Juin 13, 2010 | Ecole - Education, Inclusion
En 2004 la Ligue des Droits de l’enfant a commencé à se préoccuper de la problématique du transport scolaire qui concerne des milliers d’enfants porteurs de handicaps en Région wallonne. En effet, contrairement à d’autres pays européens, nos enfants ne sont pas scolarisés au sein d’écoles dites « ordinaires » mais au sein d’établissements « spécialisés ». Ces établissements, que ce soit au niveau primaire ou secondaire, sont rares et le plus souvent regroupés dans les villes, loin des zones rurales. Ces enfants, déjà discriminés par la vie, doivent souvent faire des dizaines de kilomètres pour intégrer l’école la plus proche de leur domicile.
Pour répondre à leurs responsabilités en matière d’obligation scolaire, les Régions organisent un système de bus gratuits. Ainsi, la Région wallonne met en place, quotidiennement, entre 800 et 900 circuits de bus destinés exclusivement au transport scolaire.
Pour la majorité de ces enfants ces trajets se déroulent dans de bonnes conditions. Malheureusement, pour 29 % d’entre eux, la durée des déplacements peut aller jusque six heures par jour. Certains enfants passent quotidiennement plus de temps dans le bus qu’ils n’en ont pour eux, à la maison, hors période de sommeil. Ils quittent leur domicile avant 6h30 pour le retrouver 12 heures plus tard. Il leur reste deux bonnes heures pour faire leurs devoirs, souper, se détendre, … Tôt levés, tôt couchés. Peu de vie de famille.
Il s’agit d’une situation inhumaine et dégradante. Nous parlons de maltraitance institutionnelle car cette situation génère une véritable souffrance, tant au niveau psychologique que physique.
Leurs nuits sont trop courtes ce qui engendre une fatigue excessive. Il faut savoir que certains enfants doivent se lever avant 6 heures du matin pour être chargés avant 6h30. Les choses simples prennent du temps : déjeuner, se laver, s’habiller, être appareillés, … Comment être en situation d’apprentissage lorsqu’on est fatigué ?
Durant des heures de trajet, ces enfants n’ont pas la possibilité de soulager leurs besoins naturels. Des « accidents » dans le bus arrivent régulièrement avec, pour conséquence l’énervement des chauffeurs et comme corollaire un puissant sentiment de honte, de culpabilité, l’obligation de passer sa journée dans des vêtements salis et une profonde angoisse d’avoir à prendre encore le bus le lendemain.
Passer deux heures par trajet (donc 4 heures par jour), voire plus (nous rappelons qu’il y a des enfants qui font jusqu’à trois heures par trajet) génère des crises diverses : crises de nerfs, insomnies, peurs de devoir reprendre le bus, refus de monter à bord, crises de larmes, aggravation de leurs handicaps (principalement chez les enfants handicapés mentaux), apparition de troubles neuropsychologiques. Il arrive que certains enfants ne dorment pas durant leurs vacances (Toussaint, Noël, …) à la simple idée de devoir reprendre le bus à la rentrée. Toute leur vie familiale est perturbée par la souffrance que provoquent ces heures passées dans une ‘boîte à conserve’.
La durée excessive du transport scolaire entraîne un rejet de l’école. En effet, comment avoir envie d’aller à l’école lorsque le simple fait d’y aller et d’en revenir entraîne une telle souffrance ? Des enfants s’inventent des maladies imaginaires, refusent d’aller à l’école ou, s’y trouvant, refusent de travailler. Des parents préfèreront – on peut les comprendre – garder leur enfant à la maison plutôt que de le voir en souffrance. Par exemple, le mercredi matin où 5 heures de trajet pour 4 heures de cours leur semblent le summum de l’injustice. L’absentéisme est fréquent. De nombreux enfants régressent dans leurs apprentissages. Alors qu’ils ont, plus que les autres enfants, besoin de stimulation, d’un cadre sécurisant, les conséquences de leur trajet du matin les empêchent d’être dans les dispositions nécessaires aux apprentissages. La plupart des cas qui nous sont signalés pointent le doigt sur d’importantes difficultés de se concentrer durant la journée. Enfin, le soir, ces enfants se retrouvent devant l’impossibilité de faire leur travail scolaire à la maison ou alors celui-ci occupe toute la soirée, ne leur laissant pas de temps pour récupérer, se distraire, avoir des occupations extrascolaires ou pour suivre un traitement thérapeutique.
