Aidez-nous à militer pour…

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Il n’y a pas d’âge pour accéder à la compréhension de soi et de l’autre.

L’enfance et l’adolescence sont des âges où nous pouvons parler du genre et de l’orientation sexuelle.

Avez-vous quelques heures de libre par mois ?

Rejoignez notre Commission LGBT+ !

Encore aujourd’hui, les enfants et les adolescent·e·s ayant une orientation affective et sexuelle et/ou une identité de genre autre que le modèle accepté ou imposé socialement, moralement ou culturellement constituent des groupes sociaux « invisibilisés » et donc « vulnérabilisés ». Ces enfants sont souvent témoins de violences plurielles infligées par ignorance, telles que : ne pas être écouté·e·s, compris·e·s et reconnu·e·s ; le rejet implicite ou explicite ; les traitements discriminatoires et dégradants ; le harcèlement à l’Ecole ; l’exclusion (par la famille, par les pairs, par l’Ecole) ; les discours de haine (y compris Internet et les réseaux sociaux) ; les menaces et les contraintes verbales, physiques, sexuelles, psychologiques, etc. Ces agressions peuvent être ponctuelles, répétées ou amenées à se répéter et portent atteinte à l’intégrité, à la santé psycho-sociale, affective, mentale et spirituelle de ces enfants. Ces conditions peuvent également être amplifiées par des situations de vie, notamment scolaires et familiales, critiques. Par ailleurs les jeunes personnes LGBT+ encourent souvent le risque de se trouver sans abris.

Toutes ces situations sont des discriminations et des violations flagrantes des droits de l’enfant

Depuis 2016 et avec la collaboration d’associations membres de la Rainbowhouse, nous avons travaillé à la rédaction d’une charte à destination des écoles afin de les inciter à devenir plus inclusives, à devenir des « Ecoles Pour Tou·te·s ». La crise du Covid a reporté ce combat, les écoles étant concentrées sur la pandémie. Nous pouvons cependant espérer qu’avec le printemps, le virus permettra de relancer ce projet. C’est un chantier de longue haleine pour lequel nous avons besoin d’aides, autrement dit, de volontaires motivé·e·s.

Si vous vous reconnaissez personnellement ou indirectement dans ce discours porteur de vérités, s’il éveille en vous des réflexions, des idées, des stratégies, des projets ou tout simplement une volonté d’action :

Contactez-nous et échangeons sur tout cela !

Notre groupe de travail et de réflexion aura le but de soutenir différentes Ecoles à intégrer des modèles éducatifs inclusifs et non stéréotypés. Les Ecoles pour Tou·te·s peuvent être des outils puissants, d’une part, de prévention de l’ignorance et des crimes haineux, d’autre part, de promotion de la libre expression, de la tolérance, de la reconnaissance, de la sécurité, du respect, de la dignité et de l’égalité entre tout·e·s.

Voici les questions qui animent notre combat, mais la liste est encore très longue. Nous comptons sur vous pour la développer et définir ensemble nos futurs objectifs :

  • Comment réagir, en tant que parents, tuteur·trice·s, intervenant·e·s ou professionnel·le·s proches de l’enfance, lorsque des enfants ou des adolescent·e·s expriment des questionnements, des préoccupations ou des difficultés par rapport à la perception de leur corps, de leur identité de genre et/ou de leur orientation sexuelle ?
  • Que faire, par exemple, lorsqu’un·e enfant souhaite que les autres l’appellent autrement ? Comment écouter les enfants qui n’osent pas se confier par peur d’être incompris·e·s, d’être perçu·e·s comme « anormaux·ale·s » et/ou rejeté·e·s ?
  • Comment intégrer la perspective des genres et des sexualités dans les approches éducatives, pédagogiques, d’accompagnement et d’intervention des institutions proches de l’enfance (Ecoles, CPMS, Ecoles de devoir, etc.) ? Sont-elles intégrées dans les programmes de formations des professionnel·le·s proches de l’enfance (éducateur·trice·s, accueillant·e·s extrascolaires, enseignant·e·s, psychologues, médiateur·trice·s, etc.) ?
  • La théorie des genres et des sexualités est-elle intégrées aux missions des écoles, dont « l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle » ?
  • Comment favoriser la collaboration entre les professionnel·le·s proches de l’enfance et les familles afin de co-construire des approches d’accompagnement ouvertes à la quête et à la libre expression identitaire de tout·e enfant ?
  • Comment comprendre, accompagner et soutenir les enfants qui développent un sentiment de rejet souvent exacerbé par des situations de vie critiques ?

Il n’est pas essentiel d’habiter Bruxelles pour participer. Aujourd’hui, les réunions peuvent se faire en présentiel, à distance ou de manière hybride. Par contre, il est important de partager nos valeurs et ce qui nous anime. (Lire ici)

Nous vous remercions d’avance pour votre intérêt

L’équipe de la Ligue des Droits de l’Enfant

Pour de plus amples informations :  www.liguedroitsenfant.be/ecolepourtoutes/

Aidez-nous à agir pour une société inclusive

Aidez-nous à agir pour une société inclusive

Depuis 20 ans, notre « Plate-forme pour une Ecole inclusive », avec l’aide de familles et d’acteurs associatifs, porte le combat de l’inclusion au niveau de l’Ecole. C’est un chantier important mais il est insuffisant. Ce sont tous les pans de notre société qui doivent devenir plus inclusifs.

Aussi, en cette fin d’année 2021, la Ligue des Droits de l’Enfant lance une commission en interne, c’est-à-dire un groupe de travail dont la mission sera de concrétiser le combat pour que la société devienne progressivement de plus en plus inclusive pour tous les enfants. Comme nous sommes une « Ligue », c’est-à-dire une association qui permet à des citoyen·ne·s de se « liguer » ensemble pour porter un projet commun, nous recherchons des bénévoles qui souhaitent nous aider à arriver à cet objectif.

