Intégration scolaire

Intégration scolaire

Quelles écoles sont concernées par l’intégration scolaire ?

L’intégration scolaire concerne les écoles dites « ordinaires » (l’école du quartier ou toute école d’enseignement « ordinaire ») et les écoles de l’enseignement spécialisé.

Qu’est-ce que l’intégration scolaire ?

L’intégration scolaire concerne tous les élèves à besoins spécifiques qu’ils soient dans l’enseignement ordinaire ou dans l’enseignement spécialisé.

L’intégration scolaire permet à tout enfant à besoins spécifiques de poursuivre son cursus scolaire dans l’école de son choix – généralement une école d’enseignement ordinaire – avec le soutien de l’enseignement spécialisé, sans nécessairement y être physiquement (en tout ou en partie – voir ci-après).

Concrètement, l’élève est généralement intégré dans une classe ordinaire (en tout ou en partie – voir ci-après) où il bénéficie d’un certain nombre d’heures d’accompagnement. Celui-ci est assuré par un-e enseignant-e provenant de l’enseignement spécialisé et qui, donc, doit avoir les compétences spécifiques pour accompagner l’enfant en fonction de son handicap.

Qu’entend-on par handicap ?

« La Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, ratifiée par la Belgique, définit les personnes handicapées comme étant « des personnes qui présentent des incapacités physiques, mentales, intellectuelles ou sensorielles durables dont l’interaction avec diverses barrières peut faire obstacle à leur pleine et effective participation à la société sur la base de l’égalité avec les autres ».

La législation anti-discrimination ne propose pas de définition du handicap, l’objectif étant d’appliquer une conception large du handicap, qui inclut les maladies chroniques, ainsi que les troubles de l’apprentissage, de l’attention et du comportement. Il n’est pas nécessaire d’être reconnu par une instance officielle comme l’INAMI, le SPF Sécurité sociale ou les fonds régionaux (AWIPH, Phare, VAPH, DPB).

En effet, dans l’esprit de la législation anti-discrimination et de la Convention ONU, le handicap naît de la confrontation entre une déficience qui entraîne, dans certaines situations, des incapacités et un environnement inadapté. Il s’agit bien d’une approche davantage sociale que médicale. L’environnement est questionné et plus seulement la différence spécifique de l’individu. On parle donc de « situation de handicap ». Une même personne peut être en situation de handicap dans un contexte donné et pas dans un autre. » (A l’école de ton choix avec un handicap – Centre interfédéral pour l’Égalité des Chances – www ……)

Combien il y a-t-il de types d’intégration possible ?

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Il y a quatre types d’intégrations possibles. Dans TOUS les cas, l’élève doit être inscrit administrativement dans l’enseignement spécialisé et, même s’il suit tous les cours dans l’enseignement « ordinaire » et l’élève bénéficie (en Région wallonne) de la gratuité des transports scolaires.

  1. L’intégration permanente totale

Cette forme d’intégration – la plus recherchée pour les enfants orientés abusivement vers le type 8 (voir ?????) – permet à l’élève de suivre TOUS les cours pendant TOUTE L’ANNEE SCOLAIRE dans une école « ordinaire » (en général « son » école si elle l’accepte). Il bénéficie donc d’un accompagnement assuré par l’enseignement spécialisé à raison de 4 heures par semaine (8 heures au 3e degré du secondaire).

Attention : Il faut que la demande soit acceptée et que l’élève soit inscrit dans l’enseignement spécialisé au plus tard le 15 janvier !!!!

  • L’intégration permanente partielle

L’élève suit certains cours dans l’enseignement « ordinaire » et d’autres dans l’enseignement spécialisé et ce, durant TOUTE L’ANNÉE SCOLAIRE. 

  • L’intégration temporaire totale

L’élève suit la totalité des cours dans l’enseignement « ordinaire » pendant UNE, voire DES PÉRIODES DÉTERMINÉES DE L’ANNÉE. Il n’est pas nécessaire de suivre des cours dans l’enseignement spécialisé.

