En Finlande, pays en tête des classements PISA, les élèves sont appréciés une première fois par une évaluation à l’âge de 9 ans, mais de manière non chiffrée. Ils ne sont donc pas « notés ». L’enseignant se limite à dire si l’apprentissage est acquis ou en voie d’acquisition. Cette évaluation est accompagnée par une remédiation destinée à aider les élèves en difficulté. Les premières notes arrivent à l’âge de 11 ans, la note la plus basse étant 4/10. L’objectif est de ne pas décourager l’élève. La différence entre un 4 et un 0 est fondamentale. Avec un 4, il n’a pas compris et peut être remédié, tandis qu’avec un 0, il est tout simplement… nul !

Dans les écoles à pédagogies actives, on évalue les élèves sans les noter. Il n’y a pas de règles définies mais on utilise souvent un code couleurs généralement inspiré des feux de signalisation, adaptables d’une école à l’autre : « vert » pour un apprentissage acquis, « orange » pour un apprentissage « suffisant, mais pourrait être mieux acquis » et « rouge » pour un apprentissage non acquis et devant donc être remédié. L’objectif étant d’arriver au « vert », voire à l’ « orange » pour tout le monde.

Ces évaluations « couleurs » sont accompagnés de longues appréciations par les enseignants. Si les points n’ont jamais indiqué à quelque parent (et encore moins à quelqu’enseignant) que ce soit, l’état des apprentissages de leurs enfants, le code couleur accompagné d’appréciations élaborées, est l’appréciation sans doute la plus juste. Non seulement, il indique si l’élève a compris, mais en outre, dans quelle mesure. L’important n’est pas de savoir s’il a mieux ou moins bien compris que les autres élèves, mais où sont ses facilités et ses difficultés. Mais aussi ce que l’enseignant va mettre en place pour remédier à ces difficultés. Ce ne sont donc plus les familles qui doivent gérer les difficultés d’apprentissage mais l’école et ses professionnels. Chacune et chacun étant enfin à sa place naturelle.

L’évaluation par la note – on l’a vu, choix jésuitique ancestral – a pour objectif la sélection par la compétition. Les conséquences sont toujours aussi dramatiques pour les élèves :  « redoublement, passage, filière plus ou moins valorisée, mais aussi réputation dans la classe, qualité des rapports avec camarades, professeurs et parents… » [1]


[1] 1Fabrizio Butera, Céline Buchs, Céline Darnon (dir.), L’évaluation une menace ? PUF, Paris, 2011

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