Comprendre les facteurs du décrochage scolaire

Comprendre les facteurs du décrochage scolaire

Comprendre les facteurs du décrochage scolaire

Le décrochage scolaire constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour les systèmes éducatifs européens, et la Belgique n’échappe pas à cette réalité.

Dans un contexte marqué par les transformations sociales, économiques et culturelles, l’école se voit investie d’une mission centrale. Celle d’assurer l’égalité des chances et favoriser l’insertion sociale et professionnelle des jeunes.

Pourtant, malgré l’obligation scolaire et les nombreuses politiques de soutien mises en place, une partie des élèves quitte prématurément le système éducatif sans diplôme ou qualification reconnue. Ce phénomène, souvent qualifié d’abandon scolaire précoce, ne se résume pas à un simple acte individuel. En effet, il s’inscrit dans un processus progressif de désengagement qui s’installe au fil du temps.

Des causes multifactorielles

Le décrochage scolaire ne peut être compris sans tenir compte de son caractère multifactoriel. Les causes sont à la fois individuelles, familiales, scolaires et sociales.

Certaines difficultés d’apprentissage non prises en charge, un sentiment d’échec répété, une orientation subie ou mal comprise peuvent progressivement fragiliser le lien entre l’élève et l’institution scolaire.

À cela s’ajoutent des facteurs familiaux tels que la précarité économique, le manque de soutien éducatif ou des contextes de vie instables.

Par ailleurs, le système scolaire belge, souvent décrit comme l’un des plus inégalitaires d’Europe en termes de reproduction des inégalités sociales, tend à renforcer les écarts entre élèves issus de milieux favorisés et défavorisés. Les mécanismes de relégation, notamment à travers certaines filières, peuvent contribuer à alimenter un sentiment de stigmatisation et de démotivation.

Un phénomène complexe

Ainsi, le décrochage scolaire en Belgique apparaît comme un phénomène complexe, ancré dans des dynamiques à la fois individuelles et structurelles.

Comprendre ses causes constitue une étape essentielle pour élaborer des stratégies efficaces de prévention et garantir à chaque jeune un parcours scolaire porteur de sens et d’opportunités.

Différents profils de jeunes à risques

Les profils de jeunes à risque montrent d’ailleurs la diversité des situations : certains expriment leur mal-être par la contestation et le conflit, d’autres se replient dans le silence et le désengagement, tandis que d’autres encore sont confrontés à des difficultés familiales, socio-économiques ou psychologiques lourdes.

Les facteurs scolaires, tels que les échecs répétés, l’étiquetage, un climat de classe négatif ou encore le harcèlement, peuvent accentuer le sentiment de ne pas être à sa place.

À cela s’ajoutent des fragilités personnelles, notamment en matière de santé mentale, particulièrement marquées depuis la crise du Covid-19 et dans un contexte global d’incertitude sociale, climatique et économique.

Les inégalités socio-économiques, mises en évidence notamment par les enquêtes internationales comme PISA, rappellent que tous les jeunes ne disposent pas des mêmes ressources pour faire face aux exigences scolaires. Ainsi, le décrochage scolaire constitue également un révélateur d’inégalités structurelles.

La Ligue des Droits de l’Enfant a eu l’honneur et le plaisir de participer, en janvier, à une matinée thématique organisée par le CPAS d’Etterbeek, consacrée au décrochage scolaire. Cet événement nous a offert l’occasion d’échanger avec divers professionnels sur ce phénomène qui touche de nombreux jeunes.

Lors de notre intervention, il nous a semblé essentiel d’analyser les causes et facteurs à l’origine du décrochage, d’en mesurer les conséquences, et surtout d’explorer les pistes susceptibles de diminuer ce phénomène. Cet outil pédagogique s’appuie sur cette présentation.

 

La robotisation des liens sociaux chez les jeunes

La robotisation des liens sociaux chez les jeunes

Les jeunes et l’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle s’immisce aujourd’hui dans les sphères les plus personnelles de la vie des jeunes, touchant un public de plus en plus précoce. Les observations des spécialistes soulignent que certains adolescents nouent des relations émotionnelles profondes avec des agents conversationnels, au détriment de liens sociaux réels.