Avez-vous quelques heures de libre par mois ? Êtes-vous des parents, des tuteurs/tutrices, des professionnel·le·s de l’enfance, des étudiant·e·s ou tout simplement des citoyen·ne·s qui rêvent d’une société ouverte à toutes les différences ? Si ce combat est également le vôtre, rejoignez-nous et participez à l’orientation de notre politique d’actions collectives en matière d’inclusion.

Notre commission inclusion

Comment pouvons-nous agir à la promotion d’une société qui reconnaisse et prenne en charge tous les types de vulnérabilité : physique, mentale, comportementale, relationnelle, familiale, sociale, économique, culturelle, identitaire, etc. ? Comment pouvons-nous renforcer l’inclusion, la participation et le bien-être de tous les enfants ? Nous avons besoin de vous pour nous aider à porter ce combat. Cette mobilisation constructive aura bien évidemment comme résultat des initiatives concrètes et créatives, qui seront définies et portées par la diversité et l’« expertise » du vécu de chacun·e d’entre nous.

Contactez-nous et échangeons sur tout cela : https://www.liguedroitsenfant.be/contactez-nous/

Si vous êtes dans le monde associatif, les associations qui portent les mêmes valeurs que celles que nous défendons sont les bienvenues dans notre Plate-forme pour une École inclusive. Leur expertise est essentielle pour nous aider à militer pour un système scolaire plus inclusif, fondement d’une société à son tour plus inclusive.

Dans la série « Alertons les parents, sauvez les enfants »

Dans la série « Alertons les parents, sauvez les enfants »

Les polluants chimiques environnementaux

Le point de non-retour est probablement dépassé. Notre planète est inondée de polluants chimiques qui vont empoisonner les générations futures durant des milliers d’années, fabriqués en masse et répandus à travers toute la planète pour le seul bénéfice d’une petite poignée de générations d’actionnaires et de militants de la mondialisation. En moins d’un siècle, les (ir)responsables d’entreprises et leurs actionnaires, mais aussi les (ir)responsables politiques qui les soutiennent contre l’intérêt supérieur de l’Humanité et des générations futures, auront réussi à rendre la vie sur Terre plus dangereuse qu’elle ne l’a jamais été.

Les enfants d’aujourd’hui, ont toutes les malchances de vivre une vie sinon plus courte, en tous cas de moindre qualité que celle de leurs parents et grands-parents. Lors de leur naissance, les bébés ont des centaines de produits chimiques dans le sang de leurs cordons ombilicaux[1]. « Nous savons que ces produits passent la barrière placentaire et se retrouvent dans le liquide amniotique. Les enfants sont donc contaminés pendant tout le début de leur vie intra-utérine. La période de développement dans le ventre de la mère est très importante parce que c’est là où le cerveau se forme, c’est là où tous les organes se forment et se mettent en place.  Beaucoup de maladies que l’on va avoir, que l’on soit adolescent, adulte ou vieux, ont pour origine cette vie fœtale qui détermine toute notre santé d’adulte.[2] »

Un grand nombre de ces polluants chimiques sont des composés persistants qui, aujourd’hui, se retrouvent partout dans l’environnement et sur l’ensemble de la planète. Ils ont conquis tous les écosystèmes et tous les organismes vivants qui les peuplent. La plupart sont des POP (polluants organiques persistants) dont la durée de vie est extrêmement longue et dont certaines ont la propriété de pouvoir se déplacer sur de longues distances. L’une des propriétés importantes des POP est leur semi-volatilité. Cette propriété leur confère un degré de mobilité suffisant leur permettant d’atteindre des concentrations relativement grandes dans l’atmosphère et d’être transportés sur de longues distances[3]. Elles se diffusent par le ruissellement, depuis les lieux les plus reculés que sont les nappes aquifères, jusqu’aux mers et océans. De plus, lorsqu’ils sont appliqués sur des cultures, 75% de ces produits s’échappent dans l’atmosphère et ont ainsi la possibilité de passer d’un continent à l’autre, voire à faire plusieurs fois le tour de la terre, portés par les courants-jets polaires ou subtropicaux (aussi appelés « jet stream »)[4]. Une fois posées, ils se mêlent à la poussière. Lorsque le soleil revient, emportés par le vent, ils refont le tour de la Terre pour polluer un environnement qui ne l’aurait pas été suffisamment.

Ces substances se retrouvent donc inévitablement dans l’air que nous respirons, dans les aliments que nous mangeons, dans l’eau que nous buvons, dans les boissons sucrées qui mettent en danger la santé de nos enfants, dans le sol de nos potagers. Bref, partout où l’air passe, on retrouve des polluants chimiques environnementaux que cette industrie chimique cherche tant à nous faire ingérer à son seul profit.

Une des caractéristiques des POP est qu’ils sont bioaccumulables, autrement dit, il s’accumulent dans notre corps sans pouvoir être éliminés. Ils sont lipophiles, c’est-à-dire qu’ils se dissolvent de préférence dans les graisses et dans les lipides, plutôt que dans l’eau. Les lipides servent à la fois au stockage de notre énergie, mais ils constituent aussi notre masse graisseuse, et sont les constituants majeurs de nos membranes cellulaires (dont les cellules de notre peau) ainsi que des cellules de notre système nerveux. En résumé, une fois stockés, ces polluants organiques persistants, ne nous quittent plus. Notre corps ne produit pas d’enzymes capables de casser leur structure moléculaire et donc de nous permettre de les métaboliser et de les éliminer. Pire, ils se transmettent de la mère à l’enfant durant la vie ultra-utérine et, ensuite, par le lait maternel. C’est probablement tout l’avenir de l’humanité qui est menacé, puisque ces polluants persistants continueront à être transmis de génération en génération pendant sans doute des centaines, voire des milliers d’années.

