Recherche stagiaire en Droit / sociologie

Recherche stagiaire en Droit / sociologie

👧La Ligue des Droits de l’Enfant, étant une ASBL reconnue en Éducation Permanente, recherche un·e stagiaire en Droit ou Sociologie (Master 1 ou 2) pour rejoindre son équipe.

🌍La Ligue œuvre depuis de nombreuses années pour la défense et la promotion des droits de l’enfant, à travers des actions, projets et outils pédagogiques visant à faire évoluer les pratiques et les politiques publiques.

⚖️Elle s’engage pour une société plus juste, solidaire et inclusive, où chaque enfant est respecté dans sa dignité et ses droits.

📣Rejoindre la Ligue, c’est intégrer une équipe engagée et bienveillante, dans un environnement stimulant qui valorise l’autonomie, la réflexion critique et la participation à des projets porteurs de sens.

Intéressé·e ? envoie ton CV et lettre de motivation à : thalia.amen.lde@outlook.com

La santé mentale des jeunes à l’épreuve des crises

La santé mentale des jeunes à l’épreuve des crises

La santé mentale des jeunes à l’épreuve des crises politiques, économiques, sanitaires et de l’intelligence artificielle

L’impact des crises actuelles sur l’équilibre psychologique des jeunes

Dans le contexte actuel, de nombreux facteurs peuvent nourrir un sentiment d’angoisse et d’incertitude chez les jeunes. Les conflits armés, comme la guerre en Ukraine ou celle à Gaza, rappellent la fragilité de la paix internationale et leurs répercussions se font sentir bien au-delà des zones de guerre, notamment à travers les crises énergétiques, humanitaires et migratoires en Europe, y compris en Belgique. Par ailleurs, la montée en puissance de l’extrême droite dans plusieurs pays européens suscite des inquiétudes quant au recul des valeurs démocratiques, à la stigmatisation de certaines populations et à la polarisation croissante des sociétés.

À l’échelle internationale, les prises de position radicales, les attaques verbales et les stratégies de figures politiques comme Donald Trump renforcent un climat de tension et d’imprévisibilité sur la scène mondiale. À cela s’ajoutent les difficultés économiques, l’inflation, la pandémie du Covid-19, la crise du logement ou encore les défis liés au changement climatique, qui accentuent le sentiment d’insécurité collective. L’ensemble de ces éléments contribue à créer un environnement global anxiogène, marqué par l’impression d’un avenir incertain et instable.

L’état des droits de l’enfant dans le monde révèle une détérioration préoccupante, dont les conséquences sur la santé mentale des jeunes sont majeures et néfastes. Les conflits armés qui se prolongent et se rapprochent des frontières européennes placent les enfants au cœur des violences des différentes guerres. Ceux-ci, victimes de graves violations de leurs droits fondamentaux, allant des atteintes à la vie aux violences sexuelles, en passant par la destruction des écoles et des hôpitaux, les enfants subissent des traumatismes susceptibles de marquer durablement leur équilibre psychologique. Face à ces réalités, la Belgique ne peut demeurer passive. En tant qu’État de droit, partie à la Convention internationale des droits de l’enfant, elle est juridiquement et moralement tenue de promouvoir une protection effective des enfants et de faire respecter leurs droits.

Un enjeu majeur de notre société

La question de la santé mentale des enfants et des jeunes apparaît ainsi comme étant un enjeu majeur. Il est essentiel et urgent de mettre en place des mesures visant à garantir leur bien-être et à leur offrir un accompagnement adapté. La succession de crises sanitaires, économiques, climatiques et géopolitiques a profondément modifié les conditions de vie des enfants, des adolescents et des jeunes adultes. Ces derniers grandissent dans un environnement caractérisé par l’incertitude, l’accélération des transformations sociales, la précarisation, et par une pression accrue liée aux exigences scolaires, sociales et numériques. Ces facteurs cumulés fragilisent les équilibres psychologiques et contribuent à une dégradation du bien-être mental des jeunes.

