Juin 1, 2011 | Ecole - Education - Inclusion
Il existe aujourd’hui en Communauté française, deux types d’enseignements différents : l’enseignement dit « ordinaire » qui accueille tous les élèves « ordinaires » càd sans handicap, et l’enseignement dit « spécialisé » qui accueille quant à lui les élèves porteurs d’une déficience physique ou mentale. Dans l’Ecole inclusive de demain, ces deux types d’enseignement seront appelés à ne plus faire qu’un.
Si l’enseignement spécialisé a eu sa raison d’être dans la fin du XXe siècle – les élèves handicapés étant délaissés dans les classes d’avant 1970 – ce n’est plus le cas en ce début de XXIe siècle. Les personnes handicapées ne sont plus obligées de se cacher et peuvent prétendre à une égalité de droit avec tous leurs concitoyens. Cette égalité de droits doit, évidemment, se retrouver à l’école. Cela fait partie de sa mission citoyenne.
Le premier pas vers l’Ecole inclusive, « l’Ecole pour tous », a été franchi grâce au Décret de 2009. Ce Décret permet à des enfants porteurs de déficiences d’être « intégrés » dans des classes « ordinaires ». Cette intégration se faisant alors avec l’aide de l’enseignement spécialisé. C’est un premier pas, non pas pour intégrer l’enseignement spécialisé dans l’enseignement ordinaire, mais pour permettre à l’enseignement ordinaire de devenir spécialisé.
Ce Décret nous mène inéluctablement vers l’Ecole pour tous.
Juin 1, 2011 | Ecole - Education - Inclusion
L’Institution scolaire, en Communauté française, est, on le sait, une véritable catastrophe. Nous ne répéterons jamais assez qu’elle casse chaque année cent mille élèves. L’échec scolaire n’est jamais une fatalité. C’est un choix politique des établissements scolaires, destiné essentiellement à les positionner par rapport aux établissements environnants dans le cadre d’un marché scolaire concurrentiel. Nous affirmons, sans crainte de nous tromper, que l’échec n’est jamais la faute d’un élève, mais toujours celle du système. Mettre un élève en échec, c’est lui refuser un droit élémentaire (celui de l’éducation), c’est hypothéquer son avenir et l’avenir de ses enfants, c’est le faire volontairement souffrir (les psychologues connaissent bien les dégâts qu’un échec scolaire produisent sur un être humain) ; en un mot, c’est le maltraiter. Au terme de leur scolarité – pour peu qu’ils y arrivent – c’est plus de 70 % des élèves qui connaîtront l’échec scolaire et qui en souffriront, parfois toute leur vie.
Le Décret Mission est clair. Il ordonne aux établissements scolaires subsidiés par la Communauté française – et donc à tous les enseignants – de mettre tous les élèves en situation de réussite (relire à ce propos l’article 6 du Décret). Ce Décret – donc cette Loi – qui s’applique à tous les enseignants et toutes les écoles sans la moindre distinction, n’est pas respecté par ceux-là même qui doivent éduquer les jeunes à la citoyenneté et donc, au respect des Lois. Certaines écoles se complaisent dans l’illégalité la plus totale. Comment pourrait-il en être autrement, puisque ceux-là mêmes qui ont voté de Décret Mission ne font rien pour le faire appliquer.
Notre 21e siècle n’a rien à envier au siècle précédent. Le système scolaire est toujours archaïque et maltraitant. Nos élèves ont, malheureusement, hérité de l’Ecole du 2Oe siècle avec tout ce qu’elle comporte de dysfonctionnements et de certitudes d’un autre âge. Il est plus que temps de la repenser et de la reconstruire de la cave au grenier, pour le bien de tous : élèves, parents et enseignants. Rappelons tout de même que si le système détruit des centaines de milliers d’enfants et de familles, il n’est pas plus tendre avec une partie non négligeable du corps professoral, qui est, lui aussi, en grande souffrance.
