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Ecole : Quelle est l’efficacité de la notation ?

Ecole : Quelle est l’efficacité de la notation ?

La question de la notation interpelle les parents mais aussi les enseignants depuis ses débuts. On relèvera l’expérience du professeur Laugier en 1930. Il a recherché dans les archives de l’époque 166 copies d’agrégation d’histoire et les a faites recorriger par deux collègues qui avaient une longue expérience, connus pour être capables de corriger méticuleusement. Ceux-ci ont travaillé séparément, sans connaître leurs appréciations respectives. Les résultats furent édifiants : la moyenne de l’ensemble des notes du premier correcteur dépassait de deux points celle du second. Les écarts de notes pour les mêmes copies pouvaient aller jusqu’à 9 points. Le premier a donné 5 à 21 copies qui ont été cotées entre 2 et 14 par le second. Le candidat classé avant dernier par l’un était second chez l’autre. Enfin, la moitié des candidats reçus par le premier étaient refusés par le second. 

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Que pensent les parents des notes ?

Que pensent les parents des notes ?

Les parents tiennent aux notes parce qu’il s’agit d’une course. Les premiers arrivés seront les mieux servis, ils auront les meilleurs diplômes. Ils ont été formés ainsi. Leurs propres parents leur ont mis la pression durant toute leur scolarité et cette dernière n’a tourné qu’autour de la note. Ensuite, ce ne sont pas des professionnels de l’éducation et ils n’imaginent pas qu’il est possible d’évaluer autrement (la plupart des professeurs non plus, d’ailleurs). Et, quand par hasard, ils sont confrontés à un système qui ne donne pas de notes, ils perdent pieds « Comment vais-je savoir si mon enfant connaît ses matières ? ». La note est tellement facile à comprendre : on a réussi plus ou moins brillamment ou on est en échec. Du moins, le croient-ils.

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Les notes antérieures des élèves influencent-elles les professeurs ?

Les notes antérieures des élèves influencent-elles les professeurs ?

Il est vrai que certains professeurs cherchent à connaitre les notes reçues par leurs élèves les années précédentes. En général, ils invoquent l’importance d’anticiper l’échec ou la réussite de leurs élèves. Or, toutes les recherches ont démontré que cette information favorise des « biais de notation[1] », c’est-à-dire des erreurs systématiques d’évaluation du niveau de la copie en raison des attentes négatives ou positives créées par ces informations. Et rappelons-nous l’effet Pygmalion[2]. L’expérience a été faite dans les années 60 à l’école primaire d’Oak School dans la région de San Francisco, durant toute une année. Le psychologue Robert Rosenthal, qui cherchait comment on pouvait aider à progresser des élèves d’origines socioculturelles défavorisées et en difficulté d’apprentissage a eu l’idée de faire admettre aux professeurs que certains de leurs élèves, choisis au hasard, étaient surdoués.

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Evaluations et notations : Tous les élèves sont-ils logés à la même enseigne ?

Evaluations et notations : Tous les élèves sont-ils logés à la même enseigne ?

L’arrangement des notes dépend aussi de l’histoire du correcteur. Si, au cours de la correction d’une pile de copies, il en vient à se rendre compte que les notes sont particulièrement basses et qu’il ne peut souffrir une moyenne aussi basse, il peut, pour ses dernières copies avoir tendance à noter plus large, afin d’avoir une moyenne de 65 ou 70 %. Une telle manière d’évaluer est liée à l’histoire personnelle des professeurs, à un engagement politique progressiste (conservateur vs réactionnaire), voire à leur origine sociale. Pour sauver le niveau global de la classe, un professeur peut modifier son barème de notation en cours de correction, voire recommencer la pile de corrections afin de s’assurer d’être plus juste vis-à-vis de tous.  

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Les profs disent que les notes ont un « effet stimulant ». Est-ce prouvé ?

Les profs disent que les notes ont un « effet stimulant ». Est-ce prouvé ?

Selon Pierre Merle[1], « Cette idée est diffusée surtout par les anciens bons élèves. Les plus de 100 000 élèves sortis sans diplôme du système éducatif n’ont pas du tout été motivés par la suite continue de mauvaises notes recueillies au cours de leur brève scolarité.» Il en est, évidemment, de même pour les 20 000 élèves qui, chaque année abandonnent l’enseignement de la Communauté française de Belgique sans le moindre diplôme.

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