Déc 12, 2008 | Discrimination - Violence, Ecole - Education - Inclusion
Communiqué de presse 12 décembre 2008
Le décret mixité doit vivre
Le décret mixité est globalement un bon décret
Le décret mixité est globalement un bon décret. De par sa philosophie progressiste et humaniste, il vise à créer un enseignement secondaire enfin accessible à tous les enfants, dans le respect des droits de tous. Il permet aux familles les plus défavorisées d’accéder à des écoles qui, jusqu’alors, les rejetaient de la manière la plus abjecte qui soit. Il lutte enfin contre les privilèges que s’étaient octroyés certains milieux sociaux au détriment des moins nantis. C’est un décret citoyen qui respecte le droit de tous les enfants et de toutes les familles. Il ne peut faire l’objet d’un classement sans suite.
On ne peut laisser des familles dans l’angoisse
Son point faible se trouve dans la gestion des inscriptions multiples. Actuellement, de nombreuses familles se trouvent dans l’angoisse, ne sachant si leur enfant va pouvoir aller dans une école de leur choix. C’est, évidemment, totalement inacceptable. Ce n’est pas la faute du décret mais de parents qui ont obtenu plusieurs « sésames » et qui refusent de faire connaître leur choix définitif, bloquant ainsi des centaines de places dans des dizaines d’écoles.
NON à la page blanche. Il faut simplement corriger ce qui ne fonctionne pas
Nous appelons le Gouvernement de la Communauté française à ne pas jeter le décret mixité, à ne pas repartir d’une page blanche et donc, à ne pas remettre en cause le droit des familles les moins favorisées. Nous demandons au Gouvernement de modifier les modalités concernant la gestion des inscriptions.Le traitement collectif des préférences est, selon nous, la meilleure solution. Nous pensons qu’il faut décharger les écoles de la charge des inscriptions pour les confier à un lieu neutre qui protègera le droit des familles les moins favorisées et créera une plus forte solidarité entre écoles.
Nous appelons les familles « gagnantes » à faire leur choix rapidement
Nous appelons les familles qui ont bénéficié de plusieurs inscriptions suite au tirage au sort à manifester rapidement leur choix définitif afin de permettre aux familles en attente de bénéficier rapidement d’une place pour leur enfant. Il s’agit d’un acte citoyen élémentaire.
Le gouvernement doit prendre ses responsabilités
Enfin, nous appelons le Gouvernement de la Communauté française à prendre ses responsabilités en obligeant les familles ayant gagné plusieurs places par tirages au sort à signaler leur choix définitif avant le 15 janvier sous peine de leur imposer ce choix selon des critères de proximité. On ne peut laisser les familles « malchanceuses » dans l’angoisse plus longtemps.
La Ligue des Droits de l’enfant appelle les partis de la majorité à maintenir et renforcer le décret mixité qu’ils ont élaboré en commun et dont les objectifs sont fondamentaux. Un gouvernement ne peut accepter la pression de quelques centaines de familles et d’associations opportunistes dont le seul objectif est le maintien de privilèges de castes, au détriment de l’immense majorité de la population et principalement des plus faibles.
Fév 22, 2008 | Ecole - Education - Inclusion
Voir LE SOIR du 06 mai 2008 à la page http://www.lesoir.be/forum/cartes_blanches/carte-blanche-la-rtbf-sera-t-2008-05-06-596409.shtml
Les élections régionales et communautaires approchent à grands pas, à vrai dire les différents partis politiques ont déjà commencé à fourbir leur armes. Au niveau de la Communauté française, les matières éducatives sont au centre de ses compétences.
Il est sain que les différents partis politiques puissent mettre en débat leurs idées, leurs valeurs et les soumettent au vote démocratique des citoyens. Nous sommes de ceux qui croyons que les idéologies ne sont pas mortes et que les projets des uns ou des autres ne contribuent pas nécessairement à la construction d’une Ecole démocratique et émancipatrice pour tous. Nous nous inquiétons de la possibilité pour nos citoyens de faire des choix en connaissance de cause et nous posons clairement ici la question du rôle pédagogique de la radio et plus particulièrement de la télévision de service public.
