Comme écrit à la page précédente, les ARNm (pour ARN Messager) sont des molécules qui sont de simples copies de morceaux de notre ADN. En quelques sortes, des photocopies destinées à ne pas affaiblir notre génome par la production de protéines. Une fois celles-ci produites, les molécules d’ARNm s’autodétruisent.

L’ARNm a été découvert dans les années 1960 et, de ce fait, les vaccins à ARN messager sont étudiés depuis longtemps. « Il y a une dizaine d’années, les découvertes d’une biochimiste d’origine hongroise, Katalin Kariko, ont permis de trouver la façon d’utiliser l’ARN messager pour vacciner, chez les animaux et chez l’humain, en diminuant l’inflammation. Elle a modifié l’ARN messager pour diminuer l’inflammation créée et pour augmenter sa stabilité. Ça, c’est le point de départ des vaccins [1]». Il n’est pas tout à fait vrai que cette technologie n’a jamais été testée sur des humains. Les vaccins à ARN ont été testés sur au moins quatre virus : le Zika, la grippe, la rage et le cytomégalovirus. Mais ces essais cliniques n’ont pas dépassé la phase 1, ce qui limite le recul dont on peut disposer sur les observations cliniques[2]. L’idée est de détourner le système pour mettre au point des vaccins qui permettront à « nos cellules de fabriquer elles-mêmes le composant notre lequel notre organisme va apprendre à se défendre.[3] » En clair, il s’agit d’administrer un ARNm qui correspond à une protéine du virus que l’on cible (dans ce cas-ci le SARS-CoV-2), qui ne risque pas de nous rendre malades mais qui va permettre à notre organisme de se défendre. Cet ARNm ne s’adresse pas à notre génome mais va directement dans les usines de production de protéines (les ribosomes) où elle sera éliminée une fois les protéines produites. En ce qui concerne le SARS-CoV-2, il s’agit de la protéine S.

Muriel Moser détaille le fonctionnement : « l’ARN messager donne l’information génétique à nos cellules pour fabriquer la protéine S. La protéine S, c’est la clé du virus qui va rentrer dans la serrure de nos cellules ». La caractéristique des virus, par rapport aux bactéries par exemple, c’est qu’ils vont à l’intérieur de nos cellules. Ils ont besoin de nos cellules pour se développer. La spécialiste de l’immunobiologie poursuit : « un virus est un micro-organisme, que certains estiment ne pas être réellement un être vivant, simplement parce qu’il n’est pas capable de se répliquer de façon autonome. Il a besoin d’utiliser le métabolisme, l’énergie des cellules de l’hôte[4]« .

A la question de savoir si le vaccin peut modifier notre ADN, la réponse de Muriel Moser est claire : « Non, le vaccin ne modifie pas notre ADN génétiquement »[5]. Cela est impossible parce qu’il n’y a pas les enzymes nécessaires. En conclusion, « l’ARNm ne peut pas entrer dans les noyaux de nos cellules, là où se trouvent les quarante-six chromosomes contenant l’ADN humain car il faudrait que cet ARNm soit rétro-transcrit sous forme d’ADN, ce qui est du domaine de l’impossible[6] ».

Et l’agence fédérale des médicaments de préciser que « lorsqu’un vaccin à ARN messager est injecté, les particules lipidiques contenant l’ARNm sont rapidement absorbées par les cellules du corps par endocytose. L’ARNm est libéré des endosomes dans le cytoplasme où il est traduit en protéine sans se multiplier davantage. Les résidus du vaccin seront détruits dans les lysosomes de la cellule. Les produits de dégradation sont automatiquement décomposés et éliminés de notre corps. L’ARNm reste dans le cytoplasme des cellules et ne peut pas migrer vers le noyau de la cellule (où se trouve l’ADN). De plus, la structure moléculaire de l’ARNm est différente de celle de l’ADN. Par conséquent, il n’y a aucun risque de modification génétique ou de dommage à l’ADN après l’administration du vaccin. Par ailleurs, l’ARNm en lui-même n’est pas très stable. S’il n’est pas immédiatement converti en protéine par les ribosomes, l’ARNm se décompose relativement vite dans les cellules. L’ARNm qui n’est pas absorbé dans les cellules est également décomposé relativement rapidement.[7] »

Depuis le début de cette étude, nous avons cherché les réponses à vos questions les plus fréquentes sur des sites fiables : sites d’informations sur les vaccinations, médias reconnus pour leur analyse impartiale des faits, … Les liens, en-dessous de toutes les pages, vous permettent de les consulter. En effet, ils sont plus détaillés que les réponses que nous avons voulues succinctes – et qui sont donc forcément incomplètes – afin d’en faciliter la lecture.


[1] Muriel Moser, spécialiste de l’immunobiologie à l’Université Libre de Bruxelles, citée par la RTBF, ibid.

[2] Le Monde, 11 décembre 2020, Ibid.

[3] https://www.inserm.fr/information-en-sante/c-est-quoi/secret-fabrication-c-est-quoi-arn-messager

[4] Muriel Moser, spécialiste de l’immunobiologie à l’Université Libre de Bruxelles, citée par la RTBF, Est-ce que ce vaccin va nous modifier génétiquement ?

[5] Muriel Moser, spécialiste de l’immunobiologie à l’Université Libre de Bruxelles, citée par la RTBF, ibid.

[6] Le Monde, 11 décembre 2020, Ce que l’on sait de la sûreté des vaccins à ARN messager.

[7] AFMPS ibid. Les vaccins à ARN messager sont-il sûrs ? https://www.afmps.be/fr/humain/medicaments/medicaments/covid_19   

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