L’expansion des mouvances masculinistes et  » tradewives » chez les jeunes

Les réseaux sociaux occupent aujourd’hui une place centrale dans la vie des adolescents et constituent un espace de socialisation, d’information et de la construction identitaire. S’ils offrent de nombreuses opportunités d’échange et d’apprentissage, ils favorisent également la diffusion rapide de contenus idéologiques.

Discours masculinistes et tendance des « tradwives »

Parmi ceux-ci figurent notamment les discours masculinistes et la tendance des « tradwives » qui, autrefois cantonnés à des communautés en ligne relativement marginales, bénéficient désormais d’une visibilité importante sur des plateformes telles que TikTok, Instagram, YouTube, X, Discord ou Telegram. Certains créateurs de contenu y diffusent des représentations stéréotypées des rapports entre les femmes et les hommes, valorisent des modèles de domination masculine ou remettent en cause les avancées réalisées en matière d’égalité entre les femmes et les hommes.

Préserver les droits et le développement des jeunes

Cette évolution suscite d’importantes préoccupations au regard des droits de l’enfant. L’enfance et l’adolescence constituent des périodes déterminantes dans la construction de l’identité, des relations sociales et des représentations du monde. Une exposition répétée à des contenus sexistes, antiféministes ou véhiculant des normes rigides de masculinité est susceptible d’influencer le développement des jeunes, leur perception des rapports entre les femmes et les hommes ainsi que leur rapport à la violence et à certaines formes de radicalisation. Ces phénomènes interrogent le droit de l’enfant à un développement harmonieux, à une éducation fondée sur le respect des droits humains et de l’égalité, ainsi qu’à une protection contre les contenus susceptibles de nuire à son bien-être.

Recommandation proposée par la Députée Ecolo Margaux de Ré

Afin de mieux lutter contre la diffusion des idéologies masculinistes auprès des jeunes, la proposition de résolution de la Communauté française préconise une stratégie articulée autour de cinq axes. Elle recommande tout d’abord de mieux connaître le phénomène, notamment par le développement de la recherche et la création d’outils de suivi.

Elle insiste ensuite sur la prévention, à travers le renforcement de l’éducation aux médias, à la citoyenneté, à l’égalité entre les femmes et les hommes et à la promotion de modèles de masculinités positives.

Le texte préconise également une détection plus précoce des situations de radicalisation sexiste dans les établissements scolaires, un meilleur accompagnement des jeunes concernés ainsi qu’une formation renforcée des enseignants, des professionnels de l’éducation et des intervenants de terrain.

Enfin, il appelle à une réponse institutionnelle et numérique plus ambitieuse, notamment par une meilleure régulation des plateformes numériques et un renforcement du cadre juridique applicable à la diffusion des contenus masculinistes et misogynes.

Interview de Madame Margaux De Re, Députée bruxelloise écolo

Dans le cadre de cette analyse, nous avons interviewé Madame Margaux De Re, Députée bruxelloise écolo, afin de recueillir son point de vue sur le masculinisme. Nous lui avons posé plusieurs questions sur cette thématique, et une vidéo accompagnant cette analyse présente ses réponses.