La RTBF s’est engagé pour 5 ans en 2007 à remplir un nouveau contrat de gestion que ses dirigeants et la ministre de tutelle ont voulu très souple, avec peu d’obligations précises en matière de programmes. La voie ténue de celles et ceux qui réclamaient un « autre traitement » nettement plus substantiel pour les questions d’éducation n’a pas été entendue en dépit de rencontres avec les cabinets. Ils ont espéré que ces matières – écoles, éducation permanente des adultes, jeunesse, éducation à la santé, à la consommation, au développement durable … – seraient prises sérieusement en compte. Force est de constater que cela n’a pas été le cas. Les auditeurs et téléspectateurs continuent à être informés par des émissions quotidiennes ou hebdomadaires sur le vin, le cheval, les jardins, les questions d’argent et de briques dans le ventre, les résultats de la Bourse, du Lotto … Mais rien de régulier et systématique sur les questions d’éducation !
Le dernier exemple en date d’une absence de traitement approfondi des politiques éducatives porte sur le décret inscriptions. Ce à quoi nous avons assisté dans la presse et tout particulièrement en télévision est quand même hallucinant. Ce décret s’en est trouvé réduit à des files de parents, devant quelques écoles. Chaque média a joué le jeu de la surenchère à l’image, voire de la ‘théâtralisation’. La particularité du « visuel » est d’occulter tout autant que de donner à voir. C’est à la fois sa force et sa limite. Nous avons l’impression de vivre l’évènement en direct mais cela ne nous permet pas pour autant de le comprendre. Nous avons assisté à une surmédiatisation d’un évènement avec des images chocs à l’appui, mais qui ont occulté complètement les véritables enjeux d’une école de la réussite pour tous les enfants. Cet exemple est symptomatique du traitement des enjeux éducatifs, hors médias spécialisés, dans la presse audio-visuelle : il en est réduit à de l’anecdotique et du spectaculaire.
Il n’est pas évident de lire notre système scolaire, d’en comprendre les tenants et aboutissants. La rapidité avec laquelle les sujets sont abordés dans un journal télévisé ne permet certainement pas de traiter un sujet aussi complexe en profondeur. Moins spectaculaires, mais nécessitant aussi des éclairages et perspectives, des sujets récents aussi importants que les résultats des enquêtes PISA ou la publication des forts intéressants ‘indicateurs de l’enseignement’. Ils n’ont reçu qu’un traitement superficiel, rapide et unilatéral au JT.
Pour information, la dernière émission abordant en profondeur les questions des inégalités scolaires, des écoles ghettos et des moyens pour y remédier, remonte au 19 septembre 2007 avec Questions à la Une, Notre enseignement est-il discriminatoire ?
Car c’est bien cela dont il s’agit et qui trouve rarement écho sur les chaines de radio et télévision publiques : notre système éducatif francophone va mal, il est peu efficace et surtout il renforce les inégalités sociales de départ.
Si l’éducation a une place de choix dans les discours des décideurs en Communauté Française, nous ne pouvons accepter que le service public audiovisuel d’éducation et de culture ne prennent pas dès maintenant des engagements sur des dossiers qui sont au cœur de l’action de la Communauté et qui représente les 9/10 de son budget.
C’est pourquoi nous posons une double revendication :
– aux hommes et femmes politiques de tous bords, d’engager un débat sur le rôle de la télévision et pas uniquement sur la question de la publicité ! La télévision pourrait devenir un formidable outil démocratique (…), car ce qui mine aujourd’hui la démocratie, c’est l’opacité des décisions, le caractère bureaucratique des explications qui sont fournies aux citoyens et le silence auquel ces derniers sont condamnés. Ce qui pourrait sauver la démocratie, c’est la mise en débat public, à tous les niveaux, des projets qui concernent la société.[1]
– au service public de radio et de télévision, de réaliser dans la perspective des élections de 2009, ce travail de mise en débat des enjeux éducatifs au travers d’une programmation régulière et à des heures de grande écoute.
