Homosexualités & transidentités : Où en est mon école ?

Homosexualités & transidentités : Où en est mon école ?

Colloque pour une École pour Tou·te·s.

Le mercredi 8 mai 2019 de 13h30 à 16h30.

Programme du colloque :
13.00 – 13.30 : Accueil avec sandwich et boisson.
13.45 : Introduction : Jean-Pierre Coenen, Président de la Ligue des Droits de l’Enfant.
14.00 : Table-ronde 1 : 
Témoignages de jeunes et de familles qui ont souffert et/ou rencontré de bonnes pratiques durant leur parcours scolaire. Ils·elles nous feront part de leur vécu, que ce soit de manière positive ou négative, de ce qu’ils·elles auraient souhaité qu’on fasse pour eux.elles ou leurs enfants. 
14.40 : Débat avec le public 
15.00 : Table-ronde 2 : 
Nous donnerons parole à des directions, des enseignant·e·s, des associations qui font de la formation et luttent contre les LGBTQI-phobies dans leurs/les écoles, Il·elles nous feront part de ce qui marche, des freins et des réactions positives qu’elles·ils ont rencontrés, de leur vision de l’école LGBTQI+-inclusive. 
15.40 : Débat avec le public .
16.00 : Conclusion : Jean-Pierre Coenen, Président de la Ligue des Droits de l’Enfant.
16.15 : Verre de l’amitié et discussions informelles avec les intervenant·e·s. 
Lieu : Bruxelles Laïque, avenue de Stalingrad, 18/20 – 1000 Bruxelles

Inscription souhaitée : Si vous êtes intéressé·e à participer à ce forum, nous vous invitons à vous inscrire par mail à info@liguedroitsenfant.be
Vous pouvez également nous soutenir et vous inscrire en versant 10€ au compte : BE76 9795 8553 0195 de la Ligue des Droits de l’Enfant avec en communication : «inscription colloque 8 mai + votre(vos) nom(s)». 

Cliquez ici pour lire et télécharger notre brochure
Appel aux écoles : Devenez des Ecoles pour Tou·te·s !

Appel aux écoles : Devenez des Ecoles pour Tou·te·s !

Texte introductif de la conférence de presse du 21 novembre 2018

Ce 20 novembre, la Convention international des Droits de l’Enfant a fêté ses 29 automnes. C’est l’occasion pour la Ligue des Droits de l’Enfant de fêter, quant à elle, ses 25 printemps en lançant, avec les partenaires associatifs ici présents, un projet de lutte contre l’homophobie dont sont victimes les jeunes à la fois dans nos écoles et au sein de notre société.

Ce 21 novembre, nous appelons toutes les écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles à s’impliquer plus activement dans l’accueil des jeunes et des familles LGBTQI+ et à combattre l’homophobie à la fois par l’éducation, l’accueil de tous les jeunes et de toutes les familles, quelles que soient leurs identités de genres et leurs orientations sexuelles et en luttant contre toutes les discriminations.

Pourquoi l’école ?

Pour deux raisons :

La première raison – et c’est un constat que la Ligue des Droits de l’Enfant a fait depuis plus de 15 ans (nous coordonnons aussi la plate-forme de lutte contre l’échec scolaire et la Plate-forme pour l’intégration scolaire) – s’il y a bien des lieux où il faudrait surtout ne pas mettre d’enfants et de jeunes, c’est dans les écoles. Ce sont des lieux de souffrance, que ce soit pour ces jeunes qui viennent de familles populaires, puis de classes moyennes, qui sont à tour de rôle mis en échec et victimes d’orientations, ou pour les enfants porteurs de handicap ou de maladies qui sont refusés dans les écoles. Et donc, à fortiori, pour les jeunes LGBTQI+ qui ne correspondent pas aux stéréotypes de la société scolaire bien-pensante.

