problématique nouvelle, celle de l’échec scolaire. Face à la difficulté de faire réussir tous les enfants, la question de la place et du rôle des parents a pris une place croissante.  

Ceux-ci ont alors été reconnus comme membres de la communauté éducative avec, en contrepartie, l’injonction subliminale de suivre la scolarité de leur enfant de manière assidue et efficace. Ce qui n’a pas été véritablement suivie d’effet, au regard des professionnels de l’éducation.

Pourquoi certains parents ne cherchent-ils pas à s’investir plus, même quand ils y sont «  incités  » ? L’explication la plus commode, qui élude la remise en question de l’échec de notre système éducatif, est trop souvent celle de la démission parentale. Les parents sont perçus comme responsables de l’échec de leur enfant. Il s’agirait donc de parents qui ne s’investiraient pas suffisamment dans le suivi et l’encadrement scolaire de leurs enfants.

Devenue une représentation sociale culpabilisante, la « démission parentale » est fortement vécue comme stigmatisante et injuste par les parents concernés. En effet, dans l’imaginaire collectif, elle est synonyme pêle-mêle de laxisme et de mauvaise maîtrise des savoirs éducatifs. La personnalité des parents, leur manque de savoir-faire ou encore leurs problèmes de couple seraient à l’origine des difficultés scolaires de l’enfant. Dans de telles conditions, comment demander à des familles qui se sentent négativement perçues par l’école d’y entrer et d’y trouver leur place ?

Au contraire, la recherche montre la place centrale qu’a l’école pour les familles populaires. Celles-ci ont bien compris qu’avec le chômage et la précarité qui les frappent, non seulement l’école offre la chance principale de levier social pour leurs enfants, mais aussi qu’elle ne peut être négligée sans courir un risque d’être socialement disqualifiées.

L’inquiétude des familles concernant les résultats scolaires de leurs enfants se traduit par de nombreuses tentatives de mobiliser diverses ressources comme les écoles des devoirs. Ceci démontre bien l’implication de ces parents issus de milieux défavorisés qui n’ont souvent ni les moyens financiers de payer des cours privés, ni les compétences pour aider leurs enfants, ni les codes de l’école nécessaires pour faire face aux difficultés scolaires. Quel parent ne voudrait-il pas voir son enfant réussir sa vie scolaire ou ne verrait pas, dans la réussite de son enfant, la preuve de sa propre réussite éducative ? 

Il est un constat assez parlant de cet engagement parental. Depuis de nombreuses années, il est pour ainsi dire devenu impossible de trouver une place dans les 346 écoles de devoirs[1] en Fédération Wallonie-Bruxelles. Les listes d’attente s’allongent au grand dam des familles angoissées.

On retrouve la même tendance à incriminer les parents dans les cas de délinquance. Les parents seraient incapables de contenir et de prévenir les premières dérives des jeunes.

Pourtant une étude de la sociologue Laurence Giovannoni[2] montre que le mode éducatif en jeu dans l’accusation de « démission parentale » ne constitue qu’un facteur parmi d’autres dans le processus de délinquance juvénile. Il se combine à d’autres déterminants sociaux, tels une situation socioéconomique difficile et un rapport conflictuel et douloureux à l’institution scolaire.

L’étude souligne que plus d’un quart des familles de mineurs délinquants présente « un bon cadre éducatif ». Un autre quart des familles étudiées rencontre des difficultés relationnelles. Elles ne peuvent cependant pas être désignées comme « démissionnaires », dans la mesure où elles font explicitement appel, comme évoqué plus haut, aux structures d’assistance éducative. Ces parents se trouvent souvent démunis face à l’influence des autres élèves, face à la personnalité propre à leur enfant, à leurs difficultés à gérer sa période d’adolescence et aussi à leur manque de dialogue avec le corps enseignant[3].

Pour mieux comprendre cette représentation de « parent démissionnaire », tournons-nous vers son exact opposé, le parent méritant :

Toujours souriant, toujours à l’heure, impliqué dans l’éducation de son enfant et dans sa scolarité, sans jamais être envahissant, disponible, mobilisé, impliqué, le parent méritant a un travail. Ceci est important car, grâce à ce travail, il ne va pas étouffer son descendant de sa présence. Un travail valorisant et à responsabilités pour que son enfant puisse avoir un modèle sur lequel se projeter. Mais cette activité ne lui prend pas trop de temps non plus, afin qu’il puisse consacrer à son enfant un temps suffisant pour son développement et son équilibre affectif.