  • L’intégration temporaire partielle

L’élève ne suit qu’une partie des cours dans l’enseignement « ordinaire » pendant UNE, voire DES PÉRIODES DÉTERMINÉES DE L’ANNÉE. Il lui est possible de suivre d’autres cours dans l’école spécialisée dans laquelle il est inscrit.

Si vous avez compris cela, vous n’êtes pas au bout du chemin… ce n’était qu’une mise en bouche. Si vous n’avez pas encore mis votre ceinture, c’est le moment, nous allons accélérer…

Qui peut demander une intégration scolaire ?

  1. Si l’enfant est dans un enseignement spécialisé et demande une (ré)intégration, la demande doit émaner soit :
  • du Conseil de classe de l’établissement d’enseignement spécialisé. Ledit Conseil de classe est composé de l’ensemble des enseignants, du personne paramédical et des auxiliaires d’éducation qui  encadrement directement l’élève ;
  • du CPMS qui assure la guidance des élèves de l’école spécialisée ;
  • des parents ou, comme le veut la loi, des personnes investies de l’autorité parentale ou de l’élève s’il est majeur;
  • Si l’enfant à besoins spécifiques est dans un enseignement « ordinaire » et demande une aide à l’intégration, soit :
  • des parents ou, comme le veut la loi, des personnes investies de l’autorité parentale ou de l’élève s’il est majeur;
  • de l’équipe éducative avec avis favorable du conseil de participation dont chaque composante a marqué un accord ;
  • du CPMS qui assure la guidance des élèves au sein de l’établissement d’enseignement ordinaire.

Attention : Depuis 1997, le projet d’établissement de toutes les écoles d’enseignement « ordinaire » doit contenir les éléments favorisant la faisabilité de ladite intégration

La demande d’intégration scolaire doit être introduite par la direction de l’enseignement « ordinaire » auprès de a direction de l’école spécialisée qui doit concerter tous les intervenants repris ci-dessus.

  1. Si la concertation débouche sur un avis DÉFAVORABLE les partenaires devront motiver leur désaccord par écrit et le communiquer au chef d’établissement ou au PO de l’école d’enseignement « ordinaire ».
  2. Si la réponse est FAVORABLE, la proposition est signés par les différents intervenants et introduite auprès du chef d’établissement d’enseignement spécialisé. Celle-ci concerte tous les intervenants qui doivent donner un avis favorable. Dès l’acceptation de la proposition d’intégration, la définition d’un projet d’intégration adapté aux besoins de l’élève est recherchée conjointement par : 1° le conseil de classe de l’établissement d’enseignement spécialisé 2° le conseil de classe de l’établissement d’enseignement ordinaire concerné, assisté par le centre psycho-médico-social qui assure la guidance des élèves de l’établissement. A ce stade, un protocole est établi.

Le projet d’intégration, wadesda ?

« Le projet d’intégration est défini conjointement par les deux équipes éducatives, assistées par l’organisme ou le centre qui assure la guidance de l’élève. L’organisme ou le centre PMS de l’enseignement ordinaire est associé à cette procédure. 

L’intégration est chaque fois un projet unique, qu’il soit individuel ou collectif, qui doit:

  •  être guidé par l’éthique, la déontologie et la responsabilisation de tous les acteurs;
  • répondre, de manière personnalisée, aux besoins éducatifs spécifiques de chacun des enfants intégrés dans un milieu de vie scolaire ordinaire;
  •  se fonder sur des arguments pédagogiques;
  • étudier objectivement la faisabilité du projet;
  • proposer la mise en oeuvre d’un dispositif dynamique.

Protocole d’intégration

À l’issue de la procédure, un protocole est établi. Il contient:

  • le projet d’intégration (la synthèse du dossier de l’élève, les objectifs visés, l’équipement spécifique, les besoins de l’élève en matière de transport et les dispenses éventuelles au programme de l’enseignement ordinaire, le dispositif de liaison entre les deux écoles);
  •  les modalités d’accompagnement et le choix du personnel ;
  • les modalités de concertation et les modalités d’évaluation interne de l’intégration;
  • l’accord des deux centres PMS;
  • l’accord des deux directions;
  • l’accord des parents, de la personne responsable ou du jeune s’il est majeur. »

(Vademecum de l’intégration www.enseignement.be)

Quand on vous dit que tout cela est compliqué… Ce système n’est pas fait pour les enfants mais pour gérer administrativement une relation entre deux types d’écoles qui n’avaient pas l’habitude de fonctionner ensemble. Loin de nous l’idée de dire qu’il ne faut pas de règles, mais il est inacceptable que l’intégration scolaire soit un parcours du combattant. Elle doit, pour les familles, être un long fleuve tranquille, point à la ligne !!!