L’école est trop souvent un lieu de souffrance pour les jeunes LGBTQI+, mais pas que pour eux/elles. Le nombre de jeunes victimes de LGBT-phobies dépasse largement le nombre de jeunes LGBTQI+. Elles touchent également – et sans doute en priorité – des jeunes qui sortent des stéréotypes de genre, que ce soit par leur habillement, leur manière d’être, ou parce qu’ils sont timides, qu’ils n’ont pas de relation amoureuse connue, ou parce que la « rumeur » les a catalogué·e·s. Il en va de même pour les enfants vivant dans les familles homoparentales ou ayant un parent homosexuel. Ce sont d’abord ces jeunes qui subissent les discriminations homophobes et le harcèlement. La grande majorité des jeunes LGBTQI+ choisissent, par instinct de survie, de cacher leur orientation sexuelle. Mais s’ils/elles ne sont pas toujours des victimes directes des discriminations homophobes, ils/elles en subissent le poids.

Les LGBT-Phobies contribuent à une ambiance d’hostilité et de stigmatisation. Cela va des agressions verbales à la violence physique, en passant par le harcèlement. A cela, il faut ajouter les discriminations cachées : dans les écoles, certains mots sont tabous. Parler d’homophobie et/ou d’homosexualité est censuré par crainte des réactions des élèves ou des familles. De même les insultes homophobes très courantes bénéficient d’une tolérance sociale et ne sont pas sanctionnées par la communauté éducative au contraire des insultes antisémites ou racistes. Enfin, la communauté éducative n’apporte que rarement un soutien aux jeunes LGBT qui sont perçus comme transgressifs des normes scolaires ou provocateurs/trices.

Les conséquences de cette souffrance sont importantes. Tant sur la sociabilité avec l’apparition de comportements de résilience tels que le repli sur soi, un risque majeur de comportements agressifs envers soi-même, de conduites à risques (alcool, drogues, rapports sexuels non protégés, etc.) mais aussi une perte d’estime de soi, de l’anxiété, de la honte, de la culpabilité, la crainte permanente d’être « démasqué·e » ou harcelé·e.

Sur la scolarité, les conséquences de l’homophobie sont également importantes. Elles se traduisent par de la démotivation scolaire, de l’absentéisme et du décrochage scolaire.

Enfin, la sur-suicidalité des jeunes LGBT est une conséquence directe de l’homophobie. Celle-ci est un facteur de risque du comportement suicidaire. Ces risques sont de 2 à 4 fois supérieurs pour les filles, et de 5 à 10 fois pour les garçons.

Selon le Rapport Teychenné[1] (France) On peut considérer, qu’en moyenne, deux élèves par classe sont ou seront concerné·e·s par les LGBT-phobies pendant leur scolarité.

Comme le souligne l’UNESCO[2], « le harcèlement homophobe est un problème éducatif qui doit être traité par le secteur de l’éducation ». Il a une incidence sur le droit à l’éducation et sur l’Éducation pour tous, parce qu’il est une forme de discrimination et d’exclusion et parce qu’il viole le principe selon lequel les écoles doivent être des lieux sûrs.

La deuxième raison est sociétale

Les LGBT-phobies sont en progression. Il n’est pas une semaine où les réseaux sociaux ne relaient des agressions homophobes. En avril dernier, des manifestants se sont réunis devant la Bourse pour marquer leur révolte suite à l’agression de deux hommes, quelques jours auparavant, qui se promenaient en rue, en se tenant par la main. Les jeunes LGBT et les familles homoparentales sont victimes de l’augmentation d’actes et de propos homophobes au sein de la société, et comme, on l’a dit, au sein des écoles.

La plupart des agressions homophobes sont le fait de jeunes gens. Ces jeunes ne sont pas sorti·e·s du système scolaire depuis des décennies, mais visiblement, et quel qu’ait été leur parcours, ils/elles n’ont pas reçu toute l’éducation nécessaire pour déconstruire leurs croyances ou l’éducation homophobe qu’ils/elles ont reçue, qu’elle soit familiale, sociale, culturelle ou philosophique. On ne nait pas homophobe, on le devient ! Seule l’école est en position de lutter contre les représentations homophobes auxquelles ces jeunes ont été confronté·e·s et qu’ils/elles ont intégrées.