Il est temps, donc, de changer le système scolaire et de passer à une Ecole respectueuse du Droit. Cette Ecole devra permettre à TOUS les élèves d’avoir accès aux mêmes acquis, aux mêmes connaissances et à la même formation citoyenne. Cela ne sera possible que dans un système qui bannit définitivement l’échec, qui permet aux jeunes de se retrouver et de progresser ensemble dans une véritable mixité sociale et culturelle, ainsi qu’en mélangeant toutes les différences, qu’elles soient physiques ou mentales. L’Ecole du 21e siècle devra être réellement inclusive. Cette école intégrera donc toutes les différences. Seule une véritable hétérogénéité permet à tous les élèves de réussir sans passer par la case échec.
Cette Ecole est en chantier. Un peu partout, en Communauté française, des groupes de citoyens, d’enseignants, portent des projets qui visent l’Ecole sans échec. La création de 10 000 nouvelles places et, donc, de nouvelles écoles en Communauté française était, pour nous, l’occasion de lancer un nouveau projet. Il nous semble inacceptable que le Gouvernement ne conditionne pas les moyens financiers qu’il injecte dans ces nouvelles places, à un projet pédagogique fort, qui vise la réussite de tous. Aussi, et avec d’autres, nous avons décidé de montrer l’exemple.
Dans notre combat pour une Ecole de la réussite pour tous et pour l’intégration des élèves porteurs de différences, nous lançons le projet « Ecole pour tous ». En collaboration avec Bernard De Vos, Délégué général aux Droits de l’Enfant, nous avons rassemblé des spécialistes (chercheurs, enseignants, spécialistes de l’intégration scolaire, de la culture, de l’accueil en milieu ouvert, …) afin de créer l’Ecole du 21e siècle. Cette Ecole, nous vous la présentons dans le présent bulletin. Vous pourrez en suivre l’évolution dans nos prochains numéros. Elle a pour vocation de faire « boule de neige » et d’attirer d’autres opérateurs scolaires, des Pouvoirs Organisateurs, à lancer, eux aussi, des « Ecoles pour tous », sans échec, sans redoublement et en créant une véritable hétérogénéité. Vous pouvez, à votre tour, nous aider à la porter vers d’autres acteurs.
Nov 16, 2010 | Immigration, Participation - Liberté - Expression
Communiqué de presse 16 novembre 2010
Ce 20 novembre marque le 21e anniversaire de la Convention relative aux droits de l’Enfant. Celle-ci affirme que les enfants ont besoin d’une protection et d’une attention particulière en raison de leur vulnérabilité. Il est temps de se demander ce que ces droits ont apporté aux enfants de notre planète et plus spécifiquement de notre Communauté française ?
Chaque année dans le monde, huit millions et demi d’enfants meurent de faim ou du manque d’eau potable. Des maladies aujourd’hui disparues de nos contrées font toujours des ravages dans les pays sous-développés. Deux millions d’enfants meurent de maladies qui auraient pu être évitées grâce à des vaccins coûtant moins d’un dollar. Année après année, 200 000 enfants meurent victimes de combats armés, tués parfois par d’autres enfants. 300 000 mineurs sont engagés de force dans des conflits locaux.
Ce jour, 8 millions d’enfants abandonnés dorment dans les rues et 3 millions sont victimes des réseaux de prostitution. Enfin, comment ne pas rappeler que 211 millions d’enfants âgés de 5 à 14 ans sont exploités économiquement. Parmi ceux-ci 115 millions ne sont pas scolarisés.
Qu’en est-il chez nous, dans cette Communauté française que nous voulons respectueuse des droits fondamentaux ? Fort heureusement, très peu d’enfants meurent de faim en Belgique et les rares cas recensés relèvent de maltraitance parentale. Mais tous ne sont pas égaux face à l’alimentation. Les cas d’obésité sont en croissance, essentiellement dans les milieux les moins favorisés sur le plan socioéconomique. De plus en plus de familles n’y ont plus les moyens d’accéder aux soins de santé. De nombreuses parents repoussent la visite chez le médecin le plus longtemps possible et limitent les médicaments qu’ils ne peuvent pas payer.
Nos villes aussi ont leurs enfants des rues. On y voit des familles entières ou des adolescents isolés dormir sous des bâches, dans des parcs. Ils viennent d’Afrique ou d’Europe de l’Est. La rue c’est aussi la faim, la soif, les maladies, la peur. Ce n’est jamais l’école, les visites chez le médecin, la chaleur d’un repas chaud ou d’un lit douillet.