Tout s’est arrangé (ou pas). La Ligue des Droits de l’Enfant a eu l’honneur d’assister à la projection de ce film documentaire (projection proposée par le Centre d’Action Laïque, la FAPEO, le Délégué Général aux droits de l’enfant et la Ligue des Familles, avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Fondation P&V), mettant en lumière notamment les conséquences néfastes de la pandémie du Covid-19, et en particulier l’impact psychologique des confinements successifs sur la santé mentale des jeunes. À travers divers témoignages, le film souligne la difficulté pour de nombreux jeunes de reprendre une vie dite « normale » après la pandémie. Il montre à quel point cette crise a profondément marqué leur quotidien, tant sur le plan personnel que dans leurs relations sociales, et combien ses effets se font encore sentir aujourd’hui.

Les données disponibles attestent d’une augmentation significative des troubles anxieux, dépressifs et du mal-être psychologique au sein de cette tranche d’âge de la population[1]. Cette évolution ne peut être appréhendée uniquement sous l’angle médical ou individuel, mais doit être comprise comme le résultat de déterminants sociaux, économiques et institutionnels, et des différentes crises que nous traversons en Belgique. La santé mentale des jeunes apparaît ainsi étroitement liée à la qualité des politiques publiques mises en œuvre, à l’accès effectif aux services de soutien, à la protection sociale et à la reconnaissance de leur place au sein de la société.

Agir dans l’intérêt supérieur de l’enfant

Dans ce contexte, les jeunes se trouvent confrontés à des tensions paradoxales. Alors qu’ils sont appelés à faire preuve d’adaptabilité, de résilience et d’autonomie, ils disposent souvent de ressources limitées pour faire face aux bouleversements qu’ils subissent. La vulnérabilité propre à l’enfance et à l’adolescence, périodes déterminantes pour le développement personnel et social, rend d’autant plus crucial l’encadrement juridique de la protection de leur santé mentale. Dans cette perspective, la Convention internationale des droits de l’enfant, adoptée en 1989, offre un cadre essentiel pour protéger la santé mentale des jeunes. Elle garantit le droit au meilleur état de santé possible, incluant la santé mentale, et oblige les États à agir dans l’intérêt supérieur de l’enfant. Elle souligne également l’importance d’écouter et d’associer les enfants aux décisions qui les concernent, en particulier dans un contexte de crises multiples.

Le mal-être croissant des jeunes met en évidence la nécessité de développer des politiques de prévention, d’augmenter les moyens alloués aux structures spécialisées en santé mentale et de garantir un accès effectif et équitable aux dispositifs de soutien, tout en favorisant un environnement social propice à l’épanouissement[2].

[1] Fiche d’information de l’Organisation mondiale de la Santé, Statistiques Santé mentale des adolescentes et des adolescents.

[2] Délégué général de la Communauté française aux droits de l’enfant, « Droits de l’enfant : des maux aux mots », Rapport annuel 2024-2025, p. 6.

La Ligue des Droits de l’Enfant recrute un·e Chargé·e de Communication

La Ligue des Droits de l’Enfant recrute un·e Chargé·e de Communication

La Ligue des Droits de l’Enfant, ASBL reconnue en éducation permanente, se bat depuis des années pour défendre les droits des enfants et faire bouger les lignes. Notre objectif : construire un monde où chaque enfant peut grandir dans une société juste, solidaire et respectueuse de l’humain comme de l’environnement.
Et si tu mettais ton talent au service d’une cause essentielle ?
Ici, tu rejoins une équipe passionnée, bienveillante, soudée… et qui aime vraiment travailler ensemble. On avance avec conviction, on se soutient, et on donne du sens à ce qu’on crée.

Ta mission

 Tu seras responsable de la communication générale de l’ASBL et du développement de campagnes de sensibilisation autour des droits de l’enfant. À ce titre, tu seras amené·e à :

Créer des campagnes de sensibilisation

  • Concevoir la stratégie, les messages et les formats (visuels, vidéos, textes…)
  • Déployer les campagnes sur nos canaux : site web, réseaux sociaux, newsletter, événements…
  • Assurer le marketing digital : analyse des données, SEO, statistiques d’engagement, optimisation des contenus

Créer du contenu

  • Graphisme
  • Photographie
  • Réalisation et montage vidéo
  • Maîtrise d’outils tels qu’Adobe, Canva, CapCut, etc.