Le rapport de SOS homophobie (France) de 2012 indique que la moitié des jeunes « affirme ne pas connaître de personnes homosexuelles (68% pour les garçons), et 58 % n’ont jamais abordé le sujet de l’homosexualité en famille (70% pour les garçons). Dans chaque cas, les réactions de rejet sont en proportion inversée : 36 % de réaction négatives à l’idée de rencontrer une personne homosexuelle pour les élèves qui n’en connaissent pas (contre 10% pour ceux qui en connaissent) et 30% de réactions hostiles (contre 8%) pour ceux qui n’en parlent jamais en famille. Si la moitié des jeunes garderaient leur amitié à leur(e) meilleur(e) ami(e) en découvrant son homosexualité (mais 38% chez les garçons), le taux tomberait à 38% pour ceux qui ne connaissent pas de personnes homosexuelles et s’élèverait à 68% pour ceux qui en connaissent. Méconnaissance, sexisme et peur des minorités, les ingrédients classiques de l’ostracisme sont sans là sans surprise ».

C’est parce que nous voulons une société inclusive, qui permette à tout être humain d’être pleinement intégré à la société, quelles que soient les différences sociales, physique, intellectuelles, de genre ou sexuelles, que nous voulons aussi une école inclusive, qui éduque les futur·e·s citoyen·ne·s à être les fondateurs et fondatrices de cette société inclusive, et pour participer activement à sa transformation vers plus de justice.

En luttant que l’homophobie, on lutte aussi contre tous les racismes et toutes les discriminations qui minent les relations sociales de notre société.

Une Ecole Pour Tou·te·s

Nous lançons donc cet appel aux écoles : L’homophobie est un problème éducatif. Il doit être traité par le système éducatif. Notre plate-forme lance un appel à toutes les écoles : « Devenez des Ecoles Pour Tou·te·s ».

[1] DISCRIMINATIONS LGBT – PHOBES À L’ÉCOLE ÉTAT DES LIEUX ET RECOMMANDATIONS. Rapport de Michel Teychenné à Monsieur le Ministre de l’éducation nationale, Juin 2013

[2] Réponses du secteur de l’éducation au harcèlement homophobe – Unesco 2013

Vers une école « Pour TOU·TE·S » ?

Vers une école « Pour TOU·TE·S » ?

Pour une école ouverte aux différences de genres

L’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle doit aussi lutter contre les stéréotypes de genre et re­latifs à l’orientation sexuelle

Selon le rapport de SOS-homophobie (France) datant de 2012[1], la moitié des élèves interrogé·e·s affirme ne pas connaître de personnes homosexuelles (68% pour les garçons), et 58 % n’ont jamais abordé le sujet de l’homosexualité en famille (70% pour les garçons). Dans chaque cas, les réactions de rejet sont en proportion inversée : 36 % de réaction négatives à l’idée de rencontrer une personne homosexuelle pour les élèves qui n’en connaissent pas (contre 10% pour ceux qui en connaissent) et 30% de réactions hostiles (contre 8%) pour ceux qui n’en parlent jamais en famille.

Pourquoi en serait-il autrement en Belgique ? Ces dernières semaines, au moins trois agressions homophobes ont eu lieu à Bruxelles. Cela montre que le cœur de l’Europe est loin d’être épargné par l’homophobie. Le fait que ce soient cinq mineurs d’âge qui aient agressé un couple dans le centre de Bruxelles, démontre que l’éducation au respect de toutes les différences est défaillante dans certaines familles. Pire, les révélations sur la formation des imams, suite à l’enquête sur la Grande Mosquée, nous font craindre le pire[2]. L’Eglise catholique n’est pas en reste avec des représentants ouvertement homophobes[3]. On ne sait rien de la formation des religieux d’autres cultes, mais aucune confession n’est à l’abri de dérives visant celles et ceux qu’elles considèrent comme étant en dehors de leurs « normes » : personnes LGBTQI, divorcé·e·s, remarié·e·s, militant·e·s pour l’IVG, etc. Si des jeunes ne sont pas confronté·e·s à un discours progressiste, porteur de valeurs humanistes, des faits graves d’agressions homophobes seront toujours à craindre.