Le parent reçoit en retour les fruits de son investissement. Son enfant est poli, intéressé par l’école, ses devoirs sont toujours faits, ses cahiers bien tenus, il n’oublie jamais ses affaires, dort suffisamment toutes les nuits, ne s’ennuie jamais en classe, ne bouscule pas ses camarades, mange des fruits et légumes tous les jours. Idéalement, l’enfant pratique également un certain nombre d’activités extrascolaires mais sans que cela n’empiète sur son temps de classe.

Bref, l’idéal type du parent méritant est cadre, avec des moyens financiers et culturels conséquents mais avec un emploi du temps suffisamment léger pour ne pas être un parent absent.

Inutile de dire que la représentativité de ces «  parents idéaux  » dans l’ensemble de la population scolaire est nettement minoritaire[4], voire inexistant.

A l’opposé, on constate que la grande majorité des parents ne dispose pas du temps suffisant, du fait des conditions de vie professionnelles et familiales précaires et contraignants. A cet aspect s’ajoute la modestie relative du capital culturel effectivement mobilisable chez les parents peu instruits et/ou en situation de pauvreté qui les rend tout simplement incapables de soutenir leurs enfants autant que l’école attend d’eux. C’est encore plus le cas dans les familles primo-migrantes qui ne maîtrisent pas le français et ne connaissent pas le fonctionnement de l’école. 

Loin d’être  « absents » ou « démissionnaires »,  ces parents doivent lutter, souvent au quotidien, pour subvenir aux besoins primaires de leur famille.

Jeter la pierre sur ces parents contribue à cacher le vrai problème de notre système éducatif en Fédération Wallonie-Bruxelles qui est fortement inégalitaire. Les difficultés scolaires sont liées, en grande partie, à l’origine socio-économique des élèves : 74 %  des élèves de 16 ans issus de milieux moins favorisés accusent un retard scolaire contre 35% dans les familles plus favorisées[5].

Philippe Meirieu le disait très bien en 1997 déjà : « Nos villes, nos écoles et nos jeunes sont ainsi traversés par une frontière Nord-Sud. Certains enfants vivent avec un cerveau à deux hémisphères sociaux. L’un gère la pauvreté, les urgences de la survie immédiate, la débrouille au moindre coût, la famille patriarcale ou matriarcale ; l’autre les mathématiques et la physique (…)[6] » 

Les mondes politique, économique et scolaire continuent de fonctionner comme s’il y avait toujours un parent à la maison pour harmoniser les horaires à une époque où le contexte social et économique leur impose de travailler tous les deux. Et que dire des familles monoparentales ? Que dire du ou des parents dont l’enfant est orienté vers l’enseignement spécialisé sachant que l’offre d’établissements de proximité est aléatoire et impose souvent de longs déplacements[7].

Deux parents qui travaillent doivent composer avec des rythmes scolaires et professionnels très différents : l’école primaire impose un horaire, l’école secondaire un autre et le travail de chaque parent en impose un autre encore !

Des parents qui sont déjà suffisamment occupés de leurs côtés et qui doivent s’occuper de jeunes dont l’identité ne se résume plus à celle de l’élève et pour qui l’école n’est plus le centre d’intérêt principal. Ces parents doivent alors gérer leur temps dans un espace-temps éclaté. Une brèche dans laquelle s’est infiltrée la sphère marchande qui met enfants et jeunes en valeur et surtout sous influence, en créant de nouveaux « besoins » de consommation. Depuis plusieurs années déjà, un problème supplémentaire bouscule un peu plus les rapports intrafamiliaux, c’est celui de la culture numérique. Smartphones, tablettes, ordinateur, réseaux sociaux, jeux vidéo ont envahi le quotidien et le temps des jeunes qui n’ont jamais été aussi connectés aux écrans et au monde virtuel. Parallèlement, ils n’ont jamais été aussi déconnectés du monde réel: selon un sondage Ifop réalisé en France en 2013 déjà, 78 % des jeunes des moins de 25 ans se disent dépendants aux smartphones ! 

En Belgique comme en France, on parle maintenant de pratique invasive et même addictive à l’écran au même titre que la drogue. Le problème est tel qu’il est devenu un enjeu de santé publique (problèmes d’agressivité, de troubles de sommeil, de vue, de stérilité,…). Une situation qui se répercute fortement sur les rapports entre enfants et parents, créant de nouvelles sources de tensions entre eux. Un nombre croissant de ces derniers se sente démunis au point qu’on entend maintenant parler de burn-out parental. Selon une étude publiée en novembre 2018 par la Ligue des familles[8], six famille sur dix déclarent avoir de grosses difficultés à concilier leur vie de famille et leur vie professionnelle, s’ils en ont une !

