Aidez-nous à agir pour une société inclusive

Aidez-nous à agir pour une société inclusive

Depuis 20 ans, notre « Plate-forme pour une École inclusive », avec l’aide de familles et d’acteurs associatifs, porte le combat de l’inclusion au niveau de l’Ecole. C’est un chantier important mais il est insuffisant. Ce sont tous les pans de notre société qui doivent devenir plus inclusifs.

Aussi, en cette fin d’année 2021, la Ligue des Droits de l’Enfant lance une commission en interne, c’est-à-dire un groupe de travail dont la mission sera de concrétiser le combat pour que la société devienne progressivement de plus en plus inclusive pour tous les enfants. Comme nous sommes une « Ligue », c’est-à-dire une association qui permet à des citoyen·ne·s de se « liguer » ensemble pour porter un projet commun, nous recherchons des bénévoles qui souhaitent nous aider à arriver à cet objectif.

Avez-vous quelques heures de libre par mois ? Êtes-vous des parents, des tuteurs/tutrices, des professionnel·le·s de l’enfance, des étudiant·e·s ou tout simplement des citoyen·ne·s qui rêvent d’une société ouverte à toutes les différences ? Si ce combat est également le vôtre, rejoignez-nous et participez à l’orientation de notre politique d’actions collectives en matière d’inclusion.

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La Ligue, c’est vous !

La Ligue, c’est vous !

Nous recherchons des bénévoles qui veulent agir pour les Droits de l’Enfant en Fédération Wallonie-Bruxelles. Vous avez quelques heures de libres en journée ? Rejoignez-nous et participez à l’orientation de notre politique d’actions collectives selon ce qui vous parle le plus : LGBTQI+, école, primo-arrivant.e.s, santé/environnement, inclusion ou égalité de genre.

Les Droits de l’Enfant sont importants pour vous ?
Vous êtes heurté.e par les dénis de droits que vivent certains enfants ?
Votre enfant est discriminé.e ? 
Vous êtes inquièt.e pour son avenir, pour sa santé future et celle de ses futurs enfants ?
Le sort des enfants LGBTQI+ ou demandeurs d’asile vous interpelle ?
Vous pensez que seule une société inclusive permettra l’accueil de toutes les différences?
Les inégalités de genre vous choquent ?

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Adhérez à la Ligue des Droits de l’Enfant

Adhérez à la Ligue des Droits de l’Enfant

La Ligue des Droits de l’Enfant ne vit que par les cotisations de ses membres et par le colloque/formation que nous organisons chaque année. Or, en 2020, la crise du Covid nous a empêche de planifier cet événement et nos finances en sont largement impactées. Il est donc essentiel pour notre survie que nous ayons des membres (personnes, associations, mouvements, institutions, …) qui, par leur cotisation permettent à la Ligue de survivre. Il est évident que sans ces soutiens, nous ne pourrions plus porter les combats que nous portons depuis des années et qui concernent les enfants les plus fragiles de notre société.

Pour être membre, il suffit d’envoyer un mail à contact@liguedroitsenfant.be

et de verser 30 € sur le compte BE76 9795 8553 0195, avec en communication vos nom et prénom

Pour les petites associations, la cotisation s’élève à 50 €/an.

Quant à celles qui ont (un peu) plus de moyens, nous vous laissons la fixer en fonction de ces moyens.

!!!!! Attention : La Ligue ne peut pas délivrer d’attestations pour déductions fiscales !!!!!

Parce qu’en tant que membre, je soutiens modestement l’association sur le plan financier, mais surtout j’apporte un soutien au combat pour la défense des droits des enfants en Communauté française.  Prioritairement ceux qui ont le moins de chances dans la vie parce que nés avec une différence intellectuelle, physique, sociale ou de genre, qui ne bénéficient pas de soins appropriés, vivent des situations sociales difficiles et/ou sont discriminés. Mais aussi tous les autres qui ont la chance de voir respectés leurs droits fondamentaux mais dont le système néolibéral veut réduire les droits de futurs adultes. En outre, cela vous permet de vous impliquer dans ces combats.

La Ligue des Droits de l’Enfant, c’est avant tout des femmes et des hommes qui militent ensemble pour la défense des droits des enfants en Communauté française.

Plate-forme de lutte contre l’échec scolaire

Plate-forme de lutte contre l’échec scolaire

Fin d’année scolaire 2020-2021

Nous appelons à la mise en place de procédures strictes

Les membres de la plate-forme de lutte contre l’échec scolaire, soutenus par d’autres associations de la société civile, appellent le Gouvernement et les Pouvoirs organisateurs à baliser strictement la fin de cette année scolaire.

Les élèves, les étudiants, les enseignants mais aussi les familles sont largement éprouvés par la pandémie et les mesures Covid qui sont prises dans les écoles. Les inégalités se creusent fortement et le nombre de personnes vivant la pauvreté s’accroit. Les enfants sont touchés. On ne compte plus les jeunes en décrochage, que ce soit de manière visible mais aussi et surtout invisible. Aux deuxième et troisième degrés du secondaire, l’enseignement hybride a montré ses limites et précarisé plus encore les élèves ayant des difficultés, ainsi que les familles non équipées ou peu habituées à utiliser l’informatique. De nombreux adolescents et jeunes adultes ont décroché. Ils ne sont pas responsables de cette situation, pas plus que les enseignants. Il y a donc lieu de soulager tout le monde en modifiant les habituelles traditions de fin d’année que sont les sessions d’examens et les échecs qu’elles entraînent.