Plateforme contre l’échec scolaire
coordonnée par la Ligue des Droits de l’Enfant
Véronique Marissal, Coordination des Écoles De Devoirs de Bruxelles
Vincent Carette, ULB
Joan Lismont, SEL
Michel Vrancken, CGSP
Prosper Boulangé, CSC-Enseignement
Catherine Stercq, Lire-et-Ecrire
Thierry Jacques, Mouvement Ouvrier Chrétien
Vincent Dupriez, Girsef/UCL
Hakim Hedia, FAPEO
Marcel Crahay, Université de Genève
Jean-Pierre Kerckhofs, Appel Pour une Ecole Démocratique
Rudy Wattiez et Benoît Galand, Changements pour l’Egalité, mouvement socio-pédagogique
Jean-Pierre Coenen, Ligue des Droits de l’Enfant
[1] Une autre télévision est possible, Ph. Meirieu, Chronique Sociale, 2007.
Juin 1, 2005 | Ecole - Education - Inclusion
Communiqué de presse 01 juin 2005
L’enseignement est, avant tout, un droit de l’enfant.
L’enseignement est un droit de l’enfant et donc le rôle de l’école doit être de rendre accessible à tous les enfants le bagage de connaissances et de compétences nécessaires pour appréhender le monde et pour participer activement à sa transformation vers plus de justice.
Le Contrat pour l’Ecole défend des valeurs humanistes et égalitaires qui ne peuvent que réjouir les défenseurs des droits humains et en particulier des droits de l’enfant. Il constate les inégalités présentes dans l’enseignement en Communauté française. En cela il constitue un progrès indéniable qui démontre une volonté politique nouvelle de lutter contre les discriminations en matière d’acquisition des savoirs.
Malheureusement, les objectifs fixés, s’ils vont dans le bon sens et constituent un progrès pour certains enfants en difficulté, sont encore trop frileux. Ne faire progresser en 8 ans que de 10% le nombre d’élèves à l’heure à la fin de l’enseignement primaire et de 5% à la fin du secondaire[1] est nettement insuffisant. Il ne peut y avoir de « pertes acceptables » en matière d’égalité des chances ! TOUS les enfants ont droit au même bagage de connaissances et aux mêmes chances d’acquérir une formation valorisante.
Nous restons donc sur notre faim. 15 % des enfants se retrouveront encore sans la moindre qualification, 30 000 redoubleront encore chaque année, sans compter les milliers de laissés pour compte. Des milliers de familles sont en souffrance, elles sont condamnées à le rester. Pour elles, l’espoir n’est pas écrit dans le Contrat pour l’Ecole ! Il s’agit essentiellement de familles défavorisées socialement. Nous nous étonnons aussi que la gratuité scolaire ne soit pas reprise dans les priorités pour nos enfants. En effet, la réclamation de frais entraîne une discrimination entre élèves et familles et compromet la bonne intégration scolaire et la scolarité même.
Autre motif d’inquiétude : les enfants les plus fragiles, ceux qui souffrent de maladies chroniques ou sont porteurs de handicaps, ne bénéficient pas des mêmes objectifs en matière d’acquisition des savoirs. Le Contrat pour l’Ecole les ignore ! Leurs différences mentales ou physiques en font-elles des êtres à part, n’ayant pas droit aux mêmes niveaux d’éducation que le reste de la population scolaire ? Une société intégratrice est une société ou chacun a le droit de vivre avec chacun, à toutes les étapes de la Vie, en commençant par l’Ecole.
En conclusion, les mesures envisagées vont dans le bon sens mais sont insuffisantes. On ne peut demander aux familles les plus discriminées scolairement et socialement d’attendre 2013 pour qu’un nouveau Contrat pour l’Ecole mette, enfin, en place les moyens nécessaires à la réussite de TOUS les élèves.
[1] + 10 % de non redoublement à 12 et + 15 % à 18 ans. Bref, + 5% seulement entre 12 et 18 ans !
Mai 4, 2005 | Ecole - Education - Inclusion
L’éducation est, avant tout, un droit de l’enfant.
Des valeurs humanistes …
Critiqué, démonté, vilipendé par beaucoup, le projet de Contrat stratégique de la Ministre de l’enseignement, Marie Arena, a été la cible de groupes divers, parfois les plus extrêmes, souvent partisans, corporatistes voire carrément poujadistes. Ceux-là défendent des intérêts divers, souvent personnels mais oublient, qu’en réalité, ce projet est destiné, avant tout, aux enfants. Il nous paraît donc important de rappeler, avant sa rédaction finale, que l’enseignement est un droit de l’enfant et donc que le rôle de l’école doit être de rendre accessible à tous les enfants le bagage de connaissances et de compétences nécessaires pour appréhender le monde et pour participer activement à sa transformation vers plus de justice.