Des enfants esclaves, il y en a aussi en Belgique. En France, le Comité contre l’esclavage moderne, estime leur nombre à plusieurs milliers. Ils sont principalement issus d’Afrique de l’Ouest. Il s’agit d’un esclavage domestique qui, par définition est très peu visible. En quoi la Belgique serait-elle épargnée ? Il est plus que probable que plusieurs centaines d’enfants esclaves sont exploités en Communauté française.
Le travail des enfants est, fort heureusement interdit. Pourtant, qui d’entre nous n’a pas rencontré un enfant qui donnait un coup de main dans un commerce, une exploitation agricole, un stand de foire ? Enfant de commerçant ou petite main payée quelques euros ? Quoiqu’il en soit, le travail des enfants est illégal et contraire à leurs droits fondamentaux. Mais il continue à bénéficier de la bienveillance de madame et monsieur tout le monde.
Si, par-dessus toutes les autres, il y a une institution qui a le devoir de respecter, promouvoir et défendre les droits de tous les enfants, c’est l’Institution scolaire. L’Etat l’a chargée de remplir son propre engagement d’éduquer tous les enfants.
Malheureusement, nous devons constater, 21 ans après, que le Droit n’a pas encore trouvé sa place à l’Ecole. Pire, celle-ci est devenue un lieu de non Droit qui brise l’avenir de plus de deux tiers des enfants qui lui sont confiés. Bien sûr, il y a des écoles qui sont de véritables îlots de paix où les droits sont respectés. Mais elles sont trop rares.
Les chiffres sont éloquents. Chaque année, 60 000 élèves redoublent et 17 000 jeunes sont orientés précocement vers des formations dévalorisées dont ils ne veulent pas. Il est scientifiquement prouvé, depuis près de 50 ans, que les redoublements ne servent à rien et sont néfastes (ils engendrent d’autres redoublements et intensifient l’abandon scolaire). Pire, les effets psychologiques qu’elles génèrent sur les jeunes et leurs familles doivent nous faire considérer les pratiques du redoublement et de l’orientation précoce comme de véritables maltraitances. A cela s’ajoutent 20 000 abandons annuels. Vingt mille jeunes qui, chaque année, se retrouvent sur la rue sans le moindre diplôme. En comptant les 1 400 jeunes qui sont mis à la porte des écoles, le bilan de l’Ecole est lourd : ce n’est rien moins que 100 000 élèves qui, chaque année, sont socialement détruits!
Il y a aussi des milliers d’enfants déscolarisés à domicile ou hospitalisés dans le seul objectif de pouvoir bénéficier d’un enseignement. Le nombre de phobiques scolaires est en augmentation constante. Il y a les dizaines de milliers d’enfants physiquement présents dans les classes mais psychologiquement exclus.
Et les milliers d’enfants handicapés que les écoles refusent d’intégrer. Leur inclusion dans un enseignement ordinaire, avec tous les autres enfants, est un droit défini par la Convention relative aux droits de la personne handicapée que l’Ecole, trop souvent encore, refuse.
Au terme d’une scolarité de 12 ans, seulement moins d’un tiers des élèves (27 %) s’en sort sans échecs. Mais avec quel message, quelle éducation donnée par le système scolaire ? Ils doivent être les meilleurs, battre les autres pour réussir, marcher ou crever… Et, surtout ne pas devenir de vrais citoyens solidaires.
Il y a aussi ces filles éduquées autrement que leurs frères, avec moins de droits et plus de devoirs ; ou ces jeunes qui cachent leur homosexualité, voire subissent l’ostracisme de leurs camarades, le rejet de leurs parents. Enfin des mineurs qui sont victimes de la prostitution ne sont pas une simple illusion. Et ce sont de « bons » citoyens belges qui en sont les clients…
Bien sûr, il est des choses positives, des enfants dont les droits sont vraiment respectés. Mais, finalement, c’est une minorité. Au moins un jeune appartient à un milieu social plus fragile, au plus ses droits sont piétinés. Il y a encore beaucoup à faire pour permettre à tous les enfants de bénéficier de leurs droits les plus fondamentaux. Nous aurions bien besoin des citoyens pour nous y aider. Mais 21 ans après l’adoption de la Convention relative aux Droits de l’Enfant par l’ONU, les sociétés de protection animales ont toujours cent fois plus de militants et de membres de soutiens que les associations de défense des droits de l’enfant. Cherchez l’erreur…
Oct 12, 2010 | Ecole - Education - Inclusion
De nouvelles écoles en Région bruxelloise. Une occasion inespérée de créer des écoles de la réussite.