La notion de bienveillance et le caractère « exceptionnel » n’étant pas objectivables, il convient de se prémunir des interprétations subjectives que l’on a pu connaître l’an dernier. Ainsi, devant la situation de santé psychologique des adolescents, nous demandons qu’un cadre légal spécifique à cette fin d’année soit créé. Celui-ci comprendra les balises et procédures à respecter impérativement et donnera aux équipes éducatives le moyen de se les approprier.

Dès lors, nous appelons à fixer des procédures précises pour le dernier trimestre 2020-2021

  1. Le temps et la forme des évaluations de fin d’année

Hormis pour les années certificatives (CEB, CE1D, CESS et années diplômantes du qualifiant), nous appelons à ce  que l’évaluation de l’état d’acquisition des essentiels ne passe pas par des examens de fin d’année. Cela ne doit pas empêcher des évaluations diagnostiques qui permettent de soutenir les décisions des conseils de classe, en mettant en évidence les difficultés des élèves, et ainsi de planifier l’année prochaine. Ces difficultés seront, évidemment, communiquées aux enseignants de l’année suivante.

Le temps gagné dans les années non certificatives par la suppression des examens devra être réinjecté, en tout ou en partie, dans du temps de travail pour les enseignants afin de mener ce processus évaluatif en collaboration avec l’élève et sa famille.

  • Le diagnostic

Afin de permettre aux enseignants et aux élèves de planifier le troisième trimestre, nous proposons que les enseignants réalisent individuellement avec chaque élève un diagnostic, afin d’évaluer ensemble l’état d’acquisition des essentiels, dans un dialogue constructif et pluriel. Ce diagnostic sera ensuite communiqué à l’élève et à ses parents.

Une fois ce diagnostic réalisé, nous demandons que des actions pédagogiques soient mises en place dans les écoles afin de permettre aux élèves de remédier aux lacunes, sans que cela porte préjudice aux activités liées au bien-être et entraîne une surcharge de travail à domicile. 

Le diagnostic peut, à la demande de l’élève, se faire avec un tiers associatif ou de l’école (CPMS, professeur choisi, SAS, AMO, …) qui sera également présent lors du conseil de classe, afin d’étudier les pistes pour la suite, en fonction de la réalité d’aujourd’hui.

Nous demandons qu’une attention toute particulière soit portée aux élèves issus de familles socialement défavorisées, qui ont vécu cette période à distance ou en hybridation, dans un contexte particulièrement inégalitaire (matériel, connexion, espace de vie) ainsi qu’à ceux qui sont les plus éloignés des codes scolaires. De même, il est essentiel de renouer le lien avec les jeunes qui ont décroché, notamment, en prenant contact avec les acteurs autour de l’école qui ont pour mission d’aider au lien école-familles (CPMS, AMO , Services communaux de prévention du décrochage scolaire, etc.), sans oublier les jeunes qui ne sont plus en âge d’obligation scolaire mais qui étaient inscrits à l’école en septembre 2020.

Il est indispensable qu’il y ait une approche proactive diversifiée de la part de tous les acteurs concernés (école, CPMS, éducateurs, services d’accrochage, …) afin que des démarches concrètes se fassent pour « aller vers les parents , vers les jeunes », par tous les moyens disponibles (contacts téléphoniques, courriers postaux, visite au domicile, …), en tenant compte des difficultés rencontrées par les familles liées à la langue, à l’écrit ou encore à l’informatique.

Un dialogue sera mené avec les parents afin de leur communiquer les pistes identifiées par le diagnostic et les actions pédagogiques qui sont mises en place. Un tiers associatif pourra être présent à la demande des familles, ainsi qu’un traducteur si cela s’avère nécessaire. Les résultats du diagnostic et les mesures prises seront présentés aux parents en communiquant de manière adaptée (oralement, en fixant un rendez-vous à l’école, avec l’aide de traducteurs si nécessaire).

Dans le cas où le diagnostic concerne des élèves en fin de parcours, l’élève reste en droit de connaître son niveau d’acquisition, ou pas, des essentiels attendus. A cet égard, des actions pédagogiques devront également être mises en place pour les élèves poursuivant des études supérieures[1] ou pour ceux qui se rendraient disponibles sur le marché du travail[2].

  • Le parcours de l’élève

Les décisions du conseil de classe doivent être prises à la suite d’un dialogue en amont avec les parents et les élèves :

Circulaire 7594 (p. 16) : « Vu le contexte anxiogène actuel, il est important que la décision du Conseil de classe soit prise en dialogue avec les parents et les élèves, afin que la décision prise puisse être comprise et vécue de manière positive par l’élève et ses parents »

Pour les élèves pour lesquels la décision pourrait être un examen de passage ou un redoublement, le dialogue préalable avec les parents doit être obligatoire. Si la décision est l’examen de passage ou le redoublement et qu’un dialogue n’a pas été planifié avant le conseil de classe, alors le dialogue doit être obligatoire a postériori et une révision éventuelle de la décision par le conseil de classe doit être rendue possible (recours interne après conseil de classe : faciliter cette procédure).

Les motivations des décisions prises par le conseil de classe doivent être détaillées par la communication des essentiels vus en classe, le diagnostic communiqué, le dialogue entamé et notifié et la proposition d’accompagnement personnalisé pour l’année suivante.

