Jeunesse et influence politique des réseaux sociaux

Jeunesse et influence politique des réseaux sociaux

Jeunesse et micro-influence politique à l’ère des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux occupent aujourd’hui une place centrale dans la vie des jeunes. Dans cet univers, une figure prend une place croissante : celle de l’influenceur. D’après les chiffres cités dans notre analyse, 85 % des jeunes Belges suivent au moins un influenceur, et près de 30 % des enfants de 8 à 12 ans rêvent de devenir YouTubeurs. Longtemps associés à la consommation et au divertissement, les influenceurs prennent aussi position sur des sujets de société et sur la politique. Or, ces réseaux comportent des risques bien réels, comme le cyberharcèlement, la désinformation ou les contenus inadaptés, et le droit tente d’y répondre. Depuis 2024, le Digital Services Act impose ainsi de nouvelles obligations aux grandes plateformes pour mieux protéger les mineurs.

Sur ces plateformes se joue en réalité quelque chose de plus large :

La formation même de l’opinion politique des jeunes. Les réseaux sociaux ne sont plus de simples outils de communication, ils sont devenus un véritable environnement politique, où se construisent des convictions, se relaient des prises de position, et où certains influenceurs jouent un rôle croissant de leaders d’opinion. Le Délégué général aux droits de l’enfant l’a lui-même souligné dans un avis de septembre 2025 : les réseaux sociaux jouent un rôle amplificateur dans la diffusion des discours polarisants.

En quelques clics, un jeune peut être exposé à des contenus qui simplifient le monde à l’extrême, dans une logique de confrontation permanente plutôt que de débat nuancé. Ce phénomène ne se limite pas à la radicalisation, qui en reste la forme la plus visible : il touche plus largement la manière dont les jeunes se forgent une opinion, s’informent, et parfois s’enferment dans une seule vision du monde.

Alors, dans quelle mesure les influenceurs, et en particulier les micro-influenceurs, influencent-ils réellement les jeunes ? Notre analyse explore la place des réseaux sociaux dans la vie des jeunes, la manière dont ces plateformes sont devenues un outil d’influence politique, et si cette influence peut réellement mener à la radicalisation.

 

Nous avons également mené une interview auprès de Madame Violaine Lafontaine, créatrice de contenus sur les réseaux sociaux.

Sources :

  1. J. ESSER, « Les jeunes et les réseaux sociaux en Belgique : entre opportunités et dérives », Optiques, n° 9, automne 2025.

Règlement (UE) 2022/2065 du Parlement européen et du Conseil du 19 octobre 2022 relatif à un marché unique des services numériques et modifiant la directive 2000/31/CE (Digital Services Act), J.O.U.E., L 277, 27 octobre 2022, p. 1 à 102.

Délégué général aux droits de l’enfant, « Avis relatif au phénomène du radicalisme en milieu scolaire », Journal du droit des Jeunes, n° 447, septembre 2025, p. 20 à 22.

Les réformes de l’enseignement

Les réformes de l’enseignement

Les réformes de l’enseignement du Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Depuis plusieurs années, l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles connaît de nombreuses transformations. Ces réformes proviennent principalement de deux périodes différentes.

De nombreuses transformations pour l’enseignement

La première période correspond au Pacte pour un enseignement d’excellence, adopté en 2017. Cette réforme vise à améliorer la qualité de l’enseignement, à réduire les inégalités scolaires et à favoriser la réussite de tous les élèves. Elle a notamment entraîné la mise en place progressive du tronc commun, l’évolution des apprentissages et le développement de nouvelles compétences, notamment dans le domaine du numérique.

La deuxième concerne les réformes adoptées par le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles dans le cadre de la législature 2024-2029. Elles poursuivent notamment l’objectif de renforcer les exigences scolaires, de modifier certains parcours d’élèves et de répondre aux contraintes budgétaires. Parmi ces mesures figurent la modification des règles de passage entre la sixième primaire et la première secondaire, l’augmentation des seuils de réussite du CEB, du CE1D et du CESS, l’instauration du test CLÉ, l’encadrement de l’usage des téléphones portables à l’école, la réforme des 7e années qualifiantes ainsi que la hausse du minerval dans l’enseignement supérieur.