Le Décret de 2009 entrouvre une porte qui n’existait pas auparavant. Mais il ne fait que l’entrouvrir ! En 2015, 2000 enfants ont été intégrés. Une bonne part n’étant que la régularisation d’intégrations « sauvages » – nous préférons dire « pirates » – sans aides spécifiques. Quant au reste, se sont principalement des enfants socialement précarisés ou avec des « dys », qui en bénéficient. Très peu d’enfants handicapés mentaux.  Pour ainsi dire pas d’enfants avec troubles du comportement. Il y a une véritable discrimination dans l’intégration scolaire !!!

Il y a 34 000 enfants dans l’enseignement spécialisé, dont très, très peu ne peuvent pas être intégrés. Plus de 90 % devraient se trouver dans des écoles « ordinaires » avec une scolarité adaptée, au sein de leurs pairs. Il faut donc arrêter de d’alimenter le spécialisé afin de pouvoir rediriger les moyens libérés vers l’intégration scolaire. 

Mais le pire de l’indignité réside dans le fait que toute intégration dépend du bon vouloir des différents intervenants. C‘est le « fait du prince », avalisé par une Communauté française complice : un-e professeur-e, un-e directeur/trice revêche, peu soucieux-se du bien des enfants, porteur-porteuse de valeurs élitistes de méritocratie, organisant la compétition des élèves au sein de son propre établissement et par là même la sélection « naturelle » des élèves en difficultés, ne va – bien évidemment – pas accepter d’intégrer un enfant ayant des besoins spécifiques. Tout simplement un enfant, avec tout ce que cela importe de fragilités, de besoins de protections, d’aides pour grandir à son rythme, de patience et de compréhension. Malheureusement, rien n’est encore en place pour éjecter ces êtres nuisibles de ce lieu fait pour aider les enfants à grandir, pour en faire des citoyens réflexifs, dotés d’intelligence et d’empathie envers les autres, armés pour construire un monde plus juste. Ils le pervertissent par leur suffisance et leurs certitudes d’un autre âge qui n’a plus sa place dans une Ecole du XXI siècle. Les enfants ont droit à une TOUT AUTRE ECOLE où ces gens n’auront plus leur place. Une école faite pour les enfants. TOUS les enfants !!!

Une nouvelle ministre pour finaliser le Pacte ou pour le torpiller ?

Une nouvelle ministre pour finaliser le Pacte ou pour le torpiller ?

Communiqué de presse

Une nouvelle ministre pour finaliser le Pacte ou pour le torpiller ?

Si nous nous réjouissons que le navire de l’école ne soit plus sans capitaine, nous sommes interpellés par un casting qui réveille en nous une certaine inquiétude, si pas une inquiétude certaine.

Notre système scolaire est singulièrement inéquitable et discriminant. La ministre Schyns a aujourd’hui la mission de reprendre les travaux du Pacte pour un enseignement d’excellence. Rappelons que ce « Pacte » est la réponse du monde Politique à l’ « Appel à refondation » lancé par le monde associatif, le 31 janvier 2014. Or, à l’époque, madame Schyns a clairement exprimée son désaccord avec cet Appel[1].

Nous craignons qu’au moment ou le Pacte arrive à un tournant, les avancées qu’il aura engrangées ne soient torpillées et vidées de leurs effets positifs. Par exemple et pour ne pas le nommer, citons le tronc commun polytechnique jusque 16 ans qu’une majorité d’acteurs revendique : dès sa prise de fonction, la ministre le limite à la fin de la troisième année secondaire, qu’elle veut « orientante[2] ».