Les conséquences sur la biodiversité des contaminations par les produits chimiques sont étudiées depuis plus d’un demi-siècle. Dans son ouvrage Silent spring[5](Le printemps silencieux), Rachel Carson a démontré que les organochlorés (dont fait partie le DDT[6], insecticide largement utilisé depuis la fin de la seconde guerre mondiale contre les insectes : fourmis, moustiques et même dans les shampoings anti-poux) ont eu des conséquences importantes sur la faune. Les oiseaux du lac Clear en Californie ont été retrouvés morts suite à trois applications de DDD (un cousin du DDT) pulvérisé pour éradiquer des moustiques un peu trop résistants. Les concentrations de DDD dans le corps des volatiles atteignaient 1600 mg/kg, ce qui représentait des doses mortelles. Pour tuer un moustique l’industrie privilégie toujours la bombe chimique à des systèmes écologiques, quels que soient les risques pour d’autres espèces, qu’elles soient animales ou humaines.

Le fait que ces substances soient lipophiles fait qu’une fois pulvérisées, elles pénètrent le sol sans s’y dégrader et sont consommés par des insectes et des vers de terre, premiers maillons de la chaîne alimentaire. Ceux-ci sont ensuite mangés par de petits oiseaux dont les prédateurs sont les oiseaux de proie, ou par les humains, lorsqu’ils mangent un poulet qui s’est régalé de vers de terre.

Les petits oiseaux peuvent en mourir (la dose létale pour un rouge-gorge est de 11 vers de terre contaminés seulement), mais les effets des perturbateurs endocriniens que sont le DDT et ses cousins ont d’autres conséquences. Les oiseaux ne peuvent plus se reproduire et leurs espèces déclinent rapidement.

Pour les super-prédateurs et donc aussi pour l’Homo Sapiens les effets ne sont pas que mortels. Depuis les années 60 la recherche a démontré les conséquences de ces produits sur la faune sauvage et aquatique. En tant que super-prédateur, l’Homo sapiens est pleinement concerné par les résultats de ces recherches.

Dans les années 60, les visons du Michigan sont devenus stériles car on les avait nourris avec des poissons fortement contaminés par les PCB[7]. Les PCB sont des POP surtout présents dans les produits d’origine animale : viandes, poissons, œufs, produits laitiers. Ils sont classés par le CIRC[8] comme « cancérogènes certains » pour l’Homme[9]. Depuis les années 60, de nombreuses études ont démontré les effets des perturbateurs endocriniens sur la reproduction des animaux. Théo Colborn[10]a collationné une foule d’exemples allant des goélands d’Ontario qui désertaient leurs nids, où 80 % des oisillons étaient morts ou malformés suite à un traitement massif de la zone au DDT, jusqu’aux ourses polaires dont le nombre de femelles gestantes avait diminué de moitié (leur graisse contenant de fortes concentrations de PCB), en passant par les alligators du lac Apopka, situé à 400 m d’une usine de pesticides en Floride, qui étaient devenus incapables de se reproduire car la taille de leur pénis était trop petite[11].

Le rapport Environnement et Santé de l’Agence européenne de l’environnement[12] de 2006 souligne « de nombreuses espèces se situent au sommet de la chaîne alimentaire tout comme des consommateurs humains et sont souvent exposés à des contaminants environnementaux de même type via leur alimentation quotidienne. De nombreuses fonctions physiologiques fondamentales chez les animaux et les humains sont similaires. Si une substance chimique, à une certaine concentration produit certains effets chez les animaux sauvages, cela peut être pris comme une indication d’effets transposables à l’humain. Une substance neurotoxique pour les oiseaux aura vraisemblablement les mêmes effets chez les humains et une substance aux effets oestrogéniques sur des poissons agira à l’identique chez les humains. »

Concernant précisément ces derniers, on constate une transformation sexuelle des poissons de rivière, notamment d’individus mâles devenus femelles. C’est la conclusion d’une étude britannique[13] qui précise que « La diminution du nombre de spermatozoïdes et de la fertilité observée chez l’homme comme les anomalies sexuelles constatées chez les poissons sont les conséquences plus que probables d’une exposition aux perturbateurs endocriniens. Ces substances peuvent être des hormones, des composées mimant leur action ou bien des molécules s’opposant à l’action hormonale. » Et d’établir une liste de suspects possibles : « Beaucoup de produits chimiques d’usage courant sont des anti-androgènes. Il y a des médicaments prescrits contre le cancer de la prostate, des fongicides, des antibactériens, des parabens », énumère Susan Joubling, Principale auteure de l’étude britannique. Elle rappelle que « ces deux derniers groupes chimiques sont omniprésents dans notre vie quotidienne : dans la nourriture, dans certains savons, des détergents, des dentifrices, des désinfectants et des cosmétiques. Il est vraisemblable que les antiandrogènes soient présents dans les rivières sous forme d’un cocktail de ces molécules, avec peut-être d’autres que nous ne connaissons pas encore. La priorité est d’identifier les coupables. »

La convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants, qui vise à interdire le DDT ainsi que d’autres polluants organiques persistants, ratifiée le 22 mai 2001 et effective depuis le 17 mai 2004, a est signée par 158 pays. Il aura fallu 50 ans, après que ses effets néfastes pour la nature et pour les humains soient connus, pour que le DDT soit interdit dans la plupart des pays. Le DDT continue cependant à être utilisé dans certains pays tropicaux pour lutter contre le paludisme et le typhus.

Le DDT, de par sa dangerosité a été inscrit sur la « liste des 12 salopards ». Il s’agit de polluants organiques persistants qui s’accumulent dans l’environnement ainsi que dans la chaine alimentaire.

Le 22 mai 2001, la Convention de Stockholm qui bannissait 12 substances de la surface de la planète a été votée. Les 12 salopards (POP) comprennent huit pesticides, dont le DDT, deux produits industriels (le PCB et l’hexachlorobenzène, qui est aussi un pesticide) et deux sous-produits indésirables de la combustion et de la transformation industrielle, les dioxines et les furanes. En 2009, 9 nouvelles substances chimiques ont été ajoutées dont quatre retardateurs de flammes.