Les enjeux

Si ces réformes ont pour objectif d’améliorer le fonctionnement du système éducatif, elles ont également suscité de nombreuses critiques. Une partie du personnel enseignant, des étudiants et des élèves considèrent que certaines mesures pourraient avoir des conséquences sur les conditions de travail, l’organisation des écoles, l’accès aux études et l’accompagnement des élèves.

Afin de comprendre les enjeux liés à ces changements, cette étude analysera les réformes selon le niveau d’enseignement concerné, et non uniquement selon leur origine, même si l’une ou l’autre réforme peut toucher les différents niveaux de l’enseignement. La première partie sera consacrée aux réformes de l’enseignement obligatoire, en distinguant celles qui touchent principalement l’enseignement primaire et celles qui concernent l’enseignement secondaire et supérieur.

La seconde partie portera sur les enjeux de ces réformes et abordera notamment la création du collectif Mars Attacks !, les manifestations des élèves et enseignants ainsi que les violences policières liées à ces manifestations.

Interview de Chantal Massaer, Directrice d’Infor Jeunes Laeken

Dans le cadre de cette étude, nous avons eu l’occasion d’interviewer Madame Chantal Massaer, Directrice d’Infor Jeunes Laeken. Cette interview nous a permis de recueillir son point de vue sur la réforme des 7e années qualifiantes, d’en comprendre davantage les enjeux et d’obtenir un éclairage concret sur ses conséquences pour les élèves concernés.

Nos enfants face au numérique

Nos enfants face au numérique

Nos enfants face au numérique : ce que tout adulte devrait savoir

Atelier Lunch & Learn le 22 septembre de 12 à 14h

Cyberharcèlement, vie privée, réseaux sociaux, intelligence artificielle… Autant d’enjeux qui soulèvent une même question : comment le droit peut protéger les jeunes ?

Lieu :

Silversquare North – 4, Boulevard du Roi Albert II, 1000 Bruxelles.

Programme :

  • 12h : Accueil et tour de table
  • 12h15 : Introduction
  • 12h30 : Activité d’accord – Pas d’accord
  • 13h : Quizz
  • 13h30 : Visionnage court-métrage suivi d’un débat
  • 14h : fin

Atelier gratuit

Places limitées à 5 personnes !

Lunch et boissons offertes

Merci au Silversquare !

Communiqué de presse

Communiqué de presse

Communiqué de presse : Arrêt de la Cour constitutionnelle sur le décret-programme de la Communauté française qui restreint l’accès à la 7e année dans l’enseignement secondaire qualifiant.

Comme les autres requérants (l’APED, RedFox, la Ligue des Droits de l’Enfant), nous le clamions haut et fort : la réforme du qualifiant était précipitée, totalement désorganisée et générait pour les jeunes une insécurité tant juridique que pédagogique.

La Cour constitutionnelle, en son arrêt 79/2026, vient de nous donner raison. Elle souligne l’importance du continuum pédagogique et du contrat de confiance qui doit lier le système scolaire au jeune. La Cour annule les effets des articles 17, 18 et 67 du décret au bénéfice des jeunes qui avaient déjà entamé un cursus dans l’enseignement qualifiant avant cette réforme, car l’absence de mesures transitoires plongeait ceux-ci dans l’insécurité juridique et pédagogique.

À notre lecture, la Fédération Wallonie-Bruxelles devra proposer aux jeunes lésés par la réforme une 7e qualifiante parfaitement gratuite dans le secondaire.

Il est à noter qu’à l’heure où les réformes se succèdent dans l’enseignement, au pas de course et sans concertation avec le terrain, cette manière de faire est désavouée par la Cour constitutionnelle. Cet arrêt sonne comme un avertissement à l’endroit du gouvernement.

Sourd à la colère de la rue, saura-t-il entendre la voix de la Cour constitutionnelle ? Nous l’espérons pour l’avenir de notre démocratie et de notre jeunesse.

 

Chantal Massaer

Directrice d’Infor Jeunes Laeken

0487/.61.10.86

Retrouvez ici tous les communiqués récents publiés sur notre site.