Cette déclaration nous fait craindre le pire. Madame Schyns tient-elle à une école à deux vitesses, inégalitaire et discriminante ou, plus simplement, relaie-t-elle déjà les positions d’un certain réseau ?

Notre priorité : une école qui refuse les inégalités scolaires.

Rappelons que nous voulons une école qui permette à chacun.e de devenir citoyen, càd qui permette d’acquérir les savoirs et les connaissances nécessaires pour appréhender le monde et participer activement à sa transformation vers plus de justice. Ce droit à l’éducation doit se faire sur base de l’égalité des chances, donc… en ne laissant personne en chemin et en n’orientant pas précocement[3].

Nous invitons donc la ministre Marie-Martine Schyns, à relire l’ « Appel à refondation » dont la plate-forme de lutte contre l’échec scolaire était à l’initiative. La Ligue sera attentive aux prochains arbitrages gouvernementaux, suite aux travaux du Pacte. En effet, il nous paraît utopique que le Gouvernement propose, à terme, un « Pacte » avec la société sans lever préalablement tous les tabous qui empêchent l’évolution globale du système scolaire vers l’équité, et sans solutionner ces problèmes.

[1] Le Soir du 5 février 2014. Marie-Martine Schyns: « Pas de grand soir… »

[2] RTBF : Matin première 18 avril 2016

[3] 16 ans est, pour nous, l’âge précoce minimal « tolérable » pour demander à un jeune de faire un choix de vie.

Face au gouvernement des ultra-riches, ensemble pour résister

Face au gouvernement des ultra-riches, ensemble pour résister

Déclaration
1er septembre 2015

Dans tous les domaines, le Gouvernement Michel – De Wever fait des choix profondément injustes, alors que des alternatives existent, plus justes et plus efficaces.

En fiscalité, des cadeaux innombrables pour les plus riches et les grandes entreprises, des impôts et des pertes de revenus – parfois énormes – pour les travailleurs et plus particulièrement les travailleuses, et les populations appauvries ou précarisées … alors qu’il y a des solutions fiscales simples, justes et efficaces – à commencer par une taxe sur les grandes fortunes.

Dans nos services publics, notre vivre ensemble est menacé : non-remplacement du personnel, diminution des moyens pour la culture, l’école, les transports en commun, la justice …, alors qu’investir dans ces services publics crée de l’emploi, de la richesse commune et permet une société plus écologique.

Face au chômage, la seule réponse de ce Gouvernement est de faire travailler les aînés plus longtemps, de harceler chômeurs et prépensionnés, alors qu’une Réduction Collective du Temps de Travail permettrait de travailler tous et de vivre mieux.

Face au défi de l’appauvrissement, des migrations, du changement climatique et du danger nucléaire, de l’accès à la Justice, de l’échec scolaire, de la menace du TTIP …, nous avons des alternatives porteuses d’espoir et de justice. Mais le Gouvernement Michel – De Wever, et certaines politiques des gouvernements régionaux ou communautaires, font le choix de politiques austéritaires socialement injustes, mais aussi économiquement toxiques pour l’emploi et la prospérité.

Les inégalités explosent et mettent en péril notre démocratie elle-même. Seule une très étroite frange d’ultra-privilégiés peut trouver intérêt à ces politiques absurdes et injustes : ce Gouvernement est bien le Gouvernement des 1 % contre les intérêts de la population, contre l’espérance d’une véritable démocratie.

* * *

Ce Gouvernement a suscité, dès son arrivée, une vague d’indignation et de résistance comme notre pays n’en avait pas connue depuis des décennies – avec notamment 120.000 personnes, venues de tous les horizons, dans les rues de Bruxelles le 6 novembre. Cette indignation a aussi fait naître au Nord puis au Sud du pays, un large mouvement de citoyen-nes et d’organisations qui ne veulent plus d’une société où le profit et l’égoïsme commandent tout, mais veulent que les valeurs du cœur l’emportent sur l’obsession de la rigueur budgétaire.