Ces 12 polluants chimiques ont prouvé leur toxicité sur la faune, la flore et les organismes humains, de même que leur persistance et haut degré de bioaccumulation dans l’environnement. Les caractéristiques qu’ont les polluants organiques persistants en font des bombes à retardement pour toute la biodiversité et tous les organismes vivants.

Par exemple, le chlordécone qui est un composé synthétique chloré, utilisé dans la fabrication de produits phytosanitaires. Très persistant dans l’environnement, il est classé potentiellement cancérigène pour l’espèce humaine et très toxique pour la diversité aquatique. Largement utilisé de 1972 à 1993 pour sauver la monoculture de la banane aux Antilles menacée par les charançons (alors que sa toxicité est connue depuis les années 60), cet insecticide a contaminé les neuf dixièmes des populations de Martinique et de Guadeloupe[14] et empoisonné le sol, les rivières et la mer pour des siècles. 13 000 personnes[15] absorbent quotidiennement une quantité de chlordécone dépassant la valeur toxicologique de référence : 0,5 µg/kg/j, en mangeant des légumes qu’ils cultivent dans leur jardin. Cette pollution, cet empoisonnement va reposer sur plus d’une centaine de générations successives futures, la demi-vie[16] du chlordécone dans le sol étant de six siècles.

Décidément, il y a des criminels en liberté !

Douze « salopards », à la liste desquels se sont ajoutés seulement neuf autres. Cela pèse peu à côté des 100 000 substances chimiques qui sont diffusées quotidiennement dans notre environnement ou notre système métabolique. Celles-ci ont été mises sur le marché sans que les industriels et les politiques ne se soient inquiétés de leurs effets à court et long terme sur l’être humain et l’environnement.

En Europe, ce n’est qu’à partir de 1981 que toute nouvelle substance doit être préalablement évaluée concernant son cycle de vie et ses effets sur les cellules vivantes. Les substances existantes n’étaient pas soumises aux mêmes exigences en matière d’informations que les substances nouvelles. Il en résulte un déficit général des connaissances disponibles sur les propriétés de ces substances dites existantes alors qu’elles représentent plus de 99 % du volume total de l’ensemble des substances sur le marché. Par ailleurs, il n’était pas demandé aux utilisateurs en aval de transmettre des informations sur leurs utilisations. Par conséquent, il y a également un manque de données sur les expositions[17].

La règlementation REACH[18] est un règlement européen[19] entré en vigueur en 2007 pour sécuriser la fabrication et l’utilisation des substances chimiques dans l’industrie européenne. L’objectif était de mieux protéger la santé humaine ainsi que l’environnement contre les risques liés aux substances chimiques, tout en « favorisant la compétitivité de l’industrie chimique de l’Union Européenne ». Après six années d’une longue bataille, les lobbies de l’industrie chimique qui représentent une portion infinitésimale de la population européenne sont parvenus à vider le règlement de sa substance afin d’assurer les bénéfices de leurs richissimes actionnaires, au détriment de la santé de 499,8 millions d’individus.

Dans le texte original, deux éléments primaient : l’obligation pour les industriels d’évaluer les substances chimiques présentes dans leurs produits, si la quantité dépasse une tonne par an. Et l’inversion de la charge de la preuve : ce ne serait plus aux autorités publiques de prouver qu’un produit est dangereux, mais aux industriels de montrer pourquoi leur produit n’est pas nocif[20]. Les défenseurs de l’écologie ont utilisé tous les moyens pour faire valoir leurs idées mais n’avaient pas le même poids que les lobbies industriels « La bataille était inégale. « Nous avons réussi à sauvegarder le principe de substitution : si un produit moins nocif que celui qu’ils emploient existe, les industriels ont obligation de l’utiliser, rappelle-t-on chez Greenpeace, mais la procédure d’enregistrement des produits chimiques est trop lente et trop bureaucratique. Les premiers listings ne devraient sortir qu’en 2010.[21]« 

En attendant, les dysfonctionnements du système de la reproduction, les cancers ou les troubles du comportement explosent. 30 ans après la déclaration de Wingspread[22] ou est né le concept de perturbateurs endocriniens, rien ou si peu a été fait pour protéger les enfants et leurs futurs descendants. Ce texte fort balisait déjà les dangers qui menacent l’Humanité du fait des polluants chimiques environnementaux. Il était précurseur. Malheureusement, la plupart de nos représentants politiques des 30 dernières années ne l’ont jamais lu :

DECLARATION DE WINGSPREAD

Altérations du développement sexuel induites par les produits chimiques :

le sort commun des animaux et des hommes

« De nombreux composés libérés dans l’environnement par les activités humaines sont capables de dérégler le système endocrinien des animaux, y compris l’homme. Les conséquences de tels dérèglements peuvent être graves, en raison du rôle de premier plan que les hormones jouent dans le développement de l’organisme. (…) » Les signataires déclarent que :

  1. Nous savons avec certitude que :

Un grand nombre de produits chimiques de synthèse libérés dans la nature, ainsi que quelques composés naturels, sont capables de dérégler le système endocrinien des animaux, y  compris  l’homme (…).

De nombreuses populations d’animaux sauvages sont d’ores et déjà affectées par ces composés (…).

Les effets varient selon les espèces et les composés. Toutefois, on peut faire quatre remarques :

a. les composés concernés peuvent avoir des effets très différents sur l’embryon et sur l’adulte ;

b. les effets se manifestent surtout sur la génération suivante, et non chez les parents exposés ;

c. la période d’exposition au cours du développement de l’organisme est cruciale, déterminant l’ampleur et la nature des effets ;

d. la période d’exposition la plus critique correspond à la vie embryonnaire, mais les effets peuvent ne pas se manifester avant l’âge adulte.