Intervention à l’école Les Bruyères de Forest

Intervention à l’école Les Bruyères de Forest

Nous sommes intervenues lors d’une matinée thématique consacrée à la sensibilisation aux droits fondamentaux de l’enfant, tels que consacrés par la Convention internationale relative aux droits de l’enfant.

À l’invitation de Monsieur Frédéric Wautier, coordinateur « Les Jeunes Entreprises », nous avons animé une session visant à présenter et vulgariser ces droits auprès des instituteurs ainsi que leurs élèves, tout en répondant à leurs nombreuses questions.

Parmi les différentes questions/réponses voici un extrait :

 

Existe-t-il un texte des droits des enfants ?

Oui, il existe un texte très important qui s’appelle la Convention internationale des droits de l’enfant.

Ce texte a été adopté par l’Organisation des Nations unies (l’ONU) en 1989. Il explique tous les droits que doivent avoir tous les enfants dans le monde, comme le droit à la protection, à l’éducation, à la santé, à l’expression et au respect.

La plupart des pays, y compris la Belgique, ont signé cette convention, ce qui veut dire qu’ils s’engagent à respecter et protéger ces droits pour tous les enfants.

C’est un peu comme un grand livre de règles pour que les enfants soient bien traités partout dans le monde.

Nombreux pays ont signé la Convention internationale relative aux droits de l’enfant, les états qui ont signés doivent respecter les nombreux articles garantissant les droits aux enfants. Par exemple : le droit à la santé, à l’éducation, la prise en compte de la parole de l’enfant, l’intérêt supérieur de l’enfant, etc.

 

Quel est le pays qui respecte le moins le droit des enfants ?

Il est difficile de dire un seul pays qui respecte le moins les droits de l’enfant, car dans beaucoup de pays, certains enfants ne peuvent pas aller à l’école, doivent travailler, vivent dans des conflits ou subissent des violences.

Par exemple, dans des pays où la guerre, la pauvreté ou l’injustice sont très présentes, les enfants sont souvent les plus touchés. Ils peuvent manquer de nourriture, de soins, de protection ou de sécurité.

C’est pour cette raison que les droits de l’enfant ne sont pas respectés partout. Mais ce n’est pas la faute des enfants : ce sont des situations que les adultes et les gouvernements doivent changer pour protéger les enfants.

Défendre les droits de l’enfant, c’est donc s’assurer que tous les enfants, partout dans le monde, puissent grandir en sécurité, apprendre, jouer et être protégés.

Même en Europe, les droits de l’enfant ne sont pas toujours respectés partout.

Par exemple :

  • En Hongrie, certains enfants issus de minorités ont moins accès à l’école et à des services de qualité.
  • En Bulgarie, certains enfants vivent dans la pauvreté ou dans des quartiers défavorisés, ce qui rend plus difficile l’accès à la santé et à l’éducation.
  • Dans plusieurs pays, par exemple en Ukraine, des enfants migrants ou réfugiés peuvent être séparés de leur famille ou ne pas avoir de logement sûr.

Cela montre que même en Europe, il reste important de protéger tous les enfants pour qu’ils puissent grandir en sécurité, apprendre et être respectés.

 

Quel est le pays qui respecte le plus le droit des enfants ?

Dans des pays comme la Finlande, la Norvège ou la Suède, les droits des enfants sont mieux respectés parce que tout est organisé pour que chaque enfant ait les mêmes chances de grandir et de réussir.

  •    L’école y est gratuite, de très bonne qualité et accessible à tous, et les enfants reçoivent souvent aide et soutien si besoin.
  •   Les enfants ont aussi facilement accès aux soins de santé, à la nourriture et à un environnement sûr.
  •    Les gouvernements écoutent vraiment les enfants et essaient de protéger leur bien-être dans tous les aspects de la vie.

 

Qu’en est-il en Belgique au niveau des droits des enfants ?

En Belgique, les droits de l’enfant sont plutôt bien respectés comparé à beaucoup d’autres pays.

  • Tous les enfants ont accès à l’école gratuite et obligatoire, ainsi qu’à des soins de santé.
  • Ils sont protégés par la loi contre la violence, la maltraitance et l’exploitation.
  • Il existe aussi des services pour aider les enfants en difficulté ou écouter leur avis.