Toute invitation au dialogue comportera toujours une notification, de manière explicite, à faire signer par les parents afin qu’ils puissent dire s’ils souhaitent se faire accompagner par un tiers associatif et/ou un traducteur.

  • Redoublements

Le redoublement doit être exceptionnel.

Toute décision de redoublement ou d’orientation doit être prise en dialogue avec les parents et les élèves. Elle doit être impérativement motivée pédagogiquement et basée sur des épreuves diagnostiques exclusivement basées sur les essentiels, et non sur des interros faites entre les apprentissages à distance. Un plan personnalisé pour l’année suivante sera élaboré avec l’élève, qui tiendra compte de ses acquis et de ses lacunes (cours entiers, unités d’apprentissage au sein d’un cours, savoir, savoir-faire, compétences) et servira de tableau de bord des apprentissages durant l’année suivante. 

  • Examens de passage (ajournements)

Les examens de passage devraient être interdits, sauf éventuellement dans les années certificatives.

Toute décision d’examen de passage doit être prise en dialogue avec les parents et les élèves, et éclairée par le diagnostic et sur base d’épreuves diagnostiques exclusivement basées sur les essentiels.

En cas d’absence de diagnostic, cela doit être notifié par écrit aux parents ou à l’élève majeur, de manière à permettre un recours éventuel.

  • Les recours
  •  internes

Dans l’hypothèse où le dialogue n’aurait pas eu lieu avant les évaluations diagnostiques ou externes, et afin d’examiner collégialement les motivations de la décision prise, l’école organisera obligatoirement une réunion à distance ou en présentiel pour les familles et les élèves qui le demandent, avec présence autorisée d’un tiers. L’objectif est de permettre aux parents qui le désirent, ou qui sont en difficulté avec l’écrit, d’introduire leur demande de cette manière.

En cas de refus de mettre en place ce dialogue, il y aura lieu de le notifier par écrit, afin de permettre aux familles et aux élèves majeurs, de joindre cette notification pour justifier la recevabilité de leur recours externe.

Les écoles communiqueront aux parents et aux élèves les coordonnées des associations susceptibles de les aider dans leur démarche de recours.

  •  externes

Nous demandons

  • que les « Essentiels et balises » soient explicitement identifiés dans un texte faisant force de loi ;
  • que les chambres de recours fondent leurs décisions en se référant aux « Essentiels et balises » identifiés par le régulateur (et inscrits dans un décret) et sur les essentiels identifiés comme vus par les équipes éducatives ;
  • et qu’elles considèrent obligatoirement les arguments présentés par les parents et les élèves majeurs portant sur les procédures exceptionnelles COVID adoptées et explicitées dans les circulaires, et que ces éléments recevables pour l’examen d’un recours externe soient communiqués clairement aux parents et aux élèves majeurs :
    • la communication des essentiels vus en classe,
    • le diagnostic communiqué,
    • le dialogue entamé et notifié,
    • la proposition d’accompagnement personnalisé pour l’année suivante, en dialogue avec les parents et les élèves.

Signataires :

Michèle Janss pour l’APED (Appel Pour une Ecole Démocratique)

Arnaud Groessens, pour ATD Quart Monde Jeunesse Wallonie-Bruxelles

Jean-Charles Wiart et Logan Verhoeven, pour Le CEF (Comité des élèves francophones)

Geoffrey Carly,pour les CEMEA (Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Éducation Active)

Annick Faniel, pour le CERE asbl (Centre d’expertise et de ressources pour l’Enfance)

Fred Mawet, pour CGé (ChanGements pour l’égalité)

Le comité de pilotage de la Coalition des parents de milieux populaires et des organisations qui les soutiennent

Alain Moriau, pour l’ASBL Compas Format, Service d’Accrochage Scolaire

Véronique De Thier, Joëlle Lacroix, pour la FAPEO (Fédération des Associations de Parents de l’Enseignement Officiel)

Marie-Hélène André et Stéphanie Demoulin, pour la FFEDD (Fédération Francophone des Ecoles de Devoirs)

François Deblander, pour Infor-Jeunes Bruxelles

Chantal Massaer, pour Infor-Jeunes Laeken

Jean-Pierre Coenen, pour la Ligue des Droits de l’Enfant

Christophe Cocu et Maxime Michiels, pour la Ligue des Familles

Cécilia Locmant et Sylvie Pinchart, pour Lire et Ecrire

Anne-Françoise Janssen et Christine Mahy, pour le Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté

Quentin Derriks, pour le Sas Brabant wallon

Jean Queriat, pour l’ASBL SENS-SAS, Service d’Accrochage Scolaire

Fatima Zaitouni, Marco Giannoni, pour SOS Jeunes – Quartier Libre AMO

Bernard Hubien, pour l’UFAPEC (Union Francophone des Associations de Parents de l’Enseignement Catholique)

Manuel Fayt, pour le SEL-SETCA

Joseph Thonon, pour la CGSP-enseignement


[1] Avec les universités, hautes écoles ou écoles supérieures des arts.

[2] Avec le Forem et Actiris


Le commerce équitable, alternative au travail des enfants ?

Le commerce équitable, alternative au travail des enfants ?

