Dans la série « Alertons les parents, sauvez les enfants »

Dans la série « Alertons les parents, sauvez les enfants »

Maman, je peux avoir un peu d’aluminium pour mon quatre-heures ?

Introduction

Qu’il y a-t-il en commun entre le lait pour bébé et du dentifrice ? Entre la casserole qui cuit vos pommes de terre et du vernis à ongles ? Entre un pain industriel vendu en grande surface et un vaccin contre le tétanos ? Rien qu’à lire le titre de cette analyse, vous l’aurez deviné : ils peuvent tous contenir de l’aluminium.

Nous avons été interpelés il y a peu par une maman qui était tombée sur un ancien article de la revue « 60 millions de consommateurs » de mars-avril 2014. Ce dernier avertissait du danger de certains laits infantiles car ils contenaient de l’aluminium. Cela nous a questionné. Pourquoi mettre du métal dans de l’alimentation, et dans de la nourriture pour bébé qui plus est ? Cette information n’avait pas été sensiblement relayée en Belgique à l’époque, la revue de défense des consommateurs étant française. Cela nous avait donc échappé. Nous nous sommes alors penchés sur ce problème et avons découvert avec effarement que l’aluminium était pratiquement partout dans l’alimentation, les cosmétiques, la pharmacie, etc. Les enfants y sont confrontés dès le plus jeune âge et, visiblement, peu de familles sont conscientes de ce que cela peut avoir comme conséquences sur la santé future de leurs enfants. Dès lors, nous avons approfondi ce sujet et vous en proposons cette synthèse.

Petit tour de la situation

L’aluminium est le métal le plus abondant sur notre planète. C’est un constituant de l’écorce terrestre, il se trouve donc tout naturellement dans l’environnement. L’industrie l’extrait généralement de la bauxite qui est un ensemble de roches contenant à la fois de l’alumine et des oxydes de fer. L’aluminium est apprécié par les industriels car il est très léger et, malgré cela, extrêmement résistant.

L’industrie utilise énormément d’aluminium en raison de ses propriétés. On le retrouve dans tous les domaines, que ce soit dans le bâtiment, dans les transports mais également dans l’agroalimentaire, dans les médicaments, les cosmétiques ou encore dans le traitement des eaux.

Nous sommes quotidiennement confrontés à l’aluminium, essentiellement au travers de notre alimentation. Les légumes et les céréales poussent naturellement dans le sol et, de ce fait, absorbent de l’aluminium en très faible quantité, que nous absorbons à notre tour une fois que nous les mangeons.

Depuis quelques décennies, les entreprises agroalimentaires ont marqué un grand intérêt à utiliser de l’aluminium. D’abord, sous forme de contenants (canettes en aluminium, barquettes en aluminium, …), mais également – et c’est tout l’intérêt de cette analyse – en l’incorporant sous forme d’alumine dans leurs préparations alimentaires. On retrouve ainsi de l’aluminium dans des agents de conservation, certains additifs ou encore dans des colorants alimentaires. Ainsi, on le retrouve sous forme de conservateur dans les charcuteries, d’enrobage et de colorant pour les confiseries et les gâteaux, d’agent de blanchiment dans les pains et les farines, etc.

Les industries cosmétiques l’utilisent abondamment dans les produits les plus courants comme les colorants capillaires, les anti-transpirants, les crèmes solaires, les dentifrices, les fards à paupière ou encore… le vernis à ongles et les crèmes pour enfants.

L’industrie pharmaceutique l’incorpore dans des antiacides, des pansements ou encore comme adjuvant dans les vaccins.

Enfin, les eaux d’alimentation sont traitées avec de l’aluminium qui sert d’agent clarifiant et floculant.     

En quoi l’aluminium serait-il un problème ?

En 2008, l’EFSA (European Food Safety Authority – ou Agence européenne de la sécurité alimentaire) a établi une norme hebdomadaire maximale tolérable de 1mg/kg par semaine. Ce qui, pour un adulte de 70 kg représente 10 mg maximum par jour[1]. « Compte tenu de la persistance de l’aluminium dans l’organisme, le groupe scientifique a estimé qu’il convenait d’établir une dose hebdomadaire tolérable (DHT) plutôt qu’une dose journalière tolérable, et a fixé une DHT de 1 mg/kg de poids corporel/semaine[2] ». Dès lors, un enfant de 3 ans ne devrait pas ingurgiter plus de 2 milligrammes (mg) d’aluminium par jour.

L’EFSA reconnaît cependant que la plupart des européens ingèrent en moyenne entre 0,2 et 1,5 mg d’aluminium par kilo et par semaine et qu’une part significative de la population franchirait la limite de 1 mg par kilo et par semaine. Les gros consommateurs pouvant atteindre jusqu’à 2,3 mg/kg par semaine.

Cette norme a été établie car l’aluminium est neurotoxique. Autrement dit, il est toxique pour le cerveau. En s’y accumulant au fil du temps, il provoque des troubles moteurs, des troubles du langage et des encéphalopathies[3]. Il peut également provoquer des lésions musculaires. Il est suspecté de provoquer des maladies comme Alzheimer ou Parkinson. Au plus tôt un enfant est confronté à des doses d’aluminium supérieures à la norme européenne, au plus il a des (mal)chances d’avoir une accumulation d’aluminium qui provoquera une maladie grave, handicapant ainsi la fin de sa vie.

Malheureusement, le contact avec l’aluminium commence tôt dans la vie de l’enfant et nous en venons ainsi à l’interpellation de cette maman. Selon la revue 60 millions de consommateurs[4], plus de 50 % des laits infantiles 1er et 2e âge en contiennent en quantité importante. Les parents ne peuvent pas se faire une idée de sa présence ou non car il n’est pas déclaré sur les étiquettes.

Pour les laits 1er âge, la teneur moyenne est de 153 µg (microgrammes), soit 0,153mg par litre. A raison de 4 biberons par jour, un bébé ingère 897 µg par semaine. Quant au lait 2e âge, avec 198 µg de moyenne par litre, et en consommant 3 biberons de 210 ml par jour, il ingère chaque semaine 0,874 mg d’aluminium. Cela représente 1/8e de la dose hebdomadaire tolérable pour un nourrisson de 7 kg.

Si cela peut paraître rassurant car cela ne dépasse pas la dose limite, 60 millions de consommateurs rappelle que cette dose limite a été fixée pour l’ensemble de la population. « Or, de nombreux experts s’inquiètent de voir une telle valeur également appliquée aux jeunes enfants, et qui plus est des nourrissons, plus sensibles que des adultes. » Et de conclure que leurs résultats indiquent à leur sens « une contamination excessive des laits infantiles. ». Enfin, pour preuve que les industriels pensent à leurs sous plus qu’à la santé des bébés (qui ne sont pas les leurs, évidemment), les boîtes de lait maternisé sont souvent en aluminium.

Ingurgiter de telles quantités d’aluminium durant les premiers mois de la vie représente de réels dangers. Chez les enfants jusque 6 mois, la barrière hémato-encéphalique[5] n’est pas encore formée et ils sont plus enclins à accumuler de l’aluminium dans leur cerveau[6]. On sait que tous les humains accumulent de l’aluminium dans le cerveau avec le temps mais si l’on surcharge le cerveau d’un bébé dans les premiers mois de sa vie, l’aluminium peut entraîner des dommages pour le reste de son existence. Ajoutons à cela l’aluminium des vaccins reçus durant les premiers âges et qui contiennent aussi de l’aluminium, ainsi que l’immaturité des reins des nourrissons (source d’élimination de l’aluminium) et l’on obtient un risque non négligeable de surdose.

Il existe plus de 200 perturbations biologiques qui sont dues à l’aluminium[7], comme la sclérose en plaques, la maladie de Cröhn, l’asthme, l’autisme, le défaut de fertilité, l’épilepsie[8]. C’est un produit totalement inutile pour notre organisme et potentiellement dangereux pour la santé. D’autant plus dangereux qu’il a été prouvé qu’une partie de l’aluminium ingéré par la maman pouvait passer la barrière placentaire et atteindre le fœtus qui risque de le voir s’accumuler dans son cerveau[9].

Nos choix de consommateurs peuvent être une réponse à ce danger

L’aluminium s’accumule ainsi dans le cerveau depuis la naissance, au risque d’arriver un jour à atteindre chez de futurs adultes un seuil critique et de causer des problèmes neurotoxique (déficience motrice, neuro-dégénération, …). Les vaccins peuvent déclencher une maladie grave, la myofasciite à macrophage. Il s’agit de troubles chroniques et persistants qui impactent très fort la vie quotidienne.

L’aluminium avance masqué

Les industriels sont passés maîtres dans l’art de tromper le client. Trop souvent l’étiquetage des aliments manque de clarté et n’indique pas toujours la présence de l’aluminium. De nombreux additifs en contiennent mais on ne retrouve souvent que le numéro d’additifs aluminiques sur les étiquettes :

–             E 173 (aluminium) ;

–             E 520 (sulfate d’aluminium) ;

–             E 521 (sulfate d’aluminium sodique) ;

–             E 522 (sulfate d’aluminium potassique) ;

–             E523 (sulfate d’aluminium ammonique) ;

–             E 541 (sulfate de sodium-aluminium) ;

–             E 554 (silicate alumino-sodique)

–             E 555 (silicate alumino-potassique) ;

–             E 556 (silicate alumino-calcique)

–             E 559 (silicate d’aluminium ou kaolin)

–             E 573 (stéarate d’aluminium) ;

–             E 1452 (succinate octénylique d’amidon aluminique) ;

–             D’autres additifs comme les sels (E 470) ne sont pas clairs. Ces sels peuvent être, soit des sels d’ammonium, soit des sels d’aluminium.