Les études en laboratoire confirment les développements sexuels anormaux observés dans la nature et permettent de comprendre les mécanismes biologiques mis en jeu.

Les humains sont également affectés par ces composés. Le distilbène, un médicament de synthèse, et beaucoup de composés cités en note ont des effets oestrogéniques. Les femmes dont les mères ont ingéré du distilbène sont particulièrement touchées par le cancer du vagin, par diverses malformations de l’appareil reproducteur, par des grossesses anormales et des modifications de la réponse immunitaire. Les hommes et les femmes exposés pendant leur vie prénatale présentent des anomalies congénitales de l’appareil reproducteur et une baisse de fertilité. Les effets observés chez les victimes du distilbène sont semblables à ce que l’on observe chez les animaux contaminés, dans la nature et en laboratoire. Cela suggère que les humains partagent les mêmes risques

2. Nous estimons extrêmement probable que :

Certaines   anomalies   du   développement   constatées   aujourd’hui   chez   les   humains concernent des enfants adultes de personnes ayant été exposées à des perturbateurs hormonaux présents dans notre environnement (…).

À moins que la contamination de l’environnement par les perturbateurs hormonaux soit rapidement contrôlée et réduite, des dysfonctionnements généralisés à l’échelle de la population sont possibles (…). 

  • Les modèles actuels prévoient que :

Les mécanismes d’action de ces composés sont variables, mais d’une manière générale :

a. ils imitent les hormones naturelles en se liant à leurs récepteurs ;

b. ils inhibent les hormones en les empêchant de se lier à leurs récepteurs ;

c. ils réagissent directement ou indirectement avec les hormones elles-mêmes,

d. soit en perturbant leur synthèse,

e. soit en modifiant le nombre de récepteurs dans les organes.

Les hormones mâles et femelles peuvent altérer le développement cérébral (…).

Toute perturbation du système endocrinien d’un organisme en formation peut altérer son développement : ces effets sont habituellement irréversibles (…).

Les effets constatés sur la reproduction des animaux sauvages devraient préoccuper les humains qui exploitent les mêmes sources de nourriture, le poisson contaminé par exemple. Le poisson est une source majeure de contamination chez les oiseaux. Les mécanismes de dérèglement hormonal par les organochlorés chez les oiseaux sont les mieux connus à ce jour. Ils nous aident à comprendre comment l’homme pourrait partager le sort des animaux, car le développement du système endocrinien des oiseaux est très semblable à celui des mammifères. (…)

Texte complet et la liste des signataires à lire sur le site du Sénat français, repris en référence.

Prochain dossier de la série « Alertez les parents, sauvons les enfants »

2. Les perturbateurs endocriniens.


[1] Noemie Naguet de Saint-Vulfran, France Culture 26/10/2018 – Le sang des bébés est pollué : les dangers de l’effet cocktail.

[2] Barbara Demeneix, biologiste et professeure de physiologie au Muséum National d’Histoire Naturelle, dans l’article repris ci-dessus.

[3] L. Ritter, K.R. Solomon, J. Forget et M. Stemeroff et C. O’Leary, LES POLLUANTS ORGANIQUES PERSISTANTS, Rapport d’évaluation DDT-aldrine-dieldrine-endrine-chlordane, Heptachlore-hexachlorobenzène, Mirex-toxaphène, Biphényles polychlorés, Dioxines et furanes

[4] Les courants-jets polaires sont situés entre 7 et 12 km de hauteur, tandis que les courants-jets tropicaux sont situés entre 10 et 16 km au-dessus du niveau des mers. La vitesse de ces vents varie se situe généralement au-dessus de 92 km/h mais elle peut atteindre près de 400 km/h.

[5] (CBS 1963): Columbia Broadcasting System, C.B.S. Reports: The Silent Spring of Rachel Carson, April 3,

1963, In: Lerner KL, and Lerner BW (eds), Environmental issues: essential primary sources, Detroit:

Thomson Gale 2006.

[6] Dichlorodiphényltrichloroéthane synthétisé en 1874. Insecticide ménager et agricole le plus utilisé à partir de la Seconde Guerre mondiale.

[7] PCB = Polychlorobiphényles.

[8] Centre international de recherche sur le cancer

[9] https://www.cancer-environnement.fr/90-Polychlorobiphenyles-PCB.ce.aspx

[10] T. Colborn, D. Dumanoski, J.P. Myers, L’homme en voie de disparition ?, Mens, Editions Terre Vivante, 1997

[11] Cité par Anne-Corine Zimmer, 2009 – Polluants chimiques, enfants en danger, Les Editions de l’Atelier.

[12] European Environment Agency, « Environment and Health », EEA report, N°10/2005, cité par Anne-Corine Zimmer, Ibid.

[13] Publié le 20 janvier 2009 – De nouveaux suspects dans la « féminisation » des poissons – citant l’étude mise en ligne le 7 janvier 2009 sur le site de la revue Environmental Health Pespectives.

[14]France info, 01/03/2021 – Scandale du chlordécone : on vous explique pourquoi la Martinique et la Guadeloupe se mobilisent contre « l’impunité » https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/pesticides/scandale-du-chlordecone-on-vous-explique-pourquoi-la-martinique-et-la-guadeloupe-se-mobilisent-contre-l-impunite_4315511.html

[15] ASEF (Association Santé Environnement France), 15 février 2018 – Les Polluants Organiques Persistants – la synthèse de l’ASEF, disponible sur www.asef-asso.fr/

[16] Une demi-vie désigne le temps nécessaire à une substance contenue dans un environnement pour qu’elle soit diminuée de la moitié de sa valeur initiale. Une molécule perd ses effets après cinq à sept demi-vies. Dans le cas du chlordécone, cela reviendrait à ne plus influencer l’environnement dans une fourchette située entre 3000 et 4200 ans. 

