Intervention au Cabaret associatif du Kot des Droits Humains

Intervention au Cabaret associatif du Kot des Droits Humains

Intervention au Cabaret associatif du Kot des Droits Humains, Ferme du Biéreau à Louvain-la-Neuve

Dans le cadre d’une soirée thématique, nous avons été invitées à intervenir afin de sensibiliser le public aux droits de l’enfant. Une attention particulière a été portée au droit à l’éducation, tel que consacré notamment par l’article 28 de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant et par l’article 29 de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Cet événement a également été l’occasion de rencontrer diverses associations et professionnels, et de mettre en lumière les droits consacrés par la Convention internationale relative aux droits de l’enfant.

Le placement d’enfants : entre protection nécessaire et dysfonctionnements institutionnels

Le placement d’enfants : entre protection nécessaire et dysfonctionnements institutionnels

Le placement d’enfants : entre protection nécessaire et dysfonctionnements institutionnels

État des lieux

En Fédération Wallonie-Bruxelles, environ 7.500 enfants vivent aujourd’hui placés en famille d’accueil ou en institution à la suite d’une décision du juge de la Jeunesse. Ces mesures sont souvent justifiées par la nécessité de protéger l’enfant d’un environnement toxique, précaire ou dangereux.

Pourtant, un nombre croissant de témoignages et d’études révèlent que certains enfants restent éloignés de leur famille pendant des années, sans raison réellement fondée ni projet de retour, alors même que des solutions alternatives pourraient être envisagées.

Difficultés et paradoxes du placement

Cependant, derrière ce cadre juridique clair et protecteur, la réalité concrète du placement révèle des difficultés et des paradoxes profonds.

De nombreux rapports d’experts, études sociologiques et témoignages d’acteurs de terrain, mais aussi des retours de familles concernées, témoignent d’une tendance inquiétante : certains enfants sont maintenus dans des mesures de placement pendant des périodes prolongées, souvent plusieurs années, sans qu’un projet de réinsertion familiale ou de retour dans leur milieu d’origine ne soit véritablement élaboré, suivi ou régulièrement évalué, alors même que la législation en vigueur l’exige.

Cette situation soulève de graves questions quant à la proportionnalité et à la justification de ces décisions, mais aussi quant au respect effectif des droits fondamentaux des enfants, notamment leur droit à la vie familiale et au maintien des liens affectifs.

Cette réalité soulève d’importantes questions sur la pertinence de certains placements, sur le respect des droits de l’enfant et sur les conséquences pour les familles concernées.

Le placement, censé être une mesure temporaire et exceptionnelle, semble s’imposer sous la forme d’un placement de rupture non-motivé de manière quasi systématique face à des situations de vulnérabilité sociale ou économique.

Or, cette tendance peut traduire une insuffisance criante dans le développement et la mise en œuvre de dispositifs alternatifs moins intrusifs.

Ces alternatives, lorsqu’elles sont réellement disponibles et accessibles, ont pour vocation de préserver l’environnement familial tout en assurant la protection de l’enfant, conformément aux obligations internationales, notamment l’article 9 de la Convention relative aux droits de l’enfant qui promeut le maintien de la vie familiale.

Quelle place pour la parole de l’enfant ?

La place de la parole de l’enfant dans ce processus décisionnel est également au cœur des débats.

L’article 12 de la Convention relative aux droits de l’enfant reconnaît le droit de tout enfant capable de discernement à être entendu dans toute procédure le concernant.

Pourtant, dans la pratique, la participation effective de l’enfant est encore souvent insuffisante, réduite ou formelle, ce qui peut compromettre la prise en compte réelle de ses besoins et de ses souhaits dans les décisions qui affectent profondément sa vie.

Lutter contre les placements abusifs

L’objectif de la Ligue des Droits de l’Enfant est de lutter contre les placements abusifs en défendant à la fois les droits des enfants et ceux des parents.

En dénonçant les dérives et en mettant en lumière les insuffisances du système actuel, elle entend promouvoir un cadre juridique plus juste et équitable, qui protège véritablement les intérêts de tous les acteurs concernés.

À travers ce travail, la Ligue vise à garantir que le placement reste un outil exceptionnel, utilisé uniquement lorsque toutes les autres solutions ont été épuisées, et toujours dans le respect du droit à la vie familiale, un droit fondamental reconnu par les conventions internationales et la législation belge.