L’aluminium vit caché dans les aliments. Il est donc impossible d’en calculer les doses hebdomadaires.

Fort heureusement, notre organisme ne garde pas l’entièreté de l’aluminium qu’il ingère. Nous en éliminons la plus grosse partie (95%) en allant à selles. La plus grosse partie des 5 % restants sont éliminés par les urines, soit 83 %. Malheureusement, les patients qui ont une fonction rénale diminuée ont plus de chance de voir l’aluminium s’accumuler dans le cerveau qui, lui n’a pas la capacité de l’éliminer. L’aluminium qui reste (entre 30 et 50 mg) se retrouve stocké dans les os, le foie et les poumons.

L’aluminium ne trouve pas naturellement dans l’organisme. Au contraire, son accumulation est toxique. On a vu qu’il pouvait s’accumuler dans le cerveau où il est suspecté de jouer un rôle dans des maladies dégénérescentes et d’autres pathologies neurologiques, mais également dans les os où il peut générer une décalcification osseuse. Il peut également favoriser le déclenchement et l’entretien d’une inflammation intestinale.

L’industrie alimentaire affirme bien souvent suivre les demandes des consommateurs. S’ils intègrent de l’aluminium dans les recettes afin de blanchir le pain de mie, la farine, les dents, purifier les eaux, etc, ce serait à notre seule demande. Et, le fait que nous achetions ces produits, même à notre corps défendant, prouverait la véracité de leur affirmation. Il n’y aurait donc pas d’autre raison pour intégrer un minerai insoluble et potentiellement dangereux pour notre santé, au sein de produits alimentaires de tous les jours. Nul, évidemment, ne parlera d’intérêts commerciaux, de la priorité de satisfaire des actionnaires, et encore moins de bénéfices substantiels que de tels produits très bons marchés permettent de faire aux entreprises.

Ne rien dire et mentir, c’est leur mot d’ordre ! Des millions d’euros sont dépensés en publicité pour nous vanter les bienfaits de produits prétendument merveilleux, voire miraculeux. Les publicitaires sont passés maîtres dans l’art de trafiquer les images, afin de les rendre savoureuses, attrayantes, « sexy ». Et notre dépendance à la publicité nous ôtant tout sens critique, nous incite à les croire. Il est tellement moins fatiguant de ne pas réfléchir, que d’utiliser ses méninges. Nous nous jetons alors sur des produits qui ne nous veulent pas du bien. Et pas de bien du tout.

Si encore, ces choix simplistes ne concernaient que nous, adultes, qui pensons être invincibles, comme quand nous commencions de fumer et qu’on nous le reprochait, nous répondions « Bah, il faut bien mourir de quelque chose ». Mais ce n’est pas le cas. Donner de l’aluminium dans un lait infantile à un nourrisson revient à prendre des risques non calculés sur sa santé et son avenir. Ce ne serait que le début d’une longue escalade.

La dénonciation des dangers de l’aluminium a déjà invité des industriels des cosmétiques à proposer des produits « avec » de l’aluminium et des produits « sans » aluminium. Ce n’est évidemment pas pour nos beaux yeux, mais uniquement pour garder leurs parts de marché. Le jour où plus personne n’achètera des produits contenant de l’aluminium ou d’autres additifs dangereux (et il y en a) – et là est notre force individuelle – leurs produits deviendront fréquentables.

Mieux encore. Nos choix de consommateurs peuvent être une force ! Le jour où plus personne n’achètera de produits alimentaires ou cosmétiques contenant des additifs qui n’ont pas été validés comme inoffensifs pour la santé, alors l’industrie agroalimentaire passera, contrainte et forcée au tout bio.

Comment protéger nos enfants des dangers de l’aluminium ?

Dans l’intérêt des enfants, et ce quel que soit leur âge, nous pensons qu’il faut éviter l’aluminium et le remplacer par des éléments naturels chaque fois que c’est possible. Il n’est malheureusement pas possible de l’éviter totalement, cependant, nous pouvons limiter l’exposition des enfants à l’aluminium. Le fait de veiller à protéger les enfants permettra aux parents de se protéger par la même occasion.

Connaître l’ennemi est une chose, savoir s’en protéger en est une autre.

Les pièces de la maison où on retrouve le plus d’aluminium sont naturellement la cuisine et la salle de bain.

Le lait maternisé sera choisi évidement bio ou garanti sans aluminium.

Le papier aluminium fait partie de presque toutes les cuisines. Il sert à emballer de la nourriture pour la préserver de l’oxydation ou pour la mettre au frigo. Il est inoffensif à sec. Mais, lorsqu’on le chauffe avec la nourriture ou s’il est en contact avec des aliments acides, une partie de cet aluminium migre dans la nourriture et se retrouve dans le foie.

Le pain industriel. Le pain de mie notamment, aliment très français mais pouvant se trouver également dans les grandes surfaces belges, tient sa belle couleur blanche à l’alumine. Celle-ci colorie également des farines, des biscuits, ou des viennoiseries industrielles. Les bonbons ne sont pas épargnés, étant parfois soigneusement emballés dans de l’aluminium.

Les cannettes, certaines poêles et casseroles, sont fabriquées avec de l’aluminium et celui-ci peut migrer dans les aliments en cas de légère rayure. Cette intoxication commence dès les premiers jours de la vie des enfants.

De manière générale, il est préférable d’éviter tous les plats préparés industriels et cuisiner soi-même avec des aliments frais et sains, locaux et de saison. Et, pourquoi ne pas profiter de temps à autres de la préparation d’un plat, d’une tarte, d’une mayonnaise, pour faire découvrir, puis aimer la cuisine à ses enfants en cuisinant ensemble ?

L’eau du robinet et l’eau en bouteille sont souvent contaminées par des sels d’aluminium servant à leur traitement contre les bactéries, virus et parasites, de même afin d’améliorer leur couleur et d’éliminer les particules qui la trouble[10]. Il est difficile d’avoir des informations précises sur la présence d’aluminium dans les eaux vendues en bouteille.

Dans la salle de bain, d’autres produits contenant de l’aluminium peuvent provoquer, à termes, des maladies graves. Les cosmétiques sont loin d’être au-dessus de tous soupçons[11]. Un produit de maquillage sur deux contient de l’aluminium, mais il est impossible de le repérer car il est souvent écrit trop petit. L’aluminium est utilisé car il facilite la pénétration des crèmes, durcit le vernis des ongles, blanchit les dents et bloque la transpiration. Un déodorant peut contenir jusque 20% de sels d’aluminium. La médiatisation de cette problématique a amené des marques à permettent aux consommateurs de choisir avec ou sans sels d’aluminium. C’est essentiellement un argument de vente. Attention cependant aux pièges comme le fait d’annoncer de la pierre d’alun qui se révèle être… de l’aluminium[12]. Celle-ci est en réalité un sulfate double d’aluminium et de potassium (Potassium Alum) qui se présente sous la forme d’un minerai plus ou moins transparent.

Les sels d’aluminium contenus dans les cosmétiques sont néfastes pour la santé. Les anti-transpirants, par exemple, en bloquant la transpiration, empêchent notre organisme de réguler sa température corporelle. Pire encore, 0,012% de l’aluminium déposé par le déodorant pénètre dans la peau. Sur une peau lésée (par exemple par un rasage), cette quantité est multipliée par 6[13].

L’aluminium contenu dans les cosmétiques est beaucoup plus dangereux que celui que nous mangeons. Les cosmétiques sont suspectés d’augmenter les probabilités d’avoir un cancer du sein à cause des substances chimiques qu’ils contiennent appliquées directement dans la zone adjacente au sein. Le cancer du sein intervient fréquemment dans le cadran supérieur externe du sein, zone où sont appliqués les cosmétiques. Le Droit à la santé des mamans est aussi un Droit de l’Enfant.

L’aluminium se retrouve également dans les vaccins où il est utilisé comme adjuvant. Un adjuvant a pour utilité d’augmenter la réponse immunitaire et d’améliorer ainsi l’efficacité du vaccin. Il existe d’autres adjuvants beaucoup plus inoffensifs comme le phosphate de calcium qui, contrairement à l’aluminium est biodégradable dans l’organisme, mais l’avantage de l’aluminium pour les industriels est qu’il permet aux laboratoires de mettre moins de principes actifs, et ce, même si des études ont démontré que l’aluminium favorise les réactions allergiques[14]. Malheureusement, il n’y a pas vraiment d’alternative aux vaccins à aluminium.

Enfin, porter ce combat passe par le bio. L’aluminium est interdit dans les aliments bios. Bien entendu, le bio est plus cher parce qu’il remplace les contaminants de l’agriculture et de l’agroalimentaire par des aliments naturels, sains pour la santé. Mais il est toujours possible faire un mixte : une part de bio (lait pour nourrissons, pains, cosmétiques, etc.), et d’autre part, une cuisine familiale avec des aliments de producteurs régionaux, pas nécessairement bios, mais respectueux de la qualité de leurs produits.

Protégeons nos enfants !

