De nouvelles écoles en Région bruxelloise Une occasion inespérée de créer des écoles de la réussite.

De nouvelles écoles en Région bruxelloise Une occasion inespérée de créer des écoles de la réussite.

Communiqué de presse 12 octobre 2010

Nous nous réjouissons  de la décision de la Communauté française de créer 10 000 nouvelles places dans l’enseignement, dont 5 643 en Région bruxelloise.

Nous appelons le Gouvernement à profiter de cette opportunité pour mettre en oeuvre une école plus efficace et plus équitable, qui pousse tous les élèves à réaliser les efforts nécessaires pour atteindre le maximum de leurs capacités[1].

Aujourd’hui, le système scolaire de notre Communauté est parmi les plus inéquitables de l’OCDE. Il broie chaque année 100 000[2] jeunes.

Il est temps de mettre en place des écoles de la réussite pour tous. Ce projet correspondrait aux engagements pris par le présent gouvernement dans sa déclaration de politique communautaire. La création de ces 5 643 places bruxelloises[3] est, selon nous, l’occasion à ne pas manquer.

Ces écoles devront pratiquer des pédagogies actives dont les objectifs seront d’amener tous les élèves à acquérir les compétences définies dans les socles. Ce devront être également des écoles inclusives, càd accueillant toutes les différences, conformément à nos engagements internationaux. On sait qu’une école qui intègre des enfants ayant des difficultés d’apprentissages doit mettre en place des pédagogies de la réussite qui bénéficient à tous les enfants et permet à TOUS les enfants de progresser « vers le haut ».

[1] Déclaration de politique communautaire 2009-2014 page 24

[2] Chaque année : 60 000 redoublements, 17 000 orientations précoces, 20 000 abandons scolaires et 1 700 renvois. Ce chiffre ne tient pas compte des 12 000 enfants déscolarisés.

[3] Le récent rapport sur la pauvreté à Bruxelles nous rappelle que la moitié des enfants bruxellois ont déjà un an de retard à l’entrée du secondaire.

Transport scolaire et maltraitance

Transport scolaire et maltraitance

En 2004 la Ligue des Droits de l’enfant a commencé à se préoccuper de la problématique du transport scolaire qui concerne des milliers d’enfants porteurs de handicaps en Région wallonne. En effet, contrairement à d’autres pays européens, nos enfants ne sont pas scolarisés au sein d’écoles dites « ordinaires » mais au sein d’établissements « spécialisés ». Ces établissements, que ce soit au niveau primaire ou secondaire, sont rares et le plus souvent regroupés dans les villes, loin des zones rurales. Ces enfants, déjà discriminés par la vie, doivent souvent faire des dizaines de kilomètres pour intégrer l’école la plus proche de leur domicile.

Pour répondre à leurs responsabilités en matière d’obligation scolaire, les Régions organisent un système de bus gratuits. Ainsi, la Région wallonne met en place, quotidiennement, entre 800 et 900 circuits de bus destinés exclusivement au transport scolaire.

Pour la majorité de ces enfants ces trajets se déroulent dans de bonnes conditions. Malheureusement, pour 29 % d’entre eux, la durée des déplacements peut aller jusque six heures par jour. Certains enfants passent quotidiennement plus de temps dans le bus qu’ils n’en ont pour eux, à la maison, hors période de sommeil. Ils quittent leur domicile avant 6h30 pour le retrouver 12 heures plus tard. Il leur reste deux bonnes heures pour faire leurs devoirs, souper, se détendre, … Tôt levés, tôt couchés. Peu de vie de famille.

Il s’agit d’une situation inhumaine et dégradante. Nous parlons de maltraitance institutionnelle car cette situation génère une véritable souffrance, tant au niveau psychologique que physique.

Leurs nuits sont trop courtes ce qui engendre une fatigue excessive. Il faut savoir que certains enfants doivent se lever avant 6 heures du matin pour être chargés avant 6h30. Les choses simples prennent du temps : déjeuner, se laver, s’habiller, être appareillés, … Comment être en situation d’apprentissage lorsqu’on est fatigué ?