En 2026, les agents conversationnels d’intelligence artificielle rencontrent un succès considérable auprès des jeunes, au point qu’un tiers des adolescents déclarent préférer parler de leurs émotions avec eux plutôt qu’avec des personnes. Cela révèle une transformation notable des modes de socialisation propres à cette génération. Cette évolution suscite de nombreuses interrogations quant au développement psychologique des jeunes qui considèrent les chatbots comme étant des confidents, mais elle met également en lumière des enjeux plus larges en matière de protection de données et de responsabilité.

Les risques liés à un usage excessif des robots conversationnels

L’usage systématique de ces outils peut réduire les occasions pour les jeunes d’apprendre à gérer des situations sociales délicates ou inconfortables. En évitant ce genre de situations, ils perdent une partie de l’expérience relationnelle qui permet d’acquérir des compétences telles que la résilience, la régulation émotionnelle et la communication interpersonnelle. Dans un contexte où l’adolescence est une période cruciale de construction identitaire, le fait de privilégier une interaction automatisée et toujours disponible peut fragiliser l’apprentissage de relations authentiques et durables.

Par ailleurs, la capacité des chatbots à répondre instantanément et à fournir des solutions immédiates peut encourager une forme de dépendance. En effet, l’accès rapide à des réponses limite l’effort de recherche, de réflexion critique et de confrontation des sources, ce qui peut impacter la formation des compétences scolaires et l’autonomie intellectuelle des jeunes. L’intelligence artificielle transforme les modes d’apprentissage et de formation.

L’IA, le nouveau psy des jeunes ?

Dans un contexte où les services de santé mentale sont saturés et où l’accès à une prise en charge professionnelle est parfois long ou coûteux, les chatbots peuvent apparaître comme une solution accessible et rassurante. Toutefois, ce recours massif soulève des enjeux juridiques et éthiques importants, car il touche à des droits fondamentaux protégés par des dispositions nationales, la Convention internationale relative aux droits de l’enfant et par le cadre européen de protection des données.

Cette illusion est particulièrement dangereuse chez les jeunes, en phase de construction identitaire, car elle peut favoriser une dépendance affective, un isolement social et une fragilisation des compétences relationnelles. De plus, la confidentialité des échanges n’est jamais garantie totalement, et les données sensibles des mineurs peuvent être collectées, stockées ou exploitées à des fins commerciales, ce qui constitue une potentielle atteinte à leur vie privée.

 

Recherche stagiaire en Droit / sociologie

Recherche stagiaire en Droit / sociologie

👧La Ligue des Droits de l’Enfant, étant une ASBL reconnue en Éducation Permanente, recherche un·e stagiaire en Droit ou Sociologie (Master 1 ou 2) pour rejoindre son équipe.

🌍La Ligue œuvre depuis de nombreuses années pour la défense et la promotion des droits de l’enfant, à travers des actions, projets et outils pédagogiques visant à faire évoluer les pratiques et les politiques publiques.

⚖️Elle s’engage pour une société plus juste, solidaire et inclusive, où chaque enfant est respecté dans sa dignité et ses droits.

📣Rejoindre la Ligue, c’est intégrer une équipe engagée et bienveillante, dans un environnement stimulant qui valorise l’autonomie, la réflexion critique et la participation à des projets porteurs de sens.

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La santé mentale des jeunes à l’épreuve des crises

La santé mentale des jeunes à l’épreuve des crises

La santé mentale des jeunes à l’épreuve des crises politiques, économiques, sanitaires et de l’intelligence artificielle

L’impact des crises actuelles sur l’équilibre psychologique des jeunes

Dans le contexte actuel, de nombreux facteurs peuvent nourrir un sentiment d’angoisse et d’incertitude chez les jeunes. Les conflits armés, comme la guerre en Ukraine ou celle à Gaza, rappellent la fragilité de la paix internationale et leurs répercussions se font sentir bien au-delà des zones de guerre, notamment à travers les crises énergétiques, humanitaires et migratoires en Europe, y compris en Belgique. Par ailleurs, la montée en puissance de l’extrême droite dans plusieurs pays européens suscite des inquiétudes quant au recul des valeurs démocratiques, à la stigmatisation de certaines populations et à la polarisation croissante des sociétés.