Annexe

Tableau : Quantité d’aluminium maximale tolérée par semaine et par jour en fonction de l’âge de l’âge de l’enfant :

AgePoids moyen         des filles[15]Quantité d’aluminium tolérée par semaine  et par jourPoids moyen des garçonsQuantité d’aluminium tolérée par semaine et par jour
03,53,5mg / 0,5 mg3,53,5mg / 0,5 mg
199 mg / 1,3 mg1010 mg / 1,4 mg
21111 mg / 1,6 mg1212 mg / 1,7 mg
31414 mg / 2 mg1414mg / 2 mg
41616 mg / 2,3 mg1616 mg / 2,3 mg
51818 mg / 2,6 mg1818 mg / 2,6 mg
62020 mg / 2,8 mg20,520,5 mg / 2,8 mg
72222 mg / 3,1 mg22,522,5 mg / 3,2 mg
82525 mg / 3,5 mg2424 mg / 3,4 mg
92828 mg / 4 mg2828 mg / 4 mg
103232 mg / 4,5 mg31,531,5 mg / 4,5 mg
113737 mg / 5,2 mg3636 mg / 5,1 mg
124242 mg / 6 mg4040 mg / 5,7 mg
134646 mg / 6,5 mg4545 mg / 6,4 mg
145050 mg / 7,1 mg5151 mg / 7,1 mg
155454 mg / 7,7 mg5858 mg / 8,2 mg
165656 mg / 8 mg6262 mg / 8,8 mg
1756,556,5 mg / 8 mg6666 mg / 9,4 mg
1856,556,5mg / 8 mg6969 mg / 9 ,8 mg

[1] Gherardi, R. K.; Aouizerate, J.; Cadusseau, J.; Yara, S.; Authier, F. J. Aluminum Adjuvants of Vaccines Injected into the Muscle: Normal Fate, Pathology and Associated Disease. Morphologie 2016, 100 (329), 85–94. https://doi.org/10.1016/j.morpho.2016.01.002.

[2] EFSA (European Food Safety Authority: Scientific Panel on Food Additives, Flavourings, Processing Aids and Materials in Contact with Food (AFC)) (2008).

[3] L’encéphalopathie vasculaire est un syndrome secondaire suite à des lésions cérébrales. Chez le sujet âgé, l’encéphalopathie vasculaire est souvent associée à une maladie d’Alzheimer. https://www.francealzheimer.org/comprendre-la-maladie/les-maladies-apparentees/lencephalopathie-vasculaire/

[4] 60 millions de consommateurs mars-avril 2014. Trop d’alu dans les laits infantiles

[5] La barrière hémato-encéphalique protège le cerveau des agents pathogènes, des toxines et des hormones circulant dans le sang. Elle représente un filtre extrêmement sélectif, à travers lequel les nutriments nécessaires au cerveau sont transmis, et les déchets sont éliminés. Wikipédia consulté le 9 mars 2022.

[6] France 5, Valérie Rouvière, 2012-01-22. Aluminium, notre poison quotidien

[7] France 5, Valérie Rouvière, Ibid.

[8] https://www.sante-et-nutrition.com/aluminium-alimentation/

[9] Kruger PC, Schell LM, Stark AD, Parsons PJ. Ibid.

[10] https://www.wwf.fr/sites/default/files/doc-2017-09/11_rapport_eau_de_boisson.pdf

[11] France 5, Valérie Rouvière, Ibid.

[12] L’Express, Laure Karsenti. 07/08/2015. Pierre d’alun: la fausse bonne idée en matière de déodorant naturel ?

[13] Flarend R, Bin T, Elmore D, Hem SL. A preliminary study of the dermal absorption of aluminium from antiperspirants using aluminium-26. Food Chem Toxicol Int J Publ Br Ind Biol Res Assoc 2001; 39:163–168.

[14] France 5, Valérie Rouvière, Ibid.

[15] Swiss Society of Paediatrics, 2012. Courbes de croissances. https://cdn.paediatrieschweiz.ch/production/uploads/2020/05/Perzentilen_2012_09_15_SGP_f.pdf

Publicité : Les enfants, prescripteurs d’achats malgré eux

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Nous sommes de plus en plus souvent interpellés par des familles qui sont débordées par les demandes d’achats de leurs enfants. Comment refuser ces demandes quand on est une famille qui ne roule pas sur l’or ou qui ne souhaite pas que son enfant fasse des caprices dans une grande surface, simplement parce qu’on lui refuse un achat non indispensable, voire nuisible pour sa bonne alimentation ou sa santé ? En effet, de nombreuses publicités à destination des enfants concernent des aliments trop sucrés ou trop salés, ce qui peut influencer le choix alimentaire des enfants et les inciter à consommer de la malbouffe.

Enfin, comment faire pour diminuer l’emprise qu’a la publicité sur les enfants sans les priver de télévision, voire de réseaux sociaux (à partir de 12 ans) ? Bien sûr, nous n’avons pas les réponses à ces questions. Chaque parent doit chercher les mots que son ou ses enfants peuvent comprendre et entendre. Néanmoins, nous partageons leurs questionnements et constatons impuissants que les enfants sont les cibles des publicitaires qui ne respectent en aucune manière leurs droits fondamentaux. Celui de pouvoir faire des choix raisonnés sans subir d’influences extérieures ou de manipulations mentales.

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La Ligue, c’est vous !

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Nous recherchons des bénévoles qui veulent agir pour les Droits de l’Enfant en Fédération Wallonie-Bruxelles. Vous avez quelques heures de libres en journée ? Rejoignez-nous et participez à l’orientation de notre politique d’actions collectives selon ce qui vous parle le plus : LGBTQI+, école, primo-arrivant.e.s, santé/environnement, inclusion ou égalité de genre.

Les Droits de l’Enfant sont importants pour vous ?
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Le sort des enfants LGBTQI+ ou demandeurs d’asile vous interpelle ?
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Les inégalités de genre vous choquent ?

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Dans la série « Alertons les parents, sauvez les enfants »

Dans la série « Alertons les parents, sauvez les enfants »

Les polluants chimiques environnementaux

Le point de non-retour est probablement dépassé. Notre planète est inondée de polluants chimiques qui vont empoisonner les générations futures durant des milliers d’années, fabriqués en masse et répandus à travers toute la planète pour le seul bénéfice d’une petite poignée de générations d’actionnaires et de militants de la mondialisation. En moins d’un siècle, les (ir)responsables d’entreprises et leurs actionnaires, mais aussi les (ir)responsables politiques qui les soutiennent contre l’intérêt supérieur de l’Humanité et des générations futures, auront réussi à rendre la vie sur Terre plus dangereuse qu’elle ne l’a jamais été.

Les enfants d’aujourd’hui, ont toutes les malchances de vivre une vie sinon plus courte, en tous cas de moindre qualité que celle de leurs parents et grands-parents. Lors de leur naissance, les bébés ont des centaines de produits chimiques dans le sang de leurs cordons ombilicaux[1]. « Nous savons que ces produits passent la barrière placentaire et se retrouvent dans le liquide amniotique. Les enfants sont donc contaminés pendant tout le début de leur vie intra-utérine. La période de développement dans le ventre de la mère est très importante parce que c’est là où le cerveau se forme, c’est là où tous les organes se forment et se mettent en place.  Beaucoup de maladies que l’on va avoir, que l’on soit adolescent, adulte ou vieux, ont pour origine cette vie fœtale qui détermine toute notre santé d’adulte.[2] »

Un grand nombre de ces polluants chimiques sont des composés persistants qui, aujourd’hui, se retrouvent partout dans l’environnement et sur l’ensemble de la planète. Ils ont conquis tous les écosystèmes et tous les organismes vivants qui les peuplent. La plupart sont des POP (polluants organiques persistants) dont la durée de vie est extrêmement longue et dont certaines ont la propriété de pouvoir se déplacer sur de longues distances. L’une des propriétés importantes des POP est leur semi-volatilité. Cette propriété leur confère un degré de mobilité suffisant leur permettant d’atteindre des concentrations relativement grandes dans l’atmosphère et d’être transportés sur de longues distances[3]. Elles se diffusent par le ruissellement, depuis les lieux les plus reculés que sont les nappes aquifères, jusqu’aux mers et océans. De plus, lorsqu’ils sont appliqués sur des cultures, 75% de ces produits s’échappent dans l’atmosphère et ont ainsi la possibilité de passer d’un continent à l’autre, voire à faire plusieurs fois le tour de la terre, portés par les courants-jets polaires ou subtropicaux (aussi appelés « jet stream »)[4]. Une fois posées, ils se mêlent à la poussière. Lorsque le soleil revient, emportés par le vent, ils refont le tour de la Terre pour polluer un environnement qui ne l’aurait pas été suffisamment.

Ces substances se retrouvent donc inévitablement dans l’air que nous respirons, dans les aliments que nous mangeons, dans l’eau que nous buvons, dans les boissons sucrées qui mettent en danger la santé de nos enfants, dans le sol de nos potagers. Bref, partout où l’air passe, on retrouve des polluants chimiques environnementaux que cette industrie chimique cherche tant à nous faire ingérer à son seul profit.

Une des caractéristiques des POP est qu’ils sont bioaccumulables, autrement dit, il s’accumulent dans notre corps sans pouvoir être éliminés. Ils sont lipophiles, c’est-à-dire qu’ils se dissolvent de préférence dans les graisses et dans les lipides, plutôt que dans l’eau. Les lipides servent à la fois au stockage de notre énergie, mais ils constituent aussi notre masse graisseuse, et sont les constituants majeurs de nos membranes cellulaires (dont les cellules de notre peau) ainsi que des cellules de notre système nerveux. En résumé, une fois stockés, ces polluants organiques persistants, ne nous quittent plus. Notre corps ne produit pas d’enzymes capables de casser leur structure moléculaire et donc de nous permettre de les métaboliser et de les éliminer. Pire, ils se transmettent de la mère à l’enfant durant la vie ultra-utérine et, ensuite, par le lait maternel. C’est probablement tout l’avenir de l’humanité qui est menacé, puisque ces polluants persistants continueront à être transmis de génération en génération pendant sans doute des centaines, voire des milliers d’années.