Le commerce est appelé équitable lorsqu’il ne lèse personne, producteur, acheteur, vendeur, client et environnement. Il s’agit d’un échange économique qui respecte les intérêts des producteurs mais également de tous les acteurs de la chaine et l’avenir de leurs enfants. Les organisations du commerce équitable, regroupées internationalement au sein de FINE[1] ont adopté une définition commune du commerce équitable en 2001 : « Le Commerce Equitable est un partenariat commercial, fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l’objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. Il contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés, tout particulièrement au Sud. »

Le principe fondateur du commerce équitable est donc de donner la garantie aux petits producteurs de commercialiser leurs produits à des prix qui leur permettent de couvrir les coûts de production en encourageant le développement durable aussi bien sur un plan social qu’environnemental. De cette manière, ils sont également à l’abri des soubresauts du marché et connaissent une certaine stabilité des prix, ainsi que des conditions avantageuses de paiement. Il n’est pas rare non plus de profiter de préfinancement, afin d’éviter à ces producteurs/artisans de brader le prix de leurs produits ou de les obliger à recourir à un prêt bancaire à un taux très élevé.

Le commerce équitable combat le travail des enfants

Un des objectif du commerce équitable est de permettre aux familles d’avoir des revenus suffisants pour vivre sans être contraintes de faire travailler leurs enfants, mais également en leur permettant d’avoir accès à l’enseignement. Ces familles reçoivent un prix minium qui leur est garanti (elles reçoivent même des primes de développement) et peuvent engager une main d’œuvre adulte pour les aider à la production. Les primes de développement versées aux coopératives leur permettent de financer des projets sociaux (création d’écoles, de dispensaires, …)

Les organisations qui importent les produits équitables se sont engagées à soutenir les coopératives du Sud à lutter de manière efficace et durable contre les pires formes de travail des enfants. En Afrique de l’Ouest, particulièrement dans le secteur du cacao où les pires (formes) de travail des enfants sévissent de manière extrêmement préoccupante,  ces  partenaires de commerce équitable redoublent d’efforts pour les combattre en s’attaquant aux principales causes du problème  :  l’extrême  pauvreté,  l’inexistence  d’opportunités économiques et le manque d’éducation.[2].

Le mouvement Fairtrade/Max Havelaar interdit catégoriquement le travail des enfants dans ses cahiers des charges. Il met également en place des programmes de prévention sur le terrain, en partenariat avec des ONG spécialisées. L’objectif : garantir le respect des droits des enfants et leur vie au sein d’environnements sûrs et protecteurs[3].

Pour Artisans du Monde, « au -delà du  refus  du  travail  des  enfants  expressément  stipulé  dans  ses  textes,  les  organisations  partenaires du commerce équitable s’attaquent directement à la principale cause du travail des enfants c’est-à-dire la pauvreté. Le commerce équitable repose sur une relation de partenariat stable, négociée et  durable  avec  des  organisations  de  producteurs et  productrices.  Ces  organisations  jouent  un  rôle  important dans la détermination des programmes de lutte contre ces pratiques. En plus d’un contrôle, les organisations développent avec les producteurs et productrices des activités de sensibilisation, de formations et d’accès à l’éducation[4]» 

Le label Ecocert Fair Trade garantit de bonnes conditions de travail pour l’agriculteur et comprend également une série de critères écologiques. Il offre également un soutien financier à l’agriculteur et sa communauté, permettant aux familles de scolariser leurs enfants.

Oxfam a une approche sans doute plus pragmatique, le monde ne s’étant pas fait en un jour : Face au travail des enfants, le dialogue et le respect s’imposent entre les organisations du commerce équitable et leurs partenaires. Dans un environnement historique, socio-économique et culturel différent, le travail des enfants, en effet, est souvent perçu comme un excellent moyen pour les sortir de la précarité et de l’exclusion. Rien d’étonnant donc à ce que certains de nos produits soient le fruit du travail des enfants. Tout est par contre mis en oeuvre pour aider nos partenaires à lutter de manière efficace et durable contre les pires formes de travail qui portent directement préjudice au développement de l’enfant.[5]

Le commerce équitable soutient les familles et la planète

  1. Les acheteurs s’engagent à payer un prix équitable aux producteurs, afin de leur permettre de vivre décemment.

L’objectif du commerce équitable est d’assurer une rémunération des producteurs qui soit juste et décente indépendamment de leur statut : producteurs indépendants ou travailleurs salariés. En plus de couvrir les coûts de production, et d’assurer une rémunération couvrant les besoins fondamentaux des producteurs et des travailleurs ainsi que de leurs familles, le prix d’achat permet l’amélioration de leurs niveaux de vie, de scolariser leurs enfants, de dégager une marge pour les investissements nécessaires tels que les outils de production et contribue à la satisfaction des besoins collectifs : éducation, santé, infrastructures, renforcement des organisations de producteurs…

  • De leur côté, les producteurs s’engagent également

Le commerce équitable se destine à des petits producteurs ou artisans défavorisés ; désireux de faire tourner leur entreprise autrement, ils ont mis en place des organisations (coopératives, associations villageoises…) et souhaitent contribuer ainsi au développement économique et social de leurs membres et de leur communauté.

Le commerce équitable peut également se mettre en place dans des entreprises où les travailleurs sont organisés collectivement et où l’employeur est prêt à leur transmettre les revenus supplémentaires générés par le commerce équitable.