Cette réflexion s’inscrit dans une perspective d’avenir, posant la question fondamentale :

Comment construire un système de protection de l’enfance capable d’allier rigueur juridique, respect des droits fondamentaux, et adaptation aux besoins spécifiques de chaque enfant et de chaque famille, dans le cadre d’une société qui se veut juste et protectrice ?

Témoignage de Monsieur Alexis Cloquet

Pour répondre concrètement à cette question, notre étude s’appuie sur le témoignage d’Alexis Cloquet, membre du Comité des familles.

En 2016, sa vie bascule lorsque son fils est placé en institution.

Ce placement est survenu après que la mère de l’enfant lui a donné un anxiolytique au lieu d’un antidouleur, alors qu’il se plaignait de maux de tête.

Bien que l’enfant aurait pu être confié à la garde exclusive de son père, les juridictions ont préféré le placer (injustement) en institution.

Pendant six ans, Alexis Cloquet a mené un combat acharné pour retrouver la garde de son fils.

Ce parcours difficile, marqué par l’incompréhension et la douleur, l’a amené à s’engager pleinement dans la défense des familles confrontées à des placements qu’il juge injustifiés.

Aujourd’hui, il a fait de la lutte contre les placements injustifiés son principal combat. 

Intervention à l’école Les Bruyères de Forest

Intervention à l’école Les Bruyères de Forest

Nous sommes intervenues lors d’une matinée thématique consacrée à la sensibilisation aux droits fondamentaux de l’enfant, tels que consacrés par la Convention internationale relative aux droits de l’enfant.

À l’invitation de Monsieur Frédéric Wautier, coordinateur « Les Jeunes Entreprises », nous avons animé une session visant à présenter et vulgariser ces droits auprès des instituteurs ainsi que leurs élèves, tout en répondant à leurs nombreuses questions.

Parmi les différentes questions/réponses voici un extrait :

 

Existe-t-il un texte des droits des enfants ?

Oui, il existe un texte très important qui s’appelle la Convention internationale des droits de l’enfant.

Ce texte a été adopté par l’Organisation des Nations unies (l’ONU) en 1989. Il explique tous les droits que doivent avoir tous les enfants dans le monde, comme le droit à la protection, à l’éducation, à la santé, à l’expression et au respect.

La plupart des pays, y compris la Belgique, ont signé cette convention, ce qui veut dire qu’ils s’engagent à respecter et protéger ces droits pour tous les enfants.

C’est un peu comme un grand livre de règles pour que les enfants soient bien traités partout dans le monde.

Nombreux pays ont signé la Convention internationale relative aux droits de l’enfant, les états qui ont signés doivent respecter les nombreux articles garantissant les droits aux enfants. Par exemple : le droit à la santé, à l’éducation, la prise en compte de la parole de l’enfant, l’intérêt supérieur de l’enfant, etc.

 

Quel est le pays qui respecte le moins le droit des enfants ?

Il est difficile de dire un seul pays qui respecte le moins les droits de l’enfant, car dans beaucoup de pays, certains enfants ne peuvent pas aller à l’école, doivent travailler, vivent dans des conflits ou subissent des violences.

Par exemple, dans des pays où la guerre, la pauvreté ou l’injustice sont très présentes, les enfants sont souvent les plus touchés. Ils peuvent manquer de nourriture, de soins, de protection ou de sécurité.

C’est pour cette raison que les droits de l’enfant ne sont pas respectés partout. Mais ce n’est pas la faute des enfants : ce sont des situations que les adultes et les gouvernements doivent changer pour protéger les enfants.

Défendre les droits de l’enfant, c’est donc s’assurer que tous les enfants, partout dans le monde, puissent grandir en sécurité, apprendre, jouer et être protégés.

Même en Europe, les droits de l’enfant ne sont pas toujours respectés partout.

Par exemple :

  • En Hongrie, certains enfants issus de minorités ont moins accès à l’école et à des services de qualité.
  • En Bulgarie, certains enfants vivent dans la pauvreté ou dans des quartiers défavorisés, ce qui rend plus difficile l’accès à la santé et à l’éducation.
  • Dans plusieurs pays, par exemple en Ukraine, des enfants migrants ou réfugiés peuvent être séparés de leur famille ou ne pas avoir de logement sûr.