Le handicap exclut ! Le transport en commun accentue cette exclusion de la vie sociale. Il est clair que, pour ces enfants, il est impossible d’avoir une vie sociale extrascolaire. Comment trouver un club de sport, une activité sociale alors qu’on n’a que deux heures pour vivre sa vie familiale, chaque jour ?
Quelles solutions ??? Pour la Ligue des Droits de l’enfant, la seule solution est l’intégration. Le droit de chaque enfant est de se construire dans son propre milieu social. Aussi, chaque fois que cela est possible, il faut intégrer l’enfant dans l’école de son quartier, en milieu ordinaire. Ou plus exactement, il faut adapter l’Ecole aux handicaps de nos enfants. D’autres pays le font depuis des années. L’Italie, par exemple, n’a pas d’enseignement spécialisé et tous les enfants sont intégrés dans l’enseignement ordinaire. Notre Communauté peut également s’engager sur cette voie. Cette inclusion concernerait, évidemment, autant les enfants porteurs de handicaps physiques que de handicaps mentaux et durerait toute la scolarité. C’est un choix de société, un choix politique. Dans une société équitable, chaque individu, quelle que soit sa différence, a droit à la même place que les autres. Si nous voulons que nos enfants soient intégrés dans notre société, qu’ils trouvent des emplois, des activités sociales, aient une vie ordinaire, c’est à l’école que cela va se construire. C’est en apprenant à vivre ensemble à l’école que l’on pourra vivre ensemble dans le monde adulte !
Août 19, 2009 | Discrimination - Violence, Inclusion
Le 20 novembre prochain, cela fera vingt ans que l’assemblée générale des Nations Unies votait à l’unanimité la Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant (CIDE). Elle affirmait ainsi que les enfants avaient besoin d’une protection et d’une attention particulière en raison de leur vulnérabilité. Vingt ans après, qu’ont apporté ces droits aux enfants de notre planète et, plus spécifiquement, en Belgique ?
Chaque année dans le monde, huit millions et demi d’enfants meurent de faim ou du manque d’eau potable. Deux millions d’enfants meurent de maladies disparues de nos contrées, et qui auraient pu être évitées grâce à des vaccins coûtant moins d’un dollar. Année après année, 200 000 enfants meurent victimes de combats armés et 300 000 sont engagés de force dans des conflits locaux.
Au moment où vous lisez cet article, 8 millions d’enfants abandonnés dorment dans les rues et 3 millions sont victimes des réseaux de prostitution. Enfin, comment ne pas rappeler que 211 millions d’enfants âgés de 5 à 14 ans sont exploités économiquement. Parmi ceux-ci 115 millions ne sont pas scolarisés.
20 ans de Convention n’ont rien changé pour des centaines de millions d’enfants et cela ne nous empêchent pas de dormir. Pourtant, nous sommes tous concernés. La CIDE s’adresse non seulement aux Etats mais à tous les citoyens de ce monde. Elle nous donne mission de défendre les droits de tous les enfants, quels qu’ils soient et où qu’ils soient. C’est un devoir citoyen. Nous nous trouvons face à un massacre perpétuel d’innocents dont nous sommes tous coresponsables. Nous sommes responsables de fermer les yeux, de soutenir des régimes corrompus ou d’enrichir des multinationales qui vivent de l’exploitation humaine. Les droits des enfants du Tiers Monde, c’est avant tout ici, en Europe, qu’il faut commencer à les respecter ! Le moins que l’on puisse dire c’est que nous sommes très loin d’être performants.
Il est pertinent maintenant de nous demander comment ont évolué ces droits dans notre pays. Nous préoccupons-nous mieux des enfants vivant chez nous, et nous efforçons-nous de respecter leurs droits, alors que nous ne nous préoccupons que très peu des droits des autres enfants du monde ?