Community management

  • Gestion des réseaux sociaux : Facebook, Instagram, LinkedIn, TikTok

Ce qu’on t’offre

  • Une équipe super sympa, engagée, où l’humour et la bonne humeur sont au rendez-vous
  • Un environnement où tes idées sont les bienvenues
  • Une réelle autonomie
  • Une mission qui fait sens et contribue à améliorer la société
  • Un contrat à temps plein ou à mi-temps (rémunération brute max : 2604,19 €)

Ce qu’on cherche

  • Une personne dynamique, créative et motivée
  • De solides compétences en communication digitale (min. bachelier communication/marketing)
  • Aisance rédactionnelle
  • Capacité à gérer plusieurs projets à la fois
  • Disponibilité certains soirs ou week-ends
  • Adhésion à nos valeurs : bienveillance, éthique, tolérance
  • Maîtrise du français exigée ; anglais et néerlandais sont un atout

Intéressé·e ?

Envoie CV, lettre de motivation et portfolio :

📧 contact@liguedroitsenfant.be
🌐 https://www.liguedroitsenfant.be/

Importance de la promotion de l’allaitement

Importance de la promotion de l’allaitement

Importance de la promotion de l’allaitement et de son enseignement chez les professionnels de la petite enfance

L’allaitement maternel est unanimement reconnu comme la norme biologique et nutritionnelle optimale pour le nourrisson. Pourtant, en Belgique, le taux d’allaitement exclusif chute drastiquement au fil des semaines suivant la naissance. Selon les chiffres de l’ONE, bien que 80% des mères commencent à allaiter à la naissance, elles ne sont plus que 35% douze semaines après l’accouchement. De plus, moins de 20 % des bébés bénéficient d’un allaitement exclusif jusqu’à six mois, comme le recommande pourtant l’OMS.

Si de nombreux facteurs expliquent cette baisse, l’un des obstacles majeurs réside dans le manque de formation des professionnels de la petite enfance sur l’allaitement. Crèches, consultations prénatales, milieux hospitaliers : les parents sont souvent confrontés à des conseils contradictoires ou inadéquats, ce qui peut entraver la mise en place et la poursuite de l’allaitement. Pourtant, l’allaitement ne constitue pas seulement un choix personnel, mais relève également d’une question de santé publique et de droits de l’enfant.

L’article 24 de la Convention internationale des droits de l’enfant, ratifiée par la Belgique, stipule que les États doivent reconnaître « le droit de l’enfant de jouir du meilleur état de santé possible » et s’engager à « fournir aux parents et aux enfants une information relative à la santé et à la nutrition, aux avantages de l’allaitement au sein ». Le manque d’accompagnement des familles et l’absence de formation adéquate des professionnels constituent donc un manquement aux engagements internationaux de la Belgique en matière de droits de l’enfant.

Dans ce contexte, il est impératif d’analyser pourquoi la promotion et la formation des professionnels sur l’allaitement sont essentielles afin de démontrer qu’il ne s’agit pas seulement d’un choix éducatif, mais d’une responsabilité collective et légale pour assurer le respect des droits fondamentaux des enfants et des familles.

     

    Les enfants parlent de la pauvreté

    Les enfants parlent de la pauvreté

    La Ligue des droits de l’enfant tire la sonnette d’alarme face à une réalité encore trop ignorée en Belgique : la pauvreté infantile. De nombreux enfants grandissent dans des conditions socio-économiques précaires qui entravent leur accès à des droits fondamentaux tels que l’éducation, la santé, la culture ou un cadre de vie digne. La pauvreté rend ces droits abstraits, inaccessibles, voire conditionnels, et compromet ainsi leur développement. Cette situation, bien que préoccupante, est souvent banalisée et réduite à de simples chiffres économiques, alors qu’elle touche profondément le quotidien et l’avenir de nombreux enfants.