Cela montre que même en Europe, il reste important de protéger tous les enfants pour qu’ils puissent grandir en sécurité, apprendre et être respectés.

 

Quel est le pays qui respecte le plus le droit des enfants ?

Dans des pays comme la Finlande, la Norvège ou la Suède, les droits des enfants sont mieux respectés parce que tout est organisé pour que chaque enfant ait les mêmes chances de grandir et de réussir.

  •    L’école y est gratuite, de très bonne qualité et accessible à tous, et les enfants reçoivent souvent aide et soutien si besoin.
  •   Les enfants ont aussi facilement accès aux soins de santé, à la nourriture et à un environnement sûr.
  •    Les gouvernements écoutent vraiment les enfants et essaient de protéger leur bien-être dans tous les aspects de la vie.

 

Qu’en est-il en Belgique au niveau des droits des enfants ?

En Belgique, les droits de l’enfant sont plutôt bien respectés comparé à beaucoup d’autres pays.

  • Tous les enfants ont accès à l’école gratuite et obligatoire, ainsi qu’à des soins de santé.
  • Ils sont protégés par la loi contre la violence, la maltraitance et l’exploitation.
  • Il existe aussi des services pour aider les enfants en difficulté ou écouter leur avis.

Mais il reste des défis : certains enfants vivent dans la pauvreté, certains jeunes migrants peuvent rencontrer des difficultés pour accéder à l’école ou aux services, et certains enfants sont encore confrontés à des violences ou discriminations.

Donc, même si la Belgique fait beaucoup d’efforts, il faut continuer à défendre les droits de tous les enfants pour qu’aucun ne soit laissé de côté car il reste des difficultés et des inégalités.

La violence dans les relations amoureuses des jeunes

La violence dans les relations amoureuses des jeunes

La violence dans les relations amoureuses des jeunes

 

Une violence minimisée ou invisibilisée

La violence au sein des relations amoureuses représente aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique et de protection des droits des jeunes. Longtemps minimisée ou invisibilisée, cette forme de violence touche pourtant un nombre important d’adolescents et les conséquences peuvent être graves et durables.

Elle englobe à la fois des comportements physiques, psychologiques, sexuels ou économiques visant à contrôler, humilier ou dominer le partenaire.

Contrairement aux stéréotypes qui l’associent aux seules relations adultes, la violence dans les relations affectives commence souvent dès l’adolescence.

 

L’adolescence, période clé du développement identitaire du jeune

L’adolescence est une période importante, marquée par la construction de l’identité et les premières expériences amoureuses. Ces relations jouent un rôle important dans la manière dont les jeunes apprennent le respect, le consentement, l’égalité et la confiance.

Lorsqu’elles sont marquées par l’emprise, le contrôle ou des violences physiques, psychologiques ou sexuelles, les conséquences peuvent être considérables telles qu’une baisse de l’estime de soi, des troubles psychiques, des difficultés scolaires ou encore un impact important et durable sur les relations futures.

À long terme, ces expériences peuvent également influencer la construction des relations futures et les choix de vie, accentuant les risques de vulnérabilité et de marginalisation.

En Belgique, comme dans de nombreux pays européens, ce phénomène est préoccupant.

De nombreux adolescents, notamment des jeunes filles, ont déjà été confrontés à des formes de violence dans leurs relations amoureuses, qu’il s’agisse de contrôle des comportements et des relations sociales, de violences psychologiques répétées ou, dans certains cas, de violences sexuelles.

 

L’importance de la prévention

La prévention apparaît comme essentielle afin de réduire la violence dans les relations amoureuses des jeunes. Il s’agit notamment de renforcer l’accès à l’éducation et à la formation, de promouvoir l’autonomie, de garantir les droits des jeunes, et de développer des programmes éducatifs centrés sur des relations respectueuses, consentantes et égalitaires.

Les dispositifs de soutien psychologique, les structures d’accueil, ainsi que les campagnes de sensibilisation ciblées contribuent également à protéger les jeunes et à limiter les conséquences du traumatisme sur leur santé physique et mentale.