Fort heureusement, les enfants ne meurent plus de faim en Belgique. Mais si ce droit fondamental est assuré, beaucoup d’autres droits sont déniés, essentiellement pour certaines catégories de populations.
Même si on ne meurt plus de faim en Belgique, tous ne sont pas égaux en matière d’alimentation. Il n’est pas rare que des enfants partent sans tartines à l’école et ne mangent pas de la journée. A contrario, les cas d’obésité résultant d’une mauvaise hygiène alimentaire sont en croissance dans les milieux les plus défavorisés.
En matière de droit au meilleur état de santé possible, on doit constater que de plus en plus de familles n’ont plus les moyens d’accéder aux soins de santé. De nombreuses parents repoussent la visite chez le médecin le plus longtemps possible et limitent les médicaments qu’ils ne peuvent pas payer. Quant au nombre de cancers chez les enfants il est en augmentation constante.
Les enfants en danger ne manquent pas. Nos villes aussi ont leurs enfants des rues. Bien sûr ils n’y dorment pas ou très peu. Ils ont un toit qu’ils regagnent (parfois fort tard) le soir. Mais ils vivent des journées entières dans la rue et y sont à la merci de tous les dangers.
La liberté est mise à mal. La CIDE affirme que nul enfant ne peut être privé de liberté de façon illégale ou arbitraire. Pourtant, la Belgique prive encore et toujours, de manière arbitraire, des familles de demandeurs d’asile avec enfants ou des mineurs étrangers non accompagnés. Elle les enferme dans des centres fermés qui n’ont rien à envier à la pire de nos prisons.
Le travail des enfants est, fort heureusement interdit. Mais, qui d’entre nous n’a pas rencontré un enfant qui donnait un coup de main dans un commerce, une exploitation agricole, un stand de foire ? Enfant de commerçant ou petite main payée quelques euros ? Quoiqu’il en soit, le travail des enfants de moins de 15 ans est illégal et contraire à leurs droits fondamentaux. Mais il continue à bénéficier de la bienveillance de madame et monsieur tout le monde.
Il n’y a pas, dans la société belge, de vaste mouvement social qui vise à dénoncer ces atteintes quotidiennes multiples aux droits des enfants. Au contraire, nous avons l’impression qu’en dehors des formes de maltraitances caractérisées, les citoyens de ce pays ne sont pas sensibilisés à la défense des droits de tous les enfants. L’enfant n’est pas encore devenu, dans les mentalités, ce sujet de droits qu’il est pourtant, dans les faits, depuis 20 ans aujourd’hui.
Si nous voulons voir un jour la Convention respectée dans notre pays il faudra d’abord que celle-ci soit connue et comprise par tout un chacun. Chaque jour, les militants des droits de l’enfant constatent que ceux-ci sont non seulement méconnus mais surtout niés. Lorsqu’en 1992 en lançant la Ligue des Droits de l’Enfant nous cherchions à faire connaître la Convention dans les écoles, très souvent nous nous voyions rétorqué « Les droits de l’enfant c’est très bien mais qu’on leur apprenne d’abord leurs devoirs ! » Nous mesurions alors à quel point le chemin serait long avant que les droits de l’enfant n’entrent dans la conscience collective.
Quand le 19 novembre 2007, à l’occasion des 18 ans de la CIDE, le groupe d’expert chargés du pilotage de la Coordination de l’aide aux victimes de maltraitance de la Communauté française écrivait une carte blanche proposant que l’on ajoute un 55e article à la Convention qui préciserait que l’enfant a le droit d’avoir des devoirs, nous avons pu constater combien, en presque deux décennies, peu de chemin avait été parcouru. Les droits fondamentaux de l’enfant font étonnamment très peur aux adultes.
Personne, jamais, ne proposerait d’ajouter un article à la Déclaration universelle pour préciser les devoirs de l’Homme. Mais quand il s’agit d’enfants, leurs devoirs doivent impérativement passer avant leurs droits ! Le mythe de l’enfant-roi est bien ancré, tout comme cette peur qu’il nous vole notre pouvoir d’adultes ou ne nous monte sur la tête.