Durant des heures de trajet, ces enfants n’ont pas la possibilité de soulager leurs besoins naturels. Des « accidents » dans le bus arrivent régulièrement avec, pour conséquence l’énervement des chauffeurs et comme corollaire un puissant sentiment de honte, de culpabilité, l’obligation de passer sa journée dans des vêtements salis et une profonde angoisse d’avoir à prendre encore le bus le lendemain.

Passer deux heures par trajet (donc 4 heures par jour), voire plus (nous rappelons qu’il y a des enfants qui font jusqu’à trois heures par trajet) génère des crises diverses : crises de nerfs, insomnies, peurs de devoir reprendre le bus, refus de monter à bord, crises de larmes, aggravation de leurs handicaps (principalement chez les enfants handicapés mentaux), apparition de troubles neuropsychologiques. Il arrive que certains enfants ne dorment pas durant leurs vacances (Toussaint, Noël, …) à la simple idée de devoir reprendre le bus à la rentrée. Toute leur vie familiale est perturbée par la souffrance que provoquent ces heures passées dans une ‘boîte à conserve’.

La durée excessive du transport scolaire entraîne un rejet de l’école. En effet, comment avoir envie d’aller à l’école lorsque le simple fait d’y aller et d’en revenir entraîne une telle souffrance ? Des enfants s’inventent des maladies imaginaires, refusent d’aller à l’école ou, s’y trouvant, refusent de travailler. Des parents préfèreront – on peut les comprendre – garder leur enfant à la maison plutôt que de le voir en souffrance. Par exemple, le mercredi matin où 5 heures de trajet pour 4 heures de cours leur semblent le summum de l’injustice. L’absentéisme est fréquent. De nombreux enfants régressent dans leurs apprentissages. Alors qu’ils ont, plus que les autres enfants, besoin de stimulation, d’un cadre sécurisant, les conséquences de leur trajet du matin les empêchent d’être dans les dispositions nécessaires aux apprentissages. La plupart des cas qui nous sont signalés pointent le doigt sur d’importantes difficultés de se concentrer durant la journée. Enfin, le soir, ces enfants se retrouvent devant l’impossibilité de faire leur travail scolaire à la maison ou alors celui-ci occupe toute la soirée, ne leur laissant pas de temps pour récupérer, se distraire, avoir des occupations extrascolaires ou pour suivre un traitement thérapeutique.

Le handicap exclut ! Le transport en commun accentue cette exclusion de la vie sociale. Il est clair que, pour ces enfants, il est impossible d’avoir une vie sociale extrascolaire. Comment trouver un club de sport, une activité sociale alors qu’on n’a que deux heures pour vivre sa vie familiale, chaque jour ?

Quelles solutions ??? Pour la Ligue des Droits de l’enfant, la seule solution est l’intégration. Le droit de chaque enfant est de se construire dans son propre milieu social. Aussi, chaque fois que cela est possible, il faut intégrer l’enfant dans l’école de son quartier, en milieu ordinaire. Ou plus exactement, il faut adapter l’Ecole aux handicaps de nos enfants. D’autres pays le font depuis des années. L’Italie, par exemple, n’a pas d’enseignement spécialisé et tous les enfants sont intégrés dans l’enseignement ordinaire. Notre Communauté peut également s’engager sur cette voie. Cette inclusion concernerait, évidemment, autant les enfants porteurs de handicaps physiques que de handicaps mentaux et durerait toute la scolarité. C’est un choix de société, un choix politique. Dans une société équitable, chaque individu, quelle que soit sa différence, a droit à la même place que les autres. Si nous voulons que nos enfants soient intégrés dans notre société, qu’ils trouvent des emplois, des activités sociales, aient une vie ordinaire, c’est à l’école que cela va se construire. C’est en apprenant à vivre ensemble à l’école que l’on pourra vivre ensemble dans le monde adulte !