 

Les constats de L’OMS

Enfin, selon les constats de l’Organisation mondiale de la Santé, aucun pays n’est actuellement sur la trajectoire pour atteindre l’objectif visant à éliminer la violence à l’égard des femmes d’ici 2030.

La prévention, l’éducation et l’accès aux droits fondamentaux représentent de cette manière, des éléments clés pour protéger les jeunes générations et promouvoir des relations amoureuses saines et sûres.

Comprendre l’ampleur et la complexité de ce phénomène est donc indispensable pour développer des politiques publiques efficaces et des stratégies d’accompagnement adaptées aux besoins des jeunes.

 

Comprendre les facteurs du décrochage scolaire

Comprendre les facteurs du décrochage scolaire

Comprendre les facteurs du décrochage scolaire

Le décrochage scolaire constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour les systèmes éducatifs européens, et la Belgique n’échappe pas à cette réalité.

Dans un contexte marqué par les transformations sociales, économiques et culturelles, l’école se voit investie d’une mission centrale. Celle d’assurer l’égalité des chances et favoriser l’insertion sociale et professionnelle des jeunes.

Pourtant, malgré l’obligation scolaire et les nombreuses politiques de soutien mises en place, une partie des élèves quitte prématurément le système éducatif sans diplôme ou qualification reconnue. Ce phénomène, souvent qualifié d’abandon scolaire précoce, ne se résume pas à un simple acte individuel. En effet, il s’inscrit dans un processus progressif de désengagement qui s’installe au fil du temps.

Des causes multifactorielles

Le décrochage scolaire ne peut être compris sans tenir compte de son caractère multifactoriel. Les causes sont à la fois individuelles, familiales, scolaires et sociales.

Certaines difficultés d’apprentissage non prises en charge, un sentiment d’échec répété, une orientation subie ou mal comprise peuvent progressivement fragiliser le lien entre l’élève et l’institution scolaire.

À cela s’ajoutent des facteurs familiaux tels que la précarité économique, le manque de soutien éducatif ou des contextes de vie instables.

Par ailleurs, le système scolaire belge, souvent décrit comme l’un des plus inégalitaires d’Europe en termes de reproduction des inégalités sociales, tend à renforcer les écarts entre élèves issus de milieux favorisés et défavorisés. Les mécanismes de relégation, notamment à travers certaines filières, peuvent contribuer à alimenter un sentiment de stigmatisation et de démotivation.

Un phénomène complexe

Ainsi, le décrochage scolaire en Belgique apparaît comme un phénomène complexe, ancré dans des dynamiques à la fois individuelles et structurelles.

Comprendre ses causes constitue une étape essentielle pour élaborer des stratégies efficaces de prévention et garantir à chaque jeune un parcours scolaire porteur de sens et d’opportunités.

Différents profils de jeunes à risques

Les profils de jeunes à risque montrent d’ailleurs la diversité des situations : certains expriment leur mal-être par la contestation et le conflit, d’autres se replient dans le silence et le désengagement, tandis que d’autres encore sont confrontés à des difficultés familiales, socio-économiques ou psychologiques lourdes.

Les facteurs scolaires, tels que les échecs répétés, l’étiquetage, un climat de classe négatif ou encore le harcèlement, peuvent accentuer le sentiment de ne pas être à sa place.

À cela s’ajoutent des fragilités personnelles, notamment en matière de santé mentale, particulièrement marquées depuis la crise du Covid-19 et dans un contexte global d’incertitude sociale, climatique et économique.

Les inégalités socio-économiques, mises en évidence notamment par les enquêtes internationales comme PISA, rappellent que tous les jeunes ne disposent pas des mêmes ressources pour faire face aux exigences scolaires. Ainsi, le décrochage scolaire constitue également un révélateur d’inégalités structurelles.

La Ligue des Droits de l’Enfant a eu l’honneur et le plaisir de participer, en janvier, à une matinée thématique organisée par le CPAS d’Etterbeek, consacrée au décrochage scolaire. Cet événement nous a offert l’occasion d’échanger avec divers professionnels sur ce phénomène qui touche de nombreux jeunes.

Lors de notre intervention, il nous a semblé essentiel d’analyser les causes et facteurs à l’origine du décrochage, d’en mesurer les conséquences, et surtout d’explorer les pistes susceptibles de diminuer ce phénomène. Cet outil pédagogique s’appuie sur cette présentation.