Les adultes n’ont pourtant rien à craindre de la Convention. Les articles 28 et 29 de la CIDE, traitant de l’éducation et de ses objectifs, sont très clairs. La citoyenneté implique des devoirs : ceux de respecter ses parents, les valeurs culturelles et nationales, le milieu naturel et les droits de l’Homme tels que définis dans la Déclaration universelle ; donc le respect de tous les autres Hommes. Ceci implique, bien naturellement, le respect de ses pairs, de ses éducateurs, de ses voisins, … Et, c’est aux adultes que revient le rôle d’éduquer les enfants et les jeunes !
Ce qui est inquiétant, c’est que des experts en charge de l’aide aux victimes de la maltraitance tiennent encore un tel langage. Ces gens, qui sont indubitablement de bonne volonté, relaient un discours que nous entendons depuis 20 ans dans le monde de l’éducation. Malgré la naissance de la CIDE, l’idée que les élèves puissent avoir des droits n’a pas encore été acceptée. Au contraire ! Plutôt que de leur donner des droits, il faudrait avant tout renforcer leurs devoirs.
Si, par-dessus toutes les autres, il y a une institution qui a le devoir de respecter, promouvoir et défendre les droits de tous les enfants, c’est l’Institution scolaire. L’Etat l’a chargée de remplir son obligation d’éduquer tous les enfants sur la base de l’égalité des chances.
Malheureusement, 20 ans après, nous devons constater que ces droits n’ont pas encore trouvé leur place à l’Ecole. Pire, cette dernière est restée un lieu de non Droits qui brise l’avenir de plus des deux tiers des enfants qui lui sont confiés. Bien sûr, il y a des écoles qui sont de véritables îlots de paix où les droits sont respectés. Loin de moi l’idée de les nier. Mon discours ici se veut global et vise avant tout l’ « Institution scolaire en Communauté française », l’Ecole avec un « E » majuscule.
Celle-ci n’est autre qu’un système archaïque qui n’a jamais voulu s’adapter à l’évolution du Droit. De ce fait, l’égalisation des chances pour tous y est une utopie. Les chiffres sont éloquents. Chaque année, 60 000 élèves redoublent et 17 000 jeunes sont orientés précocement vers des formations dévalorisées dont ils ne veulent pas. Pourtant, il est scientifiquement prouvé, depuis près de 50 ans, que les redoublements ne servent à rien et sont nuisibles (ils engendrent d’autres redoublements et intensifient l’abandon scolaire). Pire, les effets psychologiques qu’elles génèrent sur les jeunes et leurs familles doivent nous faire considérer les pratiques du redoublement et de l’orientation précoce comme de véritables maltraitances. A cela s’ajoutent 20 000 abandons annuels. Vingt mille jeunes qui, chaque année, se retrouvent sur la rue sans le moindre diplôme. En comptant les 1 400 jeunes qui sont mis à la porte des écoles, le bilan de l’Ecole est lourd : ce n’est rien moins que 100 000 élèves qui, chaque année, sont socialement détruits! C’est énorme ! Mais ceci n’est encore que la pointe de l’iceberg !!!
Il faut tenir compte des chiffres cachés. Pour ne citer que quelques exemples, prenons ces dizaines de milliers d’élèves démotivés et largués, orientés de force vers une formation dont ils ne veulent pas et qu’un conseil de classe leur a imposée. Il y a aussi ces milliers d’enfants déscolarisés à domicile et tous ceux qui sont placés en hôpital pour pouvoir continuer à bénéficier d’un enseignement, alors que leurs écoles les ont rejetés. Le nombre de phobiques scolaires est en augmentation constante. Il y a des dizaines de milliers d’enfants physiquement présents dans les classes mais psychologiquement exclus pour cause de précarité (les voyages scolaires onéreux – avez-vous une idée du prix d’un « déplacement pédagogique » à Euro Disney ou à Walibi ?, les classes de plein air impayables, les musées que l’on ne sait pas visiter, les bricolages que l’on ne sait pas payer…). Il ne faut pas négliger l’importance des conflits entre élèves qui ne sont pas gérés par les institutions et qui dégénèrent en absentéisme sournois. Et les milliers d’enfants handicapés que les écoles refusent d’intégrer alors que l’inclusion dans un enseignement ordinaire, avec tous les autres enfants, est un droit défini par la Convention relative aux droits de la personne handicapée.