Plan Autisme – Le répit et les loisirs

Plan Autisme – Le répit et les loisirs

Les points principaux du Plan Autisme

 

12. Le répit et les loisirs

 

Créer des structures d’accueil temporaire destinées au répit et aux activités de loisirs.

Offrir aux personnes handicapées vivant à domicile une participation financière aux services de bien-être (séances de relaxation, sophrologie, snoezelen, équitation adaptée,…

 

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Plan Autisme – Les activités de jour, le travail et le logement des adultes dépendants

Plan Autisme – Les activités de jour, le travail et le logement des adultes dépendants

Les points principaux du Plan Autisme

 

11. Les activités de jour, le travail et le logement des adultes dépendants

 

Créer des structures adaptées en suffisance, garantissant l’inclusion de la personne autiste dans la société.

Former aux bonnes pratiques recommandées le personnel des entreprises de travail adapté, des centres d’accueil de jour et résidentiels subsidiés par les pouvoirs publics.

Adapter le système de subventionnement des institutions à la réalité de la grande dépendance et prévoir un différentiel plus important de subsides entre les personnes plus autonomes et les plus dépendantes.

Créer des logements communautaires inclusifs et adapter les exigences des normes d’infrastructure à la réalité des besoins.

Interdire l’exclusion des services.

Réglementer la procédure de réorientation qui ne peut être une exclusion cachée. La recherche et la proposition d’une alternative de qualité doivent incomber aux services et aux pouvoirs publics. Cette réorientation doit recueillir l’accord formel de la personne et de ses responsables légaux.

 

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Une école pour tous ? Quelles formations pour les enseignants ?

Une école pour tous ? Quelles formations pour les enseignants ?

Colloque – 24 avril 10 : « une école pour tous ? Quelles formations pour les enseignants »

Aujourd’hui, nous nous devons de construire l’Ecole du 21ème  siècle. Depuis 20 ans, la Convention des Droits de l’Enfant a fait de l’Ecole un Droit pour tous les enfants, quelles que soient leurs difficultés physiques ou mentales, leurs problèmes d’apprentissages, leurs différences culturelles ou sociales. La récente Convention relative aux Droits de la Personne handicapée impose aux Etats signataires (et donc, la Belgique) de mettre en place un enseignement inclusif.

Autrement dit, une Ecole où toutes les différences se côtoieront, qu’elles soient physiques ou mentales, culturelles ou sociales. Les différents types d’enseignements (spécialisé et ordinaire) seront ainsi appelés de plus en plus à travailler ensemble et, à terme, à ne plus faire qu’un dans l’Ecole inclusive ! Il ne s’agit nullement de supprimer l’enseignement spécialisé. Bien au contraire, l’objectif est de faire de tous les enseignants, et au-delà de toutes les écoles, de vrais spécialistes des difficultés d’apprentissage.

Ce colloque a eu pour objectif d’aborder la problématique de la formation des enseignants dans l’optique d’une Ecole inclusive. L’école inclusive devra donc être l’école de tous, avec des enseignants spécialisés dans la détection et la remédiation des difficultés d’apprentissage de tous les enfants, au-delà des différences. Cela nécessitera aussi d’admettre et gérer le fait que chaque enfant est unique et a sa propre façon d’apprendre.

Intervenants

Didier Duray, conseiller adjoint Enseignement fondamental et secondaire Spécialisé au cabinet de la Ministre Marie-Dominique Simonet,  ministre de l’enseignement fondamental.

Actuellement, 3 solutions de scolarité s’offrent aux enfants en situation de handicap : l’enseignement ordinaire, l’enseignement intégré et l’enseignement spécialisé. L’enseignement intégré s’est vu renforcé avec le nouveau décret intégration, voté le 5 février 2009. Cette année, 511 enfants bénéficient de cette formule.