Les conséquences sur la biodiversité des contaminations par les produits chimiques sont étudiées depuis plus d’un demi-siècle. Dans son ouvrage Silent spring[5](Le printemps silencieux), Rachel Carson a démontré que les organochlorés (dont fait partie le DDT[6], insecticide largement utilisé depuis la fin de la seconde guerre mondiale contre les insectes : fourmis, moustiques et même dans les shampoings anti-poux) ont eu des conséquences importantes sur la faune. Les oiseaux du lac Clear en Californie ont été retrouvés morts suite à trois applications de DDD (un cousin du DDT) pulvérisé pour éradiquer des moustiques un peu trop résistants. Les concentrations de DDD dans le corps des volatiles atteignaient 1600 mg/kg, ce qui représentait des doses mortelles. Pour tuer un moustique l’industrie privilégie toujours la bombe chimique à des systèmes écologiques, quels que soient les risques pour d’autres espèces, qu’elles soient animales ou humaines.

Le fait que ces substances soient lipophiles fait qu’une fois pulvérisées, elles pénètrent le sol sans s’y dégrader et sont consommés par des insectes et des vers de terre, premiers maillons de la chaîne alimentaire. Ceux-ci sont ensuite mangés par de petits oiseaux dont les prédateurs sont les oiseaux de proie, ou par les humains, lorsqu’ils mangent un poulet qui s’est régalé de vers de terre.

Les petits oiseaux peuvent en mourir (la dose létale pour un rouge-gorge est de 11 vers de terre contaminés seulement), mais les effets des perturbateurs endocriniens que sont le DDT et ses cousins ont d’autres conséquences. Les oiseaux ne peuvent plus se reproduire et leurs espèces déclinent rapidement.

Pour les super-prédateurs et donc aussi pour l’Homo Sapiens les effets ne sont pas que mortels. Depuis les années 60 la recherche a démontré les conséquences de ces produits sur la faune sauvage et aquatique. En tant que super-prédateur, l’Homo sapiens est pleinement concerné par les résultats de ces recherches.

Dans les années 60, les visons du Michigan sont devenus stériles car on les avait nourris avec des poissons fortement contaminés par les PCB[7]. Les PCB sont des POP surtout présents dans les produits d’origine animale : viandes, poissons, œufs, produits laitiers. Ils sont classés par le CIRC[8] comme « cancérogènes certains » pour l’Homme[9]. Depuis les années 60, de nombreuses études ont démontré les effets des perturbateurs endocriniens sur la reproduction des animaux. Théo Colborn[10]a collationné une foule d’exemples allant des goélands d’Ontario qui désertaient leurs nids, où 80 % des oisillons étaient morts ou malformés suite à un traitement massif de la zone au DDT, jusqu’aux ourses polaires dont le nombre de femelles gestantes avait diminué de moitié (leur graisse contenant de fortes concentrations de PCB), en passant par les alligators du lac Apopka, situé à 400 m d’une usine de pesticides en Floride, qui étaient devenus incapables de se reproduire car la taille de leur pénis était trop petite[11].

Le rapport Environnement et Santé de l’Agence européenne de l’environnement[12] de 2006 souligne « de nombreuses espèces se situent au sommet de la chaîne alimentaire tout comme des consommateurs humains et sont souvent exposés à des contaminants environnementaux de même type via leur alimentation quotidienne. De nombreuses fonctions physiologiques fondamentales chez les animaux et les humains sont similaires. Si une substance chimique, à une certaine concentration produit certains effets chez les animaux sauvages, cela peut être pris comme une indication d’effets transposables à l’humain. Une substance neurotoxique pour les oiseaux aura vraisemblablement les mêmes effets chez les humains et une substance aux effets oestrogéniques sur des poissons agira à l’identique chez les humains. »

Concernant précisément ces derniers, on constate une transformation sexuelle des poissons de rivière, notamment d’individus mâles devenus femelles. C’est la conclusion d’une étude britannique[13] qui précise que « La diminution du nombre de spermatozoïdes et de la fertilité observée chez l’homme comme les anomalies sexuelles constatées chez les poissons sont les conséquences plus que probables d’une exposition aux perturbateurs endocriniens. Ces substances peuvent être des hormones, des composées mimant leur action ou bien des molécules s’opposant à l’action hormonale. » Et d’établir une liste de suspects possibles : « Beaucoup de produits chimiques d’usage courant sont des anti-androgènes. Il y a des médicaments prescrits contre le cancer de la prostate, des fongicides, des antibactériens, des parabens », énumère Susan Joubling, Principale auteure de l’étude britannique. Elle rappelle que « ces deux derniers groupes chimiques sont omniprésents dans notre vie quotidienne : dans la nourriture, dans certains savons, des détergents, des dentifrices, des désinfectants et des cosmétiques. Il est vraisemblable que les antiandrogènes soient présents dans les rivières sous forme d’un cocktail de ces molécules, avec peut-être d’autres que nous ne connaissons pas encore. La priorité est d’identifier les coupables. »

La convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants, qui vise à interdire le DDT ainsi que d’autres polluants organiques persistants, ratifiée le 22 mai 2001 et effective depuis le 17 mai 2004, a est signée par 158 pays. Il aura fallu 50 ans, après que ses effets néfastes pour la nature et pour les humains soient connus, pour que le DDT soit interdit dans la plupart des pays. Le DDT continue cependant à être utilisé dans certains pays tropicaux pour lutter contre le paludisme et le typhus.

Le DDT, de par sa dangerosité a été inscrit sur la « liste des 12 salopards ». Il s’agit de polluants organiques persistants qui s’accumulent dans l’environnement ainsi que dans la chaine alimentaire.

Le 22 mai 2001, la Convention de Stockholm qui bannissait 12 substances de la surface de la planète a été votée. Les 12 salopards (POP) comprennent huit pesticides, dont le DDT, deux produits industriels (le PCB et l’hexachlorobenzène, qui est aussi un pesticide) et deux sous-produits indésirables de la combustion et de la transformation industrielle, les dioxines et les furanes. En 2009, 9 nouvelles substances chimiques ont été ajoutées dont quatre retardateurs de flammes.

Ces 12 polluants chimiques ont prouvé leur toxicité sur la faune, la flore et les organismes humains, de même que leur persistance et haut degré de bioaccumulation dans l’environnement. Les caractéristiques qu’ont les polluants organiques persistants en font des bombes à retardement pour toute la biodiversité et tous les organismes vivants.

Par exemple, le chlordécone qui est un composé synthétique chloré, utilisé dans la fabrication de produits phytosanitaires. Très persistant dans l’environnement, il est classé potentiellement cancérigène pour l’espèce humaine et très toxique pour la diversité aquatique. Largement utilisé de 1972 à 1993 pour sauver la monoculture de la banane aux Antilles menacée par les charançons (alors que sa toxicité est connue depuis les années 60), cet insecticide a contaminé les neuf dixièmes des populations de Martinique et de Guadeloupe[14] et empoisonné le sol, les rivières et la mer pour des siècles. 13 000 personnes[15] absorbent quotidiennement une quantité de chlordécone dépassant la valeur toxicologique de référence : 0,5 µg/kg/j, en mangeant des légumes qu’ils cultivent dans leur jardin. Cette pollution, cet empoisonnement va reposer sur plus d’une centaine de générations successives futures, la demi-vie[16] du chlordécone dans le sol étant de six siècles.

Décidément, il y a des criminels en liberté !

Douze « salopards », à la liste desquels se sont ajoutés seulement neuf autres. Cela pèse peu à côté des 100 000 substances chimiques qui sont diffusées quotidiennement dans notre environnement ou notre système métabolique. Celles-ci ont été mises sur le marché sans que les industriels et les politiques ne se soient inquiétés de leurs effets à court et long terme sur l’être humain et l’environnement.

En Europe, ce n’est qu’à partir de 1981 que toute nouvelle substance doit être préalablement évaluée concernant son cycle de vie et ses effets sur les cellules vivantes. Les substances existantes n’étaient pas soumises aux mêmes exigences en matière d’informations que les substances nouvelles. Il en résulte un déficit général des connaissances disponibles sur les propriétés de ces substances dites existantes alors qu’elles représentent plus de 99 % du volume total de l’ensemble des substances sur le marché. Par ailleurs, il n’était pas demandé aux utilisateurs en aval de transmettre des informations sur leurs utilisations. Par conséquent, il y a également un manque de données sur les expositions[17].

La règlementation REACH[18] est un règlement européen[19] entré en vigueur en 2007 pour sécuriser la fabrication et l’utilisation des substances chimiques dans l’industrie européenne. L’objectif était de mieux protéger la santé humaine ainsi que l’environnement contre les risques liés aux substances chimiques, tout en « favorisant la compétitivité de l’industrie chimique de l’Union Européenne ». Après six années d’une longue bataille, les lobbies de l’industrie chimique qui représentent une portion infinitésimale de la population européenne sont parvenus à vider le règlement de sa substance afin d’assurer les bénéfices de leurs richissimes actionnaires, au détriment de la santé de 499,8 millions d’individus.