À l’échelle internationale, les prises de position radicales, les attaques verbales et les stratégies de figures politiques comme Donald Trump renforcent un climat de tension et d’imprévisibilité sur la scène mondiale. À cela s’ajoutent les difficultés économiques, l’inflation, la pandémie du Covid-19, la crise du logement ou encore les défis liés au changement climatique, qui accentuent le sentiment d’insécurité collective. L’ensemble de ces éléments contribue à créer un environnement global anxiogène, marqué par l’impression d’un avenir incertain et instable.

L’état des droits de l’enfant dans le monde révèle une détérioration préoccupante, dont les conséquences sur la santé mentale des jeunes sont majeures et néfastes. Les conflits armés qui se prolongent et se rapprochent des frontières européennes placent les enfants au cœur des violences des différentes guerres. Ceux-ci, victimes de graves violations de leurs droits fondamentaux, allant des atteintes à la vie aux violences sexuelles, en passant par la destruction des écoles et des hôpitaux, les enfants subissent des traumatismes susceptibles de marquer durablement leur équilibre psychologique. Face à ces réalités, la Belgique ne peut demeurer passive. En tant qu’État de droit, partie à la Convention internationale des droits de l’enfant, elle est juridiquement et moralement tenue de promouvoir une protection effective des enfants et de faire respecter leurs droits.

Un enjeu majeur de notre société

La question de la santé mentale des enfants et des jeunes apparaît ainsi comme étant un enjeu majeur. Il est essentiel et urgent de mettre en place des mesures visant à garantir leur bien-être et à leur offrir un accompagnement adapté. La succession de crises sanitaires, économiques, climatiques et géopolitiques a profondément modifié les conditions de vie des enfants, des adolescents et des jeunes adultes. Ces derniers grandissent dans un environnement caractérisé par l’incertitude, l’accélération des transformations sociales, la précarisation, et par une pression accrue liée aux exigences scolaires, sociales et numériques. Ces facteurs cumulés fragilisent les équilibres psychologiques et contribuent à une dégradation du bien-être mental des jeunes.

Tout s’est arrangé (ou pas). La Ligue des Droits de l’Enfant a eu l’honneur d’assister à la projection de ce film documentaire (projection proposée par le Centre d’Action Laïque, la FAPEO, le Délégué Général aux droits de l’enfant et la Ligue des Familles, avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Fondation P&V), mettant en lumière notamment les conséquences néfastes de la pandémie du Covid-19, et en particulier l’impact psychologique des confinements successifs sur la santé mentale des jeunes. À travers divers témoignages, le film souligne la difficulté pour de nombreux jeunes de reprendre une vie dite « normale » après la pandémie. Il montre à quel point cette crise a profondément marqué leur quotidien, tant sur le plan personnel que dans leurs relations sociales, et combien ses effets se font encore sentir aujourd’hui.

Les données disponibles attestent d’une augmentation significative des troubles anxieux, dépressifs et du mal-être psychologique au sein de cette tranche d’âge de la population[1]. Cette évolution ne peut être appréhendée uniquement sous l’angle médical ou individuel, mais doit être comprise comme le résultat de déterminants sociaux, économiques et institutionnels, et des différentes crises que nous traversons en Belgique. La santé mentale des jeunes apparaît ainsi étroitement liée à la qualité des politiques publiques mises en œuvre, à l’accès effectif aux services de soutien, à la protection sociale et à la reconnaissance de leur place au sein de la société.