    Face à cette urgence sociale, la Ligue place la lutte contre la pauvreté infantile au cœur de son action, en exigeant des politiques publiques plus justes, ambitieuses et humaines. Dans ce cadre, un dossier pédagogique a été élaboré pour mieux comprendre les multiples dimensions de la pauvreté vécue par les enfants. Le premier chapitre aborde la pauvreté à la fois sous son aspect matériel et subjectif, en prenant en compte le ressenti des enfants et les conséquences sur leur développement. Le deuxième met en lumière le rôle essentiel des associations qui soutiennent quotidiennement les familles en difficulté. Le troisième donne la parole aux enfants, qui s’expriment sur des notions telles que la pauvreté, la famille, l’école, la santé ou encore la solidarité. Leurs témoignages révèlent une réalité faite de stigmatisation, d’isolement, de difficultés économiques, mais aussi d’un attachement profond aux relations humaines, perçues comme une richesse véritable.

    Même s’ils ne se définissent pas comme pauvres, ces enfants sont conscients de leur position sociale et de l’injustice qui en découle. Ils ne se sentent pas riches non plus, mais trouvent leur richesse dans l’amour de leur famille et de leurs amis. Avoir un petit logement ou des moyens limités n’est pas un drame pour eux, tant qu’ils ressentent de l’amour et ne sont pas isolés. La plupart disposent d’un minimum de biens matériels (télévision, ordinateur, jeux vidéo), ce qui leur permet de ne pas se sentir exclus parmi leurs pairs. Pourtant, leur parole reste encore trop peu écoutée. Dans de nombreuses écoles et institutions, leur avis n’est ni sollicité ni pris en compte, malgré leur capacité à exprimer un regard critique sur le monde qui les entoure.

    L’école, censée être un lieu d’épanouissement, devient pour beaucoup un espace de souffrance et d’exclusion. Ces enfants savent que leur avenir sera semé d’obstacles, et ressentent que la société ne veut pas d’eux, tout comme elle a souvent rejeté leurs parents. En ignorant ce cri, nous risquons de créer une génération en rupture, qui rejettera à son tour les valeurs de solidarité nécessaires à la construction d’une société plus équitable.

    La Belgique s’est pourtant engagée à garantir à chaque enfant ses droits fondamentaux : logement, santé, éducation, alimentation et accès à la culture. Cependant, les politiques actuelles restent fragmentées et insuffisantes. Près de 18 % de la population, dont de nombreux enfants, vit sous le seuil de pauvreté, et les familles monoparentales sont particulièrement touchées. Des mesures ont été mises en place, comme la Garantie européenne pour l’enfance, la revalorisation des prestations sociales depuis 2024, ou encore le Plan 2030 qui vise à réduire significativement la pauvreté, notamment celle de 93 000 enfants. Ces initiatives vont dans le bon sens, mais doivent être renforcées et coordonnées pour être réellement efficaces.

    Lutter contre la pauvreté infantile, ce n’est pas seulement venir en aide aux plus vulnérables : c’est garantir un avenir plus juste pour l’ensemble de la société. Écouter les enfants, prendre en compte leur parole et agir en conséquence, c’est poser les bases d’une société plus solidaire, inclusive et respectueuse des droits humains.

     

    Les refus de remboursement de la logopédie

    Les refus de remboursement de la logopédie

    Conformément à l’article 7 de la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées, la Belgique s’est engagée en 2009 à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir que les enfants en situation de handicap jouissent de tous les droits de l’homme et de toutes les libertés fondamentales, sur la base de l’égalité avec les autres enfants. Dans toutes les mesures concernant les enfants en situation de handicap, l’intérêt supérieur de l’enfant est une considération à prendre en compte en priorité.