La formation initiale doit pouvoir s’adapter tant aux étudiants qu’à la réalité de terrain. Des pistes de solutions tels que le parrainage des aînés, une clarification des stages dans l’enseignement spécialisé, une approche différente des parents, une révision des manuels scolaires sont évoquées. L’orthopédagogie doit faire partie de la formation de tout futur enseignant. Celui-ci doit avoir une connaissance des difficultés lui permettant d’y remédier ou d’orienter l’enfant de manière précise.

« En classe vers une école pour tous », par Monique Deprez, Chargée de cours – Service d’orthopédagogie – UMH

1914, 1970 et 1997 sont des dates phares dans l’histoire de l’enseignement. La dernière, est l’année du décret mission que beaucoup d’enseignants n’ont jamais lu. Parmi les missions de l’école, nous retrouvons l’émancipation sociale, la  confiance en soi, le fait de prendre sa place dans la société. La pédagogie différenciée y est introduite, à savoir une pédagogie dont l’optique est de tenir compte des différences individuelles pour y adapter une diversité de situations pédagogiques. Elle a pour but de permettre à chacun la meilleure réussite dans ses apprentissages.

Des pistes de réflexion permettant d’améliorer sont envisagées : il est clairement utopique de vouloir informer le futur enseignant sur l’ensemble des pathologies. Par contre, on peut leur apprendre à s’informer, les orienter, leur donner les ressources pour les informer. Une sensibilisation au handicap est primordiale, beaucoup de gens n’ont pas eu de contacts avec une personne vivant une situation de handicap. Il s’agit de favoriser ces contacts, de diversifier les lieux de stage et donner l’occasion aux étudiants d’aller voir ce qui se fait ailleurs.

Formation initiale ou continuée : 3 domaines pour une approche orthopédagogique (relationnel, cognitif, instrumental) par Geneviève Vandecasteele, inspectrice de l’enseignement fondamental spécialisé

L’accompagnement des enfants à besoins spécifiques est primordial. Chacun de ces enfants doit trouver un enseignement spécifique. Pour y arriver, il doit y avoir une valorisation de la formation des enseignants. Tout enseignant a la responsabilité de s’informer.

En termes de formation, l’enseignant n’a jamais fini d’apprendre. Dés le départ, il devrait pouvoir s’exercer, par exemple dans un genre de laboratoire. La formation devrait développer l’aspect de la réflexion et être envisagée selon 3 axes : se construire un parcours de formation individualisé en comptabilisant des modules dans les différents organismes de formation ; le cadre légale, institutionnel et éthique ; l’approche relationnelle et l’axe psychopédagogique

Dans les formations divers aspects doivent être abordés tels que le besoin d’écouter et de soutenir les parents, le soutien en équipe, apprendre à avoir des rapports avec des  professionnels extérieurs et de faire des rapports, apprendre à avoir et gérer une visite avec l’inspection, apprendre à recevoir des remarques  et donner son avis.

Les 10 ans de l’orthopédagogie. Qu’en retire-t-on ? Vers où va-t-on ? par Alain Dupont et Isabelle Montulet représentant les 4 écoles qui organisent la spécialisation en orthopédagogie.

L’ortho acteur est un acteur professionnel oeuvrant après de personnes qui rencontrent des difficultés d’apprentissage à n’importe quel moment de leur évolution et quel que soit le contexte. Il est susceptible d’émettre un avis quant à la mise au point, l’application et l’évaluation des interventions éducatives à la suite d’observation et sur base d’éclairage théorique. Il travaille en relation avec les membres de l’équipe …

L’année de spécialisation est centrée sur les différentes situations de handicaps. Elle se déroule en journée et se compose de cours, de stage, d’un travail de fin d’études et d’échange. Elle permet de travailler les motivations dés le départ. Au départ, les étudiants souhaitent approfondir connaître les difficultés, ils ne se sentent pas prêt à travailler ou veulent se spécialiser. Les étudiants ne sont pas spécifiquement des enseignants. Après, ils sont souvent engagés dans des structures spécialisées ou à public fragilisés. Ce qui est intéressant ce de voir l’étudiant  passer d’une conception centrée sur l’élève à celle centrée sur la personne. Cette formation touche une cinquantaine d’étudiants par an

La formation à l’école inclusive ne concerne pas que les enseignants, elle prépare au travail en réseau. Elle ne peut constituer une complémentaire mais doit faire partie de la formation de base.

