Communiqué de presse
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Bruxelles, le 20 octobre 2026
La jeunesse européenne prend la parole : ses droits ne sont pas négociables !
Face à la précarité, au recul des droits sociaux et à la montée des discours de haine, la Ligue des Droits de l’Enfant apporte son plein soutien aux jeunes qui se mobilisent en Europe.
De la Belgique à la France, de l’Espagne à l’Allemagne, de l’Italie au Portugal, jusqu’à l’Albanie, les mobilisations qui traversent l’Europe témoignent d’un profond malaise social et démocratique. Derrière des revendications qui diffèrent selon les réalités nationales, un même besoin s’exprime : celui d’être entendu, de pouvoir vivre dignement et de ne pas voir son avenir sacrifié par des choix politiques qui fragilisent les droits sociaux, l’accès à l’éducation et les perspectives d’émancipation.
Les mobilisations récentes, notamment celles portées par des jeunes étudiants, rappellent que la contestation ne peut être réduite à une question d’ordre public. Elle exprime aussi une exigence démocratique : celle de pouvoir participer aux décisions qui façonnent notre société et notre avenir collectif.
Dans un contexte marqué par la banalisation des discours de haine, la stigmatisation de certaines populations et la remise en cause de conquêtes sociales, la Ligue des Droits de l’Enfant, asbl militante et progressiste, tient à exprimer son plein soutien aux jeunes qui se mobilisent pour défendre leurs droits.
Nous sommes de tout cœur avec cette jeunesse qui refuse la résignation. Une jeunesse qui ne demande pas la permission d’exister, mais le droit de participer pleinement à la société dans laquelle elle grandit.
La parole des jeunes est un droit, pas une faveur
La Ligue des Droits de l’Enfant rappelle que les enfants et les jeunes ne sont ni des citoyens de seconde zone ni de simples citoyens en devenir. Ils sont des personnes titulaires de droits.
La Convention internationale relative aux droits de l’enfant, adoptée par les Nations unies le 20 novembre 1989, constitue un cadre fondamental que les États doivent respecter et mettre en œuvre.
Son article 12 reconnaît à chaque enfant capable de discernement le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant. Ces opinions doivent être dûment prises en considération. Ce droit ne se limite pas à une consultation symbolique : il implique que la parole des enfants soit réellement entendue et qu’elle puisse peser dans les décisions qui les concernent.
Son article 3 établit que l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale dans toutes les décisions qui le concernent. Les choix politiques ne peuvent donc ignorer les conséquences qu’ils entraînent sur les conditions de vie, les droits et l’avenir des jeunes.
Son article 13 garantit la liberté d’expression. Son article 15 reconnaît la liberté d’association et de réunion pacifique.
Ces dispositions doivent être prises au sérieux. Elles rappellent que les jeunes ont le droit de s’organiser, de défendre leurs convictions, de porter des revendications et de participer à la vie démocratique. Le droit de manifester pacifiquement s’inscrit notamment dans la protection de la liberté de réunion.
La Belgique, la France, l’Espagne, l’Allemagne, l’Albanie, le Portugal et l’Italie ont tous ratifié cette Convention.
Ces engagements ne peuvent rester des déclarations de principe. Ils obligent les États à garantir les droits des enfants et à créer les conditions permettant leur exercice effectif.
La précarité et les politiques qui fragilisent les droits des jeunes
Comment demander aux jeunes de croire en l’avenir lorsque l’accès à un logement digne devient inaccessible, que les inégalités se creusent, que les services publics sont fragilisés et que l’accès à une éducation de qualité n’est pas garanti à toutes et à tous ?
Comment leur demander de faire confiance aux institutions lorsque leurs préoccupations sont minimisées, leur parole ignorée et leurs revendications disqualifiées ?
La précarité n’est pas seulement une difficulté économique. Elle limite les possibilités de choisir son avenir, d’accéder à l’autonomie, de participer à la société et de vivre dans des conditions dignes. Les réformes qui réduisent les protections sociales, creusent les inégalités ou compromettent l’accès aux droits fondamentaux doivent être examinées à l’aune de leurs conséquences concrètes sur les enfants et les jeunes.
La Ligue des Droits de l’Enfant s’inquiète également de la progression des discours et des politiques qui opposent les populations, désignent des boucs émissaires et fragilisent les principes d’égalité, de solidarité et de non-discrimination.
Face à ces évolutions, nous refusons que la jeunesse soit condamnée à subir des décisions prises sans elle ou que ses inquiétudes soient instrumentalisées à des fins politiques.
Défendre les droits des enfants, c’est aussi défendre les conditions sociales, économiques et démocratiques qui leur permettent de grandir libres, égaux et dignes.
Une démocratie qui n’écoute pas sa jeunesse se prive de son avenir
Les manifestations sont l’une des expressions de la participation citoyenne. Dans une démocratie, les jeunes doivent pouvoir exprimer leur désaccord, questionner les choix politiques et réclamer des changements, dans le respect des droits d’autrui et du cadre légal applicable.
La Ligue des Droits de l’Enfant défend le droit à une expression libre, à une mobilisation pacifique et à une participation réelle aux décisions collectives. Elle rappelle que la protection de l’ordre public ne peut justifier une remise en cause disproportionnée des libertés fondamentales.
Nous condamnons toute violence qui porte atteinte aux personnes, tout en rappelant que les débordements de certains ne sauraient effacer les revendications légitimes de celles et ceux qui manifestent pacifiquement. La réponse démocratique à la contestation ne peut se résumer à la répression ou à la disqualification de la jeunesse. Elle exige de l’écoute, du dialogue et des réponses politiques concrètes.
Nous appelons les gouvernements européens à prendre au sérieux les alertes exprimées par les jeunes, à évaluer les conséquences de leurs réformes sur leurs droits et à leur garantir des espaces de participation effectifs, accessibles, inclusifs et protégés.
Nous demandons que les engagements internationaux en matière de droits de l’enfant se traduisent en actes dans les politiques d’éducation, de protection sociale, de lutte contre les discriminations et de participation citoyenne.
La jeunesse n’est pas le problème, elle fait partie de la réponse
Leur engagement rappelle une évidence trop souvent oubliée : les droits ne sont jamais définitivement acquis et la démocratie ne peut vivre sans la participation de celles et ceux qui la composent.
Ces jeunes ne sont pas simplement les citoyens de demain. Ils sont les citoyens d’aujourd’hui, avec une voix, des droits, des convictions et une capacité à agir sur le monde qui les entoure.
Leur parole compte. Leur vie compte. Leur avenir compte. Leurs droits ne sont pas négociables.
Contact presse :
Marigona Ljatifi – Déléguée à la gestion journalière LDE
+32 470 22 62 12