[17] https://www.prc.cnrs.fr/reach/fr/substances.html

[18] Acronyme, en anglais, d’Enregistrement, évaluation et autorisation des substances chimiques.

[19] règlement n°1907/2006

[20] Adeline Haverland et Thomas Bronnec, L’Express 06/06/2009 – Comment les lobbys ont façonné la directive REACH

[21] Adeline Haverland et Thomas Bronnec, L’Express 06/06/2009, ibid.

[22] A lire sur https://www.senat.fr/rap/r10-765/r10-76514.html

Le droit aux loisirs et au repos,  un droit encore largement méconnu et peu respecté

Le droit aux loisirs et au repos, un droit encore largement méconnu et peu respecté

Les Droits de l’enfant sont multiples et complexes. On en connaît généralement assez peu que l’on répète à l’envi, comme s’ils étaient un tout : droit à l’éducation, droit de ne pas être séparé d’avec les parents, protection contre les mauvais traitements, adoption, travail des enfants, protection dans les conflits armés, justice pour mineurs, … Ces droits sont communément reconnus. Qui oserait aujourd’hui réclamer la réintroduction du travail forcé à 14 ou 16 ans pour les enfants « qui ont l’intelligence de la main[1] », le retour des sévices corporels ou l’enrôlement de mineur·e·s dans des forces armées ? En veillant au respect de ces droits, nous apaisons notre bonne conscience.

Mais, face à ceux-ci, de nombreux droits de l’enfant continuent à être méconnus, voire niés. Donner des droits aux enfants reste laborieux, près de 30 ans après l’adoption de la CIDE[2]. Quand les adultes prennent des décisions qui les concernent, que ce soit en famille, à l’école ou au niveau politique, le respect de leur intérêt supérieur et le principe de non-discrimination sont souvent oubliés. Par exemple, et pour ne pas la citer, s’il y a bien un lieu où la discrimination règne en maître, c’est à l’école, seul lieu de passage obligé pour la quasi-totalité des jeunes.

De même, les libertés d’expression et d’association sont carrément bafouées. Tenir compte des demandes de ses enfants en termes de liberté d’association (choix des ami·e·s, de participation à un mouvement de jeunesse, …), ou en termes de choix d’études ou d’inscription dans un club sportif, par exemple, a du mal à passer chez des parents qui, dès leur naissance, savaient à l’avance ce qui serait bon pour eux.

Sur la liste des droits de l’enfant mal connus ou méconnus, nous pouvons classer le « droit au repos et aux loisirs, de se livrer au jeu et à des activités récréatives propres à son âge, et de participer librement à la vie culturelle et artistique[3] ». Ce constat est général, la plupart des Etats investissent peu dans le respect de ces droits. Le Comité des Droits de l’Enfant de l’ONU précise que « les investissements consentis pour leur donner effet sont insuffisants, la législation visant à les protéger est lacunaire ou inexistante, et les enfants sont, pour ainsi dire, invisibles dans les politiques nationales et locales de planification [4]». Les investissements « ne concernent que l’organisation d’activités structurées et organisées »,  poursuit le rapport. Ceux-ci oublient trop souvent le temps et les espaces nécessaires à la spontanéité, tant dans les activités récréatives que créatives. En résumé, ces droits sont largement bafoués !

De plus, certaines catégories d’enfants sont plus discriminées que d’autres. Le Comité cite les filles, les enfants issus de familles précarisées, des enfants porteurs de handicaps, les enfants autochtones et ceux appartenant à des minorités. Dans certaines familles, les tâches domestiques et les travaux scolaires, toujours plus lourds empêchent les enfants d’exercer leurs droits aux loisirs et au repos.

Importance de l’article 31 dans la vie des enfants

L’article 31 doit être compris comme faisant partie d’un tout, aussi bien en ce qui concerne sa teneur que sa place dans l’ensemble de la Convention. Tous ses éléments sont liés entre eux et se renforcent mutuellement, et contribuent, lorsqu’ils sont appliqués, à enrichir la vie des enfants. Pris ensemble, ces éléments constituent les conditions nécessaires pour préserver l’unicité de l’enfance tout en tenant compte de son caractère évolutif. Ils jouent un rôle déterminant dans la qualité de l’enfance, l’exercice du droit des enfants à un développement optimal, la promotion de la résilience et la jouissance d’autres droits[5].

Mais quels sont ces droits et que représentent-ils pour les enfants ?

Le repos est un besoin fondamental et psychologique de l’enfant.

Le manque de repos peut avoir un impact irréversible sur la santé et le bien-être de l’enfant. Se reposer, ce n’est pas seulement dormir, c’est aussi un temps à ne rien faire ou à faire ce que l’on veut. Contrairement à la croyance de certains parents qui surinvestissent leurs enfants, le repos permet à l’enfant de se concentrer, d’être plus attentif·ve, plus actif·ve et d’avoir l’énergie nécessaire pour participer à toutes les activités qui lui sont proposées.

Le jeu permet de réinventer le monde en exerçant sa propre créativité.

Si l’enfant a le droit de se livrer au jeu, c’est parce que celui-ci est essentiel à son épanouissement. C’est un moment de partage, de convivialité et de socialisation. Le jeu est naturel chez l’être humain. Il se caractérise aussi par l’amusement qu’il procure et il développe chez l’enfant de multiples compétences comme la logique, l’esprit de déduction, le sens de l’anticipation, la résolution de conflits ainsi que des apprentissages sociaux tel celui de savoir perdre et accepter que l’autre gagne.

La participation à la vie culturelle et artistique fait ressortir chez l’enfant le sentiment d’appartenance à une communauté.

