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LA PLACE DES ECOLES DE DEVOIRS
Actuellement, plus de 16.000 enfants et jeunes âgés entre 6 et 18 ans fréquentent chaque jour les 346 EDD[1] réparties sur le territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles. De plus en en plus de parents cherchent l’aide et l’encadrement qu’elles offrent. L’Observatoire de l’enfance estimait en 2017 à 70 %[2] le nombre des EDD qui ont une liste d’attente. Ce pourcentage est encore plus élevé à Bruxelles où il est très difficile de trouver une place libre.
Etude : Les notes à l’école
Hors les écoles à pédagogie active qui, elle, ont décidé de respecter leurs élèves, La plupart des institutions scolaires persistent à vouloir attribuer une note à toute production. Pourtant, et cela a été démontré depuis plus d’un siècle, le système d’évaluation par notation est tellement subjectif qu’il ne reflète jamais le niveau réel de l’élève en matière d’acquisition des apprentissages. Jean-Jacques Bonniol[7], professeur des universités en sciences de l’éducation, a par exemple calculé qu’il faudrait 78 correcteurs en mathématique et 762 en philosophie pour neutraliser les erreurs de calcul et améliorer l’objectivité de la notation.
Evaluer, pour quoi faire ?
La première mission des enseignants est de former des élèves et non d’évaluer, il faut le rappeler car souvent cette priorité est oubliée. Cependant, l’évaluation est nécessaire car on ne peut enseigner sans savoir si on l’a fait correctement. Nous devons savoir si chaque élève a compris, mais aussi comprendre pourquoi certains n’ont pas acquis le savoir transmis. Cela nous permettra de voir la manière dont on peut les aider ainsi que la manière et les types de remédiations immédiates[1] que l’on peut mettre en place.
Les notes ont-elles toujours existé ?
Notre histoire, en Communauté française, mais aussi notre école a toujours été et est toujours fortement influencée par ce qui se passe outre-Quiévrain. L’école française, encore aujourd’hui, a les mêmes faiblesses que la nôtre et les médias n’aidant pas, les professeurs belges se dédouanent de leurs pratiques de sélection et du taux de redoublement parce « qu’on a toujours fait ainsi ». Le « on », c’est la France et les images qu’elle nous renvoie de son propre système scolaire. Relisons « Le Petit Nicolas[6] » ou plus récemment « L’élève Ducobu[7] » mais aussi les films qui parlent de l’école en la montrant sous l’aspect sélection, ou incompétence des élèves (Rappelons-nous la série des Sous-doués, Mauvais élèves, Les Profs, Le Maître d’école, Le plus beau métier du monde, …). Car non, « on » n’a pas toujours fait ainsi…
Ecole : Quelle est l’efficacité de la notation ?
La question de la notation interpelle les parents mais aussi les enseignants depuis ses débuts. On relèvera l’expérience du professeur Laugier en 1930. Il a recherché dans les archives de l’époque 166 copies d’agrégation d’histoire et les a faites recorriger par deux collègues qui avaient une longue expérience, connus pour être capables de corriger méticuleusement. Ceux-ci ont travaillé séparément, sans connaître leurs appréciations respectives. Les résultats furent édifiants : la moyenne de l’ensemble des notes du premier correcteur dépassait de deux points celle du second. Les écarts de notes pour les mêmes copies pouvaient aller jusqu’à 9 points. Le premier a donné 5 à 21 copies qui ont été cotées entre 2 et 14 par le second. Le candidat classé avant dernier par l’un était second chez l’autre. Enfin, la moitié des candidats reçus par le premier étaient refusés par le second.
Alors, pourquoi les professeurs tiennent-ils aux notes ?
Fabrizio Butera[1] constate que, si la note peut être utilisée de manière formative, c’est loin d’être le cas aujourd’hui, car elle est essentiellement normative, « basée sur la comparaison des élèves, qui se manifeste sous forme d’un jugement et permet de mettre en évidence la performance relative des élèves et des étudiants. »
Que pensent les parents des notes ?
Les parents tiennent aux notes parce qu’il s’agit d’une course. Les premiers arrivés seront les mieux servis, ils auront les meilleurs diplômes. Ils ont été formés ainsi. Leurs propres parents leur ont mis la pression durant toute leur scolarité et cette dernière n’a tourné qu’autour de la note. Ensuite, ce ne sont pas des professionnels de l’éducation et ils n’imaginent pas qu’il est possible d’évaluer autrement (la plupart des professeurs non plus, d’ailleurs). Et, quand par hasard, ils sont confrontés à un système qui ne donne pas de notes, ils perdent pieds « Comment vais-je savoir si mon enfant connaît ses matières ? ». La note est tellement facile à comprendre : on a réussi plus ou moins brillamment ou on est en échec. Du moins, le croient-ils.
Les notes antérieures des élèves influencent-elles les professeurs ?
Il est vrai que certains professeurs cherchent à connaitre les notes reçues par leurs élèves les années précédentes. En général, ils invoquent l’importance d’anticiper l’échec ou la réussite de leurs élèves. Or, toutes les recherches ont démontré que cette information favorise des « biais de notation[1] », c’est-à-dire des erreurs systématiques d’évaluation du niveau de la copie en raison des attentes négatives ou positives créées par ces informations. Et rappelons-nous l’effet Pygmalion[2]. L’expérience a été faite dans les années 60 à l’école primaire d’Oak School dans la région de San Francisco, durant toute une année. Le psychologue Robert Rosenthal, qui cherchait comment on pouvait aider à progresser des élèves d’origines socioculturelles défavorisées et en difficulté d’apprentissage a eu l’idée de faire admettre aux professeurs que certains de leurs élèves, choisis au hasard, étaient surdoués.
Le redoublement a-t-il un effet sur l’évaluation professorale ?
De manière générale, l’image du redoublant est particulièrement négative auprès du corps professoral. Avant même le début de l’année chacun s’enquière de savoir combien il y a de redoublants dans chaque classe qu’il a en charge et les commentaires désabusés du genre « encore une classe qu’il va falloir tirer » sont fréquents en salle des profs.













