Toutes les études concordent. De manière générale, les familles ne remettent pas en cause devoirs et leçons à faire à la maison. Elles estiment que cela participe à la réussite de leurs enfants. La plupart des parents apprécient les devoirs[1], mais c’est sans compter sur l’avis de leurs enfants qui affirment ne faire leurs devoirs que pour faire plaisir aux adultes (parents ou professeurs), ou encore pour leur prouver qu’ils ont bien écouté en classe. Les élèves ne comprennent pas l’utilité des devoirs dans leurs apprentissages ou pour l’acquisition d’une autonomie. Pour eux, les devoirs ne sont pas utiles pour développer leur autonomie ou de « bonnes » habitudes de « travail »[2].

La conséquence en est que de nombreux parents demandent encore plus de travail à la maison aux professeurs. Pour eux, le maître est bon s’il donne des devoirs régulièrement, voire en quantité. Quant aux autres, ils seraient, dès lors, au mieux inefficaces, au pire incompétents. Le problème est que les parents n’ont pas connaissance de ce qui a été donné en classe, et ce n’est pas une masse de leçons et de devoirs qui les en informera. Les études le prouvent, les devoirs ne montrent jamais la réalité de la classe qui a bien évolué depuis qu’ils ont quitté les bancs de l’école. Comment peuvent-ils dès lors imaginer que les travaux à domicile sont le reflet de ce qu’a appris leur enfant en classe[3] ? S’ils pouvaient regarder mieux, ils sauraient que les apprentissages ont bien été donnés aux élèves en classe, durant les cours ! Pourtant, 66% des personnes interrogées estiment encore et toujours qu’il faut pouvoir donner des devoirs aux élèves de 1ère et 2ème primaire (alors que c’est interdit)[4].

Finalement, peu leur importe et il faut les entendre. L’école est avant tout un lieu de compétition où les parents sont, soit découragés par les échecs successifs, soit encouragés par la réussite de leurs enfants sur les autres élèves. Il ne leur reste pas d’autres prises pour espérer les sauver ou creuser plus encore l’écart, que ces satanés devoirs. La question est de savoir si une augmentation de la pression permettra de résoudre les problèmes ou de booster leur enfant. Cela ne risque-t-il pas, au contraire, de le décourager plus encore, et de le démobiliser ?

A suivre… La maison, un lieu de scolarisation « secondaire »



[1] Deslandes et autres (2008)

[2] Corno (2000)

[3] Glasman & Besson, ibid.

[4] RTL INFO : Langues anciennes, religion, devoirs… le Belge conservateur à l’école? Publié le 28 mars 2019

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