Ce grand mouvement de contestation a montré qu’un lien fort est possible entre organisations syndicales, et associations féministes, de lutte contre la pauvreté, d’agriculteurs, d’acteurs culturels… Durant ces 6 mois, le Gouvernement Michel – De Wever a fait semblant d’entrer dans la concertation sociale, mais a avancé au travers de nos droits fondamentaux comme un bulldozer.

Nous avons perdu (provisoirement) des batailles ; mais nous refusons de capituler. Nous n’allons pas – même silencieusement – collaborer avec un gouvernement qui détruit notre pays et tout ce qui faisait sa richesse.

Aussi longtemps que ce sera nécessaire, tant que ce gouvernement de destruction sociale détruira nos droits, celui de tous les habitants de notre pays, et des plus faibles ou des plus précaires en particulier, nous serons ensemble pour lui résister. Chaque organisation reste maître du rythme et des formes de ses actions, mais nous croyons ensemble à la nécessité d’une pression continue et d’un crescendo d’actions, rassemblements, occupations, et y compris des grèves importantes pour empêcher ce mauvais gouvernement de nuire. La manifestation nationale du 7 octobre sera un premier grand moment d’expression de notre résistance.

La présente déclaration n’appartient à personne, à aucun parti, à aucune association ou aucune organisation ; mais elle rassemblera, sous l’affirmation Ensemble pour Résister, toutes celles et tous ceux qui refusent de laisser le gouvernement Michel – De Wever et les politiques d’austérité en Europe et dans les régions, détruire tout ce qui nous permet de vivre ensemble dans une société digne.
Organisations signataires

1. Blairon Jean, Directeur De RTA-Réalisation, Téléformation, Animation
2. Chabbert Delphine, Secrétaire Politique De La Ligue Des Familles
3. Chardome Pascal, Président CGSP Enseignement
4. Coenen Jean-Pierre, Président Ligue Des Droits De L’enfant
5. Cue Nico, FGTB Métal Wallonie-Bruxelles
6. Demoulin Stéphanie, Coordinatrice Fédération Francophone Des Ecoles De Devoirs Asbl
7. Deswaef Alexis, Président De La Ligue Des Droits De l’Homme
8. Djegham Myriam, MOC Bruxelles
9. Dorchies Michel, Secrétaire Fédéral, CSC Wallonie Picarde
10. Englert Thomas, JOC
11. Ernst Eugène, Secrétaire Général, CSC-Enseignement
12. Heldenbergh Pierre, Administrateur de l’asbl Les Grignoux
13. Julie MAENAUT, Plate-forme d’action santé et solidarité Actieplatform gezondheid en solidariteit
14. Lieben Gilbert, CGSP Wallonne
15. Lismont Joan, Président SEL-SETCA
16. Mahy Christine, Secrétaire Générale, Réseau Wallon De Lutte Contre La Pauvreté
17. Massaer Chantal, Inforjeunes Laeken
18. Mawet Fred, secrétaire générale, CGé
19. Namotte Jean-Marc, Secrétaire Fédéral, CSC Liège-Huy-Waremme
20. Pagnoulle Christine, ATTAC Wallonie-Bruxelles
21. Praile David, coordinateur du Réseau Belge de Lutte contre la Pauvreté.
22. Puissant Daniel, secrétaire du Réseau pour la Justice Fiscale
23. Schoemann Pierre, LAMA ASBL
24. Steinbach Christine, Equipes Populaires
25. Surleau Dominique, Secrétaire générale de Présence Et Action Culturelles
26. Umay Semra, Directrice Du C-Paje Collectif Pour La Promotion De l’Animation Jeunesse Enfance Asbl
27. Van Keirsbilck Felipe, Secrétaire général CNE
28. Vanden Eede Stéphane, Acteurs Des Temps Présents
29. Vansnick Philippe, Secrétaire Fédéral Adjoint CSC, Bruxelles-Hal-Vilvorde
30. Verteneuil Robert, Secrétaire Fédéral Centrale Générale FGTB

31. Puissant Daniel, secrétaire du Réseau pour la Justice Fiscale

Premier agenda de lutte et d’actions :
Pour résister Ensemble, nous multiplierons les actions nationales ou locales.