Quelles formations faut-il pour pouvoir enseigner dans une école pour tous ? par Vincent Carette, Chercheur à l’unité de recherche des Sciences de l’Education (SSE) – ULB

Pourquoi l’école doit elle changer ? Pourquoi la formation des enseignants, doit elle changé ? En Belgique, plus l’âge des étudiants est élevé, moins il y a de formation pédagogique, pourquoi ?  Les enseignants ont en moyenne 3 journées de formation par an. La Belgique est un des 3 pays dans lequel la formation masterisée.  

Vers quelles professionnalisations ? On demande beaucoup de compétences à l’enseignant mais lui offre-t-on la formation ? Peut on rejoindre tous ces objectifs avec la  formation actuelle. L’enseignant doit pouvoir entrer dans une position de chercheur, émettre des hypothèses, afin d’avancer avec les enfants. Pour y arriver, il doit avoir une formation rigoureuse à la recherche et donc une formation plus longue

Déterminer 5 compétences prioritaires pour exercer le métier d’enseignants dans une école inclusive

1) Les compétences relationnelles : L’enseignant doit pouvoir travailler la question relationnelle avec lui-même mais avec les autres partenaires.

2) Aptitudes de recherche : S’informer, questionner les autres professeurs ou les parents. Quelles sont mes forces ? L’enseignant qui se pose cette question suppose qu’il connaît ses ressources et ses limites.

3) Compétences d’observations : L’enseignant doit être formé à observer l’enfant de telle manière à pouvoir détecter ses capacités et ses difficultés ; savoir détecter les problèmes d’apprentissage et y remédier.

4) Capacité d’animation : L’enseignant doit s’ouvrir à l’environnement de l’enfant et essayer d’avoir une autre vision que l’enfant en tant qu’élève. Il doit pouvoir faire preuve de créativité.

5) Les savoirs : Il faut approfondir les processus d’apprentissage. Plus insister dans la formation sur le fait que « tout enfant est capable » ! L’enseignant doit avoir des repères sur le développement de l’enfant.

L’enseignant doit avoir une formation de généraliste !

La crise financière est une chance pour l’Ecole !

La crise financière est une chance pour l’Ecole !

Communiqué de presse 16 septembre 2009

Chaque année, l’Ecole gaspille 335 millions d’euros[1] en pure perte.

En période de crise, cet argent doit bénéficier à toute la Communauté.

 L’Ecole a les moyens de soutenir, à elle seule, tout l’effort demandé par le Fédéral à la C.F. C’est une chance qu’on ne peut laisser passer !

Les pistes d’économies lancées récemment par Marie-Dominique Simonet, ministre de l’enseignement obligatoire ont mobilisé les syndicats enseignants qui appellent à un arrêt de travail ce jeudi 17 septembre 2009. Il y a longtemps qu’une rentrée scolaire n’a pas été aussi mouvementée. L’Ecole n’en avait certainement pas besoin.

Chaque département de la C.F devra mettre la main à la poche et participer à l’effort commun qu’impose la crise actuelle. Le système éducatif à lui seul mobilise 65 % des moyens de la C.F. dont 335 millions en pure perte. Nous pensons qu’en période de récession, le gaspillage doit être évité. Il est temps aujourd’hui de mettre les mains dans le cambouis. C’est l’occasion que nous attendions depuis des lustres de rendre enfin l’Ecole performante et équitable !

Les pistes envisagées sont mauvaises.

Nous serions favorables à l’augmentation à la prestation maximale de chaque enseignant dans le secondaire si cette mesure visait à augmenter la remédiation immédiate pour tous les élèves. Nous craignons, au contraire, que cette piste ne vise qu’à faire des économies en touchant à l’emploi.