Nombreux sont les parents qui se sentaient déjà démunis face à leur perte d’autorité car il convient de prendre en compte que « dans la majeure partie des cas, les facteurs de pauvreté et d’environnement social sont déterminants : ce sont eux qui ruinent la capacité de contrôle des parents [9]».

Avec tous ces constats, peut-on encore sérieusement tenir ce jugement simpliste de « parents démissionnaire »?

Les enseignants semblent de plus en plus conscients de ces facteurs qui compliquent la fonction parentale, surtout quand eux-mêmes sont confrontés à ces difficultés en tant que parents. Grâce notamment au soutien entre autres des écoles des devoirs et en général du tissu associatif qui favorise le dialogue entre enseignants et parents, ceux-ci ne demandent qu’à être mieux informés sur les programmes et les objectifs pédagogiques de l’école avec un langage accessible pour eux.

Face à toutes les difficultés qu’éprouvent les familles à assumer leur rôle, face aux diversités grandissantes des formes de familles qui vont de la monoparentalité à l’homoparentalité en passant par les familles recomposées, un nombre grandissant de parents fait appel aux services de soutien à la parentalité.

Des mesures d’aide qui vise à accompagner, à aider les parents à éduquer leurs enfants et à subvenir à l’ensemble de leurs besoins éducatifs, affectifs, scolaires, culturels et sociaux. Le site ‘parentalite.be’ est né de cette volonté des différents ministres du gouvernement de la FWB de « répondre de manière positive aux enjeux posés par l’exercice, souvent difficile, de la parentalité. »[10]

Aujourd’hui, une série d’organismes est à la disposition des parents pour les aider à assurer leurs fonctions et ce dès la naissance de leur premier enfant (ONE, maisons de la parentalité, associations de parents, associations dispensant des formations de français, de cours d’informatique, d’alphabétisation, …).

Ces centres et ces activités qui leur sont réservés répondent à des besoins spécifiques et contribuent à renforcer leur « accrochage » en tant que parents.

Ailleurs dans le monde, de telles structures existent depuis fort longtemps. En France, le contrat de réussite on a été créé il y a près de vingt-cinq ans déjà. Celui-ci vise à ouvrir l’école sur le quartier pour créer les conditions d’un partenariat efficace. Il organise également des campagnes de valorisation de l’éducation et de l’école, avec comme objectif d’inciter les parents et les communautés à s’impliquer dans la scolarisation des enfants et jeunes.

 Il existe aussi un dispositif appelé la « mallette des parents » qui vise à un plus grand dialogue avec les parents, en les informant sur une meilleure connaissance de l’école et de son fonctionnement.

Depuis 2013, un modèle partenarial institutionnel a vu le jour qui s’est concrétisé par une loi appelée Loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République etqui évoque une redynamisation du dialogue entre école, parent, collectivité territoriale et secteur associatif et affirmant que « la promotion de la coéducation est un des principaux leviers de la refondation de l’école. »[11]

Au Québec, il existe depuis les années 60 une collaboration et un partenariat étroits entre communautés éducatives (enseignants-parents-associations). Cette collaboration propose un modèle éducatif plus proche de la notion de coéducation, basée sur une conception partagée de la réussite scolaire en visant aussi le développement personnel et une meilleure insertion professionnelle du jeune.

Dans les pays scandinaves ou au Québec, on a compris depuis fort longtemps que l’implication des parents est fortement corrélée à la performance scolaire de leurs enfants[12], comme d’ailleurs tous les travaux de recherches le montrent.

Des modèles d’implication des parents dans la vie de l’école existent, comme celui proposé par le psychosociologue Jean Epstein et qui peut se traduire par des modes de partenariat visant à aider les familles dans leur rôle de soutien et les écoles dans leur rôle de compréhension des familles.

L’école a donc tout intérêt à s’ouvrir réellement à la mixité sociale et culturelle des familles, à la prise en compte des difficultés rencontrées par les parents, selon un mode bienveillant, traduisible au quotidien par des lieux passerelles pouvant accueillir des parents avec des horaires moins contraignants pour eux et les enseignants à différents moments de l’année, dans des cadres moins rigides, avec des activités périscolaires sollicitant les compétences parentales et destinés à « construire un corpus commun de valeurs éducatives à l’école et aux familles »[13]

CONCLUSION

Il est difficile de croire à l’arrivée sur le « marché familial » d’une génération spontanée de parents démissionnaires inaptes à éduquer leurs enfants. Le problème est bien plus complexe que ce que le slogan facile de la « démission parentale » tend à faire croire. Bon nombre d’enquêtes le confirment[14], rares sont les parents qui ne se soucient pas du parcours de leur enfant.