Outre l’aspect fondamental d’appartenance à notre humanité, cette participation concourt à la construction de l’identité des enfants et de leur préhension du monde. Cela leur permettra de contribuer, à leur tour, à dynamiser la vie culturelle et les arts traditionnels pour en assurer la pérennité. Par leurs productions artistiques et culturelles, les enfants participeront ainsi à la construction d’une démocratie plus égalitaire et plus inclusive, et au vivre ensemble qui seront les bases de la société de demain. Une société qui permettra à chacun·e, et notamment les enfants issus de familles socialement exclues, de trouver une place dans le dialogue démocratique, d’échanger et d’agir en société.

La culture est le patrimoine et le terreau d’une société. Elle peut prendre un nombre infini de formes bénéfiques aux enfants : danse, chant, théâtre, musée, cinéma, médias… Ceux-ci peuvent ainsi découvrir et interroger le monde et leur environnement.

Les vacances sont un temps de « ressourcement » à part entière

Les vacances sont bien un droit car elles sont avant tout du repos. Elles créent une rupture des rythmes quotidiens que sont l’école, la vie à la maison et dans le quartier, les activités dites « extrascolaires »… et sont propices au bien-être et au lien parents-enfant, mais aussi au jeu, à l’émancipation, à la découverte de nouveaux apprentissages et à la construction du lien social dans un autre espace-temps, plus proche du rythme des enfants.

En somme, en donnant du temps aux jeunes en dehors de leurs conditions quotidiennes d’existence, les vacances permettent à chacun·e de faire des découvertes inattendues, de se confronter à des situations nouvelles et ainsi de se découvrir soi-même et les autres, autrement.  

La Belgique, élève moyenne, en retard d’une guerre.

Si de nombreuses initiatives ont été prises ces dernières années par les Communautés pour améliorer l’accès des enfants au repos, aux loisirs et aux activités culturelles et artistiques, notre pays manque encore cruellement d’espaces de jeux, d’espaces récréatifs et de lieux de rencontre informelles pour les jeunes, en particulier dans les régions rurales. Le manque d’infrastructures de jeux sécurisées ou d’espaces propices au jeu et à la rencontre contraint les enfants à rester chez eux ou jouer dans des espaces confinés et les jeunes à traîner leur ennui d’aubette de bus en halls d’entrée d’immeubles sociaux.

De nombreux enfants sont encore privés d’activités de loisirs, et ne parlons même pas d’accès aux arts et à la culture. Plus de 10 % des familles en situation de pauvreté ne bénéficient pas de loisirs réguliers et 40 % des enfants vivant à Bruxelles et en Wallonie ne bénéficient pas d’une semaine au moins de vacances par an.  Les conditions de vie socioéconomiques empêchent de plus en plus de familles à accéder à la culture et aux loisirs.

Les enfants porteurs de déficience physique et/ou intellectuelle sont très souvent exclus des plaines de jeux par manque d’accessibilité tout comme ils n’ont souvent pas accès à certaines associations culturelles et sportives par manque de projets d’inclusion. Cette discrimination à l’accès empêche l’intégration harmonieuse avec les autres enfants.

Par contre, d’autres enfants sont en situation de sur-stimulation. Certaines familles cherchent à armer au mieux leurs enfants en s’engageant dans « l’hyper-éducation ». Dès lors, ceux-ci sont inscrits à de multiples activités parascolaires qui prennent tout leur temps libre, au détriment de leur rythme biologique et de leurs besoins de repos et de ne rien faire.

Les secteurs d’activité comme l’éducation, la culture, les loisirs éducatifs manquent cruellement de financement. Celles-ci sont remplacées par des activités privées lucratives auxquelles certaines familles n’ont pas financièrement accès.

Enfin, l’école en Communauté française est chronophage. Elle empiète sur le temps libre des enfants et des jeunes, sur leur vie de famille et les surcharge (et se décharge) de tâches qui relèvent de ses missions pédagogiques. On sait combien la régulation des travaux à domicile dans l’enseignement fondamental n’est, pour ainsi dire, pas respectée ce qui engendre des conséquences néfastes pour les enfants et leurs familles : hyper-éducation, coûts financiers, culpabilisation, mobilisation du temps libre de la famille. Enfin, les horaires scolaires ne sont pas en phase avec les rythmes chrono-biologiques et chrono-psychologiques de l’enfant. Il s’agit d’une source supplémentaire d’inégalités dans l’accès aux loisirs, à la culture, aux sports et au repos.

Enfin, les enfants et les jeunes restent encore trop peu consultés avant les prises de décisions en matière de droit au repos, aux loisirs et à la culture, que ce soit au familial, au niveau communal et au niveau scolaire, trois niveaux qui devraient montrer l’exemple en matière de respect des droits de l’enfant. 

Le droit au repos, aux loisirs et à la culture, un droit à défendre comme tous les autres.

On l’a vu, les droits définis par l’article 31 de la CIDE sont essentiels à l’équilibre, au bien-être et à la santé de l’enfant. Ils participent de son éducation à la citoyenneté et de la construction du lien social qui aident à en faire un citoyen du monde. Ces droits doivent donc être respectés à tous les niveaux.

Si les pouvoirs publics ont un rôle essentiel à jouer en finançant suffisamment l’extrascolaire et les lieux de créations artistiques, en repensant l’espace public trop souvent dédié à la mobilité, en augmentant les infrastructures et en le réaménageant de manière à permettre aux enfants et à leurs familles de le réinvestir, en créant des lieux de vacances pour les familles populaires, en renforçant les investissements d’espaces de jeux dans les lieux publics, etc., ils ne sont pas les seuls à devoir agir. Nous avons tou·te·s notre rôle à jouer, en actionnant les leviers auxquels nous avons accès.

Au sein des écoles, en plaçant des jeux dans les cours de récréation afin qu’elles soient adaptées à l’extrascolaire et pour que ces dernières ne soient plus genrées (filles et garçons jouant à des jeux différents, étiquetés « jeux de garçons et jeux de filles »). En garantissant le respect du rythme chrono-biologiques et chrono-psychologiques des enfants et en révisant les rythmes scolaires. Mais aussi en garantissant le respect de la réglementation relative aux travaux à domicile et en l’étendant jusqu’à 18 ans, afin de garantir le respect de l’article 31 tout au long de la scolarité obligatoire.