Nous sommes opposés à toute mesure qui vise à augmenter les prestations des enseignants pour faire des économies sur l’emploi. En effet, ce sont les jeunes enseignants qui seraient les premiers touchés (4 enseignants sur 9 déjà arrêtent leur carrière avant la 5e année de métier). Cette mesure, en outre, risque de démotiver les enseignants les plus chevronnés, d’augmenter le taux d’absentéisme et est contraire à l’intérêt des élèves.

Nous sommes toujours interpellés par le fait que les enseignants ayant les conditions de travail les plus difficiles et nécessitant le plus de compétences pédagogiques (instituteurs maternels et primaires) aient les prestations les plus lourdes et les salaires les plus légers. Il nous paraîtrait équitable d’harmoniser les prestations, tous niveaux confondus.

L’Ecole jette l’argent par les fenêtres !

L’Ecole coûte cher pour un résultat catastrophique. Le surcoût théorique du redoublement (un minimum de 335 millions/an) équivaut à lui seul à l’effort que devra fournir la C.F. vis-à-vis du fédéral en 2015 (progressivement, de 51 millions en 2009 jusqu’à 334 millions en 2015). Une politique volontariste de suppression du redoublement, étalée sur 5 ans, permettrait à la C.F. d’équilibrer son budget.

La crise ? Une chance pour l’Ecole !

Il y a deux manières d’aborder la crise. Soit en s’effondrant (pertes d’emploi, mesures budgétaires agressives, …), soit en rebondissant. Nous pensons que cette crise peut être une chance incroyable pour l’Ecole. En supprimant progressivement le redoublement et en augmentant la remédiation immédiate, principalement dans le secondaire, l’Ecole peut répondre enfin au défi de la réussite pour tous.

La recherche a démontré depuis des décennies que le redoublement :

  1. ne servait à rien (il n’a pas d’effet correctif) ;
  2. était contre-productif (il amène d’autres redoublements et favorise l’abandon scolaire) ;
  3. induisait chez l’enfant et dans leurs familles des souffrances profondes.

La pratique du redoublement est une vraie maltraitance, inacceptable au XXIe siècle. Il est urgent que l’Ecole en sorte ! Profitons de cette crise pour créer un système scolaire équitable.

On sait aussi que tout non-redoublement accompagné d’aide complémentaire (remédiation immédiate et continuée) permet à l’enfant de progresser réellement, alors qu’un redoublement a l’effet inverse. Il est donc fondamental que l’Ecole en C.F. arrête ces pratiques archaïques et respecte enfin tous les enfants.

Moins d’argent et plus d’équité pour tous.

Nous invitons le gouvernement de la CF et la Ministre en charge de l’enseignement obligatoire à orienter leurs mesures d’économies vers la lutte contre le redoublement et le décrochage scolaire. Il y a près de 350 millions d’euros à récupérer. Cela va, non seulement, dans le sens du respect des droits de tous les élèves, mais cette mesure bénéficiera à tous les autres secteurs (aide à la jeunesse, culture, santé,…) qui auront moins d’effort (voire plus aucun) à fournir.

En 2006/2007, la souffrance des élèves et des familles a coûté 348 millions d’euros à la Communauté française. 13 millions de plus qu’annoncés. Ce n’est plus tolérable ! La crise que nous traversons est une occasion unique de réaliser enfin le défi d’amener TOUS les élèves à s’approprier des savoirs et à acquérir des compétences qui leur assureront des chances égales d’émancipation sociale.

* Par la pratique de l’échec scolaire, l’école broie annuellement 100 000 jeunes. En effet, chaque année 60 000 jeunes redoublent, 18 000 abandonnent l’école avant la fin des secondaires, 17 000 sont orientés vers des filières dont ils ne veulent pas et 1400 sont exclus.

[1] Le SOIR 29/01/2008 Le redoublement scolaire coûte cher