Dans le texte original, deux éléments primaient : l’obligation pour les industriels d’évaluer les substances chimiques présentes dans leurs produits, si la quantité dépasse une tonne par an. Et l’inversion de la charge de la preuve : ce ne serait plus aux autorités publiques de prouver qu’un produit est dangereux, mais aux industriels de montrer pourquoi leur produit n’est pas nocif[20]. Les défenseurs de l’écologie ont utilisé tous les moyens pour faire valoir leurs idées mais n’avaient pas le même poids que les lobbies industriels « La bataille était inégale. « Nous avons réussi à sauvegarder le principe de substitution : si un produit moins nocif que celui qu’ils emploient existe, les industriels ont obligation de l’utiliser, rappelle-t-on chez Greenpeace, mais la procédure d’enregistrement des produits chimiques est trop lente et trop bureaucratique. Les premiers listings ne devraient sortir qu’en 2010.[21]« 

En attendant, les dysfonctionnements du système de la reproduction, les cancers ou les troubles du comportement explosent. 30 ans après la déclaration de Wingspread[22] ou est né le concept de perturbateurs endocriniens, rien ou si peu a été fait pour protéger les enfants et leurs futurs descendants. Ce texte fort balisait déjà les dangers qui menacent l’Humanité du fait des polluants chimiques environnementaux. Il était précurseur. Malheureusement, la plupart de nos représentants politiques des 30 dernières années ne l’ont jamais lu :

DECLARATION DE WINGSPREAD

Altérations du développement sexuel induites par les produits chimiques :

le sort commun des animaux et des hommes

« De nombreux composés libérés dans l’environnement par les activités humaines sont capables de dérégler le système endocrinien des animaux, y compris l’homme. Les conséquences de tels dérèglements peuvent être graves, en raison du rôle de premier plan que les hormones jouent dans le développement de l’organisme. (…) » Les signataires déclarent que :

  1. Nous savons avec certitude que :

Un grand nombre de produits chimiques de synthèse libérés dans la nature, ainsi que quelques composés naturels, sont capables de dérégler le système endocrinien des animaux, y  compris  l’homme (…).

De nombreuses populations d’animaux sauvages sont d’ores et déjà affectées par ces composés (…).

Les effets varient selon les espèces et les composés. Toutefois, on peut faire quatre remarques :

a. les composés concernés peuvent avoir des effets très différents sur l’embryon et sur l’adulte ;

b. les effets se manifestent surtout sur la génération suivante, et non chez les parents exposés ;

c. la période d’exposition au cours du développement de l’organisme est cruciale, déterminant l’ampleur et la nature des effets ;

d. la période d’exposition la plus critique correspond à la vie embryonnaire, mais les effets peuvent ne pas se manifester avant l’âge adulte.

Les études en laboratoire confirment les développements sexuels anormaux observés dans la nature et permettent de comprendre les mécanismes biologiques mis en jeu.

Les humains sont également affectés par ces composés. Le distilbène, un médicament de synthèse, et beaucoup de composés cités en note ont des effets oestrogéniques. Les femmes dont les mères ont ingéré du distilbène sont particulièrement touchées par le cancer du vagin, par diverses malformations de l’appareil reproducteur, par des grossesses anormales et des modifications de la réponse immunitaire. Les hommes et les femmes exposés pendant leur vie prénatale présentent des anomalies congénitales de l’appareil reproducteur et une baisse de fertilité. Les effets observés chez les victimes du distilbène sont semblables à ce que l’on observe chez les animaux contaminés, dans la nature et en laboratoire. Cela suggère que les humains partagent les mêmes risques

2. Nous estimons extrêmement probable que :

Certaines   anomalies   du   développement   constatées   aujourd’hui   chez   les   humains concernent des enfants adultes de personnes ayant été exposées à des perturbateurs hormonaux présents dans notre environnement (…).

À moins que la contamination de l’environnement par les perturbateurs hormonaux soit rapidement contrôlée et réduite, des dysfonctionnements généralisés à l’échelle de la population sont possibles (…). 

  • Les modèles actuels prévoient que :

Les mécanismes d’action de ces composés sont variables, mais d’une manière générale :

a. ils imitent les hormones naturelles en se liant à leurs récepteurs ;

b. ils inhibent les hormones en les empêchant de se lier à leurs récepteurs ;

c. ils réagissent directement ou indirectement avec les hormones elles-mêmes,

d. soit en perturbant leur synthèse,

e. soit en modifiant le nombre de récepteurs dans les organes.

Les hormones mâles et femelles peuvent altérer le développement cérébral (…).

Toute perturbation du système endocrinien d’un organisme en formation peut altérer son développement : ces effets sont habituellement irréversibles (…).

Les effets constatés sur la reproduction des animaux sauvages devraient préoccuper les humains qui exploitent les mêmes sources de nourriture, le poisson contaminé par exemple. Le poisson est une source majeure de contamination chez les oiseaux. Les mécanismes de dérèglement hormonal par les organochlorés chez les oiseaux sont les mieux connus à ce jour. Ils nous aident à comprendre comment l’homme pourrait partager le sort des animaux, car le développement du système endocrinien des oiseaux est très semblable à celui des mammifères. (…)

Texte complet et la liste des signataires à lire sur le site du Sénat français, repris en référence.

Prochain dossier de la série « Alertez les parents, sauvons les enfants »

2. Les perturbateurs endocriniens.


[1] Noemie Naguet de Saint-Vulfran, France Culture 26/10/2018 – Le sang des bébés est pollué : les dangers de l’effet cocktail.

[2] Barbara Demeneix, biologiste et professeure de physiologie au Muséum National d’Histoire Naturelle, dans l’article repris ci-dessus.

[3] L. Ritter, K.R. Solomon, J. Forget et M. Stemeroff et C. O’Leary, LES POLLUANTS ORGANIQUES PERSISTANTS, Rapport d’évaluation DDT-aldrine-dieldrine-endrine-chlordane, Heptachlore-hexachlorobenzène, Mirex-toxaphène, Biphényles polychlorés, Dioxines et furanes

[4] Les courants-jets polaires sont situés entre 7 et 12 km de hauteur, tandis que les courants-jets tropicaux sont situés entre 10 et 16 km au-dessus du niveau des mers. La vitesse de ces vents varie se situe généralement au-dessus de 92 km/h mais elle peut atteindre près de 400 km/h.

[5] (CBS 1963): Columbia Broadcasting System, C.B.S. Reports: The Silent Spring of Rachel Carson, April 3,

1963, In: Lerner KL, and Lerner BW (eds), Environmental issues: essential primary sources, Detroit:

Thomson Gale 2006.

[6] Dichlorodiphényltrichloroéthane synthétisé en 1874. Insecticide ménager et agricole le plus utilisé à partir de la Seconde Guerre mondiale.

[7] PCB = Polychlorobiphényles.

[8] Centre international de recherche sur le cancer

[9] https://www.cancer-environnement.fr/90-Polychlorobiphenyles-PCB.ce.aspx

[10] T. Colborn, D. Dumanoski, J.P. Myers, L’homme en voie de disparition ?, Mens, Editions Terre Vivante, 1997

[11] Cité par Anne-Corine Zimmer, 2009 – Polluants chimiques, enfants en danger, Les Editions de l’Atelier.

[12] European Environment Agency, « Environment and Health », EEA report, N°10/2005, cité par Anne-Corine Zimmer, Ibid.

[13] Publié le 20 janvier 2009 – De nouveaux suspects dans la « féminisation » des poissons – citant l’étude mise en ligne le 7 janvier 2009 sur le site de la revue Environmental Health Pespectives.

[14]France info, 01/03/2021 – Scandale du chlordécone : on vous explique pourquoi la Martinique et la Guadeloupe se mobilisent contre « l’impunité » https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/pesticides/scandale-du-chlordecone-on-vous-explique-pourquoi-la-martinique-et-la-guadeloupe-se-mobilisent-contre-l-impunite_4315511.html

[15] ASEF (Association Santé Environnement France), 15 février 2018 – Les Polluants Organiques Persistants – la synthèse de l’ASEF, disponible sur www.asef-asso.fr/

[16] Une demi-vie désigne le temps nécessaire à une substance contenue dans un environnement pour qu’elle soit diminuée de la moitié de sa valeur initiale. Une molécule perd ses effets après cinq à sept demi-vies. Dans le cas du chlordécone, cela reviendrait à ne plus influencer l’environnement dans une fourchette située entre 3000 et 4200 ans. 

[17] https://www.prc.cnrs.fr/reach/fr/substances.html

[18] Acronyme, en anglais, d’Enregistrement, évaluation et autorisation des substances chimiques.

[19] règlement n°1907/2006

[20] Adeline Haverland et Thomas Bronnec, L’Express 06/06/2009 – Comment les lobbys ont façonné la directive REACH

[21] Adeline Haverland et Thomas Bronnec, L’Express 06/06/2009, ibid.

[22] A lire sur https://www.senat.fr/rap/r10-765/r10-76514.html

Ecole post-COVID et santé mentale des élèves

Ecole post-COVID et santé mentale des élèves

Ecole post-COVID et santé mentale des élèves

Une pandémie qui a surpris l’école

Venant de Wuhan en Chine, le virus de la COVID-19 s’est rapidement disséminé à travers le monde créant une pandémie inattendue, à mach 0,85 (la vitesse des avions de ligne, soit environ 920 km/h). Au 14 mars 2020, on répertorie plus de 147 000 cas cumulés (dont 72 500 guéris et 5 500 décédés). Plus de 150 pays sont affectés. L’OMS déclare que « l’Europe est l’épicentre de la pandémie[1] »

Le 12 mars 2020 au soir, les gouvernements belges (mais aussi français) annoncent leur décision de fermer les écoles dès le 16 mars afin limiter la transmission du virus, et de protéger les enfants. Chacun pensait qu’elles rouvriraient après les vacances de Pâques, mais on sait ce qu’il en a été : confinement, puis reprise « à la carte » en juin 2020, refermeture des écoles secondaires lors de la deuxième vague le 28 octobre 2020, prolongation du congé de Toussaint, apprentissage à distance, puis en hybridation toujours à la carte. Certaines écoles alternant la présence des élèves par demi-classes un jour sur deux, d’autres une semaine sur deux.