    Conformément à l’article 25 de la même Convention, la Belgique reconnaît le droit des personnes en situation de handicap de jouir du meilleur état de santé possible sans discrimination fondée sur le handicap et s’est engagée à prendre toutes les mesures appropriées pour que les personnes en situation de handicap aient accès à des soins de santé gratuits ou abordables, de la même gamme, qualité et niveau que toute autre personne. Ces services de santé doivent être proposés au plus près de la communauté, y compris dans les zones rurales.

    En 2021, la Chambre des représentants a décidé d’introduire un nouvel article 22 dans la Constitution belge, qui protège le droit à l’inclusion des personnes en situation de handicap. La Belgique a ainsi inscrit dans sa Constitution l’un des principes essentiels de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées.

    Depuis 2002, la Belgique dispose d’un droit des patients qui est actuellement en cours de révision. Cette loi définit la relation entre le patient et le prestataire de soins et vise à améliorer la qualité des services de santé. En vertu de cette loi, les patients ont le droit de choisir librement leur praticien.

    Certes, la lecture de ces textes légaux donne de l‘espoir. En réalité sur le terrain, la situation est beaucoup moins agréable pour de nombreuses personnes en situation de handicap. Un point important dans ce contexte, c’est l’accès à la logopédie pour enfants ayant une déficience intellectuelle. Depuis des années, malgré objection massive (Unia, inclusion asbl, Délégué des droits de l’enfant, Gamp, UPLF), rien ne bouge en ce qui concerne le remboursement des frais de logopédie pour eux.

    Partant du principe que ces enfants ont besoin d’un traitement pluridisciplinaire, où différents thérapeutes travaillent main dans la main, ils ne reçoivent gratuitement la logopédie que dans un centre de réadaptation ambulatoire (CRA) ou dans l’enseignement spécialisé, et non chez un(e) logopède indépendant(e). Il ne faut certainement pas diaboliser par principe une approche pluridisciplinaire, mais malheureusement, les réalités du terrain sont telles que le refus rigide de rembourser les frais de traitement en cabinet privé entraîne souvent des inconvénients considérables et prive de nombreux enfants de possibilités de soutien. C’est grave car sans logopédie, ces enfants ne peuvent pas développer leurs capacités de communication et de langage, et la communication et le langage sont la clé de la participation à la vie de notre société et d’une autonomie maximale. Les personnes qui ne peuvent pas communiquer courent en outre un risque élevé de développer des problèmes de comportement, voire des problèmes importants de santé mentale. D’un point de vue purement financier : les coûts d’une intervention précoce du langage chez les enfants avec déficience intellectuelle compensent largement tous les coûts consécutifs au refus de cette promotion.

     

    Voici brièvement esquissées quelques-unes des difficultés rencontrées sur le terrain (la liste complète des obstacles est encore bien plus longue !) :

    – Les CRA sont répartis de manière très inégale sur le territoire belge. Globalement il y en a beaucoup plus en Flandre qu’en Belgique francophone, et il y a des régions où il n’y a pas un seul CRA. De plus, les CRA sont spécialisés dans des troubles spécifiques, ce qui signifie que tous les CRA ne sont pas ouverts à toutes les pathologies. Conséquence : celui qui vit dans le mauvais coin doit faire des trajets énormes. Comment cela s’accorde-t-il avec les articles 7 et 25 de la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées ?

    – Et même ceux qui n’ont pas besoin de parcourir des dizaines de kilomètres pour atteindre le CRA le plus proche pourraient – pour simplifier la logistique familiale – trouver un(e) logopèd(e) indépendant(e) encore plus proche ou plus facile à atteindre. D’autant plus qu’il existe des enfants qui, malgré un syndrome génétique et des besoins de soutien multiples, n’ont effectivement besoin, à un moment donné, que de la logopédie et non d’un soutien interdisciplinaire complet impliquant d’autres thérapeutes. Pourquoi alors entreprendre le long trajet jusqu’au CRA et y bloquer une place de traitement qu’un autre enfant attend peut-être désespérément, si seule une thérapie monodisciplinaire est nécessaire ? Comment cela s’accorde-t-il avec le droit au libre choix du praticien comme ancrée dans le droit des patients ?