Les organisations de producteurs et les producteurs employeurs respectent les principes du droit national et local[6]. Des programmes d’actions précis ont été mis en place par les organisations de producteurs et les producteurs employeurs : les produits doivent être conçus et élaborés selon des processus respectueux de la santé des populations et de l’environnement. Peu de pollution se dégage du commerce équitable. Oxfam nous informe : « Le transport n’occupe qu’une faible part dans le bilan Carbonne d’un produit. La plupart des produits équitables arrivent d’ailleurs par bateau, un mode de transport à faible émission de gaz à effet de serre. » C’est un mode de production respectueux de l’environnement : au niveau agricole, la plupart des produits équitables sont issus d’une agriculture paysanne à petite échelle et diversifiée. Il s’agit le plus souvent de cultures traditionnelles favorables à la biodiversité, comme le riz violet de Thaïlande, la quinoa rouge de Bolivie, et faiblement mécanisée. De plus, les critères des labels équitables encouragent des méthodes de production durables : absence d’OGM, réduction des pesticides, lutte intégrée, réduction des consommations en eau, etc… Les produits issus de l’artisanat ont un impact sur l’environnement moins lourd que les produits industriels, en particulier ceux qui valorisent les ressources naturelles locales ou le recyclage de produits. Chez nous, il n’y a pas d’équivalent local pour les produits tropicaux de consommation courante. Comme par exemple le café, le thé, le cacao, les bananes…

Nous pouvons changer nos critères d’achats

  1. Acheter des produits du commerce équitable…

Ils ne sont pas nécessairement plus chers. Oxfam nuance cette idée reçue. D’après une étude comparative réalisée en 2011, un peu plus de trois produits équitables Oxfam sur quatre se retrouvent dans la moyenne des prix du marché conventionnel. C’est un circuit court, avec un seul intermédiaire entre consommateurs et producteurs. Combiner salaire décent et bien-être de nos producteurs-partenaires avec la qualité des produits constitue notre priorité.

  • … Mais aussi, penser au futur de nos enfants

Changer nos modes d’achats et préserver LEUR planète

Dans certains domaines d’achats, comme la mode ou le textile, le critère déterminant pour les acheteurs est le prix. Depuis les années 60, le consommateur occidental n’achète plus dans l’idée d’utiliser jusqu’à l’usure, mais veut être en phase avec les canons de la mode[7]. Ensuite, les soldes sont le moment de l’année où les commerçants font les plus gros chiffres d’affaire. Un consommateur sur trois réserve les deux tiers de son budget textile aux soldes[8]. Pour les commerçants, ces périodes sont devenues les plus importantes de leur année. Croire qu’ils vendent sans plus faire de bénéfice, uniquement pour écouler leurs stocks, est utopique. Au mieux vendent-ils à un prix un peu plus proche de leur prix d’achat, lui-même influencé par le trop faible prix de la main d’œuvre offerte aux travailleurs des entreprises textiles des pays où les usines ont été délocalisées.

  • Manger équitable, mais aussi bio ou Local  pour mieux consommer

Une grande quantité de nourriture est achetée chaque jour. Fruits et légumes frais, poisson, viande, pâtes, boissons, yaourt, surgelés, conserves… En moyenne quelques 18 kg d’aliments par semaine et par ménage vident le porte-monnaie.

Nous devons apprendre à nous poser les bonnes questions pour devenir de véritables consommateurs. Un exemple simple, nous consommons quasi chaque jour des fruits et des légumes. Mais pour autant, qui s’interroge de manger des fraises et des cerises à noël, d’avoir dans son assiette des pommes de terre du Pérou, des haricots du Kenya et d’avoir des kiwis toute l’année? Si cela n’est pas néfaste pour la santé, peut-on en dire autant en ce qui concerne l’environnement ?

Nos habitudes alimentaires provoquent un impact sur la planète. Manger en octobre une poire issue d’un verger flamand ou se régaler de framboises importées de Grèce en février, n’est pas équivalent sur le plan environnemental et l’avenir de nos enfants. Le parallèle existe entre une salade produite en pleine terre ou une salade élevée sous serre chauffée…

Etre un consommateur responsable, c’est s’interroger sur ses achats au quotidien en termes écologiques mais surtout humains. Il s’agit de concilier qualité, responsabilité et respect de l’environnement mais également des humains les plus fragiles qui vivent sur la même planète que nous.

En conclusion

Tout est dans tout. Nos modes de consommation influent sur le destin des autres êtres humains. En termes de pollution, bien évidemment, mais aussi et surtout en termes de respect des Droits fondamentaux de tous les êtres humains, en commençant pas celui des enfants. Même si, à des milliers de kilomètres, nous n’avons pas la possibilité de supprimer leur exploitation d’un coup de baguette magique, nous avons un tout petit pouvoir. Lutter à notre échelle, jour après jour, en faisant le choix de produits équitables qui nous garantissent de lutter contre le travail des enfants, soit en l’interdisant, soit en donnant progressivement aux familles les moyens de scolariser leurs enfants. Et le commerce équitable est une bonne alternative, pas nécessairement plus chère.

Mais il est également d’autres pistes à explorer. Changer nos modes de consommation. Un vêtement ne doit pas suivre la mode. Il doit nous représenter, nous tels que nous sommes, loin du « faire comme tout le monde », loin de la mode. Cela aussi, c’est important car nous avons la missions d’éduquer nos enfants à être eux-mêmes et non ce que la mode et la publicité veulent qu’ils soient. Alors, commençons par leur montrer l’exemple. Eduquons-les à refuser toute forme de publicité aliénante et à se construire en fonction de leur seule personnalité.