Dans le calendrier, nous annonçons déjà :
◦ le dimanche 6 septembre, veille du sommet européen sur l’agriculture : un rassemblement « Tous Paysans » pour défendre nos agriculteurs face au danger du TTIP ;
◦ la grande manifestation du Front Commun Syndical le 7 octobre ;
◦ l’accueil des marches européennes et l’encerclement du Sommet Européen le 15 octobre ;
◦ la journée, « Ensemble, avec force et sans peur, brisons l’enfermement de l’appauvrissement » à Namur le 16/10 ;
◦ la marche européenne « austérité = pauvreté » lors de la journée internationale de lutte contre la pauvreté le 17/10 ;
◦ la réédition de la « Grande Parade » le 20 mars ;
◦ une contestation forte de l’austérité lors du Premier Mai, qui est la fête des Travailleurs et non pas « du Travail » comme le croit le MR.

Le « drame » de l’avortement ? Et si l’Eglise catholique commençait par balayer devant sa porte ?

Le « drame » de l’avortement ? Et si l’Eglise catholique commençait par balayer devant sa porte ?

Communiqué de presse 7 avril 2015

Dans son homélie de ce premier dimanche d’avril, l’Archevêque de Malines-Bruxelles s’est trompé de cible en dénonçant le « drame » de l’avortement. S’il pensait défendre les enfants, c’est raté !

Prétendre défendre les droits des enfants, sans défendre d’abord celui des femmes, est un attrape-nigaud, une confusion dont l’Eglise est coutumière. Défendre la vie, défendre les enfants, c’est d’abord défendre le droit des femmes et des filles et donc aussi leur droit de décider quand elles veulent avoir un enfant et avec qui. Défendre le droit des enfants, ce n’est pas condamner les femmes à devoir avorter dans la clandestinité avec tous les risques que cela comporte.

Si nous devons encore nous battre, aujourd’hui, pour viser à plus d’égalité entre femmes et hommes et donc, plus d’égalités entre petites filles et petits garçons, c’est principalement dû à la « politique » de l’Eglise catholique romaine qui, depuis près de 2000 ans a cantonné les femmes dans un rôle de reproductrice et de mères de familles, ne disposant pas de la pleine propriété de leur corps qui appartenait soit à leur mari, soit à Dieu – donc à l’Eglise (par ex., les religieuses). En Belgique, il a fallu attendre 1990 ans pour que les femmes puissent – enfin – décider légalement de ce qu’elles font de leurs ventres.

Les femmes et les filles sont encore trop souvent victimes de discriminations et d’agressions physiques et sexuelles, tant au sein de la société qu’au sein des familles. Le « devoir conjugal » – notion  de droit canonique qui voyait dans la « copula carnalis » un fait et un effet du mariage, reste ancrée dans trop de mentalités. L’Eglise a d’énormes responsabilités dans la discrimination dont les femmes et les filles ont été et sont encore victimes aujourd‘hui.

Enfin, le « discours » de défense des enfants sonne faux. En effet, l’Eglise de Belgique méprise à la fois les droits des femmes mais aussi les droits des enfants qu’elle prétend défendre. Nous ne retiendrons, pour exemple, que la politique de ses « bonnes » écoles « Saint Elitiste » qui sélectionnent et orientent les enfants en fonction de leur origine sociale. Dans ce massacre des innocents, les écoles catholiques « huppées » sont à pointe de la discrimination et montrent le chemin, très loin de la parole de l’Evangile…

Nous invitons donc l’Archevêque de Malines-Bruxelles, tant qu’il est aux affaires de sa petite entreprise – ce qui ne lui laisse que peu de temps –  de reconnaître enfin les grandes responsabilités de l’Eglise catholique face aux injustices dont sont victimes les femmes et les enfants aujourd’hui encore, et à faire son mea culpa. Ce serait un signe de réconciliation avec toute la société.

Le parcours du combattant

Le parcours du combattant

 

Trop d’élèves pauvres dans le spécialisé 1 ?
L’intégration est un parcours du combattant.