Agir dans l’intérêt supérieur de l’enfant

Dans ce contexte, les jeunes se trouvent confrontés à des tensions paradoxales. Alors qu’ils sont appelés à faire preuve d’adaptabilité, de résilience et d’autonomie, ils disposent souvent de ressources limitées pour faire face aux bouleversements qu’ils subissent. La vulnérabilité propre à l’enfance et à l’adolescence, périodes déterminantes pour le développement personnel et social, rend d’autant plus crucial l’encadrement juridique de la protection de leur santé mentale. Dans cette perspective, la Convention internationale des droits de l’enfant, adoptée en 1989, offre un cadre essentiel pour protéger la santé mentale des jeunes. Elle garantit le droit au meilleur état de santé possible, incluant la santé mentale, et oblige les États à agir dans l’intérêt supérieur de l’enfant. Elle souligne également l’importance d’écouter et d’associer les enfants aux décisions qui les concernent, en particulier dans un contexte de crises multiples.

Le mal-être croissant des jeunes met en évidence la nécessité de développer des politiques de prévention, d’augmenter les moyens alloués aux structures spécialisées en santé mentale et de garantir un accès effectif et équitable aux dispositifs de soutien, tout en favorisant un environnement social propice à l’épanouissement[2].

[1] Fiche d’information de l’Organisation mondiale de la Santé, Statistiques Santé mentale des adolescentes et des adolescents.

[2] Délégué général de la Communauté française aux droits de l’enfant, « Droits de l’enfant : des maux aux mots », Rapport annuel 2024-2025, p. 6.

La Ligue des Droits de l’Enfant recrute un·e Chargé·e de Communication

La Ligue des Droits de l’Enfant recrute un·e Chargé·e de Communication

La Ligue des Droits de l’Enfant, ASBL reconnue en éducation permanente, se bat depuis des années pour défendre les droits des enfants et faire bouger les lignes. Notre objectif : construire un monde où chaque enfant peut grandir dans une société juste, solidaire et respectueuse de l’humain comme de l’environnement.
Et si tu mettais ton talent au service d’une cause essentielle ?
Ici, tu rejoins une équipe passionnée, bienveillante, soudée… et qui aime vraiment travailler ensemble. On avance avec conviction, on se soutient, et on donne du sens à ce qu’on crée.

Ta mission

 Tu seras responsable de la communication générale de l’ASBL et du développement de campagnes de sensibilisation autour des droits de l’enfant. À ce titre, tu seras amené·e à :

Créer des campagnes de sensibilisation

  • Concevoir la stratégie, les messages et les formats (visuels, vidéos, textes…)
  • Déployer les campagnes sur nos canaux : site web, réseaux sociaux, newsletter, événements…
  • Assurer le marketing digital : analyse des données, SEO, statistiques d’engagement, optimisation des contenus

Créer du contenu

  • Graphisme
  • Photographie
  • Réalisation et montage vidéo
  • Maîtrise d’outils tels qu’Adobe, Canva, CapCut, etc.

Community management

  • Gestion des réseaux sociaux : Facebook, Instagram, LinkedIn, TikTok

Ce qu’on t’offre

  • Une équipe super sympa, engagée, où l’humour et la bonne humeur sont au rendez-vous
  • Un environnement où tes idées sont les bienvenues
  • Une réelle autonomie
  • Une mission qui fait sens et contribue à améliorer la société
  • Un contrat à temps plein ou à mi-temps (rémunération brute max : 2604,19 €)

Ce qu’on cherche

  • Une personne dynamique, créative et motivée
  • De solides compétences en communication digitale (min. bachelier communication/marketing)
  • Aisance rédactionnelle
  • Capacité à gérer plusieurs projets à la fois
  • Disponibilité certains soirs ou week-ends
  • Adhésion à nos valeurs : bienveillance, éthique, tolérance
  • Maîtrise du français exigée ; anglais et néerlandais sont un atout

Intéressé·e ?

Envoie CV, lettre de motivation et portfolio :

📧 contact@liguedroitsenfant.be
🌐 https://www.liguedroitsenfant.be/