    – Les enfants qui présentent une déficience intellectuelle dans le cadre d’un syndrome génétique ont souvent besoin d‘un traitement logopédique pour différents troubles (alimentation, communication, langage…) – mais chaque CRA ne dispose pas de tous les spécialistes correspondants, car chaque logopède n‘est pas formé à traiter tout type de trouble. Où ces enfants peuvent-ils trouver les thérapeutes supplémentaires dont ils ont besoin ?

    – De nombreux CRA ont de longues listes d’attente. Si un jeune enfant a besoin d’un soutien précoce, un temps précieux est perdu pendant l’attente d’une place en CRA. En plus, l’école spécialisée commence au plus tôt à l’âge de deux ans et demi, alors que l’intervention précoce, par exemple pour initier la communication, doit commencer bien plus tôt. En quoi cela est-il compatible avec l’article 25 de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées ?

    – Toutes les écoles spécialisées n’emploient pas de logopèdes. Par conséquent, tous les enfants ayant besoin d’un soutien n‘y reçoivent pas de logopédie. Lorsque les logopèdes travaillent dans l’enseignement spécialisé, ils n’ont souvent pas la capacité de fournir une aide individuelle d’une ampleur et d’une fréquence appropriées. Aucune thérapie n’a lieu pendant les longues périodes de vacances scolaires. Si l’école spécialisée ne peut pas offrir un soutien suffisant, l’enfant n’a quand même pas droit au remboursement des frais pour un traitement compensatoire ou complémentaire. Est-ce conforme aux engagements pris par la Belgique lors de sa ratification de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées ?

    – Et que font les familles qui choisissent de ne pas recourir à l’enseignement spécialisé mais de prôner pour l’enseignement inclusive, donc la scolarisation en enseignement ordinaire ? Là il n’y a pas d’offre thérapeutique, et pourtant les enfants concernés n’ont pas droit au remboursement des frais de traitement en cabinet privé. Cela rend le choix de parcours en enseignement ordinaire tout simplement impossible pour de nombreuses familles.

     

    Comment cela est-il compatible avec l’article 22 de la Constitution belge, sans oublier la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées ?

    Pour que les enfants ayant une déficience intellectuelle ne continuent pas à être discriminés en ce qui concerne leur accès à la logopédie, il faut un système plus flexible et modulaire, et il faut certainement plus de CRA pour chaque type de handicap, surtout dans les régions qui n’en ont pas bénéficié jusqu’à présent. Là où une famille ne peut pas se rendre au CRA ou où une logopède indépendante est plus facilement accessible, il doit être possible d’obtenir le remboursement des frais de l’intervention en cabinet privé. Il en va de même lorsqu’un enfant est scolarisé dans une école spécialisée, mais que l’offre de thérapie logopédique y est inexistante ou insuffisante. Et même pendant les longues périodes de vacances scolaires, le traitement en dehors de l’école dans un cabinet indépendant doit être remboursé. Si un enfant a besoin d’un soutien logopédique au-delà de ce que peut offrir le CRA le plus proche, la thérapie supplémentaire en cabinet libéral doit être payée par la mutuelle. Et enfin, il est urgent de réviser la convention de l’INAMI, qui précise pour quels troubles la logopédie est pris en charge. Jusqu’à présent, pour ne donner que deux exemples, il n’y a pas de prise en charge des coûts pour le développement de formes alternatives de communication si l’enfant est non-verbal, ou pour le traitement des troubles de l’alimentation qui surviennent souvent chez les enfants atteints de syndromes génétiques.

    Outre le fait que la situation actuelle ne correspond ni à la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, ni à l’article 22 de la Constitution belge, ni au droit des patients, les enfants atteints de déficience intellectuelle sont limités dans les possibilités de développement de langage, et donc – selon le philosophe Ludwig Wittgenstein qui a dit « Les limites de ma langue sont des limites de mon monde » – leur monde est également soumis à des limites plus strictes que ce ne serait le cas avec un soutien adéquat.