Pour les lieux de culture et de loisir, en veillant à une hétérogénéïsation du public, en refusant de s’inscrire dans un processus de marchandisation et en veillant à ce que toute famille ait accès à l’offre. Enfin, en sensibilisant les parents à l’intérêt des loisirs et du temps-libre pour leurs enfants.

Enfin, pour tou·te·s, en considérant le temps libre comme un véritable temps d’éducation, en mettant sur pied des logiques d’accueil et d’activités inclusives qui permettent la participation active de tou·te·s les enfants, et en ne surinvestissant pas leur temps libre. Sans oublier d’interpeller notre Conseil communal afin qu’il veille au respect de l’article 31 sur l’ensemble de son territoire.

Voici brièvement quelques pistes sur lesquelles chacun·e, à son niveau, peut agir. Le simple respect de ces droits permet à des enfants vivant d’autres discriminations d’être un peu plus heureux et de voir la vie de manière plus positive, et non plus seulement avec les difficultés de vie inhérentes à leur situation. C’est un droit qui procure du bonheur, non seulement le temps où celui-ci est exercé, mais aussi par après, quand la vie reprend son cours habituel. On n’est plus seul·e, abandonné·e dans son coin, on crée des liens, on découvre ses capacités, on développe des compétences nouvelles, on est acteur de ses droits et, ainsi, on devient citoyen·ne de ce monde. Voilà pourquoi ce droit doit être défendu pour tous les enfants, avec un focus sur les plus discriminé·e·s (enfants socialement défavorisé·e·s, handicapé·e·s, réfugié·e·s, filles, …). C’est un combat qui mérite toute l’implication des citoyen·ne·s soucieux·ses des droits fondamentaux de tou·te·s les enfants.


[1] Expression néolibérale pour désigner les enfants qui ne réussissent pas à l’école dans les matières « nobles » (math, français, sciences, …)

[2] CIDE = Convention Internationale des Droits de l’Enfant (ONU, 20 novembre 1989)

[3] Article 31 de la CIDE

[4] Nations Unies, Comité des droits de l’enfant. Observation générale no 17 (2013) sur le droit de l’enfant au repos et aux loisirs, de se livrer au jeu et à des activités récréatives et de participer à la vie culturelle et artistique (art. 31), p 3

[5] Nations Unies, Comité des droits de l’enfant. Observation générale no 17, ibid. p 4

Homosexualités & transidentités : Où en est mon école ?

Homosexualités & transidentités : Où en est mon école ?

Colloque pour une École pour Tou·te·s.

Le mercredi 8 mai 2019 de 13h30 à 16h30.

Programme du colloque :
13.00 – 13.30 : Accueil avec sandwich et boisson.
13.45 : Introduction : Jean-Pierre Coenen, Président de la Ligue des Droits de l’Enfant.
14.00 : Table-ronde 1 : 
Témoignages de jeunes et de familles qui ont souffert et/ou rencontré de bonnes pratiques durant leur parcours scolaire. Ils·elles nous feront part de leur vécu, que ce soit de manière positive ou négative, de ce qu’ils·elles auraient souhaité qu’on fasse pour eux.elles ou leurs enfants. 
14.40 : Débat avec le public 
15.00 : Table-ronde 2 : 
Nous donnerons parole à des directions, des enseignant·e·s, des associations qui font de la formation et luttent contre les LGBTQI-phobies dans leurs/les écoles, Il·elles nous feront part de ce qui marche, des freins et des réactions positives qu’elles·ils ont rencontrés, de leur vision de l’école LGBTQI+-inclusive. 
15.40 : Débat avec le public .
16.00 : Conclusion : Jean-Pierre Coenen, Président de la Ligue des Droits de l’Enfant.
16.15 : Verre de l’amitié et discussions informelles avec les intervenant·e·s. 
Lieu : Bruxelles Laïque, avenue de Stalingrad, 18/20 – 1000 Bruxelles

Inscription souhaitée : Si vous êtes intéressé·e à participer à ce forum, nous vous invitons à vous inscrire par mail à info@liguedroitsenfant.be
Vous pouvez également nous soutenir et vous inscrire en versant 10€ au compte : BE76 9795 8553 0195 de la Ligue des Droits de l’Enfant avec en communication : «inscription colloque 8 mai + votre(vos) nom(s)». 

Cliquez ici pour lire et télécharger notre brochure
La ligue des droits de l’enfant refuse la marchandisation de l’école.

La ligue des droits de l’enfant refuse la marchandisation de l’école.

La ligue des droits de l’enfant refuse la marchandisation de l’école.

La Ligue des Droits de l’Enfant avait déjà dénoncé le pacte avec le diable qu’a fait la Fédération Wallonie-Bruxelles en engageant le bureau de conseils McKinsey pour piloter le Pacte d’Excellence. Dernièrement une émission d’Arte avait démontré comment McKinsey s’était imposé, notamment de par ses relations avec l’ancienne ministre de l’enseignement, Joëlle Milquet. Dans une nouvelle vidéo, la Ligue montre l’emprise qu’exerce McKinsey sur l’enseignement en Belgique, avec le soutien du gouvernement de la Communauté française et via ses soutiens financiers et économiques. Pour la Ligue, la marchandisation de l’école est en route de manière sournoise mais réelle. Et tant le monde économique que le monde politique y trouvent leur compte. Conclusion, pour la Ligue des Droits de l’Enfant il est temps d’entrer en résistance et de réclamer une refondation de l’Ecole, sans McKinsey, qui aille dans l’intérêt des enfants – et donc de la société (non-économique) toute entière (enseignants, familles, citoyenneté).

 

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