Et puis, le commerce équitable, ce n’est pas qu’avec les pays du Sud. C’est aussi avec les artisans de chez nous et leurs familles. Revenons à nos essentiels. En achetant, par exemple, chez des agriculteurs et maraîchers bios, chez des ébénistes, des bouchers, boulangers, céramistes, etc., nous créons de l’emploi local. Nombre de familles sont précarisées. Chaque fois qu’un emploi moins qualifié – mais décemment payé – est créé, cela assure aussi l’avenir de nos propres enfants. Cela participe de l’effet « boule de neige ». Ici aussi, des familles qui sortent de la pauvreté seront mieux à même de soutenir la scolarité de leurs enfants, leur éducation et leur qualité de vie. 


[1] FINE est le réseau informel des 4 fédérations internationales du commerce équitable.

[2] Oxfam 2010, l’exploitation des enfants n’est pas une fatalité

[3] Frairtrade, Max Havlange France, La lutte contre le travail des enfants, une priorité du mouvement Fairtrade/Max Havelaar, https://maxhavelaarfrance.org/le-commerce-equitable/nos-champs-dactions/lutter-contre-le-travail-des-enfants/

[4] Artisans du Monde, Travail des enfants et commerce équitable, Fiche d’information « Travail des enfants et commerce équitable » Campagne de mobilisation « D’autres horizons sont possibles » octobre-novembre 2019

[5] Oxfam Magasins du Monde, Travail des enfants. Entre esclavage et nécessité https://www.oxfammagasinsdumonde.be/blog/article_dossier/travail-des-enfants-entre-esclavage-et-necessite/

[6] Respect des conventions de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) suivantes :

Liberté d’association et de négociation collective : Convention N°87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical (1948) et convention N°98 sur le droit d’organisation et de négociation collective (1949)

Elimination de toute forme de travail forcé ou obligatoire ; Convention N°29 sur le travail forcé (1930) et convention N°105 sur l’abolition du travail forcé (1957)

Abolition effective du travail des enfants : convention N° 138 sur l’âge minimum (1973) et convention N°182 sur les pires formes de travail des enfants (1999)

L’élimination de la discrimination en matière d’emploi et de profession ; Convention N°100 sur l’égalité de rémunération (1951) et convention N°111 concernant la discrimination (emploi et profession) (1958)

[7] Lucile Bernadac-Coudert, Eline Nicolas, Comment lutter contre le travail des enfants chez ses sous-traitants ?

Le droit aux loisirs et au repos,  un droit encore largement méconnu et peu respecté

Le droit aux loisirs et au repos, un droit encore largement méconnu et peu respecté

Les Droits de l’enfant sont multiples et complexes. On en connaît généralement assez peu que l’on répète à l’envi, comme s’ils étaient un tout : droit à l’éducation, droit de ne pas être séparé d’avec les parents, protection contre les mauvais traitements, adoption, travail des enfants, protection dans les conflits armés, justice pour mineurs, … Ces droits sont communément reconnus. Qui oserait aujourd’hui réclamer la réintroduction du travail forcé à 14 ou 16 ans pour les enfants « qui ont l’intelligence de la main[1] », le retour des sévices corporels ou l’enrôlement de mineur·e·s dans des forces armées ? En veillant au respect de ces droits, nous apaisons notre bonne conscience.

Mais, face à ceux-ci, de nombreux droits de l’enfant continuent à être méconnus, voire niés. Donner des droits aux enfants reste laborieux, près de 30 ans après l’adoption de la CIDE[2]. Quand les adultes prennent des décisions qui les concernent, que ce soit en famille, à l’école ou au niveau politique, le respect de leur intérêt supérieur et le principe de non-discrimination sont souvent oubliés. Par exemple, et pour ne pas la citer, s’il y a bien un lieu où la discrimination règne en maître, c’est à l’école, seul lieu de passage obligé pour la quasi-totalité des jeunes.

De même, les libertés d’expression et d’association sont carrément bafouées. Tenir compte des demandes de ses enfants en termes de liberté d’association (choix des ami·e·s, de participation à un mouvement de jeunesse, …), ou en termes de choix d’études ou d’inscription dans un club sportif, par exemple, a du mal à passer chez des parents qui, dès leur naissance, savaient à l’avance ce qui serait bon pour eux.

Sur la liste des droits de l’enfant mal connus ou méconnus, nous pouvons classer le « droit au repos et aux loisirs, de se livrer au jeu et à des activités récréatives propres à son âge, et de participer librement à la vie culturelle et artistique[3] ». Ce constat est général, la plupart des Etats investissent peu dans le respect de ces droits. Le Comité des Droits de l’Enfant de l’ONU précise que « les investissements consentis pour leur donner effet sont insuffisants, la législation visant à les protéger est lacunaire ou inexistante, et les enfants sont, pour ainsi dire, invisibles dans les politiques nationales et locales de planification [4]». Les investissements « ne concernent que l’organisation d’activités structurées et organisées »,  poursuit le rapport. Ceux-ci oublient trop souvent le temps et les espaces nécessaires à la spontanéité, tant dans les activités récréatives que créatives. En résumé, ces droits sont largement bafoués !

De plus, certaines catégories d’enfants sont plus discriminées que d’autres. Le Comité cite les filles, les enfants issus de familles précarisées, des enfants porteurs de handicaps, les enfants autochtones et ceux appartenant à des minorités. Dans certaines familles, les tâches domestiques et les travaux scolaires, toujours plus lourds empêchent les enfants d’exercer leurs droits aux loisirs et au repos.

