commission violences sexuelles et dysfonctionnements institutionnels

Nous constatons une réalité particulièrement alarmante au sein de la Ligue.

En Fédération Wallonie-Bruxelles, environ 7 500 enfants vivent aujourd’hui placés en famille d’accueil ou en institution à la suite d’une décision du juge de la jeunesse.

Ces mesures sont généralement prises dans le but de protéger l’enfant d’un environnement jugé toxique, précaire ou dangereux.

Toutefois, un nombre croissant de témoignages et d’études met en lumière des situations préoccupantes : certains enfants restent éloignés de leur famille pendant des années, sans justification réellement fondée ni véritable projet de retour, alors même que des alternatives pourraient être envisagées dans l’intérêt supérieur de l’enfant.

Par ailleurs, de nombreux parents — souvent des mères — rapportent se retrouver dans des situations d’isolement et de disqualification de leur parole, notamment lorsqu’elles signalent des violences sexuelles, y compris des faits d’inceste impliquant le père.

Dans ces contextes, leur parole est parfois minimisée, contestée, voire assimilée à des conflits parentaux, ce qui peut conduire à des formes d’invisibilisation des violences alléguées et à une rupture du lien entre l’enfant et le parent protecteur.

Face à ces constats, plusieurs acteurs de terrain se sont mobilisés afin d’apporter un soutien aux familles et de réfléchir à des pistes d’amélioration du système.

Des associations spécialisées dans l’accompagnement des victimes d’inceste, membre des maisons de justice, journalistes, ainsi que des parents concernés se sont réunis afin de croiser leurs expériences et leurs expertises.

L’objectif de cette démarche collective est de faire émerger des solutions concrètes, de renforcer la prise en compte de la parole des enfants et des parents, et de contribuer à une meilleure articulation entre protection de l’enfance et respect des droits fondamentaux des familles.

Interview avec Gaële Poncelet pour le lancement de la commission :