L’EVRAS, une des missions de l’Ecole

L’EVRAS (Education à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle) est obligatoire depuis 2012. L’objectif est d’augmenter la connaissance des jeunes en matière de vie relationnelle, affective et sexuelle et s’approprier ces connaissances. Trois séries d’acteurs sont répertoriées : les CPMS, les Centres de planning familial et, enfin, le secteur associatif.

Les missions de l’Evras portent sur la citoyenneté, le lien à l’autre, les problématiques liées au genre, les différences sexuelles, les MST, etc. Il s’agit aussi de déconstruire les stéréotypes et de lutter contre l’homophobie, ainsi que d’informer sur la diversité et de favoriser l’intégration au sein de l’école.

Au niveau primaire, ce sont les P.S.E. et C.P.M.S. qui interviennent, mais aussi et surtout les enseignant·e·s. Les plannings familiaux, quant à eux, interviennent plutôt au niveau du secondaire, tout comme les associations LGBT.

Malheureusement, selon certain·e·s de ces intervenant·e·s, leur formation est déficitaire. Il n’y a pas d’obligation d’être formé·e·s auprès d’acteurs ou d’actrices spécialisé·e·s, que ce soit au niveau de l’identité de genre ou sur quelque diversité de genre que ce soit. Il ne leur est donc pas possible d’aborder ces sujets dans les classes. On constate également que dans des grandes villes comme Bruxelles, la question est parfois mise de côté, par peur de réactions négatives des élèves. Pourtant, la circulaire Neutralité précise que l’école ne s’interdit l’étude d’aucun champ du savoir. Quand des enseignant·e·s décrètent qu’il y aurait des thématiques qui sont taboues à l’école, c’est contraire au Décret neutralité. Ils/elles doivent pouvoir parler de tout et ont pour devoir de transmettre à l’élève les connaissances et les méthodes qui lui permettent d’exercer librement des choix.

Il y a clairement un manque de formation initiale des enseignant·e·s. Les Hautes Ecoles ne proposent qu’un cours « fourre-tout » sur la diversité culturelle et les orientations de genre. Les formateurs et formatrices d’enseignant·e·s ne sont pas formé·e·s, ce qui est un comble. A leur corps défendant, la communauté française n’estime pas cette formation importante. En effet, elle prévoit tellement peu d’heures (30h) que les formatrices et formateurs ne s’impliquent pas réellement.

Il y a un réel déficit de connaissances de la part des acteurs et actrices scolaires et des intervenant·e·s en EVRAS, notamment sur la manière d’aborder ces thématiques avec des publics divers et diversifiés. Une école n’est pas l’autre et les difficultés auxquelles doivent faire face les enseignant·e·s sont très variées.

La plupart des appels d’écoles aux associations sont liés à des incidents critiques. L’appel peut émaner de l’agent d’un CPMS, d’un·e enseignant·e, d’un·e éducateur·trice parfois. C’est quand un problème se pose qu’on commence à y penser. De l’importance donc, de pouvoir faire un travail, non seulement avec les élèves mais aussi avec les équipes pédagogiques. Lors d’une demande d’interventions, les associations LGBT proposent une demi-journée de formation en préalable avec l’équipe pédagogique, avant de commencer le travail avec les jeunes. Les écoles sont, en général, prêtes à mettre en place toute une série de choses pour pouvoir accueillir ces formations. Les demandes sont supérieures aux moyens des associations.

Comment se former et où s’informer ?

Dans les écoles, il n’y a pas que l’EVRAS en matière d’orientation sexuelle. Chaque enseignant·e doit attacher de l’importance aux références et aux représentations qu’elle/il apporte aux enfants et aux jeunes. L’étude des CEMEA sur les questions de genre dans les manuels scolaires présente une série de recommandations pour permettre d’aborder des thématiques qui traitent d’identités de genre[4]. Cela revient à la question « Moi, enseignant, qu’est-ce que je fais ? Comment est-ce que j’intègre, dans mes pratiques quotidiennes, notamment, la thématique de l’identité de genre et de l’orientation sexuelle ? Comment est-ce que j’inclus les diversités ? »

Au niveau de la formation en cours de carrière, la première porte d’entrée institutionnelle est l’IFC (Institut de formation en cours de carrière). L’IFC permet à un large panel d’enseignant·e·s d’être touché·e·s… s’ils/elles le souhaitent. Fort heureusement, être enseignant·e·s, c’est aussi et surtout avoir la capacité de se former soi-même. Par des recherches, par des lectures, en assistant à des conférences, en se documentant sur Internet ou en bibliothèque. C’est, d’ailleurs, ce que font les enseignant·e·s consciencieu·x·ses.

