La littérature et les recherches le montrent : le Tronc Commun est une condition indispensable pour un enseignement moins reproducteur d’inégalités.
C’est la raison pour laquelle cette mesure a été retenue dans le train de réformes dont le Pacte devra accoucher.
Mais c’est aussi la mesure du Pacte qui a probablement fait couler le plus d’encre et a suscité le plus d’émotions chez certains parents et chez des enseignants.
Parce que mettre en œuvre ce Tronc Commun dans toutes les écoles de la CFWB est un défi politique, pédagogique, organisationnel et culturel de taille :
Un défi et un choix politique qui consiste à opter clairement pour la fonction intégratrice de l’école : à parier sur l’éducabilité de tous et à tourner le dos – en tous cas le temps du TC – à la fonction différenciatrice qui s’appuie sur la théorie des dons et sur une conception essentialiste de l’intelligence et des aptitudes ;
Un défi pédagogique, car faire entrer autant les enfants de milieux populaires que les enfants de milieux favorisés dans les apprentissages est possible à condition de tenir compte des rapports aux savoirs des enfants provenant des différents milieux sociaux et donc, de repenser en profondeur la façon dont on enseigne ;
Un défi organisationnel, car le temps et l’espace scolaire devront être profondément revisités ; et c’est aussi un défi culturel : ça renvoie à « quel type de modèle porte-t-on et partage-t-on sur la place, le rôle de l’école vis-à-vis de chacun de nos élèves et vis-à-vis de la société en général ? ».
Puisqu’une décision telle que celle-là a été prise, il est indispensable de construire sa légitimité non seulement auprès des acteurs scolaires, mais aussi auprès de l’ensemble de la société.

Mettre en œuvre le TC oblige à repenser collectivement ce qu’on apprend et comment on l’apprend. Et donc, nécessite de sortir du cloisonnement qui laissait jusqu’à présent la sphère pédagogique aux mains des réseaux : il faudra se frotter et même se mettre d’accord pour faire « école commune », sans quoi le TC risque fort d’être une coquille vide ou d’être mort-né.

Organisé par la Plateforme de Lutte contre l’Échec Scolaire
Une toute autre école est possible !, La ligue des familles, Lire et Écrire, Infor Jeunes Laeken, ChanGements pour l’égalité, CSC enseignement, MOC, Ligue des droits de l’enfant, FGTB – CGSP enseignement, APED, FAPEO, SEL -SETCA – FGTB, RWLP, FFEDD

Programme

08.30 : Accueil

09.00 : Introduction au colloque : Jean-Pierre Coenen
Enseignant, Président de la Ligue des Droits de l’Enfant et de la Plate-forme de lutte contre l’échec scolaire

09.10 : Jacques Cornet
Enseignant, Président de CGé (ChanGements pour l’égalité, mouvement socio-pédagogique)

Notre école est parmi les plus inégalitaires, c’est un fait acquis : elle transforme les inégalités sociales en inégalités scolaires. Comment et pourquoi cette transformation s’opère-t-elle et que faudrait-il faire pour que notre système scolaire fonctionne autrement ? Le Pacte peut-il aider ? C’est ce que cette intervention tentera d’éclairer brièvement en plantant le décor.

09.45 : Jean-Pierre Kerckhofs
Enseignant, Président de l’APED (Appel Pour une Ecole Démocratique)

Jean-Pierre Kerckhofs nous expliquera pourquoi un tronc commun est nécessaire pour lutter contre les inégalités sociales à l’école. Il abordera les craintes que celui-ci a fait naître parmi les professionnels de l’école ainsi que chez les citoyen·e·s. Entraînera-t-il nécessairement du nivellement par le bas ? Quels devraient être ses objectifs ? Quel devrait être son contenu ? La formation commune doit-elle s’arrêter à la fin du tronc commun ? Quelles sont les conditions de réussite de ce tronc commun ?

10.20 : Roger Godet
Enseignant E.R., ancien inspecteur général.

Roger Godet rappellera d’abord deux des objectifs essentiels poursuivis à travers l’instauration d’un tronc commun, à l’aune desquels il tentera d’apporter des éléments de réponses à des questions portant sur sa mise en œuvre et plus particulièrement sur les méthodes à développer. Ces questions s’attacheront notamment aux problématiques suivantes : Quels modes de répartition et d’affectation des élèves pour un apprentissage en commun ? Que choisir comme objet d’apprentissage ? Quel rapport et quel équilibre entre savoirs et compétences ? ; Convient-il d’insérer les apprentissages dans les activités de vie des élèves ; Quelle relation établir entre les activités d’apprentissage et la complexité ? Convient-il de s’attacher à des « cultures » ou à une « culture » ?

10.55 -11.20 Pause.

11.20 : Parole des syndicats sur le TC 
Eugène Ernst
Enseignant, secrétaire général de la CSC-enseignement
Joan Lismont
Enseignant, Président du SEL-SETCA
Joseph Thonon
Enseignant, Président de la CGSP-enseignement

Dès le Fondamental, certains enfants issus des milieux défavorisés sont orientés vers l’enseignement spécialisé à cause de leurs difficultés scolaires. Les échecs sont anormalement liés à l’origine socio-économique des élèves. Le Tronc commun nous semble donc indispensable. Mais celui-ci n’est pas une formule magique et pour qu’il soit efficace, il faut créer les conditions pour que les enseignants puissent y trouver du sens et faire évoluer leurs pratiques. Nous devons donc être vigilants dans la mise en œuvre du TC.

A préciser
11.55 : Vincent Dupriez
Professeur de sciences de l’éducation à l’Université de Louvain, membre du GIRSEF

Entre enjeux politiques et pratiques pédagogiques, la porte étroite d’une école commune : Si la décision de construire un tronc commun de longue durée est un choix fondamentalement politique, la mise en œuvre de ce choix est surtout un défi pédagogique. Et il est de taille ! Vincent Dupriez tentera de souligner les implications du tronc commun sur cette double dimension, politique et pédagogique. Il plaidant pour une clarification du choix politique sous-jacent et pour un engagement massif dans la recherche de réponses pédagogiques adaptées aux ambitions d’un tronc commun.

12.30 : Questions-réponses avec la salle

13.30 : Sandwiches et rencontres informelles

14.15 : Fin du colloque

Informations

Colloque
« Tout ce que vous n’avez jamais voulu savoir sur le tronc commun »

Quand ?
Le samedi 24 mars 2018

Où ?
CGSP-Namur, Rue de l’Armée Grouchy 41, 5000 Namur
A 500 m de la gare de Namur

Inscription en ligne sur le site :

http://www.changement-egalite.be/spip.php?article3848

Participation aux frais
10 € en prévente / 15 € sur place (sandwiche et pauses café compris)
Les 10 € sont à verser sur le compte BE76 9795 8553 0195 de la Ligue des Droits de l’Enfant
avec mention « colloque 24 mars 2018 » + Nom.s et prénom.s du/des participant.e.s

Date limite d’inscriptions

Le lundi 19 mars 2018

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