Mais il reste des défis : certains enfants vivent dans la pauvreté, certains jeunes migrants peuvent rencontrer des difficultés pour accéder à l’école ou aux services, et certains enfants sont encore confrontés à des violences ou discriminations.

Donc, même si la Belgique fait beaucoup d’efforts, il faut continuer à défendre les droits de tous les enfants pour qu’aucun ne soit laissé de côté car il reste des difficultés et des inégalités.

Comprendre les facteurs du décrochage scolaire

Comprendre les facteurs du décrochage scolaire

Comprendre les facteurs du décrochage scolaire

Le décrochage scolaire constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour les systèmes éducatifs européens, et la Belgique n’échappe pas à cette réalité.

Dans un contexte marqué par les transformations sociales, économiques et culturelles, l’école se voit investie d’une mission centrale. Celle d’assurer l’égalité des chances et favoriser l’insertion sociale et professionnelle des jeunes.

Pourtant, malgré l’obligation scolaire et les nombreuses politiques de soutien mises en place, une partie des élèves quitte prématurément le système éducatif sans diplôme ou qualification reconnue. Ce phénomène, souvent qualifié d’abandon scolaire précoce, ne se résume pas à un simple acte individuel. En effet, il s’inscrit dans un processus progressif de désengagement qui s’installe au fil du temps.

Des causes multifactorielles

Le décrochage scolaire ne peut être compris sans tenir compte de son caractère multifactoriel. Les causes sont à la fois individuelles, familiales, scolaires et sociales.

Certaines difficultés d’apprentissage non prises en charge, un sentiment d’échec répété, une orientation subie ou mal comprise peuvent progressivement fragiliser le lien entre l’élève et l’institution scolaire.

À cela s’ajoutent des facteurs familiaux tels que la précarité économique, le manque de soutien éducatif ou des contextes de vie instables.

Par ailleurs, le système scolaire belge, souvent décrit comme l’un des plus inégalitaires d’Europe en termes de reproduction des inégalités sociales, tend à renforcer les écarts entre élèves issus de milieux favorisés et défavorisés. Les mécanismes de relégation, notamment à travers certaines filières, peuvent contribuer à alimenter un sentiment de stigmatisation et de démotivation.

Un phénomène complexe

Ainsi, le décrochage scolaire en Belgique apparaît comme un phénomène complexe, ancré dans des dynamiques à la fois individuelles et structurelles.

Comprendre ses causes constitue une étape essentielle pour élaborer des stratégies efficaces de prévention et garantir à chaque jeune un parcours scolaire porteur de sens et d’opportunités.

Différents profils de jeunes à risques

Les profils de jeunes à risque montrent d’ailleurs la diversité des situations : certains expriment leur mal-être par la contestation et le conflit, d’autres se replient dans le silence et le désengagement, tandis que d’autres encore sont confrontés à des difficultés familiales, socio-économiques ou psychologiques lourdes.

Les facteurs scolaires, tels que les échecs répétés, l’étiquetage, un climat de classe négatif ou encore le harcèlement, peuvent accentuer le sentiment de ne pas être à sa place.

À cela s’ajoutent des fragilités personnelles, notamment en matière de santé mentale, particulièrement marquées depuis la crise du Covid-19 et dans un contexte global d’incertitude sociale, climatique et économique.

Les inégalités socio-économiques, mises en évidence notamment par les enquêtes internationales comme PISA, rappellent que tous les jeunes ne disposent pas des mêmes ressources pour faire face aux exigences scolaires. Ainsi, le décrochage scolaire constitue également un révélateur d’inégalités structurelles.

La Ligue des Droits de l’Enfant a eu l’honneur et le plaisir de participer, en janvier, à une matinée thématique organisée par le CPAS d’Etterbeek, consacrée au décrochage scolaire. Cet événement nous a offert l’occasion d’échanger avec divers professionnels sur ce phénomène qui touche de nombreux jeunes.

Lors de notre intervention, il nous a semblé essentiel d’analyser les causes et facteurs à l’origine du décrochage, d’en mesurer les conséquences, et surtout d’explorer les pistes susceptibles de diminuer ce phénomène. Cet outil pédagogique s’appuie sur cette présentation.