Classe du futur

Communiqué de presse

Une nouvelle ministre pour finaliser le Pacte ou pour le torpiller ?

Si nous nous réjouissons que le navire de l’école ne soit plus sans capitaine, nous sommes interpellés par un casting qui réveille en nous une certaine inquiétude, si pas une inquiétude certaine.

Notre système scolaire est singulièrement inéquitable et discriminant. La ministre Schyns a aujourd’hui la mission de reprendre les travaux du Pacte pour un enseignement d’excellence. Rappelons que ce « Pacte » est la réponse du monde Politique à l’ « Appel à refondation » lancé par le monde associatif, le 31 janvier 2014. Or, à l’époque, madame Schyns a clairement exprimée son désaccord avec cet Appel[1].

Nous craignons qu’au moment ou le Pacte arrive à un tournant, les avancées qu’il aura engrangées ne soient torpillées et vidées de leurs effets positifs. Par exemple et pour ne pas le nommer, citons le tronc commun polytechnique jusque 16 ans qu’une majorité d’acteurs revendique : dès sa prise de fonction, la ministre le limite à la fin de la troisième année secondaire, qu’elle veut « orientante[2] ».

Cette déclaration nous fait craindre le pire. Madame Schyns tient-elle à une école à deux vitesses, inégalitaire et discriminante ou, plus simplement, relaie-t-elle déjà les positions d’un certain réseau ?

Notre priorité : une école qui refuse les inégalités scolaires.

Rappelons que nous voulons une école qui permette à chacun.e de devenir citoyen, càd qui permette d’acquérir les savoirs et les connaissances nécessaires pour appréhender le monde et participer activement à sa transformation vers plus de justice. Ce droit à l’éducation doit se faire sur base de l’égalité des chances, donc… en ne laissant personne en chemin et en n’orientant pas précocement[3].

Nous invitons donc la ministre Marie-Martine Schyns, à relire l’ « Appel à refondation » dont la plate-forme de lutte contre l’échec scolaire était à l’initiative. La Ligue sera attentive aux prochains arbitrages gouvernementaux, suite aux travaux du Pacte. En effet, il nous paraît utopique que le Gouvernement propose, à terme, un « Pacte » avec la société sans lever préalablement tous les tabous qui empêchent l’évolution globale du système scolaire vers l’équité, et sans solutionner ces problèmes.

[1] Le Soir du 5 février 2014. Marie-Martine Schyns: « Pas de grand soir… »

[2] RTBF : Matin première 18 avril 2016

[3] 16 ans est, pour nous, l’âge précoce minimal « tolérable » pour demander à un jeune de faire un choix de vie.

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