Il y a des outils. Dans les bibliothèques, il y a des ressources sur les questions d’identités de genre et d’orientation sexuelle. Il y a des catalogues de livres hétéro-centrés. Tous les enseignants ne vont pas chercher dans les bibliothèques mais c’est la mission des C.P.M.S. que de leur venir en aide et les conseiller. S’il y a une priorité à donner en matière de formation, c’est vis-à-vis des agents de CPMS. Dans les centres de promotion de la santé, il y a également des outils de sensibilisation.

Pipsa.be, est un site Internet assez complet d’outils pédagogiques en promotion de la santé.

Il faut éduquer aux différences de genre le plus tôt possible

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il y a beaucoup de demandes qui viennent des écoles primaires. Malheureusement, la plupart des moyens sont centrés sur le secondaire, mais il est important de pouvoir commencer le plus jeune possible. Mais c’est un combat de chaque moment. Ce n’est pas lié à l’EVRAS ? C’est lié à l’enseignant·e dans son quotidien face aux élèves : « Qu’est-ce que je lis comme histoire, comment est-ce que j’organise ma classe, comme et est-ce que je m’exprime auprès des élèves, comment est-ce que … » L’Evras n’est qu’un outil. L’important est le respect des droits fondamentaux des élèves en évitant toute forme de discrimination, même symbolique, que ce soit dans le quotidien de la classe et de l’école (cours de gymnastique/natation ségrégés, cours de récréation dédiées au football, …), mais aussi dans les cours : Maman ne s’achète plus un lave-vaisselle et papa une nouvelle voiture.

Ecole et « neutralité »

Quand on parle de neutralité à l’école, cela vise d’abord et avant tout la question des convictions religieuses, des convictions philosophiques, des convictions politiques et, éventuellement, même si ce n’est pas dit explicitement, les convictions syndicales. Certaines écoles refusent erronément d’éduquer à la différence de genre par volonté de « neutralité ».

L’orientation sexuelle n’est pas une conviction. Dès lors, le concept de neutralité n’a pas à s’appliquer. Ce qui peut être demandé, c’est de ne pas être un militant. Cela vaut pour n’importe qui d’autre et pour n’importe quel autre sujet de société. Est-ce que l’identité se réduit à sa religion ou son orientation sexuelle ? Nous avons des identités multiples. On peut être à la fois religieux et à la fois homosexuel. Réduire l’identité des élèves à une seule caractéristique poserait la question des ghettos.

En conclusion

L’école est avant tout un lieu d’éducation et, en priorité, à l’éducation au vivre ensemble. On doit y apprendre aux élèves – au travers de « matières » plus ou moins utiles – à faire société, à être capables une fois adultes à œuvrer pour une société plus juste, plus tolérante et plus respectueuse de tou·te·s. Nous militons pour que toutes les écoles deviennent des ECOLES POUR TOU·TE·S.

Rendez-vous dans 4 mois pour plus d’informations sur ce projet. Toute personne intéressée par la mise sur pied d’un projet d’ECOLES POUR TOU·TE·S est la/le bienvenu·e pour nous aider. Nous vous invitons à nous rejoindre. Que l’on soit LGBTQI ou hétéros, nous sommes tou·te·s concerné·e·s par les différences de genres.