Au terme d’une scolarité de 12 ans, moins d’un tiers des élèves (27 %) s’en sort sans échecs. Mais avec quel message, quelle éducation donnée par le système scolaire ? Ils doivent être les meilleurs, battre les autres pour réussir, marcher ou crever… C’est l’apprentissage de la compétition sociale. Surtout ne pas devenir de vrais citoyens solidaires !
Les deux autres tiers sont sacrifiés sur l’autel des devoirs de l’enfant. C’est l’école du non Droit. Il existe, au sein de l’Ecole mais également de la société, un lobby conservateur qui vise le renforcement de l’esprit compétitif à l’école et réclame de la part des élèves des valeurs traditionnelles telles que la volonté, le travail, l’effort, la compétition, le dépassement personnel. Le message est clair : « Surtout ne changeons rien et réservons la réussite scolaire à une élite … Notre élite » ! En tenant le langage « Tout le monde ne sait pas réussir » (ce qui, nous le verrons, est absolument faux) ce lobby veille à ce que l’Ecole ne soit jamais un lieu de droits, un lieu de citoyenneté, un lieu d’apprentissages pour tous.
L’égalisation des chances en matière d’éducation est largement combattue. Les derniers décrets « inscription » et « mixité » l’ont encore démontré avec l’émergence d’un mouvement visant à contrer la volonté politique de mixité sociale dans les écoles. Il y a un refus clair à ce que les enfants de familles modestes fréquentent à leur tour les écoles habituellement fréquentées par les familles socialement les plus favorisées.
Rappelons quand même que les sciences de l’éducation ont démontré depuis les années 60 – avec notamment les travaux du psychologue suisse Jean Piaget – que tous les élèves sont capables d’apprendre s’ils sont mis dans des conditions favorables. Les pays qui ont mis en place un tronc commun jusque 16 ans ont démontré depuis longtemps qu’il est possible de respecter le droit de tous les élèves, et que les systèmes éducatifs, tels que le nôtre, relèvent de la maltraitance.
Si l’on veut que les droits de l’enfant soient respectés en Communauté française, un énorme travail de re-sensibilisation semble indispensable. En 20 ans, nous n’avons que trop peu progressé. Si on ne s’attaque pas prioritairement aux mentalités, on pourra ressortir le présent article en 2029 sans y changer la moindre virgule. Durant ces 20 prochaines années, rien qu’à l’Ecole, onze millions d’enfants auront été sacrifiés (redoublements, abandons, orientations et renvois). Dans nos villes et nos villages, le travail des enfants restera une dramatique réalité qui, avec la crise ira en s’amplifiant ; de moins en moins d’enfants auront accès aux soins de santé, à la culture, aux loisirs ou à la protection contre la maltraitance ou le manque de soin. A quand le premier enfant mort de faim ?
Si des progrès conséquents ont été faits en matière de protection contre certaines formes de maltraitances vécues par les enfants, ce n’est jamais qu’un trop petit pas. Il reste beaucoup à faire, à commencer par la re-sensibilisation de tous. Savoir que les enfants ont des droits est une chose, connaître et accepter ces droits en est une autre. Sans cela ils ne seront jamais respectés.
Vingt ans après l’adoption de la CIDE par l’ONU, les défenseurs des droits de l’enfant, toutes associations confondues, sont encore à compter leurs militants bénévoles sur les doigts. Il n’est pas certain que nous puissions aligner deux équipes complètes pour jouer un match de football de bienfaisance. A titre de comparaison, les sociétés de protection des animaux ont des centaines de bénévoles et des dizaines de milliers de membres. Cherchez l’erreur…