La fermeture de l’école a impacté la santé mentale des élèves

Comme le rappelle l’OMS[2], la santé mentale est une composante essentielle de la santé. C’est un état de bien-être qui permet à un être humain de se réaliser, de surmonter les tensions normales de la vie, d’accomplir un travail productif – et donc aussi des apprentissages scolaires – et de contribuer à la vie de sa communauté. Elle définit la santé comme suit : « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ».

La santé et le bien-être mental sont indissociables. Ils permettent à une personne de penser, d’agir, de ressentir, d’échanger avec les autres et de profiter de l’existence. Durant le confinement, puis par la suite avec les mesures restrictives et les gestes barrières[3] imposés, de nombreuses personnes, adultes et enfants ont vu leur santé mentale décliner. Cela a été une période difficile pour la plupart d’entre nous, à des degrés divers qui dépendaient de la situation personnelle de chacun.

Si, au début du confinement, les élèves ont eu l’impression d’être en vacances, bien vite ils ont réalisé que c’était tout sauf des vacances. Ils ont commencé à s’ennuyer de leurs amis et amies, ont montré des signes de tristesse, ont ressenti une immense solitude. Selon les écoles, ils ont reçu ou non des activités à réaliser (les nouveaux apprentissages étaient bannis) qui ont permis de maintenir le lien avec leur.s professeur.s. Ensuite, l’apprentissage en distanciel a été une nouvelle épreuve. Beaucoup ont été démotivés face à l’utilisation de la technologie ou, tout simplement, n’avaient pas les outils pour suivre les apprentissages en ligne. Les relations parents-enfants, parents-ados n’ont pas toujours été faciles. Le fait que les premiers devaient parfois travailler à la maison, tout en s’occupant du ménage et de leurs enfants a souvent entraîné un burnout parental.

Selon une étude des mutualités libres[4], les jeunes de 15 à 25 ans ont consommé plus d’antidépresseurs à la fin de l’année 2020. Les admissions dans les hôpitaux psychiatriques et les services psychiatriques des hôpitaux généraux, ont diminué. Les hôpitaux se limitant aux soins COVID-19, les prises en charges pour raisons de santé mentale ont été retardées, tant chez les jeunes que dans la population générale. Le gouvernement ayant autorisé les consultations par téléphone, la mutualité a constaté une augmentation significative chez les 15-25 ans, du fait que ces jeunes ont été fortement impactés par les mesures contraignantes suite à la pandémie. Cependant, de nombreux problèmes de santé mentale n’ont pas été traités ou fait l’objet de diagnostics en raison de la pandémie.

En ce qui concerne les troubles de l’anxiété et les symptômes dépressifs, les adolescentes (36%) semblent plus fragilisées que leurs camarades masculins (19%), en raison du manque d’interactions sociales, essentielles à la construction de leur identité à ce moment de leur vie[5].

Durant la crise sanitaire, les études sur la santé mentale se sont multipliées et affinées. « Du point de vue de la santé mentale, les jeunes sont la tranche d’âge la plus touchée par la crise sanitaire. La santé mentale des personnes plus âgées dépend énormément du contexte. Chez les jeunes, la situation est très différente : on a l’impression qu’il y a un effet général qui touche l’ensemble de la jeunesse, peu importe le contexte », explique Olivier Luminet, professeur de psychologie de la santé à l’UCLouvain et membre du groupe d’experts « psychologie et corona », cité par l’Echo[6]. Et de préciser que l’étude menée sur les étudiants du supérieur en avril 2020 faisait état de 35% d’étudiants en état de dépression et/ou d’anxiété, et qu’un an plus tard, ce chiffre était monté à 55% !

Toujours dans l’article de l’Echo, le neuropsychiatre Boris Cyrulnik exprime ses inquiétudes en affirmant « Les enfants pourront rattraper leur retard, pas les adolescents (…). Certains adolescents vont décrocher pour toute la vie ».

Il est donc essentiel que les souffrances subies par cette catégorie d’âge soient particulièrement prises en compte par le milieu éducatif et que l’on change enfin tant la manière d’enseigner, que d’évaluer et de certifier. Trop d’élèves et d’étudiants sont fragilisés. Pour certains sans doute à vie. Ce seront, évidemment, des proies faciles pour les indécrottables adeptes de l’échec scolaire.

L’école a peu tenu compte de l’état psychique des élèves, fragilisé par la pandémie

L’année scolaire 2020-2021 s’est terminée de manière disparate. Après que le monde associatif ait appelé les responsables politiques et les pouvoirs organisateurs à aménager la fin de l’année sans faire d’examens, afin de prioriser les apprentissages qui n’ont pas été compris ou vus durant l’hybridation (ce qui a été traduit dans une circulaire ministérielle), les écoles ont réagi de manière dispersée. Le réseau Wallonie-Bruxelles Enseignement a appelé ses écoles à respecter l’esprit de la circulaire, ce que beaucoup d’entre elles ont fait, mais dans les autres réseaux, aucun appel de ce genre n’a été lancé, le SEcrétariat Général de l’Enseignement Catholique (SEGEC) rappelant même que les écoles avaient une totale liberté pédagogique. Cela n’a, évidemment, pas incité les écoles les moins respectueuses des élèves à tenir compte de la circulaire et donc des Droits fondamentaux de ces derniers.

Dès lors, on s’est retrouvé avec des écoles qui respectaient les Droits de leurs élèves, tandis que d’autres ont mis en place une session d’examens. Les premières ont donné cours en évaluant formativement. Les secondes ont maintenu leur tri habituel entre ceux qui avaient la chance d’être bien équipés sur le plan informatique, recevant un soutien de leurs parents, ayant un domicile confortable et calme, et nés dans un milieu favorisé et, de l’autre côté, ceux que la société a défavorisés à la naissance n’ayant pas l’environnement favorable des premiers. Ces derniers ont été abandonnés par leurs professeurs, ont décroché et se sont retrouvés orientés ou obligés de redoubler.

Ces écoles sélectives n’ont en rien tenu compte de la situation mentale des élèves ni du fait que L’enseignement hybride a été inefficace et n’a pas permis à une majorité d’élèves d’acquérir les apprentissages. De plus, nombre de professeurs ont été incapables (ce qui n’est nullement leur faute) de donner efficacement cours par visioconférence. Comme leurs élèves, ils n’ont pas été formés pour cela.

Les apprentissages n’ont donc été assimilés qu’en partie, voire pas du tout. On se retrouve donc au début d’une nouvelle année scolaire avec des élèves qui sont en retard dans leurs apprentissages et qui, pour certains sont – et resteront – en décrochage complet, voire ont conservé des « troubles mentaux » hérités de la pandémie.

Il n’est un secret pour aucun professionnel de l’école que la crise du COVID-19 a eu un effet significatif sur la santé mentale des jeunes (OCDE 12 mai 2021[I]). De tous les jeunes ! Certains s’en sont tirés mieux que les autres (voir ci-dessus) alors que les plus fragiles n’ont pas été épargnés. Pire, leurs souffrances n’ont même pas été prises en compte par l’établissement scolaire qui a pour vocation de les instruire.

L’OCDE[II] précise que « La prévalence des symptômes anxieux et dépressifs a augmenté de manière spectaculaire chez les jeunes et reste plus élevée qu’avant la crise et que celle observée dans d’autres classes d’âge, en dépit de la réouverture partielle de l’économie. » Il est donc clair, pour tous les intervenants scolaires que de nombreux élèves resteront avec des séquelles de la crise des mois encore, voire des années durant. Il est donc impérieux de prendre ces données en compte et d’adapter tant les cursus que les méthodes pédagogiques à cette situation. Il faut donc réinventer l’Ecole et cette crise sanitaire nous donne l’occasion de le faire, sans attendre les résultats du trop petit « Pacte pour un Enseignement d’Excellence ».

Inquiétudes sur la santé mentale des jeunes

Nombreuses sont les familles à être inquiètes sur la manière dont l’école soutiendra leur enfant. De nombreux élèves, aussi, ne retournent pas à l’école la fleur au fusil. Il y a tant de craintes… D’abord la crainte de ne pas avoir les connaissances suffisantes, ensuite la crainte de ne plus être capable d’apprendre, tant ils sont perturbés par ce qu’ils ont vécu durant un an et demi.

La santé mentale des jeunes s’est sensiblement détériorée durant la pandémie. Et ce, dans tous les pays. Toujours selon l’OCDE, les problèmes de santé mentale chez les 15-24 ans ont été multipliés par deux, voire plus. En mars 2021, les jeunes étaient 30 à 80 % plus susceptibles de faire état de symptômes dépressifs ou anxieux que les adultes en Belgique, aux Etats-Unis et en France.  

La quarantaine et l’isolement, tout comme les règles sanitaires strictes telles que celles qui concernaient – et concernent encore – la distanciation sociale, ont eu des effets extrêmement négatifs sur les enfants et sur les jeunes. Certains ont des symptômes de tests post-traumatiques, sont dans la confusion ou entretiennent une colère interne par rapport à tout ce qu’ils ont dû vivre – ou plutôt – tout ce qui les a empêchés de vivre. Ces effets peuvent être de longue durée et durer des mois, voire des années après la pandémie (Brooks et coll., 2020[III]).