 

[1] https://www.sos-homophobie.org/sites/default/files/rapport_annuel_2012.pdf

 

[2] Le Centre islamique et culturel de Belgique enseignait une vision sans discernement du droit islamique et doctrine du IXe au XIIe siècle. Ce qui veut dire, notamment, une exaltation du djihad armé, mais aussi des méthodes pour exécuter par exemple les homosexuels. Dans un autre manuel dont disposent les imams formés au centre, on retrouve même des appels à l’antisémitisme. Source RTBF : https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_l-ocam-inquiet-de-la-formation-des-imams-en-belgique?id=9913436

 

[3] France Culture rappelle à l’ordre l’Église après une homélie anti-mariage pour tous et anti-avortement diffusée en direct https://www.huffingtonpost.fr/2018/07/24/france-culture-rappelle-a-lordre-leglise-apres-une-homelie-anti-mariage-pour-tous-et-anti-avortement-diffusee-en-direct_a_23488288/

 

[4] http://www.cemea.be/IMG/pdf/Manuels_scolaires_et_stereotypes_sexues_eclairages_sur_la_situation_en_2012.pdf

VIH/SIDA : Si le 1er décembre c’était tous les jours ?

VIH/SIDA : Si le 1er décembre c’était tous les jours ?

Le 1er décembre de chaque année, c’est toujours la même chose : on se rappelle qu’il y a une journée mondiale de lutte contre le SIDA.

Cette semaine encore, un de nos bénévoles s’est rendu dans une école pour rencontrer un groupe de jeunes et parler des identités de genre et des orientations sexuelles. A sa surprise (ou peut-être pas…), les jeunes de moins de 15 ans ont donné des informations complètement faussées. D’abord, le SIDA s’attraperait par la salive… Ensuite est venue la question : comment peut-on voir si nous avons le VIH ou le SIDA ? Et d’ailleurs, quelle est la différence entre SIDA et VIH ?

Très vite, notre bénévole est revenu sur d’autres termes : syphilis, chlamydia, HPV, cancer du col de l’utérus, … Les jeunes n’avaient pas de mots et ne pouvaient pas expliquer la signification de ces mots. Pourtant, et c’est là que nous voyons –malheureusement – les limites de l’EVRAS (Education à la Vie Affective et Sexuelle), ces jeunes se sont rendus au planning familial près de leur école. Stupéfiant ! Extrêmement gênante était cette situation pour notre intervenant qui s’est transformé – en un instant – en médecin, psychologue, assistant social, enseignant, éducateur, parent, …

Le SIDA se propage plus chez les Homos, monsieur ? Oui, les chiffres sont alarmants ; les raisons scientifiques sont là. Appelons un chat un chat : la transmission est, selon certaines études, plus fréquente lors de lésions. Or les pratiques sexuelles d’homme à homme sont plus risquées. C’est pourquoi il y a eu, ces dernières années, un travail important de prévention et sensibilisation vers les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. Par ailleurs, la récente campagne de prévention du VIH en France, qui mettait à l’affiche un couple d’hommes, a fait beaucoup parler d’elle… Ces attaques montrent, une nouvelle fois, que la discrimination envers les homosexuel.le.s est un vrai problème. Pourtant les chiffres parlent et les réalités sont alarmantes.

Cette question a directement fait réagir les filles : elles ont rapidement compris que elles aussi, en ayant des relations sexuelles avec un homme, pourraient être confrontées à un facteur à risque. Les jeunes sont, en effet, bien conscients que la seule façon de se protéger est d’avoir des relations sexuelles saines. Mais c’est quoi une relation sexuelle saine : être fidèle, avoir un préservatif à chaque relation, éviter certaines pratiques sexuelles ?

La rencontre à l’école a, une fois de plus, servi à ces jeunes : elle a permis le débat, la discussion, l’écoute de préoccupations qui les touchent. Le VIH fait peur, il n’a pas bonne presse chez les jeunes. Cela rappelle combien les mots sont importants, même lorsque l’on parle de traitement post-exposition (TPE par exemple), qui n’est pas la solution à l’élimination de l’épidémie.

Pendant ces animations qui n’étaient pas en lien direct avec le VIH-SIDA, les jeunes ont déposé des paroles, témoigné de leurs inquiétudes, de leurs questions et de leur rapport à la sexualité. Quelque chose de très intime.