Dans cet esprit, le projet de Contrat stratégique est, jusqu’ici, porteur de valeurs égalitaires qui ne peuvent que réjouir les défenseurs des droits humains et en particulier des droits de l’enfant. Aussi, il nous semble important d’insister prioritairement sur les qualités du projet.
L’idéologie égalitaire du contrat stratégique ne peut que nous réjouir. Elle prend acte des inégalités présentes dans l’enseignement en Communauté française et a la volonté d’y remédier. Pour la première fois un gouvernement dit clairement qu’il veut réinvestir dans enseignement primaire. Le fondamental, nous tenons à le rappeler, commence en première maternelle. Il est le parent pauvre de notre enseignement obligatoire. Alors qu’il est sensé poser toutes les bases, il est nettement sous-financé par rapport à l’enseignement secondaire. Réinvestir massivement dans le fondamental est la condition première d’une réussite dans le secondaire de transition mais également pour donner la même égalité de chance à tous dans la vie.
Nous sommes loin de la prétendue utopie vilipendée par les réactions au projet de Contrat stratégique. En effet, il est loin d’être utopiste d’exiger de l’Ecole qu’elle mène tous les jeunes à atteindre un niveau élevé, ni que 100 % des élèves doivent obtenir leur certificat d’étude de base. Il est également loin d’être utopiste d’instaurer un tronc commun afin de retarder le plus tard possible la sélection et d’éviter les relégations. Ce système existe à l’étranger où il fonctionne parfaitement. Il s’agit simplement de droits de l’enfant. Depuis les années 60 et Piaget, on sait qu’il est faux de penser que certains élèves sont doués pour les études et d’autres pas[1].
Le principe d’inégalité des chances est un principe fasciste, intolérable dans un Etat de Droit, qui doit être combattu par tous les démocrates !
… mais des miettes de bonnes idées
Malgré ces bonnes intentions, le projet de CS nous laisse sur notre faim. En terme de programme, il ne propose pas grand-chose. Il s’agit essentiellement d’un saupoudrage de « bonnes idées ultra timides ». Sans entrer dans les détails, épinglons néanmoins quelques points exemplatifs de notre propos :
- Le tronc commun: celui-ci ne doit pas se limiter au premier degré de l’enseignement secondaire de transition mais doit être étendu jusqu’à 16 ans (4e année du secondaire de transition) et comprendre une formation pluridisciplinaire, c’est-à-dire générale, technique, artistique et sportive identique pour tous, ceci afin de retarder le plus tard possible la sélection et d’éviter les relégations. Il est contraire aux droits de l’enfant d’orienter précocement ceux qui mettent plus de temps que les autres à acquérir les savoirs. Chacun a le droit de prendre le temps pour mûrir un projet de Vie. Exiger d’un enfant qu’il fasse ce choix avant 16 ans est un déni de droit !
- La diminution du nombre d’élèves à 20 de moyenne par classes pour les deux premières années du primaire : Aux dires de la Ministre, c’est déjà la moyenne. Où est le progrès ? L’effort doit être porté sur les premières années du primaire. 15 élèves par classes au premier degré doit être l’objectif à court terme.
- Volonté de remédiation immédiate: Il importe d’apporter la remédiation au moment même où l’enfant en a besoin. Cela nécessitera un engagement important d’enseignants spécialistes des difficultés d’apprentissage, et d’encadrants professionnels : logopèdes, spécialistes de la dyslexie, dyscalculie, maîtres d’adaptation à la langue … Comment cela sera-t-il possible puisqu’aucune augmentation de l’enveloppe budgétaire n’est prévue ?
- Gratuité progressive. Pourquoi progressive ? Il nous semble, en outre, que ne demander qu’à l’école de veiller à cette gratuité est insuffisant. La piscine, l’accès à la culture (musées, parcs à thème, connection à Internet, théâtre, …), transports publics, sont des domaines où la gratuité doit être la règle pour les écoles.