Nous nous réjouissons de la décision de la Communauté française de créer 10 000 nouvelles places dans l’enseignement, dont 5 643 en Région bruxelloise.
Nous appelons le Gouvernement à profiter de cette opportunité pour mettre en oeuvre une école plus efficace et plus équitable, qui pousse tous les élèves à réaliser les efforts nécessaires pour atteindre le maximum de leurs capacités[1].
Aujourd’hui, le système scolaire de notre Communauté est parmi les plus inéquitables de l’OCDE. Il broie chaque année 100 000[2] jeunes.
Il est temps de mettre en place des écoles de la réussite pour tous. Ce projet correspondrait aux engagements pris par le présent gouvernement dans sa déclaration de politique communautaire. La création de ces 5 643 places bruxelloises[3] est, selon nous, l’occasion à ne pas manquer.
Ces écoles devront pratiquer des pédagogies actives dont les objectifs seront d’amener tous les élèves à acquérir les compétences définies dans les socles. Ce devront être également des écoles inclusives, càd accueillant toutes les différences, conformément à nos engagements internationaux. On sait qu’une école qui intègre des enfants ayant des difficultés d’apprentissages doit mettre en place des pédagogies de la réussite qui bénéficient à tous les enfants et permet à TOUS les enfants de progresser « vers le haut ».
[1] Déclaration de politique communautaire 2009-2014 page 24
[2] Chaque année : 60 000 redoublements, 17 000 orientations précoces, 20 000 abandons scolaires et 1 700 renvois. Ce chiffre ne tient pas compte des 12 000 enfants déscolarisés.
[3] Le récent rapport sur la pauvreté à Bruxelles nous rappelle que la moitié des enfants bruxellois ont déjà un an de retard à l’entrée du secondaire.
Oct 12, 2010 | Ecole - Education - Inclusion
Communiqué de presse 12 octobre 2010
Nous nous réjouissons de la décision de la Communauté française de créer 10 000 nouvelles places dans l’enseignement, dont 5 643 en Région bruxelloise.
Nous appelons le Gouvernement à profiter de cette opportunité pour mettre en oeuvre une école plus efficace et plus équitable, qui pousse tous les élèves à réaliser les efforts nécessaires pour atteindre le maximum de leurs capacités[1].
Aujourd’hui, le système scolaire de notre Communauté est parmi les plus inéquitables de l’OCDE. Il broie chaque année 100 000[2] jeunes.
Il est temps de mettre en place des écoles de la réussite pour tous. Ce projet correspondrait aux engagements pris par le présent gouvernement dans sa déclaration de politique communautaire. La création de ces 5 643 places bruxelloises[3] est, selon nous, l’occasion à ne pas manquer.
Ces écoles devront pratiquer des pédagogies actives dont les objectifs seront d’amener tous les élèves à acquérir les compétences définies dans les socles. Ce devront être également des écoles inclusives, càd accueillant toutes les différences, conformément à nos engagements internationaux. On sait qu’une école qui intègre des enfants ayant des difficultés d’apprentissages doit mettre en place des pédagogies de la réussite qui bénéficient à tous les enfants et permet à TOUS les enfants de progresser « vers le haut ».
[1] Déclaration de politique communautaire 2009-2014 page 24
[2] Chaque année : 60 000 redoublements, 17 000 orientations précoces, 20 000 abandons scolaires et 1 700 renvois. Ce chiffre ne tient pas compte des 12 000 enfants déscolarisés.
[3] Le récent rapport sur la pauvreté à Bruxelles nous rappelle que la moitié des enfants bruxellois ont déjà un an de retard à l’entrée du secondaire.