Importance de l’article 31 dans la vie des enfants

L’article 31 doit être compris comme faisant partie d’un tout, aussi bien en ce qui concerne sa teneur que sa place dans l’ensemble de la Convention. Tous ses éléments sont liés entre eux et se renforcent mutuellement, et contribuent, lorsqu’ils sont appliqués, à enrichir la vie des enfants. Pris ensemble, ces éléments constituent les conditions nécessaires pour préserver l’unicité de l’enfance tout en tenant compte de son caractère évolutif. Ils jouent un rôle déterminant dans la qualité de l’enfance, l’exercice du droit des enfants à un développement optimal, la promotion de la résilience et la jouissance d’autres droits[5].

Mais quels sont ces droits et que représentent-ils pour les enfants ?

Le repos est un besoin fondamental et psychologique de l’enfant.

Le manque de repos peut avoir un impact irréversible sur la santé et le bien-être de l’enfant. Se reposer, ce n’est pas seulement dormir, c’est aussi un temps à ne rien faire ou à faire ce que l’on veut. Contrairement à la croyance de certains parents qui surinvestissent leurs enfants, le repos permet à l’enfant de se concentrer, d’être plus attentif·ve, plus actif·ve et d’avoir l’énergie nécessaire pour participer à toutes les activités qui lui sont proposées.

Le jeu permet de réinventer le monde en exerçant sa propre créativité.

Si l’enfant a le droit de se livrer au jeu, c’est parce que celui-ci est essentiel à son épanouissement. C’est un moment de partage, de convivialité et de socialisation. Le jeu est naturel chez l’être humain. Il se caractérise aussi par l’amusement qu’il procure et il développe chez l’enfant de multiples compétences comme la logique, l’esprit de déduction, le sens de l’anticipation, la résolution de conflits ainsi que des apprentissages sociaux tel celui de savoir perdre et accepter que l’autre gagne.

La participation à la vie culturelle et artistique fait ressortir chez l’enfant le sentiment d’appartenance à une communauté.

Outre l’aspect fondamental d’appartenance à notre humanité, cette participation concourt à la construction de l’identité des enfants et de leur préhension du monde. Cela leur permettra de contribuer, à leur tour, à dynamiser la vie culturelle et les arts traditionnels pour en assurer la pérennité. Par leurs productions artistiques et culturelles, les enfants participeront ainsi à la construction d’une démocratie plus égalitaire et plus inclusive, et au vivre ensemble qui seront les bases de la société de demain. Une société qui permettra à chacun·e, et notamment les enfants issus de familles socialement exclues, de trouver une place dans le dialogue démocratique, d’échanger et d’agir en société.

La culture est le patrimoine et le terreau d’une société. Elle peut prendre un nombre infini de formes bénéfiques aux enfants : danse, chant, théâtre, musée, cinéma, médias… Ceux-ci peuvent ainsi découvrir et interroger le monde et leur environnement.

Les vacances sont un temps de « ressourcement » à part entière

Les vacances sont bien un droit car elles sont avant tout du repos. Elles créent une rupture des rythmes quotidiens que sont l’école, la vie à la maison et dans le quartier, les activités dites « extrascolaires »… et sont propices au bien-être et au lien parents-enfant, mais aussi au jeu, à l’émancipation, à la découverte de nouveaux apprentissages et à la construction du lien social dans un autre espace-temps, plus proche du rythme des enfants.

En somme, en donnant du temps aux jeunes en dehors de leurs conditions quotidiennes d’existence, les vacances permettent à chacun·e de faire des découvertes inattendues, de se confronter à des situations nouvelles et ainsi de se découvrir soi-même et les autres, autrement.  

La Belgique, élève moyenne, en retard d’une guerre.

Si de nombreuses initiatives ont été prises ces dernières années par les Communautés pour améliorer l’accès des enfants au repos, aux loisirs et aux activités culturelles et artistiques, notre pays manque encore cruellement d’espaces de jeux, d’espaces récréatifs et de lieux de rencontre informelles pour les jeunes, en particulier dans les régions rurales. Le manque d’infrastructures de jeux sécurisées ou d’espaces propices au jeu et à la rencontre contraint les enfants à rester chez eux ou jouer dans des espaces confinés et les jeunes à traîner leur ennui d’aubette de bus en halls d’entrée d’immeubles sociaux.

De nombreux enfants sont encore privés d’activités de loisirs, et ne parlons même pas d’accès aux arts et à la culture. Plus de 10 % des familles en situation de pauvreté ne bénéficient pas de loisirs réguliers et 40 % des enfants vivant à Bruxelles et en Wallonie ne bénéficient pas d’une semaine au moins de vacances par an.  Les conditions de vie socioéconomiques empêchent de plus en plus de familles à accéder à la culture et aux loisirs.

Les enfants porteurs de déficience physique et/ou intellectuelle sont très souvent exclus des plaines de jeux par manque d’accessibilité tout comme ils n’ont souvent pas accès à certaines associations culturelles et sportives par manque de projets d’inclusion. Cette discrimination à l’accès empêche l’intégration harmonieuse avec les autres enfants.

Par contre, d’autres enfants sont en situation de sur-stimulation. Certaines familles cherchent à armer au mieux leurs enfants en s’engageant dans « l’hyper-éducation ». Dès lors, ceux-ci sont inscrits à de multiples activités parascolaires qui prennent tout leur temps libre, au détriment de leur rythme biologique et de leurs besoins de repos et de ne rien faire.