Le constat que vient de réaliser l’Observatoire belge des inégalités, diffusé par LE SOIR de ce mercredi, est connu depuis quelques années. En novembre 2011, la Commission de pilotage du système éducatif avait démontré que les enfants pauvres étaient orientés 3 fois plus que les enfants nantis. Nous avions d’ailleurs dénoncé cette ségrégation avec Infor-Jeunes dans Le Soir du 30 août 2013 2 .

La Ministre Milquet veut des écoles plus intégrantes. C’est aussi notre combat et la solution que permet le Décret de 2009 3. La Convention des Droits des personnes handicapées impose d’ailleurs aux Etats Parties de créer des écoles inclusives 4. Mais nous en sommes encore loin !

L’intégration reste un parcours du combattant. Les familles ne trouvent que difficilement des écoles qui acceptent de mettre en place un projet d’intégration. Les trop rares écoles intégrantes se trouvent parfois submergées par les demandes de familles en détresse. Pendant ce temps-là, les orientations vers l’enseignement spécialisé continuent à augmenter.

Pour de nombreuses écoles, le spécialisé est LA solution à leur incapacité à répondre aux problèmes des enfants qui ont des difficultés d’apprentissage. Elles ne voient pas pourquoi elles n’orienteraient pas, « puisque le spécialisé est là pour cela ! ». Pourtant, il s’agit de discrimination 5.

Mais il n’y a pas que les écoles ordinaires qui refusent des projets d’intégration. Des écoles spécialisées mènent des combats d’arrière-garde, défendant leur pré carré. Des PMS continuent à proposer des orientations aux familles, sans proposer d’intégration. Enfin, des enseignants craignent ces élèves différents pour lesquels ils pensent n’avoir pas les outils pour les aider, alors que l’intégration les leur fournit 6.

Enfin, intégrer dans un enseignement frontal et pratiquant la sélection est un emplâtre sur une jambe de bois. Les écoles doivent changer ! L’intégration nécessite de changer ses pratiques pédagogiques afin de viser une réussite de tous les élèves (à commencer par celui qui a le plus de difficultés). L’intégration, si elle est un droit de l’enfant est aussi un bénéfice pour tous les élèves et, contrairement à ce que diront certains incompétents pédagogiques, un nivellement vers le haut, voire vers le très haut 7! A quand des écoles pour tous ?

Ce n’est pas demain mais aujourd’hui que les familles cherchent des solutions. Des écoles refusent des projets d’intégration dans la plus parfaite illégalité. Il serait temps que le politique se donne les moyens de faire respecter ses Décrets par les écoles qu’il subsidie. Et ces subsides, précisément, sont destinés à accueillir et faire réussir TOUS les enfants. Que le Gouvernement en tire les conclusions et agisse vite. Les familles en ont assez d’attendre !

1. Le Soir du 15 avril 2015, p1 et 3
2. L’enseignement spécialisé « poubelle » du général ?, Le Soir, Vendredi 30 août 2013, p. 5
Les centres PMS dirigent-ils trop vers le « spécialisé » ?, Le Soir, Vendredi 30 août 2013, p. 11
3. Le Décret Intégration scolaire du 5 février 2009 contient les dispositions relatives à l’intégration des élèves à besoins spécifiques dans l’enseignement ordinaire.
4. Convention des Droits de la Personne handicapée, article 24 § 2b, traitant de l’éducation « les États Parties veillent à ce que : Les personnes handicapées puissent, sur la base de l’égalité avec les autres, avoir accès, dans les communautés où elles vivent, à un enseignement primaire inclusif, de qualité et gratuit, et à l’enseignement secondaire. »
5. Le décret de la Communauté française du 12 décembre 2008 relatif à la lutte contre certaines formes de discrimination s’applique en matière d’enseignement (fondamental, secondaire, supérieur, promotion sociale, …) et prévoit que le refus d’aménagement raisonnable est une discrimination.
6. Pour rappel, l’intégration permet l’aide d’un enseignant « spécialiste » pour conseiller et aider l’enseignant accueillant, à raison de 4 h/semaine par enfant intégré. Si trois enfants sont intégrés, cela représente 12h.
7. Colloques des 17 octobre 2014 et 28 mars 2015 de la Ligue des Droits de l’Enfant : « L’intégration, un Droit, des pratiques. »