Principaux facteurs de stress des élèves

La fermeture des établissements scolaires, puis l’hybridation, ont affaibli leurs facteurs de protection. Dans un établissement scolaire, chaque élève a ses habitudes quotidiennes rythmées par l’horaire de la classe et celui de l’école. Leur fermeture a brisé ces habitudes qui permettent de structurer le temps et ainsi de ne pas angoisser sur l’avenir immédiat. De même, le sentiment d’appartenance à un groupe et les interactions sociales ont été brisés et ces liens sont essentiels à la construction de l’individu. Les réseaux sociaux (qui sont loin d’être si sociaux que cela) n’ont pas remplacé la cour de récréation, les moments de temps libre et de convivialité, tout comme les heures de sport ou la garderie du matin, du midi ou du soir.

La quarantaine a généré un stress intense : crainte de l’infection de soi ou de ses proches, apprentissages de gestes barrières parfois incompréhensibles, de lavage des mains quarante fois par jour, un enfermement parfois dans des conditions apocalyptiques (appartement exigu, sans terrasse, plusieurs enfants par chambre, pas de matériel informatique, connexion Wifi défaillante, etc.) et donc la frustration d’être enfermé sans plus pouvoir revoir sa famille, ses amis, aller dans un commerce, …

Ne fréquentant plus l’école et confrontés aux actes d’une vie quotidienne routinière, l’ennui a été dur à supporter. Si ce dernier a des bienfaits lorsqu’il ne dure pas trop longtemps (il permet la créativité, l’altruisme, libère l‘esprit, …), le confinement du COVID a ralenti le temps quotidien. Les jeunes n’ont plus trouvé de sens à leurs journées, à leurs semaines, à leur vie… Or, l’on sait que la propension à l’ennui est positivement corrélée au niveau de symptômes dépressifs et anxieux[IV] [V]. Certains élèves sont plus touchés par l’ennui. Par exemple, les élèves avec un TDAH ont un niveau d’ennui plus élevé[VI].

La peur de manquer de provisions, de voir ses parents manquer de revenus, certains étant au chômage du fait que leur entreprise ait fermé ou que leur emploi ne peut plus s’exercer. Enfin, le manque d’informations a particulièrement touché les jeunes dans les familles les moins informées.

En résumé, les facteurs de stress dus à la pandémie les plus courants (p. ex. Arim et coll., 2020[VII]; Brooks et coll., 2020[VIII]; Holmes et coll., 2020; Kaddatz, 2020[IX]; Taylor et coll., 2020[X]; Nations Unies, 2020, 13 mai[XI]; Vigo et coll., 2020[XII]) chez les jeunes ont été :

  • Les conséquences non seulement sociales, mais également économiques ;
  • La solitude, la perte des liens sociaux, mais aussi parfois le deuil compliqué par les mesures restrictives ; 
  • La peur de la stigmatisation si par hasard un membre de la famille devait être contaminé ;
  • La diminution des moyens financiers de la famille, la peur de ne plus pouvoir accéder aux besoins fondamentaux ;
  • Les tensions – et parfois les violences – familiales dues au confinement dans un lieu trop exigu ou du fait de devoir toujours être ensemble ;
  • L’impossibilité (ou la peur) d’avoir accès à la santé. Les médecins généralistes, tout comme les hôpitaux ont perdu de vue certains patients (donc aussi des enfants et des jeunes) ayant des pathologies graves ;
  • La durée de la pandémie qui a engendré une incertitude sur l’avenir et donc un stress intense ;
  • Le manque d’informations précises ou le trop-plein d’informations non vérifiées. Les médias sociaux laissaient transiter à la fois les informations mais également les désinformations ;
  • Les effets neurologiques potentiels de la COVID-19 elle-même.

Les jeunes issus de milieux populaires ont été particulièrement touchés par la fermeture des établissements scolaires

Chaque année, les vacances d’été sont les plus longues périodes d’interruption de l’école. Avec la pandémie, cette période a été multipliée par trois. Or, l’on sait que des vacances d’été ordinaires creusent les écarts en matière d’apprentissage et augmente l’isolement, la faim et les comportements sédentaires des populations les plus précarisées[XIII]. Ces facteurs sont déjà à risque de détérioration de la santé mentale, chaque année en été. Que dire alors de ces triples grandes vacances et de l’année scolaire suivante où ils n’ont été qu’à moitié à l’école.

L’enseignement en distanciel a montré de grandes disparités quant à l’accès à Internet (matériel, compétence pour l’utiliser, connexion Wifi, …) et la qualité de l’endroit pour étudier (chambre ou non, seul ou non, …). Aucune des conditions nécessaires à l’apprentissage en ligne n’était réunies.

De ce fait, les problèmes de santé mentale chez les jeunes qui en ont souffert n’ont pas pu être identifiés par le corps professoral qui est bien placé pour le faire, et donc n’ont pas été signalés aux services de santé scolaire. Ceux et celles qui bénéficiaient de leur soutien avant le confinement n’ont bien souvent pas pu continuer à en bénéficier. Les services de santé mentale ont été débordés et ne pouvaient plus prendre en charge des cas graves. De ce fait, les tentatives de suicide ont fortement augmenté.

Conclusion : l’école doit prendre ces données en compte

Il est urgent de protéger la santé mentale des élèves !

Il est fondamental que les écoles – ou à défaut chaque enseignant – adoptent une approche pédagogique plaçant la santé mentale au cœur de leurs pratiques quotidiennes.

Croire qu’une forme de retour à la normale va remettre les curseurs à zéro et que chaque élève perturbé par le stress vécu pendant la pandémie va se « retaper » subitement, serait prendre les vessies pour des lanternes. Les troubles psychiques, comme décrits ci-dessus, vont mettre au mieux des mois à s’apaiser, voire des années. Ces élèves sont des victimes et ils ne sont pas coupables des comportements qu’ils pourraient avoir tels qu’un rejet de l’école, des phobies, un décrochage constant, des formes de mutisme, de colère, etc.

Ces élèves sont le plus à risque de décrochage scolaire et de redoublement. Il faut donc tout mettre en place pour les accrocher et ne pas les laisser filer. Ils doivent dont être détectés et accompagnés jusqu’à la fin de leur scolarité. Les troubles qu’ils subissent les mettent en situation de handicap par rapport à l’école et les apprentissages qui y sont donnés. De ce fait, ce sont des élèves à besoins spécifiques. Même si un bilan n’a pas été effectué par un spécialiste (nombre d’élèves refuseront de se faire diagnostiquer), ils doivent pouvoir bénéficier d’aménagements raisonnables, en commençant par la bienveillance et la compréhension de ce qu’ils ont vécu[7]. Nous suggérons, notamment :

  • D’être sensibles aux signes d’anxiété ou de difficultés de santé mentale et de travailler en lien avec les CPMS et les Centres PSE ;
  • De porter une attention particulière aux élèves les plus vulnérables (élèves à besoins spécifiques, porteurs d’une déficience, qui étaient en situation d’échec, …) ;
  • De communiquer avec les élèves selon les principes de bienveillance et d’interventions positives ;
  • De mettre en place des activités avec tous les élèves en lien avec la bienveillance, l’empathie, la gestion des émotions,
  • De maintenir une routine et des activités se rapprochant d’une situation normale (malgré le port obligatoire du masque en secondaire – essentiellement à Bruxelles).

Sur les pratiques pédagogiques, chaque école pourra interroger les pratiques de pédagogies actives et notamment sur la manière de permettre de donner du sens à la parole des élèves, via la pédagogie institutionnelle et, spécialement, les conseils de coopération (qui n’ont rien à voir avec les « conseils de classe »). Il est également possible de mettre de nombreuses choses en place indépendamment et en fonction des besoins de chaque étudiant comme, par exemple, aménager la passation des examens, mettre en place des évaluations non cotées c’est-à-dire des évaluations formatives, soulager les élèves de travaux extrascolaires qui seraient plutôt faits en classe avec l’aide du/des professeur/s et/ou de tuteurs. La différenciation pédagogique devrait être le maître-mot de tous les intervenants.

Références


[1] Le Figaro, Coronavirus : l’Europe est désormais à l’«épicentre» de la pandémie, affirme l’OMS, Publié le 13/03/2020

[2] OMS, 30 mars 2018, https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/mental-health-strengthening-our-response

[3] Académie française, 7 mai 2020, Comment faire l’accord au pluriel d’un groupe composé de deux noms apposés ? Quand il y a identité entre les deux éléments, les deux prennent la marque du pluriel : on écrit ainsi des danseuses étoiles parce que ces danseuses sont des étoiles. Le contexte permet d’ailleurs bien souvent de dire simplement des étoiles. S’il n’y a pas identité, seul le premier élément prend la marque du pluriel, on écrit donc des films culte parce que ces films font l’objet d’un culte, mais n’en sont pas ; on ne dit jamais, parlant d’eux, des cultes. S’agissant de geste barrière, on peut considérer que ces gestes forment une barrière et préférer le singulier, mais dans la mesure où l’on peut aussi dire que ces gestes sont des barrières, l’accord au pluriel semble le meilleur choix, et le plus simple. On écrira donc des gestes barrières.

[4] Mutualités libres, 10/05/2021, Impact de la Covid-19 sur la santé mentale des jeunes, https://www.mloz.be/fr/covid-19-sante-mentale-jeunes

[5] RTBF TENDANCE avec AFP, 17 mars 2021, Santé mentale : les adolescents touchés de plein fouet par la pandémie du coronavirus.

[6] Cité dans l’ECHO, 10 avril 2021, Quel avenir pour la génération Covid ?