Les secteurs d’activité comme l’éducation, la culture, les loisirs éducatifs manquent cruellement de financement. Celles-ci sont remplacées par des activités privées lucratives auxquelles certaines familles n’ont pas financièrement accès.

Enfin, l’école en Communauté française est chronophage. Elle empiète sur le temps libre des enfants et des jeunes, sur leur vie de famille et les surcharge (et se décharge) de tâches qui relèvent de ses missions pédagogiques. On sait combien la régulation des travaux à domicile dans l’enseignement fondamental n’est, pour ainsi dire, pas respectée ce qui engendre des conséquences néfastes pour les enfants et leurs familles : hyper-éducation, coûts financiers, culpabilisation, mobilisation du temps libre de la famille. Enfin, les horaires scolaires ne sont pas en phase avec les rythmes chrono-biologiques et chrono-psychologiques de l’enfant. Il s’agit d’une source supplémentaire d’inégalités dans l’accès aux loisirs, à la culture, aux sports et au repos.

Enfin, les enfants et les jeunes restent encore trop peu consultés avant les prises de décisions en matière de droit au repos, aux loisirs et à la culture, que ce soit au familial, au niveau communal et au niveau scolaire, trois niveaux qui devraient montrer l’exemple en matière de respect des droits de l’enfant. 

Le droit au repos, aux loisirs et à la culture, un droit à défendre comme tous les autres.

On l’a vu, les droits définis par l’article 31 de la CIDE sont essentiels à l’équilibre, au bien-être et à la santé de l’enfant. Ils participent de son éducation à la citoyenneté et de la construction du lien social qui aident à en faire un citoyen du monde. Ces droits doivent donc être respectés à tous les niveaux.

Si les pouvoirs publics ont un rôle essentiel à jouer en finançant suffisamment l’extrascolaire et les lieux de créations artistiques, en repensant l’espace public trop souvent dédié à la mobilité, en augmentant les infrastructures et en le réaménageant de manière à permettre aux enfants et à leurs familles de le réinvestir, en créant des lieux de vacances pour les familles populaires, en renforçant les investissements d’espaces de jeux dans les lieux publics, etc., ils ne sont pas les seuls à devoir agir. Nous avons tou·te·s notre rôle à jouer, en actionnant les leviers auxquels nous avons accès.

Au sein des écoles, en plaçant des jeux dans les cours de récréation afin qu’elles soient adaptées à l’extrascolaire et pour que ces dernières ne soient plus genrées (filles et garçons jouant à des jeux différents, étiquetés « jeux de garçons et jeux de filles »). En garantissant le respect du rythme chrono-biologiques et chrono-psychologiques des enfants et en révisant les rythmes scolaires. Mais aussi en garantissant le respect de la réglementation relative aux travaux à domicile et en l’étendant jusqu’à 18 ans, afin de garantir le respect de l’article 31 tout au long de la scolarité obligatoire.

Pour les lieux de culture et de loisir, en veillant à une hétérogénéïsation du public, en refusant de s’inscrire dans un processus de marchandisation et en veillant à ce que toute famille ait accès à l’offre. Enfin, en sensibilisant les parents à l’intérêt des loisirs et du temps-libre pour leurs enfants.

Enfin, pour tou·te·s, en considérant le temps libre comme un véritable temps d’éducation, en mettant sur pied des logiques d’accueil et d’activités inclusives qui permettent la participation active de tou·te·s les enfants, et en ne surinvestissant pas leur temps libre. Sans oublier d’interpeller notre Conseil communal afin qu’il veille au respect de l’article 31 sur l’ensemble de son territoire.

Voici brièvement quelques pistes sur lesquelles chacun·e, à son niveau, peut agir. Le simple respect de ces droits permet à des enfants vivant d’autres discriminations d’être un peu plus heureux et de voir la vie de manière plus positive, et non plus seulement avec les difficultés de vie inhérentes à leur situation. C’est un droit qui procure du bonheur, non seulement le temps où celui-ci est exercé, mais aussi par après, quand la vie reprend son cours habituel. On n’est plus seul·e, abandonné·e dans son coin, on crée des liens, on découvre ses capacités, on développe des compétences nouvelles, on est acteur de ses droits et, ainsi, on devient citoyen·ne de ce monde. Voilà pourquoi ce droit doit être défendu pour tous les enfants, avec un focus sur les plus discriminé·e·s (enfants socialement défavorisé·e·s, handicapé·e·s, réfugié·e·s, filles, …). C’est un combat qui mérite toute l’implication des citoyen·ne·s soucieux·ses des droits fondamentaux de tou·te·s les enfants.


[1] Expression néolibérale pour désigner les enfants qui ne réussissent pas à l’école dans les matières « nobles » (math, français, sciences, …)

[2] CIDE = Convention Internationale des Droits de l’Enfant (ONU, 20 novembre 1989)

[3] Article 31 de la CIDE

[4] Nations Unies, Comité des droits de l’enfant. Observation générale no 17 (2013) sur le droit de l’enfant au repos et aux loisirs, de se livrer au jeu et à des activités récréatives et de participer à la vie culturelle et artistique (art. 31), p 3

[5] Nations Unies, Comité des droits de l’enfant. Observation générale no 17, ibid. p 4