Malgré cela, la conviction d’une démission éducative des parents en situation socio-économique difficile n’en reste pas moins fortement ancrée à tous les niveaux du système éducatif. Un système qui ne s’est pas encore remise en question et qui a du mal à s’adapter aux évolutions de la société et des familles. Cette évolution résulte aussi de la complexité grandissante de la fonction éducative, de l’engagement professionnel des deux parents, de l’instabilité et de la précarité sociale et culturelle des familles de milieux populaires.

Lorsque la position sociale de la famille contredit de fait la promesse d’un destin social acceptable, pourquoi le jeune prendrait-il vraiment au sérieux ses parents dont il est loin de voir en eux un modèle? [15]  

Lutter contre l’échec scolaire et l’impuissance passe naturellement par la lutte contre la précarité.

Un nombre non négligeable de ces parents se sente dépassés car confrontés à des difficultés de vie qui sont souvent incompatibles avec l’exercice de leurs responsabilités parentales.

Pour y faire face, des organismes ont été créés et sont, le plus souvent, subventionnés par les pouvoirs publics en vue de soutenir les parents dans leur fonction avec l’objectif de leur proposer des espaces de discussion, d’échanges et de formations, en veillant à éviter des modèles ou des normes éducatifs.

Le monde associatif a bien saisi l’importance de ce soutien parental : de nombreuses associations dispensent parallèlement aux écoles de devoirs, des ateliers de calcul, d’alphabétisation, de langues, d’initiation à l’informatique et de nombreuses activités culturelles. Ces activités répondent aux attentes et besoins de ces parents et contribuent à renforcer leur « accrochage » face à l’éducation et à la scolarité de leur enfant.

Affirmer que la soi-disant « démission parentale » est responsable de l’échec scolaire, c’est avant tout placer la responsabilité éducative sur le dos uniquement des parents, ce qui déresponsabilise bien trop facilement l’ensemble des adultes présents à l’école. Le personnel des écoles de devoirs, des services d’accueil extrascolaire (dont les garderies scolaires) sont tous concernés par l’éducation des enfants et la transmission des règles de savoir-vivre. Tous ont leur rôle à jouer.

Concernant le rôle dévolu aux parents, Edmund Bergler conclut son étude en ces termes : « Tout ce que l’on peut raisonnablement attendre des parents est qu’ils fassent de leur mieux pour les enfants. »[16]



[1] http://www.ecolesdedevoirs.be/qui-sommes-nous

[2] Laurence Giovannoni, « La démission parentale facteur majeur de délinquance : mythe ou réalité ? », Sociétés et jeunesses en difficulté, n°5, printemps 2008.

[3] Mahy Ch. Parents pauvres au quotidien, in Revue Politique, Revue de débat, num. 68 janvier-février 2011.

[4] Indicateurs de l’enseignement 2019, page 26,27

[5] Ibid.

[6] MEIRIEU PH.,GUIRAUD M.,L’école ou la guerre civile, Plon,Paris,1997

[7] FAPEO, Joëlle Lacroix – Ne cherchez plus, c’est la faute aux parents, 2011

[8] https://www.rtbf.be/info/societe/detail_burn-out-parental-20-des-parents-se-disent-au-bord-du-gouffre?id=10060492

[9] L.Mucchielli, La démission parentale en question : un bilan de recherches, Centres de Recherches Sociologiques sur le Droit et les Institutions pénales, Bulletin d’information, France 2000.

[10] https://parentalite.be/

[11] Coéducation : quelle place pour les parents. Dossier de veille de l’IFE « num..98 », janvier 2015

[12] Ibid.

[13] Georges Fotinos, Le divorce école-parents en France, mythe et réalité en 2015, Enquêtes quantitatives auprès des directeurs d’école maternelle et élémentaire, des personnels de direction des lycées et collèges et des parents d’élèves.

[14] Travaux de B. Lahire, Tableaux de familles. Heurs et malheurs scolaires en milieux populaires, Paris, Gallimard/Seuil, 1995. D. Thin, Quartiers populaires. L’école et les familles, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1998.Ch. Mahy, Parents pauvres au quotidien, in, Revue politique, Revue de débats n° 68, janvier-février 2011. 

[15] L.Mucchielli, La démission parentale en question : un bilan de recherches, Centres de Recherches Sociologiques sur le Droit et les Institutions pénales, Bulletin d’information, France 2000.

[16] E. Bergler, Les parents ne sont pas responsables des névroses de leurs enfants. La peur injustifiée des parents de commettre des erreurs, édit. Payot, 2001, sur http://www.megapsy.com/autre_bibli/biblio010.html