- La concurrence entre établissements scolaireset les filières de hiérarchisation sont de la ségrégation à l’état pur, un réel apartheid scolaire. Nous rappelons qu’un enfant a le droit de se construire dans son milieu de Vie et non être contraint à faire des kilomètres pour trouver une école. L’hétérogénéisation de tous les établissements doit être programmée selon un calendrier Tous les établissements scolaires doivent recevoir les moyens de permettre à chaque enfant d’arriver au même niveau que les autres, en bannissant toute discrimination socioculturelle et avec un objectif d’hétérogénéisation.
- 2013. Nous sommes conscients que les changements indispensables à la réforme de notre enseignement nécessitent un phasage mais c’est dès aujourd’hui que des enfants sont en difficultés scolaires, et il y a lieu de mettre en place des mesures transitoires afin de sauver ceux qui peuvent l’être encore. On en peut faire une croix sur 272 000 jeunes wallons[2] et bruxellois qui seront, si rien ne change, irrémédiablement condamnés à n’avoir aucun diplôme pour aborder la vie. Ce plan stratégique se définit comme étant à moyen et long termes, alors que nous sommes dans l’urgence et ce, depuis des années. Une réelle volonté politique de résorption des inégalités doit être mise en place en priorité.
Les enfants les plus fragiles
Nous nous étonnons que le Contrat stratégique se soucie peu des enfants les plus fragiles, malades ou handicapés.
En effet, ceux-ci sont considérés comme quantité négligeable, comme si le statut qui leur était réservé par la société actuelle, c’est-à-dire d’être mis en marge de celle-ci, ne méritait pas d’autres considérations. Un projet humaniste se doit de commencer par les plus fragiles. Dans le Contrat stratégique ils restent marginalisés.
En effet, une seule page sur les 78 que comprend le projet de Contrat stratégique traite de l’enseignement spécialisé, et encore, pour le considérer comme une structure spécifique à l’écart de l’enseignement ordinaire, à partir duquel certains doivent passer s’ils veulent entrer dans me cadre du système éducatif.
Une société qui se voudrait égalitaire, humaniste et progressiste se doit de donner à chacun le maximum de chances dans la vie. A commencer par pouvoir se construire dans son tissu social. Au contraire de ce principe basique, notre système scolaire oblige ces enfants à passer plusieurs heures, chaque jour, dans des transports scolaires abrutissants pour se rendre dans l’école la plus proche – souvent lointaine, adaptée à leur problématique. Il en ressort des situations inégalitaires. Il y a lieu d’enrayer la discrimination en adaptant le système à l’enfant et non uniquement l’enfant au système.
L’égalité des chances et le droit à la participation sociale de la personne handicapée, supposent une Ecole pour Tous et pour Chacun, quel que soit le niveau d’enseignement et de formation, et ce tout au long de la vie.
Une éducation en milieu ordinaire est un principe de base pour l’Ecole pour tous et chacun.
Les Etats membres doivent adopter une législation garantissant à tous les enfants en âge scolaire et à tous les adultes, le droit d’accéder à un système d’enseignement ordinaire. »
Charte de Luxembourg, novembre 1996
Tout enfant a le droit d’être scolarisé avec un projet scolaire dans lequel il trouve sa place et qui réponde adéquatement à un ensemble d’exigences propres à ses besoins. L’intégration au travers de la scolarité est un moyen pour atteindre l’intégration sociale au sens large et vise à terme une société ouverte et accessible à tous.
Nous demandons donc que le Contrat stratégique pour l’Education comprenne une réelle politique d’intégration de tous les enfants handicapés ou malades chroniques en tenant compte, par ailleurs, des engagements internationaux pris par la Communauté française de Belgique.
[1] 34 % des enfants quittent l’enseignement avant la fin du secondaire, sans diplôme, hypothéquant leur intégration sociale et influençant leur vie entière.
[2] L’intelligence se construit. Il est faux de penser que certains élèves ne sont pas faits pour des études. Ce qui distingue le plus les élèves c’est leur vitesse d’apprentissage. La qualité de l’apprentissage réalisé n’a aucun rapport avec le temps mis pour y arriver. (Que savons-nous ? Marcel Crahay)