[7] Pour savoir comment réagir face à un élève susceptible de présenter des troubles de la santé mentale, il existe une brochure téléchargeable sur le site du l’équipe de Consultation et Liaison Intersectorielle du Réseau Hainuyer pour l’Épanouissement et la Santé mentale des Enfants, Adolescents et Usagers assimilés (RHESEAU), https://www.rheseau.be/wp-content/uploads/2020/10/4-Navigation-au-coeur.pdf


[I] Préserver la santé mentale des jeunes pendant la crise du COVID-19 https://www.oecd.org/coronavirus/policy-responses/preserver-la-sante-mentale-des-jeunes-pendant-la-crise-du-covid-19-dbcb04f5/

[II] Ibid

[III] Ibid.

[IV] Isacescu J., Struk A.A., Danckert J. Cognitive and affective predictors of boredom proneness. Cogn Emot. 2017;31(8):1741–1748.

[V] Sommers J., Vodanovich S.J. Boredom proneness: its relationship to psychological- and physical-health symptoms. J Clin Psychol. 2000;56(1):149–155

[VI] Carriere J.S.A., Cheyne J.A., Smilek D. Everyday attention lapses and memory failures: the affective consequences of mindlessness. Conscious Cogn. 2008;17(3):835–847

[VII] Arim, R., Findlay, L., & Kohen, D. (2020). Les répercussions de la COVID-19 sur la santé et lecomportement des jeunes : résultats de la Série d’enquêtes sur les perspectives canadiennes 1. Catalogue no. 45-28-0001. Ottawa, Ontario: Ministre de l’Industrie. https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/45-28-0001/2020001/article/00020-fra.htm

[VIII] Ibid.

[IX] Kaddatz, J. (2020, April 9). Les familles peinent à composer avec les conséquences financières de la pandémie de COVID-19..L’Institut Vanier de la famille. https://vanierinstitute.ca/families-struggle-to-cope-with-financial-impacts-of-the-covid-19-pandemic/

[X] Taylor S., Landry C., Paluszek M., Fergus T.A., McKay D., Asmundson G.J.G. (2020). Development and initial validation of the COVID Stress Scales. Journal of Anxiety Disorders,72. https://doi.org/10.1016/j.janxdis.2020.102232

[XI] Nations unies (13 mai 2020). Note de synthèse : La santé mentale dans le cadre de la lutte contre la COVID-19. https://www.un.org/sites/un2.un.org/files/un_policy_briefcovid_and_mental_health_final.pdf

[XII] Ibid.

[XIII] Morgan, K. et al. (2019), « Socio-Economic Inequalities in Adolescent Summer Holiday Experiences, and Mental Wellbeing on Return to School: Analysis of the School Health Research Network/Health Behaviour in School-Aged Children Survey in Wales », International Journal of Environmental Research and Public Health, vol. 16/7

A posteriori, la reprise de l’Ecole le 10 mai en présentiel, bonne ou mauvaise chose ?

A posteriori, la reprise de l’Ecole le 10 mai en présentiel, bonne ou mauvaise chose ?

Nous sommes réunis, ce 21 juin 21 devant la presse, pour remettre le bulletin de l’Ecole. Je parle de l’Ecole, avec un grand « E », càd notre système éducatif, mais cela concerne aussi nombre d’écoles avec un petit « e ». Elles se reconnaîtront car ce sont celles qui font le système scolaire – cette grande œuvre – et qui lui permette de fonctionner depuis des décennies.

D’aucuns vous diront que la reprise en présentiel le 10 mai dernier était une mauvaise chose. Pour ma part, je prétends l’inverse. D’accord, des associations de première ligne renchériront en disant qu’un nombre important d’enfants qu’ils soutiennent sont en grande difficulté face aux apprentissages, que le présentiel n’aurait pas comblé les lacunes de l’hybridation et que les écoles n’arrêtent pas de faire des interros au lieu de donner cours. Des familles appellent au secours parce que leurs enfants font des tentatives de suicide ou se scarifient car on leur annonce qu’ils redoubleront ou « ramasseront les poubelles toute leur vie » (sic). Bon, d’accord, mais rassurez-vous bonnes gens, les écoles – et, quand je parle des écoles, je parle des directions et des pouvoirs organisateurs – les écoles savent ce qui est bon pour leurs élèves. Elles savent ce qu’elles doivent faire !

Voilà, précisément, pourquoi je pense que la reprise en présentiel le 10 mai dernier était une excellente chose. Non seulement, cela a permis aux « bonnes » écoles de révéler leur face cachée, mais cela nous a surtout permis de voir à quel système scolaire nos élèves avaient réellement affaire.

La circulaire a demandé à toutes les écoles de tenir compte de la crise et des conditions impossibles auxquelles les élèves ont été confrontés, afin de ne pas leur faire perdre injustement une année scolaire. Si certaines écoles – et il y en a – ont joué le jeu dans l’intérêt de leurs élèves, nombre d’autres ne se sont pas seulement assises sur la circulaire, mais l’ont jetée à la poubelle.

Celles qui se croient « bonnes écoles », qui veulent défendre leur réputation ont, non seulement organisé des examens mais ont évalué leurs élèves de manière constante et les ont assommés de travaux, de devoirs et de leçons à la maison depuis la reprise en présentiel. Non seulement, l’école est redevenue une souffrance, mais elle s’impose aussi à la maison en bouffant le peu de temps libre qu’il reste à leurs élèves.

Nous savions que nous avions un des pires – sinon le pire – système scolaire de l’ensemble de l’OCDE. Cette reprise en présentiel a démontré que l’Ecole que l’on pensait inefficace, inégalitaire, discriminante, injuste et maltraitante, l’est bien plus encore qu’on ne le pensait. » L’Ecole a enfin montré ce qu’elle était réellement et profondément. En matière d’inégalités, de discriminations, on n’a jamais fait aussi bien. Nous battons tous les records précédents et cela, uniquement grâce aux « bonnes » écoles et à leurs pouvoirs organisateurs.

Ces « bonnes » écoles n’ont pas repris les cours pour combler les retards. Au contraire, elles ont fait des interros et des examens pour pouvoir reprendre leur petite sélection sociale comme au bon vieux temps d’avant Covid. Car en 2020, elles ont déjà dû relâcher leur petit jeu du redoublement. Deux années, c’est trop pour garder cette « bonne » réputation de préparer à l’université ou aux « hautes écoles ». On y met une pression insupportable sur les jeunes, sans la moindre pitié. On y menace leur réussite, on les y rabaisse. Mieux encore, ces « bonnes » écoles se tamponnent complètement de leurs enseignants au bord du burn-out, obligés de pratiquer cette sélection inique et profondément inhumaine.

N’attendons pas de miracles des conseils de classe. S’il est bien une institution « hors la loi », c’est le conseil de classe. Car le Droit fondamental est très clair « Nul ne peut être à la fois juge et partie ![1] ». Il s’agit d’un tribunal où chaque juge est partie prenante. Celui-ci a donné le cours et il décide de sanctionner celles et ceux à qui il a été incapable de transmettre tous les savoirs, ou parce qu’ils lui ont déplu à un moment ou un autre, ou enfin parce que leur tête, leur origine, leur prénom ne leur plaît pas. En fait personne ne sait pourquoi car c’est aussi le seul tribunal en Belgique où l’on juge un être humain sans que ce dernier (et/ou ses représentants légaux) ne puisse se défendre, ni être représenté et défendu. On est loin de tout système démocratique. Dans les régimes totalitaires on fait au moins des parodies de procès. Dans notre système scolaire non démocratique, on n’en prend pas la peine : on condamne sans la moindre forme de procès.

Mon commentaire sur le bulletin de l’école ne sera pas « Peut mieux faire ! », car il n’est pas possible de faire pire. D’ailleurs, à force de creuser, elle n’a toujours pas trouvé de pétrole. Nous avons une école qui est en échec scolaire depuis le début de la massification de l’enseignement il y a 76 ans et qui n’a toujours pas compris comment on faisait école.

C’est l’Ecole du non-droit, l’école de l’injustice, l’école de l’amplification des inégalités sociales. Les conseils de classe vont décider de l’avenir de jeunes sans même tenir compte de leur intérêt supérieur. Elle va empêcher certains de rester dans leur filière pour les diriger vers une filière professionnalisante dont ils ne veulent pas. Ce faisant, ils les condamnent à une chute inéluctable vers la pauvreté, en passant par le décrochage scolaire, la sortie sans diplôme, l’impossibilité de trouver un emploi de qualité. En condamnant ces élèves à la pauvreté, ces conseils de classe condamneront aussi leurs enfants, leurs petits-enfants, leurs arrières-petits-enfants, … qui, loin d’être nés, sont déjà pauvres.

L’OCDE nous a rappelé il n’y a pas longtemps qu’il faut 6 générations pour qu’une famille sorte de la pauvreté. C’est-à-dire 180 ans ! Sur une simple décision d’un « simple » conseil de classe, six générations sont inéluctablement condamnées, non plus à vivre, mais à se battre pour la survie.

La reprise en présentiel était une bonne chose. Elle nous permet de confirmer la conclusion que nous faisons chaque année : l’Ecole est un lieu où il ne faut surtout pas mettre d’élèves.

Jean-Pierre Coenen

Président de la Ligue des Droits de l’Enfant

Instituteur


[1] https://dictionnaire.notretemps.com/ : L’expression actuelle trouve sa source dans la formule latine « Aliquis non debet esse judex in propria causa, quia non potest esse judex et pars » qui se traduit par « personne ne doit être juge de sa propre cause, parce qu’on ne peut être à la fois juge et partie ». Bien connue des juristes, elle signifie qu’on ne peut pas rendre une décision juste lorsqu’on a un intérêt à la décision rendue.

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