Aujourd’hui, la Ligue des Droits de l’Enfant et sa commission LGBT (Lesbienne, Gay, Bi, Trans) rappellent que les enfants et les jeunes ont droit à une éducation et une information correcte sur le SIDA, IST, MST. Aujourd’hui, nous soutenons la Plate-forme SIDA qui a pour objectif d’amplifier les dépistages, la prise en charge des enfants et jeunes séropositifs. Aujourd’hui aussi, nous faisons un rêve d’espoir, celui qu’un jour, un 1er décembre, nous fêterons la fin d’un combat, parce que nous aurons réussi à stopper l’épidémie.

La commission LGBT de la Ligue des Droits de l’Enfant souhaite une très belle Pride !

La commission LGBT de la Ligue des Droits de l’Enfant souhaite une très belle Pride !

« Je décide », c’est le slogan de la Pride 2016. Ces mots sont forts. Ils portent en eux l’idéal de liberté dont rêve chaque individu pour vivre son orientation sexuelle et son droit d’être accepté dans sa diversité parmi toutes les diversités.  Cette année, le focus a été mis sur les personnes transgenres et la révision complète de la Loi de 2007.

Genres Pluriels, les trois coupoles associatives lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexuées (LGBTI) du pays, Arc-en-Ciel Wallonie, Çavaria et la RainbowHouse Brussels, ainsi qu’Amnesty International et la Ligue des Droits de l’Homme réclament dans un communiqué de presse commun :

  • la dissociation intégrale de la reconnaissance du genre à l’état civil et dans tout document officiel, ainsi que de tout parcours psychiatrique et médical, quel qu’il soit ;
  • que la Belgique se dote d’une politique claire de dépsychiatrisation et de dépathologisation des personnes trans ;
  • la liberté d’accès aux soins ainsi que les droits du patient, notamment en ce qui concerne le libre choix des praticiens ;
  • la garantie d’un traitement conforme à la Convention internationale des droits de l’Enfant pour les personnes trans mineures[1].

La Ligue des Droits de l’Enfant soutient toutes les démarches inclusives qui visent à l’intégration des enfants et jeunes trans. Nous appelons à une approche inclusive, respectueuse de leur identité, dans tous les lieux où se trouvent les enfants. Nous souhaitons que les familles, les écoles, les mouvements de jeunesse, les clubs sportifs et de loisirs puissent intégrer cette diversité au quotidien.

Des enfants transgenres dans mon école, c’est possible ?

La recherche de l’orientation sexuelle commence dès le plus jeune âge. On estime qu’1% des enfants sont concernés par la transidentité. Notre rôle est de veiller à garantir que le cadre légal et les conventions internationales soient appliqués et protègent les jeunes.  Aujourd’hui le débat concerne tous les secteurs qui touchent à la jeunesse. Nous revendiquons que tous les soutiens scolaires (CPMS, enseignants, éducateurs, directions, …) puissent être formés à accueillir la différence au sein des  établissements. Les moyens mis en œuvre, tant budgétaires qu’en termes de collaboration avec les associations LGBT, doivent être une priorité. Le politique ne peut plus rester sourd.

La Ligue des Droits de l’Enfant veille et continue à garantir que chaque enfant bénéficie des mêmes droits qu’il soit hétérosexuel ou LesBiGayTrans.

La Ligue soutien l’adoption des couples homoparentaux

Depuis 2006, les familles homoparentales ont le droit d’adopter des enfants. C’est le résultat d’un long combat auquel la Ligue des Droits de l’Enfant a participé avec de nombreuses associations. Pour nous, un enfant a le droit de vivre avec des parents qui lui apportent de l’amour et tout ce dont il a besoin pour se construire. Les couples homosexuels sont d’aussi bons parents que les couples hétérosexuels.

Nous appelons à ce que les revendications des parents qui éprouvent des difficultés à adopter soient entendues et que des solutions soient mises en œuvre, ceci dans l’intérêt des enfants.

[1](Communiqué de presse complet : http://www.genrespluriels.be/Communique-de-presse-de-6-associations-pour-le-Belgian-Pride-2016)

 

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